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Élie Robert-Nicoud (Traducteur)
EAN : 9782709612166
280 pages
J.-C. Lattès (13/01/1993)
4.26/5   21 notes
Résumé :
À la fin de la guerre de Corée, un vieil homme et sa femme, en fuite vers Séoul avec pour tous biens une charrette et un peu de riz, découvrent dans un fossé un jeune garçon blessé que la femme prend avec elle.
Commence alors, dans un paysage de neige et de glace où la vie est une lutte de tout instant, une guerre silencieuse entre l'amour représenté par la femme, et l'esprit d'amertume et de ressentiment dont l'homme est habité.
Peu à peu le monde inv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Voilà ce qui m'a amené à lire ce petit bijou déposé un jour sur une étagère .. pour le jour où justement je serais au désespoir de trouver encore et toujours mieux.....Une envie d'autre chose.....

En Corée, sous le déferlement de l'armée du nord battant en retraite, un vieil homme et sa femme quittent leur village précipitamment.

Sur la route de l'exil, dans une foule en panique, ce couple découvre un jeune enfant esseulé dans un fossé. En souffrance semble-t-il, ils décident de le prendre avec eux.

Qui est cet enfant ? Que va t-il offrir à ce couple qui n'a jamais pu avoir d'enfant lui même ? Sera-t-il un nouveau poids dans ce décor apocalyptique de fin de guerre ou bien au contraire sera-t-il leur donner le meilleur pour survivre ?

C'est avec le roman Asher Lev que j'ai découvert l'univers de Chaïm Potok et ce fut une révélation. En effet il m'a ouvert les yeux sur une culture qu'à l'époque je ne connaissais pas du tout.

Dans cette histoire que je viens de lire, il m'a tout autant bouleversée, certes ce roman n'a rien à voir avec le précédent. Ici nous sommes en Asie et c'est avec un immense plaisir que j'ai lu comment cet auteur avait perçu ce peuple et ses croyances.

Très touchée par la présence toujours omniprésente des esprits des anciens, les cultes qui leur sont toujours voués me fascinent et m'interpellent.

Et à cette fin je me pose bien des questions quant à notre rapport aux morts, aux esprits... Pourquoi pensons nous que nous sommes seuls ici bas ? Comment avons nous mis de côté voir au banc des accusés les personnes croyant à d'autres dimensions ?......

Je suis d'argile est un roman fort sur la destruction et l'espoir.
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JE SUIS L' ARGILE de CHAÏM POTOK
Corée, années 50, les américains bombardent, les chinois chassent les coréens, un vieux couple fuit. Sur leur chemin un enfant gravement blessé, la femme le prend en charge contre l'avis de l'homme, le seul enfant qu'elle ait eu est mort très jeune, alors…Le vieux va découvrir une cachette, trouver du bois, faire un feu tuer un chien pour se nourrir pendant que sa femme enlève un éclat d'obus à l'enfant. le garçon s'en sort, il semble avoir des dons particuliers qui se révèlent peu à peu, mais l'homme souhaite toujours l'abandonner. Cependant, alors qu'ils atteignent un camp de réfugiés le garçon va se révéler utile et débrouillard et le regard du vieil homme va progressivement changer…
Un très beau texte qui mêle la réalité de la guerre, l'exode forcé, la crainte des esprits, le respect des morts, l'étroitesse d'esprit du vieil homme bougon pris dans son amertume d'une vie sans enfant, la femme en quête de rédemption. C'est dur, triste mais l'amour pointe derrière l'horreur et la fin laisse entr'apercevoir l'espoir et la lumière. Superbe.
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Nous sommes en Corée,en 1956, pendant la guerre. Les villageois sont en plein exode vers la Corée du Sud, fuyant les combats et les chinois tandis que les américains sont venus sauver les coréens de la menace communiste.
Parmi les fuyards, un vieil homme et sa femme. Ils suivent le flot des réfugiés. Se jetant dans un fossé pour éviter une colonne de tanks américains, ils y découvrent un jeune garçon inconscient, blessé d'un éclat d'obus dans la poitrine. Malgré les réticences du vieux d'avoir une bouche à nourrir en plus, la femme le prend avec elle et cherche à le sauver malgré une mort quasi certaine.
Nous allons alors suivre ce trio sur les routes et découvrir les liens qui vont se tisser entre les uns et les autres.

