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EAN : 9782362290787
246 pages
Éditeur : Bruno Doucey, 2019 (06/02/2015)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 9 notes)
Résumé :
L’insurrection poétique… L’anthologie que nous publions pour la 17ème édition du Printemps des Poètes se veut un manifeste : « manifeste pour vivre ici », selon l’expression d’Éluard, manifeste en faveur d’une vie intense et insoumise, celle que réclament les poètes, ces voleurs de feu. Vingt-deux sections incisives, dont les titres se présentent comme des affiches, composent ce livre. Parmi elles : Au croc la phynance, Avant j’avais un métier, Cap espérance, Contre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Piatka
  06 juin 2015
Ceci n'est pas une critique, autant vous le dire d'emblée. Impossible de paraphrasouiller, soupeser, décortiquer cent dix poètes, essentiellement contemporains mais pas que, de tous lieux, unis par un même " feu pour vivre mieux " selon l'expression de Paul Eluard.
Ce livre, cette insurrection poétique, toute de noir vêtue est essentielle, totalement incandescente, malgré sa noirceur. Elle éclabousse les consciences, exposant sans fard les grands problèmes de l'humanité en les regroupant en vingt-deux parties aux titres courts et chocs comme : Combattre l'ignorance, La haine je la jette, Tous égaux, Sexisme injustice, Avant j'avais un métier, Que le corps exulte, Mal à la terre, Apartheid, Homos je vous aime, Liberté j'écris ton nom...Et fort heureusement, elle est aussi porteuse d'espoir : Tous ensemble, Cap Espérance, Et pourtant je vous dis que le bonheur existe...
Cinq, six textes par thèmes, pas plus ; des notices biographiques courtes sur chaque poète présentant l'essentiel de son parcours littéraire ; puis naturellement les références bibliographiques pour prolonger la découverte.
Ça sonne diablement juste et fort, ce concert de talents poétiques !
Réunis par cette anthologie publiée pour la 17ème édition du Printemps des Poètes, en cette année 2015 qui a commencé si sauvagement, tous ces poètes portent l'élan vital de la création, la parole libre et affirmée, enflammée et salvatrice. J'y ai trouvé des pépites de tous horizons et c'est ce que j'apprécie par dessus tout : tisser des liens invisibles entre individus qui ne se rencontreront jamais pour la plupart, mais témoignent de leur belle et vivante humanité.
Comme je ne peux pas recopier tous les vers qui m'ont interpellée, je vous livre cette citation de Lawrence Ferlinghetti, mentionnée par l'éditeur Bruno Doucey dans sa préface :
" La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience. "
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charlottelit
  05 novembre 2015
magnifique : il faut tout citer ! en avant toute !
humaniste et courage en action.
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ursyd
  12 janvier 2017
Magnifique livre ! Le choix des poèmes est excellent, on découvre plein de poètes (dont il faudra explorer les œuvres). De nombreux genres de poésie et de nombreuses origines y sont représentés, on voyage grâce à ce livre, autant dans le monde qu'en nous-mêmes, autant dans la souffrance que dans le bonheur et surtout on veut aller encore plus loin.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   08 juin 2015
LA MORT DOUCEMENT ( Extrait )

On meurt lentement à ne pas voyager, à ne pas lire, à ne pas écouter de la musique, à ne pas rire de soi.
On meurt lentement à détruire son amour-propre. C'est peut-être une dépression, maladie sérieuse qui requiert une aide professionnelle. Alors on dépérit jour après jour à ne pas vouloir être aidé.
On meurt lentement à ne pas travailler ni étudier, et la plupart du temps, ce n'est pas par choix mais plutôt le destin : alors un gouvernement négligent peut tuer lentement une bonne partie de la population.
On meurt lentement à se plaindre tous les jours de malchance ou de la pluie incessante, abandonnant un projet avant de l'avoir commencé, ne cherchant pas à se renseigner sur un sujet méconnu et refusant de répondre quand l'autre s'enquiert de ce que l'on sait.
Nombre de gens meurent lentement, et c'est la mort la plus ingrate et la plus traîtresse qui soit, car lorsqu'elle approche vraiment, on est alors beaucoup moins endurant pour parcourir le peu de temps qui reste. Puisqu'on ne peut éviter une fin soudaine, que l'on évite au moins une mort à petit feu, en se rappelant toujours qu'être vivant exige un effort bien plus grand que le simple fait de respirer.

MARTHA MEDEIROS - texte inédit 2014
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   26 mai 2015
CHAQUE VISAGE EST UN MIRACLE...

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.
Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, aux cheveux blonds et raides, est un enfant.
L’un et l’autre, le noir et le blanc, ont le même sourire quand une main leur caresse le visage, quand on les regarde avec amour et leur parle avec tendresse. Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal. [..]
Il n’existe pas deux visages absolument identiques. Chaque visage est un miracle. Parce qu’il est unique. Deux visages peuvent se ressembler ; ils ne seront jamais tout à fait les mêmes. La vie est justement ce miracle, ce mouvement permanent et changeant et qui ne reproduit jamais le même visage. [..]
Vivre ensemble est une aventure où l’amour, l’amitié est une belle rencontre avec ce qui n’est pas moi, avec ce qui est toujours différent de moi et qui m’enrichit.

