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ISBN : 2824608625
Éditeur : City Editions (02/11/2016)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l'exception d'une paire d'escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que le jeune homme fréquentait les milieux homosexuels et qu'il travaillait pour un journal politique, l'affaire prend une tout autre tournure. Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié aux intrigues se jouant au plus haut niveau du pouvoir. De... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  01 juillet 2017
Ce deuxième tome des enquêtes de Victor Dauterive nous plonge une nouvelle fois en pleine période révolutionnaire à Paris, mais quelques mois plus tard, en juillet 1791. La chaleur y est alors écrasante, à la limite du supportable, et les esprits sont bien échauffés. En effet, depuis l'arrestation de Louis XVI à Varennes en juin 1791, le pays est au bord de la guerre civile. le roi a perdu la confiance du peuple, il l'a trahi en cherchant à pactiser avec les puissances ennemies. L'Assemblée Constituante a beau tenter de sauver les apparences en mettant en avant la thèse d'un enlèvement et non d'une fuite, les discussions au sein du Club des Cordeliers ou du Club des Jacobins sont vives et l'idée de l'instauration d'une république commence à faire son chemin. Mais dans l'ombre oeuvrent également les partisans du duc d'Orléans...
C'est dans ce contexte particulièrement tendu que ce roman commence avec, comme point de départ, la découverte au port Saint-Nicolas du cadavre d'un jeune homme. Arrivé sur place, le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf tente en vain de trouver des indices lui permettant d'identifier la victime. Cependant, grâce à la découverte d'un escarpin d'homme en cuir verni par un grenadier de la Garde nationale, l'enquête va vite prendre une autre tournure : d'un simple vol qui aurait mal tourné, l'enquête s'oriente dans un deuxième temps vers une affaire de moeurs – Augustin Bouvard, la victime, fréquentait les milieux homosexuels de la capitale. Mais, nouveau coup de théâtre : le jeune homme travaillait pour un journal politique dirigé par Louise de Kéralio, Mercure national, et, au moment de sa mort, il enquêtait sur l'existence d'une conspiration à l'étranger visant à rétablir le roi sur le trône de France. L'affaire devient très préoccupante...
Pendant ce temps, le sous-lieutenant Victor Dauterive est chargé par son protecteur, le marquis De La Fayette, de déjouer une conjuration visant à porter le duc d'Orléans au pouvoir. Infiltré dans un groupe d'Orléanistes, notre jeune gendarme va rapidement faire le lien entre ce complot et la mort d'Augustin Bouvard. Son enquête va le plonger dans un univers où règnent intrigues, manipulations et trahisons et il devra faire montre de ruse, d'intelligence et d'habileté pour se sortir de situations pour le moins périlleuses...
UN RESSORT HISTORIQUE TRÈS INTÉRESSANT
La Révolution française est une période d'une richesse telle qu'elle est une source d'inspiration inégalée pour les romanciers. Dans le cas présent, autant la fuite à Varennes m'était familière, autant ses répercussions m'étaient sorties de la tête et ce roman m'a permis de me rafraîchir la mémoire !
L'auteur a pris soin de replacer son roman dans son contexte historique par le biais d'une note introductive – trop court et insuffisamment détaillée à mon goût – mais aussi et surtout en fin d'ouvrage, nous permettant ainsi de faire la part entre la fiction et la réalité. Oui, la fusillade du 17 juillet au Champ-de-Mars a bien eu lieu et cet événement a marqué un tournant dans la Révolution française, à l'instar de la fuite du roi à Varennes. Et le complot visant à porter le duc d'Orléans sur le trône ? Comme le fait remarquer l'auteur, la pétition nationale lancée en vue de la destitution du roi a été initiée par trois hommes proches du duc d'Orléans : Choderlos de Laclos, Brissot et Danton, mais rien ne permet d'affirmer que ce complot a bel et bien existé. Mais cet élément fictionnel est si bien étayé et replacé dans le contexte historique qu'il en devient tout à fait crédible, d'où l'utilité de la note de l'auteur en fin de roman. Au lecteur de se faire sa propre opinion !
