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ISBN : 5966302359
Éditeur : (30/11/-1)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Six contes de Pouchkine particulièrement savoureux dont l'épique Rouslan et Ludmila mais aussi:

- le conte du tsar Saltan et de la belle princesse cygne;
- la princesse morte et les sept chevaliers;
- le pope et son serviteur Balda;
- le conte du pêcheur et du petit poisson;
- le conte du coq d’or.

Une belle édition qui plongera le lecteur dans l'enchantement grâce aux illustrations des peintres de Kohloui.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ElGatoMalo
  14 mai 2015
Un petit livre où l'on peut lire cinq très courtes histoires qui possèdent le charme des contes russes : tout peut arriver que ce soit aux princesses, aux tzar, au simple moujik, pêcheur, serviteur ou pope. L'occasion de passer un délicieux moment en oubliant tout ce qui fait notre esprit de sérieux et retrouver, le temps de cette lecture, notre âme d'enfant. Cet homme du peuple berne des légions de diablotins et fait la leçon au pope pour sa pingrerie, quoi de plus normal ? Les membres de la famille proche trichent, mentent, se conduisent de manière odieuse, poussent même au pire mais les évènements se montrent bénéfiques au-delà de toute espérance pour ceux qui semblaient condamnés et la fin, dans le pardon général, est aussi magique et merveilleuse qu'heureuse et radieuse. Là aussi, pourquoi s'étonner : c'est un conte, rien n'est définitivement dramatique et les miracles sont naturellement aux rendez-vous, au moins pour les héros.
Emprunté sur un site qui offre des éditions numériques de traductions d'ouvrages russes et slaves dans le domaine public (voir le lien).