TAHAR BEN JELLOUN - Mots et merveilles
11. Tous égaux
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PiatkaPiatka   30 mai 2015
DÉRIVE EN ROUGE

Parce que chaque mot cache une fin du monde
et que l’ombre rend plus vive la lumière
la vie belle de sa blessure rouge
flamboie de tristesses éparpillées
Un rouge exubérant à en mourir
un rouge à aimer sans prendre souffle
à boire comme un merveilleux poison
Le rouge de mon amour me brûle si fort

Le flamboyant rouge au silence violent
feu de joie ou sacrifice sanglant
le flamboyant carnivore suce le sang de l’été
mon coeur en fait autant, j’en suis maculée
Nous sommes comme des amants voraces

Qui me dira qu’il n’est pas beau de pleurer
qui me dira de me livrer dans l’instant vermeil
et pourquoi le sang tenace de l’été renaît
dans l’orgasme du flamboyant

Un pétale deux pétales trois pétales
rouge sang rouge vulve rouge Ogou
Tu dérives ma fille, tu dérives et t’emmêles
point de garde fou dans la saison du flamboyant
La passion est rouge, rouge et mouvante
elle exulte au coeur de l’été en chute libre

Et mon désir sans aucune honte me colle au corps
omniprésent omnivore affamé d’instants multicolores
Le rouge flamboyant dans mes veines réclame son dû
comme les lèvres dévorantes d’un été scandaleux

KETTLY MARS ( née en Haïti en 1958 )
19. Que le corps exulte !
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   04 juin 2015
J'ÉCRIS POUR APAISER...

J'écris pour apaiser les scrupules de l'herbe,
Pour mettre un peu d'amour dans le foyer du vent,
Pour permettre à l'oiseau de s'éveiller proverbe,
Pour agrandir l'espace, éterniser l'enfant.

Pour opposer des faits d'écorce et de pelage
Aux dénis du lexique, aux gommes du savoir,
Si je dis que le hêtre est une vierge sage,
Je retarde d'un feu l'enchère et l'abattoir.

J'écris pour réchauffer blé neuf et jeune vigne
Dieu plus encor que l'homme à la merci du gel ;
J'écris pour rassurer, j'écris pour rendre digne,
Pour que la solitude ait un nom de famille,
Pour implanter un lieu qui ne soit pas mortel.


JEAN ROUSSELOT - Maille à partir, 1961
22. Dis ce que vouldras
+ Lire la suite
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charlottelitcharlottelit   08 novembre 2015
Michèle Voltaire Marcelin : inconnue sur Babelio ! incroyable !
Mensonge.
Ils m'ont menti, ceux qui m'ont dit un jour je serais plus tranquille.
Ils m'ont trompée. Rien ne meurt avec l'âge.
Ni l'envie d'amour, ni celle des baisers.
Et mon coeur fou me fait parfois oublier ce corps encombrant
alourdi par les ans.
Si facilement séduit pourtant, si pas de trop près,
un homme aux yeux trop doux.
Et je tressaille du même désir, cent fois retrouvé, quand un danseur me chavire,
ses doigts agrafés à mon cou.
Quelle chaleur soudain m'envahit à un éclat de rire ?
Me donne envie de mordre à pleines dents ces lèvres heureuses ?
Ils m'ont menti.
Je ne fais le deuil de rien.
J'ai dans mes jambes des envies de courses à perdre haleine dans les broussailles inondées de soleil, vert et ciel mélangés, cheveux défaits,
épaules nues au vent.
Des envies de culbutes aux membres emmelés.
Des baisers dont la saveur serait celle de la pulpe des mangues et m'empliraient la bouche de leur sirop de miel.
D'une langue qui aurait la fraîcheur de l'eau d'une fontaine.
J'ai des envies de sexes dur comme du verre.
Des envies de peau chaude et d'aisselles dont je lècherais le sel, et plus bas encore dans l'odeur de fougère.
Je rêve à la brûlure si douce du sable à la plante des pieds.
Du cri arraché au plaisir comme celui de l'oiseau soudain désencagé.
J'ai dans mes mains des envies de caresses, dans mes oreilles le doux gémir qui suit une nuque frôlée.
Et vous passez sans me voir, laissant flotter autour de moi votre parfum de bête libre.
Sans savoir que mes yeux vous ont déjà appuyé contre ce mur et mes bras cadenassé votre corps . Que je vous ai de la tête aux pieds, comme une menthe, sucé. N'avez-vous pas senti mes doigts dans vos cheveux ?
Et du plus loin que je me garde, très loin de vous, lorsque je vous regarde, ne sentez-vous pas cette jouissance qui roule en moi ?
Vous ne savez donc pas qu'ils m'ont menti, ceux qui m'ont dit un jour, je serais plus tranquille ? Amours et bagatelles 2009.
+ Lire la suite
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