"[...] Les agents d'Orléans s'agitent et réclament une régence, mais lui jure ne rien vouloir. C'est à peine si on le voit. Il a toujours été ainsi, au centre de tout, mais invisible, et ne se mêlant de rien. En vérité, c'est un indolent et un inconstant. le vrai maître de son action est son secrétaire, Choderlos de Laclos."
Pour ma part, ce roman m'a donné envie de me renseigner davantage sur Choderlos de Laclos dont l'ignorais totalement le rôle politique jusqu'à cette lecture : "Cet homme est lisse comme la surface d'un lac. Eût-il les eaux méphitiques. Choderlos est un artilleur, donc ingénieur, et par conséquent maître tacticien. Il s'est emparé de l'âme du duc comme on s'empare d'une forteresse. Il en a fait sa marionnette."
UNE ATMOSPHÈRE BOUILLONNANTE TRÈS BIEN RETRANSCRITE
Sous la plume aiguisée de l'auteur, ces événements historiques prennent toute leur ampleur, s'intégrant parfaitement bien au récit, les personnages en étant eux-mêmes les protagonistes ou bien les spectateurs. Ce roman retranscrit parfaitement bien l'ambiance extrêmement confuse, voire délétère, de l'époque. Une période où l'on ne sait plus à qui faire confiance, où les espions sont partout et nulle part et où les manoeuvres politiques et les trahisons sont si nombreuses et si rapides que l'on ne sait pas si le lendemain on sera toujours du bon côté et en vie ! le danger et la mort rôdent partout, à la tête du pays, dans les milieux du pouvoir mais aussi dans la rue, au marché...
Chargé d'espionner les partisans du duc d'Orléans, Victor est bien placé pour en témoigner : au cours de sa mission, sa vie est plusieurs fois mise en danger, d'autant qu'il a plusieurs ennemis aguerris qui le surveillent en permanence, attentifs au moindre faux pas. Mais quel que soit du côté où il se trouve, chaque personnage du roman affronte des périls et le lecteur peut ainsi se mettre à tour de rôle dans la peau d'un partisan du duc d'Orléans, d'un révolutionnaire ou d'un partisan de Louis XVI ! Cette tension est maintenue du début à la fin du roman par le biais de fausses pistes et de rebondissements, jusqu'à la fameuse fusillade du Champ-de-Mars, point culminant du roman.
UN DÉCOR RÉALISTE
Comme dans son premier opus, Jean-Christophe Portes porte toujours autant d'attention à la description précise, et ce par petites touches, du Paris révolutionnaire, en prenant soin également d'utiliser les termes appropriés en usage à l'époque. Par le biais des personnages qui se déplacent dans ce décor, le lecteur est ainsi littéralement transporté en plein Paris, avec ses bruits, ses odeurs, ses petits métiers, sa gastronomie, son architecture... Mais ce voyage dans le temps ne serait pas possible sans l'écriture très visuelle et ciselée de l'auteur qui parvient en quelques mots ou en quelques lignes à planter le décor ou à décrire l'atmosphère, transformant de simples descriptions en véritables tableaux vivants. Cet environnement visuel, solide et réaliste, donne beaucoup d'épaisseur au récit et permet aux personnages de prendre vie sous nos yeux. Et le lecteur peut ainsi aussi bien parcourir les rues d'un quartier populaire de Paris qu'assister à une discussion politique dans un salon feutré parisien ou bien découvrir encore l'aménagement d'un hôtel particulier ou la misère d'un taudis.
"Quelques instants plus tard, le jeune homme atteignait le Palais-Royal, dont les fenêtres brillaient de mille feux. Derrière le porche d'entrée, on devinait la Cour d'honneur, des laquais brandissant des torches, des voitures et des chevaux, tout le luxe insolent d'une maison puissante.
