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EAN : 9782211239226
72 pages
L'Ecole des loisirs (22/05/2019)
3.07/5   7 notes
Résumé :
Manger, parler, marcher, grimper, compter… Ivan le tsarévitch ne fait rien au même rythme que tout le monde. C’est pour cela qu’on surnomme cet enfant pas comme les autres « le tsarévitch-aux-pieds-rapides ». Mais quand on va trop vite, personne n’arrive à suivre. Et un accident peut arriver à tout moment…
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
C'est l'histoire d'un tsarevitch qui fait tout à toute vitesse. Comme on ne voit pas très bien où va l'histoire, on se dit que c'est peut-être un livre sur l'hyperactivité. Non. Après quelques vicissitudes, le même tsarevitch fait tout beaucoup plus lentement que les autres. Comme on ne voit toujours pas où va l'histoire, on se dit que c'est peut-être un livre sur la contemplation. Non. Après quelques vicissitudes, le même tsarevitch fait tout à rebrousse-temps. Comme on ne voit décidément toujours pas où va l'histoire, on se dit que c'est peut-être un livre qui tend à du Philip K. Dick pour enfants. Non. Après quelques vicissitudes, c'est l'histoire d'un tsarevitch qui trouve une amoureuse sur le tard et qui crée avec elle une équation qui change leur conception du temps et, logiquement, leur vision du monde. Comme on commence à voir où va cette histoire, on pourrait penser que c'est un livre qui se veut du Stanley Kubrick pour enfants. Non. Ce livre est essentiellement un grand fourre-tout.


Je suis pour les livres qui parlent de métaphysique et de la conception du temps aux enfants, je suis pour les livres pour enfants qui exaltent la beauté des mathématiques et de la physique - j'ai toujours été agacée par ces idées reçues et très répandues qui veulent que l'art seul provoque l'émotion, mais n'est pas fait pour susciter la réflexion, et qu'à l'inverse les sciences dures provoquent la réflexion, mais surtout pas d'émotion. Seulement, la beauté des mathématiques, la métaphysique, le temps... ce sont des sujets extrêmement ambitieux. Victor Pouchet n'est pas, selon moi, à la hauteur pour les traiter et les rendre accessibles aux enfants, pour les faire rêver et réfléchir à partir de ce très magnifique matériau. Il n'a visiblement pas assez bossé son bouquin, il a juste fourré dedans tout ce qu'il avait en tête.


Quant à sa tentative de faire référence aux contes russes, non seulement je n'en vois pas l'intérêt, mais elle est tout aussi ratée. Ce n'est qu'un vague décor qui en reprend très maladroitement certains éléments, comme le recours à la répétition typique de la littérature orale, le personnage du tsarevitch, ou encore Baba Yaga - dont on ne mentionne même pas que la maison se déplace sur des pattes de poulet, ce qui est une parfaite hérésie ! L'auteur a cherché à plaire à son public, comme dans tant de films d'animation hyper standardisés, en mêlant Russie des contes et voitures de sport, ce qui donne un résultat qui sent la démagogie à plein nez. Si vous croyez retrouver ici un peu de l'ambiance des contes illustrés par Bilibine, oubliez ça tout de suite. Si vous pensez trouver une habile actualisation des contes russes d'antan, oubliez également.


Donc, un décor inutile, deux bons tiers d'une histoire très poussive - je me suis ennuyée comme pas possible - et des illustrations qui n'apportent rien, vu qu'elles ne s'émancipent pas du texte un seul instant. Mais un sujet passionnant, qui ne mérite certainement pas d'être aussi maltraité.


Et quand on a lu auparavant Le jardin invisible de Marianne Ferrer et Valérie Picard, la chute est d'autant plus brutale.



Masse Critique Jeunesse 2019
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Un beau texte, qui pourrait presque sentir le conte ancestral, pour enfant, je dirais entre 5 et 10 ans.
La couverture déjà, à moi qui ne suis plus très jeune, m'évoque les tonalités douces de mon enfance. Voila une rupture de bon augure dans ce monde aux tons criards et agressifs.
Et je me dis que ça ne peut pas faire de mal aux jeunes lecteurs de comprendre ce qu'est la nuance, que notre monde n'est pas dichotomique.
Dans l'incertitude de la demi-teinte se niche la curiosité et pas que là : un tsarévitch qu'est ce que c'est ? Ce livre est vraiment une porte largement ouverte.
Et puis des phrases curieuses et capable de faire rêver ; des mots qui laissent l'enfant dans l'imagination; qu'il comprend sans tout comprendre.
Un tsarévitch d'accord ; mais un « tsarévitch que l'on pense vélocement habile »: Ça me rappelle la bobinette et la chevillette qui chérera que j'imaginais sans trop savoir. Et c'est bien pour faire travailler l'esprit inventif de nos chères têtes blondes.
Un beau petit livre, comme sorti du fond d'un tiroir où il avait été oublié. Je pense que les enfants l'aimeront. En tout cas il ne peut leur faire que du bien.
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Ce petit roman nous déroute, nous fait rire et pleurer, nous donne à réfléchir à la manière des contes. Un conte étonnant, dans lequel des objets modernes font intrusion dans un univers russe traditionnel peuplé de tsars, d'un alchimiste et d'une sorcière…

