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ISBN : 201279548X
Éditeur : Fayard (09/11/2011)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 18 notes)
Résumé :

L'esprit d'une culture peut se flétrir de deux manières. Dans la première - celle d'Orwell -, la culture devient une prison. Dans la seconde, celle de Huxley la culture devient une caricature. (...) Huxley nous enseigne qu'à une époque de technologie avancée, la dévastation spirituelle risque davantage de venir d'un ennemi au visage souriant que d'un ennemi qui inspire les soupçons et la haine. C'est nous qui avons ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Manjacaprini
  26 août 2012
Un des constats que l'on peut établir à la lecture de cet ouvrage, c'est la grande modernité de son propos. Bien que publié en 1985, presque tous les points qu'aborde l'auteur sont intéressants à confronter à notre société actuelle. On mesure pourtant le fossé immense que représentent ces trente dernières années en matière de communication et de médias: l'apparition d'internet a tout changé, et la télévision elle-même s'est vautrée allégrement dans un vide bêtifiant qui aurait sans doute dépassé l'imagination des producteurs les plus cyniques des années 80.
Disons ensuite que cet ouvrage n'appartient pas à la catégorie des chefs d'oeuvres littéraires (malgré une écriture fluide et précise), ni des pavés universitaires destinés à un public de quelques dizaines d'individus, mais bel et bien à celle des livres de salubrité publique.
Une personne normalement éduquée peut suivre l'ensemble des analyses qui y sont fournies, et ce en dépit du fait que l'auteur ne prétend s'attaquer qu'à la télévision telle qu'elle est (était) aux États-Unis.
On s'aperçoit pourtant que les rouages qu'elle utilise sont les mêmes partout; et surtout que le monde que Postman annonce comme la réalisation de la prophétie d'Aldous Huxley est bel et bien arrivé: il soulignait que le danger n'était pas que le pouvoir ne force les gens à entrer dans un univers contrôlé et censuré comme Orwell le dépeignait dans "1984", mais que les gens créeraient de leur plein gré cet univers en étant aveuglés par le divertissement.
Ce livre intellectuellement honnête est le socle d'un raisonnement d'une réelle finesse, et son ampleur est abondamment soulignée par un souci constant de confronter son analyse à l'histoire.
Ajoutons enfin qu'il est extrêmement regrettable que Postman n'ait pas vécu jusqu'à l'âge d'internet (il est mort au début des années 2000), qui lui aurait fourni un matériau d'étude aussi passionnant qu'effrayant, à n'en pas douter.
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picaflor
  29 septembre 2012
Après une première partie historique -un peu laborieuse à mon goût, même si elle permet de mettre certaines choses en perspective-, on en arrive à la présentation des évolutions actuelles, qui présente l'intérêt, non seulement d'analyser les travers structurellement liés aux media audiovisuels, mais aussi de montrer comment la pratique dérivée de cette structure tend à contaminer l'ensemble de la société, y compris l'enseignement, qui devrait pourtant être l'un des principaux instruments de lutte contre ces dérives.
Au total un ouvrage intéressant, même si la première partie aurait sans doute pu être un peu condensée et si à l'inverse les "contrefeux" proposés mériteraient au contraire de plus longs développements.
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usagi
  31 octobre 2013
Ouvrage datant de 1985 et donc assez vieux ne pouvant retracer toute l'évolution de la télévision jusqu'à aujourd'hui. Redondant. Superficiel. J'aurais aimé un ouvrage beaucoup plus complet avec tous les effets discutés de la télévision. Auteur qui soit va trop loin ou pas assez dans ses propos.
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SycoraxSycorax   07 juillet 2012
[...] contrairement à une opinion répandue même chez les gens cultivés, les prophéties de Huxley et Orwell sont très différentes l'une de l'autre. Orwell nous avertit du risque que nous courons d'être écrasés par une force oppressive externe. Huxley, dans sa vision, n'a nul besoin de faire intervenir un Big Brother pour expliquer que les gens seront dépossédés de leur autonomie, de leur maturité, de leur histoire. Il sait que les gens en viendront à aimer leur oppression, à adorer les technologies qui détruisent leur capacité de penser.
Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu'il n'y ait même plus besoin d'interdire les livres car plus personne n'aurait envie d'en lire. Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l'information. Huxley redoutait qu'on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l'égoïsme. Orwell craignait qu'on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d'insignifiances. Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. Car, comme le faisait remarquer Huxley dans "Brave new world revisited", les défenseurs des libertés et de la raison, qui sont toujours en alerte pour s'opposer à la tyrannie, "ne tiennent pas compte de cet appétit quasi insatiable de l'homme pour les distractions". Dans "1984", ajoutait Huxley, le contrôle sur les gens s'exerce en leur infligeant des punitions ; dans "Le meilleur des mondes", il s'exerce en leur infligeant du plaisir. En bref, Orwell craignait que ce que nous haïssons ne nous detruise ; Huxley redoutait que cette destruction ne nous vienne plutôt de ce que nous aimons.
Le thème de cet ouvrage [i.e. "Se distraire à en mourir"] repose sur l'idée que Huxley avait vu plus juste qu'Orwell.
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picaflorpicaflor   29 septembre 2012
Tant que la musique fournit un cadre à l'émission, le téléspectateur est rassuré, cela le conforte dans l'idée qu'il n'y a pas vraiment matière à s'inquiéter, qu'en fait les évènements dont on l'informe ont aussi peu de relation avec la réalité que ce qui se passe sur une scène de théâtre.
Ce sentiment que nous donnent les informations télévisées d'être un spectacle dramatique mis en scène pour nous divertir est renforcé, entre autres, par le fait que la durée moyenne de chaque sujet est de 45 secondes.
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picaflorpicaflor   29 septembre 2012
Vous pouvez attendre longtemps avant d'entendre un prédicateur électronique faire allusion aux difficultés pour un homme riche de gagner le royaume des cieux. Le directeur général de l'Association nationale des personnalités de la télévision religieuse résume ainsi ce qu'il appelle la loi non écrite de tous les prédicateurs à la télévision : "Vous pouvez avoir votre part d'audience à condition de donner aux gens ce qu'ils veulent".
Voilà un credo peu habituel en matière religieuse. Aucun grand chef religieux -de Bouddha à Moïse, à Jésus, à Mahomet ou à Luther- n'a donné au peuple ce qu'il voulait. Il lui a toujours demandé de faire ce qu'il devait. Mais la télévision 'est pas faite pour parler aux gens d'exigences. Il est trop facile de tourner le bouton.
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picaflorpicaflor   29 septembre 2012
En 1786, Benjamin Franklin observa que les Américains étaient si occupés à lire les journaux et les pamphlets qu'ils n'avaient presque plus de temps pour les livres. (...) Alexis de Tocqueville note ce fait dans De la démocratie en Amérique, publié en 1835 : "En Amérique, écrivit-il, les partis n'écrivent pas des livres pour combattre les opinions les uns des autres, mais des pamphlets qui circulent pendant une journée à une vitesse incroyable puis disparaissent".
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ManjacapriniManjacaprini   24 août 2012
Le problème n'est pas que la télévision nous offre des divertissements, mais que tous les sujets soient traités sous forme de divertissement, ce qui est une autre affaire.
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