En 1781, Philippe d'Orléans, le maître du domaine, avait réalisé ici une fabuleuse opération immobilière, construisant un nouvel Opéra et refaisant les jardins à neuf. Garni de galeries en bois et d'appartements, l'ensemble était devenu la nouvelle attraction de la capitale. L'Europe entière venait se divertir ici, entre restaurants, théâtres de marionnette, ou boutiques de curiosités. Cerné de grilles, ce temple du vice, du jeu et de la prostitution était interdit à la police."
UN CHASSÉ-CROISÉ QUI ACCROÎT LA TENSION MAIS UNE INTRIGUE NOYÉE SOUS LES LONGUEURS
C'est donc dans ce contexte et ce décor que s'inscrit l'intrigue de ce roman. Une intrigue ? Je dirais même plusieurs ! En effet, deux enquêtes sont menées en parallèle en début de roman, elles se croisent momentanément à plusieurs reprises et finissent par se rejoindre, mais d'autres intrigues secondaires s'ajoutent et cela a fini par devenir un peu confus dans ma tête.
En dépit d'un premier chapitre difficile à appréhender et déstabilisant – divisé en trois séquences qui se suivent, il met en scène différents personnages inconnus dans des contextes dont on ignore tout –, la première partie du roman est construite de manière très astucieuse, l'auteur jouant avec nos nerfs : à chaque fois que le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf et Victor se croisent on est persuadés qu'ils vont se rencontrer mais il y a toujours un imprévu qui les en empêchent alors qu'ils enquêtent tous deux sur la même affaire !
Malgré un découpage chronologique par chapitre, facilitant le repérage dans le temps, la seconde partie m'a un peu découragée, car elle s'étirait en longueur et plusieurs fois j'ai été tentée de sauter des passages. L'intrigue a beau se dérouler sur une très courte période, du 10 au 17 juillet 1791, elle a tendance à se complexifier, à tourner en rond et à se diluer, à coup de digressions, de descriptions... et le résultat est qu'on en arrive à un roman de plus de 400 pages qui aurait pu en faire moins sans nuire à l'intrigue.
DES PERSONNAGES TRÈS VARIÉS, MAIS DES FEMMES PEU MISES EN VALEUR
Une liste de personnages présente en début de roman permet au lecteur de ne pas se perdre parmi toute la galerie de protagonistes que Victor est amené à croiser ou à fréquenter. Tous très bien décrits tant du point de vue physique que psychologique, certains sont attachants, parfois intrigants voire ambigus, d'autres sont détestables, tantôt cruels tantôt machiavéliques et manipulateurs. Là encore, la note de l'auteur en fin d'ouvrage permet au lecteur de distinguer les personnages réels et imaginaires qui se côtoient dans le roman : si l'on retrouve des personnages classiques, tels le marquis De La Fayette, Danton, Robespierre ou Olympe de Gouges, on découvre de nouveaux personnages tels Garat l'Américain, un ex-planteur ruiné des Antilles, Louise de Kéralio, directrice du journal Mercure national, Hyacinthe, un esclave créole affranchi, Jean-Baptiste Rotondo, membre du Club des Cordeliers et du parti d'Orléans, Lalanne, indicateur de police, ou bien encore Irène Petit du Vaudreuil, une femme défigurée bien mystérieuse...
Parmi les personnages qui m'ont plus particulièrement intéressée, outre le personnage de Choderlos de Laclos déjà évoqué, figurent le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf pour ses failles et son côté non conventionnel et le petit Victor-Joseph Turpin,"un gamin d'à peine dix ans aux pieds nus, chemise et culottes déchirées, le nez retroussé et les yeux azur d'un faux naïf", un gamin des rues boiteux mais débrouillard, qui s'attache à Victor au point de le tirer d'affaire plus d'une fois ! À propos du commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf :
"Il repensait à ces hommes dépravés qu'il avait parfois conduits au Châtelet. Un soir, il avait exigé de l'un d'eau quelques faveurs contre nature. Il avait eu honte de son plaisir mais il avait recommencé à plusieurs reprises sans pouvoir s'en empêcher."