Un conte qui nous parle de tous ces « enfants pas comme les autres », inexorablement en décalage, d'une manière ou d'une autre. Et oui, quand on fait tout plus vite que tout le monde, la vie n'est pas simple, même quand on est le tsarévitch – le fils unique du tsar ! Mais il y aurait aussi le cas de celles et ceux qui font tout plus lentement, ou dans un ordre différent – ou qui ont tout simplement du mal à trouver leur place. de quoi tourmenter le vieil alchimiste impérial ! Et pourtant, ce livre suggère qu'il est bon de laisser du temps au temps et de ne jamais cesser de rêver : il n'est jamais trop tard pour trouver sa voie…

Nous avons découvert cette histoire dans le cadre d'une lecture à voix haute, d'un seul trait. L'absurdité des chiffres des premières pages nous a beaucoup amusés, la suite nous a captivés et la suite nous a touchés différemment : les enfants ont été touchés par la solitude du tsarévitch et par la fin de l'histoire. Pour ma part, je l'ai trouvée belle et optimiste, ils l'ont ressentie comme triste…

Un joli conte, donc, porté par une écriture vive et rythmée comme une comptine. La réflexion sur le temps et la difficulté à trouver sa voie en dehors des sentiers battus de la normalité parlera sans aucun doute à beaucoup de lecteurs.
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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C'est un petit roman aux allures de conte que propose l'auteur. Un récit sur la vivacité, l'impatience et l'hyperactivité.

On se dit, en le regardant, qu'on ne ferait de ce texte fin comme un Premier Roman qu'une rapide bouchée.

Et on se tromperait, à juger aussi vite, car le temps prendra son temps dans l'aventure de Ivan Tsarévitch.



C'est l'histoire du petit Tsarévitch, le héros, qui courait vite après les choses, au point que ce monde trop lent à son goût le rendit irrascible.

Ivan était en décalage, aussi insaisissable pour autrui que le monde alentour l'était pour lui.

Il était une fois l'histoire du petit prince de Nijni-Novgorod, Ivan Ivanovitch, fils d'Ivan.



Trouvera un t-il un coeur, une tête, qui balanceront pour lui à l'unisson?

Il s'est dit un jour que lever le pied était l'idée et que la sorcière Baba Yaga pourrait l'aider.

Ce fut pitoyable et dramatique, de se trouver dépasser par le temps qui passe, tellement Ivan fut devenu lent.

Il revint quémander l'aide de Baba Yaga pour rattraper le temps perdu.

Mais cette magie est-elle de son ressort?



Les lecteurs pourraient être surpris, ils ne tomberont pas sur un conte merveilleux plein d'action ou facétieux.

Le roman de Victor Pouchet est d'avantage un conte philosophique, avec un personnage au terrible destin qui ne restera pas longtemps aussi petit que sur la 1ère de couverture.

Avec ces grandes enjambées, le personnage sautera les années, fuira l'insouciance à chercher une réponse à son problème et manquera même le miel de la vie donné gratuitement au carrefour des rues.

Les mots de l'auteur sont pleins de jeux et de poésie, ceci glissant un peu de tendresse dans cette quête de soi.

Se mettre au diapason peut être compliqué pour quelqu'un de spécial, on le voit avec Ivan, trop rapide ou trop lent ou faisant les choses à contre-courant.

La fin lui rend finalement le conte merveilleux qu'il mérite, il n'est jamais trop tard et l'illustrateur nous gratifie d'un merveilleux point final.

