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ISBN : 201279548X
Éditeur : Fayard (09/11/2011)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 24 notes)
Résumé :

L'esprit d'une culture peut se flétrir de deux manières. Dans la première - celle d'Orwell -, la culture devient une prison. Dans la seconde, celle de Huxley la culture devient une caricature. (...) Huxley nous enseigne qu'à une époque de technologie avancée, la dévastation spirituelle risque davantage de venir d'un ennemi au visage souriant que d'un ennemi qui inspire les soupçons et la haine. C'est nous qui avons ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Manjacaprini
  26 août 2012
Un des constats que l'on peut établir à la lecture de cet ouvrage, c'est la grande modernité de son propos. Bien que publié en 1985, presque tous les points qu'aborde l'auteur sont intéressants à confronter à notre société actuelle. On mesure pourtant le fossé immense que représentent ces trente dernières années en matière de communication et de médias: l'apparition d'internet a tout changé, et la télévision elle-même s'est vautrée allégrement dans un vide bêtifiant qui aurait sans doute dépassé l'imagination des producteurs les plus cyniques des années 80.
Disons ensuite que cet ouvrage n'appartient pas à la catégorie des chefs d'oeuvres littéraires (malgré une écriture fluide et précise), ni des pavés universitaires destinés à un public de quelques dizaines d'individus, mais bel et bien à celle des livres de salubrité publique.
Une personne normalement éduquée peut suivre l'ensemble des analyses qui y sont fournies, et ce en dépit du fait que l'auteur ne prétend s'attaquer qu'à la télévision telle qu'elle est (était) aux États-Unis.
On s'aperçoit pourtant que les rouages qu'elle utilise sont les mêmes partout; et surtout que le monde que Postman annonce comme la réalisation de la prophétie d'Aldous Huxley est bel et bien arrivé: il soulignait que le danger n'était pas que le pouvoir ne force les gens à entrer dans un univers contrôlé et censuré comme Orwell le dépeignait dans "1984", mais que les gens créeraient de leur plein gré cet univers en étant aveuglés par le divertissement.
Ce livre intellectuellement honnête est le socle d'un raisonnement d'une réelle finesse, et son ampleur est abondamment soulignée par un souci constant de confronter son analyse à l'histoire.
Ajoutons enfin qu'il est extrêmement regrettable que Postman n'ait pas vécu jusqu'à l'âge d'internet (il est mort au début des années 2000), qui lui aurait fourni un matériau d'étude aussi passionnant qu'effrayant, à n'en pas douter.
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picaflor
  29 septembre 2012
Après une première partie historique -un peu laborieuse à mon goût, même si elle permet de mettre certaines choses en perspective-, on en arrive à la présentation des évolutions actuelles, qui présente l'intérêt, non seulement d'analyser les travers structurellement liés aux media audiovisuels, mais aussi de montrer comment la pratique dérivée de cette structure tend à contaminer l'ensemble de la société, y compris l'enseignement, qui devrait pourtant être l'un des principaux instruments de lutte contre ces dérives.
Au total un ouvrage intéressant, même si la première partie aurait sans doute pu être un peu condensée et si à l'inverse les "contrefeux" proposés mériteraient au contraire de plus longs développements.
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usagi
  31 octobre 2013
Ouvrage datant de 1985 et donc assez vieux ne pouvant retracer toute l'évolution de la télévision jusqu'à aujourd'hui. Redondant. Superficiel. J'aurais aimé un ouvrage beaucoup plus complet avec tous les effets discutés de la télévision. Auteur qui soit va trop loin ou pas assez dans ses propos.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
SycoraxSycorax   07 juillet 2012
[...] contrairement à une opinion répandue même chez les gens cultivés, les prophéties de Huxley et Orwell sont très différentes l'une de l'autre. Orwell nous avertit du risque que nous courons d'être écrasés par une force oppressive externe. Huxley, dans sa vision, n'a nul besoin de faire intervenir un Big Brother pour expliquer que les gens seront dépossédés de leur autonomie, de leur maturité, de leur histoire. Il sait que les gens en viendront à aimer leur oppression, à adorer les technologies qui détruisent leur capacité de penser.
Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu'il n'y ait même plus besoin d'interdire les livres car plus personne n'aurait envie d'en lire. Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l'information. Huxley redoutait qu'on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l'égoïsme. Orwell craignait qu'on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d'insignifiances. Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. Car, comme le faisait remarquer Huxley dans "Brave new world revisited", les défenseurs des libertés et de la raison, qui sont toujours en alerte pour s'opposer à la tyrannie, "ne tiennent pas compte de cet appétit quasi insatiable de l'homme pour les distractions". Dans "1984", ajoutait Huxley, le contrôle sur les gens s'exerce en leur infligeant des punitions ; dans "Le meilleur des mondes", il s'exerce en leur infligeant du plaisir. En bref, Orwell craignait que ce que nous haïssons ne nous detruise ; Huxley redoutait que cette destruction ne nous vienne plutôt de ce que nous aimons.
Le thème de cet ouvrage [i.e. "Se distraire à en mourir"] repose sur l'idée que Huxley avait vu plus juste qu'Orwell.
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UnityUnity   17 octobre 2018
En Amérique chacun a le droit d'avoir son opinion, ce qui est bien utile pour les enquêteurs. Mais ce sont là des opinions d'une toute autre nature que celles que l'on pouvait avoir au XVIIIe ou au XIXe siècle. Il serait plus exact de parler d'émotions plutôt que d'opinions, ce qui tiendrait compte du fait qu'elles changent d'une semaine à l'autre, comme nous le montrent les sondages. La télévision modifie le sens « d'être informé » en créant un type d'information qu'il serait plus correct d'appeler la désinformation. J'emploie ce mot dans le sens bien précis que lui donnent les espions ) la CIA ou au KGB. Désinformation ne signifie pas fausse information. Cela signifie information trompeuse – information déplacée, hors de propos, fragmentaire ou superficielle – une information qui donne l'illusion de savoir quelque chose mais qui, en fait, vous éloigne de la véritable connaissance. Je ne veux pas dire que les nouvelles télévisées ont pour objectif délibéré de priver les Américains d'une compréhension cohérente, et intégrée dans son contexte, de leur monde. Je veux dire que, quand les nouvelles sont ainsi présentées sous forme de divertissement, c'est un résultat inévitable. En disant que la télévision divertit mais n'informe pas, j'exprime une chose beaucoup plus grave que si je disais que nous étions privés d'information vraie. Nous sommes en train de perdre la notion de ce que signifie être bien informé. L'ignorance est toujours corrigible. Mais qu'adviendra-t-il si nous prenons l'ignorance pour de la connaissance ?
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picaflorpicaflor   29 septembre 2012
Tant que la musique fournit un cadre à l'émission, le téléspectateur est rassuré, cela le conforte dans l'idée qu'il n'y a pas vraiment matière à s'inquiéter, qu'en fait les évènements dont on l'informe ont aussi peu de relation avec la réalité que ce qui se passe sur une scène de théâtre.
Ce sentiment que nous donnent les informations télévisées d'être un spectacle dramatique mis en scène pour nous divertir est renforcé, entre autres, par le fait que la durée moyenne de chaque sujet est de 45 secondes.
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torezutorezu   03 mai 2019
Telegraphy gave a form of legitimacy to the idea of context-free information; that is, to the idea that the value of information need not be tied to any function it might serve in social and political decision-making and action, but may attach merely to its novelty, interest, and curiosity. The telegraph made information into a commodity, a “thing” that could be bought and sold irrespective of its uses or meaning. But it did not do so alone. The potential of the telegraph to transform information into a commodity might never have been realized, except for the partnership between the telegraph and the press. The penny newspaper[...] in the 1830’s, had already begun the process of elevating irrelevance to the status of news. Such papers as Benjamin Day’s New York Sun [...] turned away from the tradition of news as reasoned [...] political opinion and urgent commercial information and filled their pages with accounts of sensational events, mostly concerning crime and sex.
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torezutorezu   03 mai 2019
News from nowhere, addressed to no one in particular, began to criss-cross the nation. Wars, crimes, crashes, fires, floods—much of it the social and political equivalent of Adelaide’s whooping cough—became the content of what people called “the news of the day.” [...] Telegraphy made relevance irrelevant. The abundant flow of information had very little or nothing to do with those to whom it was addressed; that is, with any social or intellectual context in which their lives were embedded. [...] A man in Maine and a man in Texas could converse, but not about anything either of them knew or cared very much about. The telegraph may have made the country into “one neighborhood,” but it was a peculiar one, populated by strangers who knew nothing but the most superficial facts about each other.
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