"C'était un homme massif d'une cinquantaine d'années, le menton et le nez forts mais les traits réguliers, dont le visage n'était pas sans rappeler celui de certains empereurs romains. Économe de parole, il l'était également dans sa façon de s'exprimer. le plus souvent, la position de ses deux sourcils arqués, tour à tour interrogateurs, sceptiques, ou menaçants, indiquait clairement sa pensée. Sa taille avantageuse et sa non moins avantageuse corpulence venaient s'il le fallait appuyer son argumentation."
Et le héros me direz-vous, il a bien dû aussi m'intéresser ? Eh bien pas vraiment... Certes Victor a pris de l'assurance depuis sa dernière enquête, gagnant en maturité, mais il manque singulièrement de vécu et de relief face au commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf. Trop beau, trop parfait...
"C'était un tout jeune homme d'à peine vingt ans, les traits élégants et la bouche sensuelle, le regard azur un peu rêveur. Assez mince, les épaules carrées et les mains nerveuses, il faisait cinq pieds six pouces, la taille minimum pour intégrer cette Gendarmerie nationale, qui depuis quelques mois remplaçait l'ancienne maréchaussée. Il se dégageait de lui un mélange étonnant, fait de naïveté, de mélancolie et de violence retenue."
Autre bémol, la présence et le rôle des femmes dans ce roman : les trois personnages féminins, Olympe de Gouges, Louise de Kéralio et Irène Petit du Vaudreuil, sont passionnants mais peu présents dans le roman, écrasés par le poids des protagonistes masculins pas toujours aussi intéressants. N'apparaissant que par intermittence, leur rôle reste secondaire, et ce même si deux d'entre d'elles interviennent de manière spectaculaire en fin de roman.
Ce deuxième tome des enquêtes de Victor Dauterive fait la part belle aux hommes, son univers est trop stéréotypé à mon goût. Et pourtant l'auteur avait un sacré beau personnage dans sa besace, celui d'Olympe de Gouges. Les rares fois où elle intervient dans le roman ont été des moments de pur bonheur et de fraîcheur.
UN CONTEXTE SOCIAL INTÉRESSANT MAIS PAS EXPLOITÉ
À la lecture du texte de quatrième de couverture de ce roman, ma curiosité avait été piquée, tout autant par le contexte historique que par l'évocation du milieu homosexuel, un sujet quasiment voire jamais exploité dans le cadre du roman historique. Malheureusement, le thème de l'homosexualité n'est qu'une fausse piste et le sujet est juste effleuré au début du roman dans quelques scènes hautes en couleurs et vraiment intéressantes. Au final, on retombe assez vite sur une intrigue somme toute classique et conventionnelle. Et les quelques scènes décrites ne nous permettent pas de nous faire une idée suffisamment précise de la condition homosexuelle sous la Révolution française. On apprend seulement que l'homosexualité n'est alors plus punie par la loi et que le commissaire Piedeboeuf était chargé autrefois de traquer les homosexuels dans la capitale. Ayant le souvenir que l'homosexualité était punie de mort sous l'Ancien Régime, je suis allée me documenter un peu et j'ai découvert qu'à l'automne 1791 l'Assemblée Constituante a promulgué un nouveau code pénalement abolissant la criminalisation de la sodomie. Cependant, un fichage reste pratiqué par la police – ce qu'évoque le roman – et l'homosexualité reste réprouvée, et ce tout au long du XIXe siècle et malheureusement encore de nos jours.
De la même façon, lorsque le personnage de Victor-Joseph Turpin, l'orphelin boiteux qui vit dans la rue, apparaît au cours du roman, c'est une occasion en or pour décrire la situation de ces enfants démunis et abandonnés, livrés à eux-mêmes, en danger, mais pas du tout... On n'en saura pas plus, en tout cas pas dans ce tome !