Soupir.
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Un conte magnifique sur le temps et sur comment on vit. Un tsarevitch nait chez un couple de tsar vieillissant. Mais celui ci fait tout trop trop vite. Il ne court pas. Il vole. Jusqu'à l'accident et la mort de sa mère. Désespéré, il part voir Baba Yaga. Elle agit. Il devint très lent puis vit tout à l'envers des autres. Il se couche lorsque les autres se lévent. Alors, il se réfugie en haut de la tour devient mathématicien, philosophe et rencontre une compagne avec qui il rédige une équation de l'Ordre et du désordre, sur le temps qui passe. Mais cette équation disparait. Ils brulent le grimoire pour avoir moins froid. Un conte sur le sens du temps, sur la façon de mener sa vie :rapide, contemplative, autrement des autres...J'ai beaucoup aimé ce conte que je raconterai surement aux enfants et aux adultes. Je me demande si ce conte ne conviendrait pas plus à des enfants de 8 à 12 ans. A découvrir. Les illustrations sont très belles. Parfois on dirait des tableaux. Un petit album à offrir à ses enfants ou ses neveux. Pour ma part, je le garde.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Oh ce n’était pas comme s’il allait dix fois plus vite, ni même deux fois plus vite, non non, il allait « un peu plus vite que la normale ». « Il court derrière lui-même et plus vite que lui-même », disait-on. On le surnomma alors « le tsarévitch-aux-pieds-rapides ». Alexeï Sergueïevitch, l’alchimiste impérial, tout en haut de la Grande Tour du Grand Palais de Verre, tressant toujours de la même main sa trop longue barbe grise aux boucles insensées, avait aussi son avis, qu’il avait envoyé au tsar dans une longue lettre alambiquée qui s’achevait ainsi : on dirait qu’il avance projeté par un espoir qui ne connait ni pause ni introspection, ses ombres même brillent de promesses. Le tsar avait répété la phrase pensivement : « ses ombres même brillent de promesses »….
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A force de travaux gigantesques, ils réussirent à formuler une équation parfaite, qu'ils appelèrent "l'Equation de l'Ordre et du Désordre du Temps et du Monde." Ils ne furent pas trop de deux pour aboutir à ce calcul, car cette équation parfaite donnait la réponse à toutes les questions du temps, permettait de résoudre tous les sentiments de décalage, les impressions d'être en retard, la peur d'être en avance, la sensation que le monde avance trop vite, les autres qui piétinent autour de soi, soi qui piétine à l'intérieur de soi, la certitude que l'histoire se répète et que ses épisodes n'ne sont que des bégaiements tragiques et grotesques, la bizarrerie des nuits si courtes qu'elles semblent ne jamais avoir eu lieu, l'épuisement des journées qui durent des années, la tristesse des rendez-vous manqués, les courses désynchronisées, les semaines à attendre, les aujourd'hui déjà périmées, la précipitation décevante, les secondes que l'on ne voit pas passer, les semaines à venir qu'on regrette comme si elles avaient eu lieu, les coïncidences stupéfiantes, le passé qui ressemble au futur, le futur qui n'arrive jamais, les tout de suite qui sont trop tard, les demains qui sont des surlendemains, les nanosecondes qui bouleversent des siècles….
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On considéra que c'était un prodige car le petit Ivan était né tout juste exactement pile-poil parfaitement au beau milieu de l'année : à la douzième heure du 1er juillet, au mitan du 182e jour d'une année qui en compta 365, au fin fond de la Russie comme partout ailleurs. Et puis la merveille était double : tout le monde pensait en effet qu'Ivana jamais ne pourrait avoir d'enfant et le tsar lui-même pleurait en voyant année après année les cheveux d'Ivana blanchir et son ventre ne grossir pas. Bien qu'elle fût âgée d'exactement 59 ans et 4 mois, l'heureux événement s'était pourtant confirmé : la tsarine était enceinte d'un prince. Lorsque naquit Ivan, les astrologues impériaux et les mathématiciens officiels firent le calcul : Ivana avait mis au monde le petit Vania à l'âge de 22 222 jours (c'est-à-dire exactement 60 ans). "C'est si tardif !" dirent les uns. "C'est un miracle miraculeux !" s'enthousiasmèrent les autres. "Comme les choses sont bien faites et arrivent à temps pour les tsars, les tsarines et les tsarévitchs !" se réjouissait-on.
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Vania, Tsarévitch-aux-pieds-rapides, au fond de son cœur, était triste, et seul, et maladroit. Dès qu'il essayait d'exprimer sa pensée, celle-ci avait déjà disparu. Il ne pouvait jamais s'arrêter d'avancer et n'arrivait pas à avoir de vraie conversation avec les autres. Il avait l'impression de marcher sur un tapis roulant infini tandis que les autres piétinaient enfoncés dans une profonde marmite de glu. Ivan aurait voulu être scotché comme tout le monde dans cette profonde marmite de glu.
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On dirait qu'il avance projeté par un espoir qui ne connaît ni pause ni introspection, ses ombres mêmes brillent de promesses.
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C'est l'histoire d'un homme qui écrit à la femme qu'il aime dans l'espoir qu'elle revienne. le temps de 111 poèmes, il déambule dans la Grande Ville, déménage, s'égare sur les écrans, prend un ferry, se baigne dans la rivière, et tente à sa façon de ranger le monde – et sa vie. Cette version cinépoème du livre de Victor Pouchet retracera cette histoire d'amour, d'inquiétude et de joie à travers des lectures inédites et la projection de 11 ultra-courts-métrages dérisoires et grandioses, où se dessine quelque chose comme l'option légère.
« Ce serait reposant de se laisser porter et de lire les répliques je ferai de mon mieux pour les intonations dites-moi comment vivre vous qui savez comment. » Victor Pouchet, L'option légère
À lire – Victor Pouchet, L'option légère, Gallimard, 2024.
Lumière par Hannah Droulin Son par François Turpin Direction technique par Guillaume Parra Captation par Claire Jarlan
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