Après "La route", me voici encore dans un thème de violence et de filiation.
L'auteur, juif américain, a servi l'armée américaine en tant qu'aumonier. Il s'est parfaitement fondu dans la peau d'un coréen et sa description de la guerre est très réaliste.
Il décrit par ailleurs le sauvetage américain comme une agression : collines arrasées, tombes déplacées, dépouillement des refugiés, invasion de baraquements et de perversion mercantile (marché noir, prostitution). Bref leur intervention est loin d'être anodine.

Pourtant cette guerre pourrait être n'importe laquelle. Et le principal est ailleurs.
Le vieil homme est rempli de honte et de rancoeur de n'avoir jamais eu d'enfant et en rend sa femme responsable. Il la traite d'ailleurs avec peu d'égards et la considère comme "remplaçable" à la différence d'un fils qui doit honorer la tombe de ses parents. Il refuse de garder l'enfant, poid mort qui n'est pas de son sang. Sa femme, au contraire, n'est qu'amour et voit dans ce jeune garçon, un fils que Dieu lui offre. Entre ces deux-là, une bataille s'engage. Pourtant petit à petit, le vieil homme ressent des sentiments contradictoires envers le garçon.

Ici, l'auteur pose la question de la transmission et de la filiation, très importante pour un coréen. Adopter cet enfant, c'est aussi adopter ses ancêtres. et ce n'est pas évident quand ils ne sont pas de même sang.
Le garçon cherche lui aussi à retrouver l'esprit des membres de sa famille, complètement décimée. Et c'est en honorant les morts de sa nouvelle famille et en y englobant les siens qu'il trouvera la paix.

Potok nous montre qu'il y a toujours une place pour l'amour, même sur une terre en pleine souffrance.

Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Souvent quand il est seul, il penche la tête, comme s'il écoutait quelque chose. Il est porteur d'une mémoire trop lourde. Ses yeux sont comme les grands miroirs sur la place du marché. Je vois en eux se refléter son village en flammes. Que m'arrive-t-il donc dans cette folie de guerre ? Une vieille femme peut-elle se mettre à aimer l'enfant d'une inconnue aussi rapidement ? Les esprits seraient-ils en train de se jouer de moi ? N'ont-ils rien de mieux à faire que de torturer une vieille femme encore meurtrie par ce qu'ils lui ont déjà infligé ? Esprits, éloignez-vous de moi.
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Elle s'adressa brièvement et en silence à l'esprit de sa mère, morte depuis longtemps, puis à l'esprit du chêne feuillu près de la véranda de sa maison dans le village de son enfance, puis à l'esprit du seul enfant qu'elle eut jamais porté, mort dans sa première année. Elle dessinait dans l'air, juste au dessus- du garçon, de longs traits horizontaux et verticaux comme sa mère le lui avait appris pour éloigner les démons de la mort.
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l se demanda alors pourquoi il voulait tant voir ce garçon mourir. La femme ne l'abandonnerait pas. Et le garçon, blessé et seul, ne partirait pas de lui-même. Plus tard certainement, pour retourner dans son village. Et si son village n'existait plus? Il retournerait dans sa famille, dans son clan. Mais s'ils avaient tous été anéantis, comme c'était arrivé à tant de personnes? Alors ils le donneraient à la charge du gouvernement ou a un orphelinat. Mais, et si la femme refusait, et si le garçon choisissait de rester ? Et quand bien même... Pourquoi voulait-il que ce garçon meure? Un enfant sans défense.
Le vieil homme se surprit alors à observer quelque chose au fond de lui-même qu'il voyait pour la première fois. Tout le monde connaissait l'existence du monde invisible, au-delà du royaume quotidien des apparences, mais il n'avait jamais soupçonné la présence d'un tel monde en lui-même. Un monde inconnu, comme une caverne. Et comme il ne pouvait pas comprendre ce monde ni lui donner un nom, il se demanda quel esprit ou quel démon pouvait s'y cacher. C'était là que résidait pour lui la plus grande crainte, la plus grande perplexité.
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Être seul dans la vieillesse, c'était la malédiction des esprit mauvais.
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Père fumait sa pipe en fixant des yeux les flammes. Les enfants n'avaient pas le droit de l'approcher quand il était assis comme ça. Surtout les filles. Il avait de la fumée dans ses yeux étroits et sa barbe fine et longue. Comme il détestait les filles.
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Video de Chaïm Potok (2) Voir plusAjouter une vidéo

Chaim Potok : L'Arche de Noah
Attablé au café "Le Rostand" Olivier BARROT presente "L'Arche de Noah".Banc Titre de la couverture du livre de Chaim POTOK, publié par L'école des Loisirs, collection Médium.
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