Lien : http://romans-historiques.bl..
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morin
  28 janvier 2017
Dans le premier tome Louis XVI et sa famille ont été arrêtés pendant leur fuite à Varennes en juin 1791.
Dans le deuxième tome les événements se déroulent en juillet 1791.
Le Club des Cordeliers (Choderlos de Laclos soutenu par Danton et Marat) demande la destitution du roi, destitution refusée par les députés de la Constituante. Une manifestation pacifiste est organisée par le Club des Cordeliers sur le Champs de Mars. La constituante demande à Bailly (maire de paris) de s'opposer à cette manifestation. Pour cela il fait appel à la Garde Nationale (La Fayette).
C'est dans ce contexte historique que se déroule "l'affaire de l'homme à l'escarpin".
Une enquête est ouverte à la suite de la découverte d'un jeune homme assassiné. Seul indice une paire d'escarpins vernis découverte auprès du cadavre nu.
La Fayette, protecteur du jeune Victor, lui demande de rentrer en contact avec le parti d'Orléans (cousin du roi). le secrétaire du Duc serait Choderlos de Laclos. le but faire échouer le projet qu'aurait les Orléans, réussir un nouveau 14 juillet pour prendre le pouvoir.
Dans cette histoire se mêlent et se croisent de manière pertinente des personnages et des événements historiques et fictionnels.
Ce roman m'a conduit à me plonger dans l'histoire de la Révolution que l'on croit pourtant connaître, et plus particulièrement dans les journées de juillet 1791. Je me suis alors rendue compte que mes connaissances sur cette période étaient plutôt superficielles hormis les grandes dates, les événements marquants et quelques protagonistes.
Un personnage me laisse , si j'ose écrire, "sur ma faim" : c'est le personnage principal, Victor.
je n'arrive pas à cerner sa personnalité : timide ou naïf , notamment avec les femmes (Louise de Keralio (fiction) Olympe de Gouges (historique), pas toujours très reconnaissant avec La Fayette, (historique) mais c'est un peu réciproque dans la façon dont il est parfois "trompé". Maladroit avec Joseph( fiction).
Pour prendre simplement l'exemple de Joseph le petit "va-t'en dire" , au début malgré les efforts du gamin, il l'ignore, ensuite il le prend comme valet, il pleure quand il le croit disparu, et puis il l'ignore de nouveau,alors qu' il avait promis de lui apprendre les chiffres, à lire et écrire, préférant dessiner et rêver à Olympe, petit nobliau il laisse le gamin dans les mains d'une sympathique cuisinière....
Conclusion, merci à J.C. PORTES, j'ai pris plaisir à la lecture de son dernier opus.



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Herve-Lionel
  21 novembre 2016
La Feuille Volante n° 1090
L'affaire de l'homme à l'escarpin – Jean-Christophe Portes -City Éditions.
Il fait une chaleur étouffante à Paris en ce mois de juillet 1791. La fuite de Louis XVI à Varennes a définitivement discrédité le roi et la guerre civile gronde dans la capitale où le petit peuple s'agite dans une ambiance de fin de règne, où chacun se lâche et où l'agitation politique est quotidienne. La royauté est menacée par la Révolution mais aussi par le Duc d'Orléans, le cousin du roi, qui s'appuie sur le « Club des Cordeliers » et cherche à s'emparer du trône que défend comme il peut le marquis De La Fayette, fragilisé par les événements. Ce dernier cherche à déjouer les plans de cette coterie et charge son protégé, Victor Dauterive, ancien aristocrate discret, peintre et dessinateur à la vocation contrariée, devenu sous-lieutenant de gendarmerie, d'approcher les membres de cette conjuration.