Lien : http://bibliotheque-russe-et..
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LesPetitesAnalyses
  30 mai 2019
Oyez, oyez,
Avis aux amateurs de contes.
Ce recueil fait la part belle aux “histoires de siècles depuis longtemps disparus et légendes des temps les plus reculés.”
On se retrouve, dès les premiers mots de Pouchkine, emporté dans un tourbillon d'aventures où il est question de poissons magiques, de diablotins taquins mais aussi de princesses à sauver. L'imaginaire slave est bel et bien au rendez-vous.
Le tour de force de l'écrivain russe est d'avoir écrit ces textes en vers et d'avoir pris la liberté d'insérer des tournures de phrase novatrices pour l'époque. C'est, par exemple, grâce au conte de Rouslan et Ludmila que Pouchkine a accentué la rénovation de la langue russe telle qu'on la connaît encore maintenant.
Le conte le plus abouti est, à mon humble avis, celui du tsar Saltan. Pouchkine réussi à mettre en musique et en rimes une histoire de jalousie familiale où un père et son fils ont des nouvelles l'un de l'autre à leur insu.
La qualité d'un conte se reconnaît à la facilité avec laquelle il se met en bouche et c'est tellement bien écrit que je me suis laissé surprendre plus d'une fois à lire certaines parties à voix haute!
Enfin, pour ne rien gâcher ce livre de six contes est un bel objet en soi avec des illustrations des peintres de Kholoui. Cela participe à accentuer l'immersion dans la poésie de l'écrivain russe, et à l'heure du tout-au-numérique, où l'on doit lire rapidement et consommer (même de la littérature), le fait de se déconnecter et de se laisser bercer par les voyages de ce recueil de contes est peut-être un acte salvateur.
До свидания.
N.B. Pour les aficionados de la littérature russe et spécifiquement de Pouchkine, je me permets de partager avec vous un article sorti de derrière les fagots et qui tente d'expliquer pourquoi Pouchkine reste méconnu du grand public français:
https://www.erudit.org/fr/revues/ttr/2001-v14-n1-ttr408/000534ar.pdf
Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ElGatoMaloElGatoMalo   12 mai 2015
Cependant, la cruelle tzarine se trouvait inoccupée chez elle. Assise devant son miroir, elle lui disait :
— Suis-je la plus charmante, la plus blanche et la plus rose de toutes ?
Et d’entendre cette réponse :
— Tu es belle, sans conteste, mais la princesse est plus charmante, plus blanche et plus rose que toi.
Et la marâtre de sursauter, de briser le miroir contre terre, de se jeter droit à la porte. Elle rencontre la princesse. Alors s’empara d’elle un amer chagrin. La tzarine mourut.
Dès qu’on l’eut mise en terre, on célébra le mariage d’Élysée avec sa fiancée, et depuis la naissance du monde, nul n’avait vu pareil festin.
J’y étais. Je bus l’hydromel et la bière, mais je ne fis qu’y tremper mes moustaches.
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ElGatoMaloElGatoMalo   12 mai 2015
Le prince marche le long de la mer bleue. Il ne détache pas les yeux de la mer bleue.
Voici que sur les eaux mouvantes apparaît le cygne blanc.
— Bonjour, mon beau prince, lui dit-il. Pourquoi es-tu silencieux comme un jour de malheur ? De quoi te chagrines-tu ?
Et le prince Gvidone de répondre :
— Un chagrin amer me ronge. Tous les hommes sont mariés. Je vois que moi seul je ne le suis pas.
— Et qui désires-tu ?
— Il y a, dit-on, de par le monde, une princesse si belle que l’on ne peut en détacher les yeux. Le jour, elle éclipse la lumière de Dieu. La nuit, elle éclaire la terre. Un croissant de lune brille sous sa tresse. Une étoile resplendit sur son front. Elle-même s’avance majestueuse, sa démarche est celle d’une paonne. Ses paroles coulent comme le murmure d’un ruisseau. Mais quelle est la vérité ?
Le prince attend la réponse avec anxiété. Le cygne blanc se tait. Il réfléchit et dit :
— Oui ! Il est une telle jeune fille. Mais une femme n’est pas un gant. On ne peut la secouer de sa blanche main, on ne la passe pas dans sa ceinture. Je te donnerai ce conseil : réfléchis à tout ceci de peur de te repentir ensuite.
Le prince lui jure qu’il est temps pour lui de se marier, qu’il a déjà réfléchi à tout cela, et que, d’un cœur passionné, il est prêt à partir à la recherche de la belle princesse jusque dans la vingt-septième contrée.
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ElGatoMaloElGatoMalo   12 mai 2015
Trois jeunes filles, à leur fenêtre, filaient un soir, tardivement.
— Si j’étais Tzarine, dit l’une, à moi seule je préparerais un festin pour le monde entier.
— Si j’étais Tzarine, dit sa sœur, à moi seule je tisserais une toile fine pour le monde entier.
— Si j’étais Tzarine, dit la troisième sœur, j’enfanterais un Bogatyr pour notre père le Tzar.
À peine eut-elle le temps de prononcer ces mots que la porte grinça doucement sur ses gonds et que dans la chambre entra le Tzar, souverain de la contrée. Il s’était tenu caché, durant toute la conversation, derrière le mur.
En tout, les paroles de la dernière lui avaient plu.
— Bonjour, belle jeune fille ! dit-il. Sois Tzarine, enfante un Bogatyr pour moi, à la fin de septembre. Et vous, chères sœurs, sortez de la chambre. Partez à ma suite et à celle de votre sœur. Que l’une soit filandière et l’autre cuisinière.
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ElGatoMaloElGatoMalo   12 mai 2015
Le Tzarévitch baisse son arc et regarde. Dans la mer, le vautour s’enfonce. Il se plaint d’un cri, qui n’est pas d’un vautour. À ses côtés nage le cygne. Il hâte à coups de bec sa mort toute proche. Il le frappe de l’aile. Dans la mer, il le noie.
En langue russe, il dit ensuite au Tzarévitch :
— Tzarévitch, mon sauveur, mon puissant libérateur, ne te chagrine pas si, par ma faute, tu restes trois jours sans manger ; si, par ma faute, la flèche s’est perdue dans la mer. C’est un malheur et ce n’en est pas un. Plus tard je te récompenserai, je te rendrai service.
« Ce n’est pas un cygne que tu as délivré, c’est une jeune vierge que tu as laissée parmi les vivants. Ce n’est pas un vautour que tu as tué, c’est un magicien que tu as mis à mort. Jamais je ne t’oublierai. Tu me trouveras partout. Et maintenant va, ne te chagrine pas et couche-toi. »
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ElGatoMaloElGatoMalo   12 mai 2015
Avant l’aube, sortent les frères, tous ensemble. Ils se promènent à cheval, chassent le canard gris, exercent leur main droite en jetant à bas de son cheval un Sarrasin, dans la prairie, en faisant voler loin de ses larges épaules la tête d’un Tatar, en chassant hors des bois un tcherkesse de Piatigorsk.
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