Sur les bords de la Seine, on vient de retrouver le cadavre a demi-nu d'un jeune homme et le vieux commissaire Piedeboeuf n'a pour l'identifier qu'un escarpin. L'enquête révélera bientôt qu'il appartenait à la communauté homosexuelle, quant aux circonstances de ce meurtre, elles sont des plus obscures et compliquent les investigations du policier. Ces deux affaires semblent indépendantes l'une de l'autre mais est-ce réel dans une ville pleine d'espions et en constante effervescence où des factions s'affrontent en permanence pour la conquête du pouvoir face à une royauté qui vacille, une Révolution qui s'essouffle et une guerre civile qui couve ? Quant à Victor, toujours sur ses gardes, il a fort à faire pour mener à bien sa mission délicate confiée par La Fayette dans une ambiance délétère où chacun espionne l'autre, dans une atmosphère de complot où la fin justifie les moyens, de trouble, de désinformation, d'intrigue et de menaces de guerre aux frontières. Heureusement pour lui, il bénéficie d'une collaboration inattendue, discrète mais efficace dans un époque instable, même si sa vie est en sursis, entre menaces, réels dangers et hypocrisie.
J'ai découvert avec plaisir l'oeuvre de Jean-Christophe Portes avec « L'affaire du corps sans tête » (La Feuille Volante n°1004). J'ai apprécié d'être à nouveau immergé dans un siècle qui a ma préférence (même si j'aurais peu prisé la vie sous la Révolution) et son roman fourmille de petits détails historiques, sur les us et coutumes, sur la mode, sur les expressions et les métiers de l'époque. Je n'omettrai pas non plus les portraits que l'auteur nous donne à voir dont celui de Victor Dauterive, certes fictif, mais dont la biographie et la personnalité nous sont révélées par petites touches. J'ai aimé les rencontres qu'il fait avec ceux qui ont effectivement participé à cette période dangereuse où tout était possible, où tout pouvait basculer dans la violence et la mort, le Marquis de la Fayette, Olympe de Gouge, Choderlos de Laclos... Ses romans ne sont pas sans rappeler ceux de Jean-François Parot qui, eux aussi, m'ont passionné. J'ai aussi apprécié cette peinture de l'espèce humaine dont la pusillanimité la pousse à détruire un jour ce qu'elle a acclamé la veille et qui ne recule ni devant une flagornerie, ni devant une trahison pour une distinction ou une prébende. Quant aux meneurs, possédés par l'attrait du pouvoir qui fait naître les ambitions les plus folles face aux événements, ils n'apparaissent que lorsque le danger est passé et laissent leurs partisans en découdre, risquer leur vie pour eux et n'en retirent que les honneurs…
L'auteur déroule cette intrigue historico-policière passionnante et fort compliquée en 7 jours, du 10 au 17 juillet. le style est alerte, fluide et agréable à lire, le roman dépaysant à souhait qui balade le lecteur dans ce Paris de l'époque, à la fois interlope et chic, entre salons et bas-fonds, aristocrates, révolutionnaires et hommes de main et entretient jusqu'à la fin un suspens de bon aloi, bref un moment de lecture bien agréable et j'aurais plaisir à poursuivre ma découverte de l'univers créatif de cet auteur.
© Hervé GAUTIER – Novembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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cmpf
  27 octobre 2018

C'est dommage, j'ai lu cette aventure de Victor Dauterive avant la première, L'affaire des corps sans tête, mais cependant cela ne m'a pas gênée.
Victor appartient à ce corps de la gendarmerie qui vient d'être créé par la Révolution, et l'histoire prend place après la fuite du couple royal vers l'est. L'entourage du Duc d'Orléans et en premier lieu Choderlos de Laclos (par intérêt personnel) voudrait que le roi soit destitué et que la branche Orléans s'installe sur le trône. de son côté Lafayette essaie de protéger le Roi, voilà pour le décor.
Lafayette qui est le protecteur de Victor demande au jeune homme ( 19 ans) d'approcher le clan Choderlos afin de le renseigner. Par ailleurs le commissaire Piedeboeuf est appelé sur le lieu où on a retrouvé le corps d'un homme portant un seul escarpin.
L'histoire parlera aussi de Garat l'Américain, inspiré d'un personnage réel et qui est accusé d'avoir brûlé une propriété aux Antilles. Ce qui permet d'évoquer la situation des Noirs esclaves ou affranchis.
Bref un policier historique de bonne tenue dans une époque pas assez explorée par la littérature.

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Bigmammy
  20 juillet 2018
Après le fiasco de la fuite à Varennes et son piteux retour à Paris le 21 juin, Louis XVI est provisoirement démis de ses fonctions. L'Assemblée Constituante et les modérés souhaitent cependant déclarer son inviolabilité mais les agités des clubs – Cordeliers, Jacobins, Feuillants - se mettent en devoir de susciter une pétition nationale réclamant sa destitution. Dans l'ombre en effet, le duc d'Orléans (petit-fils du Régent, Prince du sang), finance de son incommensurable fortune des nervis qui attendent la bonne occasion pour provoquer une nouvelle journée révolutionnaire. Son secrétaire et âme damnée n'est autre que Pierre Choderlos de Laclos, que le succès des Liaisons dangereuses n'a pas entièrement satisfait et qui se voit ministre. Une nouvelle régence, la couronne étant passée au petit Louis XVII, ne pouvant échapper au cousin du roi, ou à son fils le duc de Chartres.
La découverte du cadavre d'un jeune homosexuel est le point de départ d'une affaire sordide de règlement de comptes. Victor Dauterive, homme de confiance du marquis De La Fayette doit s'infiltrer auprès du clan Orléans, une sombre équipe dirigée par Garat l'Américain, chargé de recruter des sans-culottes et de leur procurer des piques. Avec l'aide d'un petit « vas-y-dire » qui s'est attaché à ses pas et le soutien utile de la belle Olympe de Gouges, il risque à nouveau plusieurs fois sa peau afin de déjouer ce qui ressemble fort à un coup d'état et qui se terminera dans le sang le 17 juillet, alors que la garde nationale perdant son calme tire sur la foule du Champ-de-Mars.
Encore plus sombre que le premier épisode, le roman nous entraîne dans les assemblées enfiévrées des sociétés fraternelles, nous fait rencontrer les leaders de l'assemblée et comprendre leurs contradictions en cette année qui voit l'adoption de la Constitution et son approbation par Louis XVI devenu Roi des Français, mais aussi la grande rupture entre la Constituante et les sans-culottes après le massacre du 17 juillet. Une sacrée occasion de réviser des notions historiques devenues assez floues sur une période particulièrement confuse de notre histoire.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   21 novembre 2016
En regardant les fines bulles du champagne remonter par torsades, du fond du verre, il se disait que son existence leur ressemblait, vaine et sans objet, tourbillonnant dans l'or pour éclater dans l'air.
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morinmorin   28 janvier 2017
Il revoyait ses yeux clairs, naïfs et pleins de rires, il le revoyait lui tirer la manche rue Saint-Honoré, brandissant sa pièce sur le Pont -Neuf comme un trophée, puis s'enfuyant de sa démarche dansante. Il revoyait son sourire lorsqu'il lui avait annoncé qu'il le prenait à son service. Et à ce souvenir des larmes brûlantes jaillirent de ses yeux.
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morinmorin   28 janvier 2017
Je n'attends pas grand-chose de la reine. Mais n'est-il pas temps d'écouter les femmes ? Vous les hommes, vous aimez trop la force et la violence.
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morinmorin   28 janvier 2017
Joseph venait de ressurgir dans le jardin. Il s'adressa à la cuisinière, sans doute pour lui demander de quoi manger. Elle ne savait pas résister au petit boiteux. A vingt pas de là, on entendait leurs rires.
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Herve-LionelHerve-Lionel   19 novembre 2016
Pour exister il fallait courber la nuque et s'avilir, chacun le faisait à sa façon.
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Videos de Jean-Christophe Portes (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Christophe Portes
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