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Critique de Eve-Yeshe


Eve-Yeshe
  21 septembre 2016
C'est difficile de parler de cette oeuvre, très courte mais dense, qui peut s'interpréter à plusieurs niveaux.

Pouchkine raconte très bien l'univers du jeu, la décharge d'adrénaline qui accompagne la prise de risque. Son héros, Hermann, assiste de façon assidue au jeu sans jamais toucher une carte, pour éviter la tentation. On peut gagner certes, mais aussi se retrouver ruiné. « le jeu m'intéresse, dit Hermann, mais je ne suis pas d'humeur à risquer le nécessaire pour gagner le superflu. »

Apprendre qu'il peut exister une combinaison parfaite, une martingale magique, va modifier la donne et devenir une pensée obsessionnelle : tout mettre en oeuvre pour se la procurer à tout prix. Hermann est décrit comme un homme froid, calculateur qui met en place une stratégie de façon méthodique, manipulant Lisabeta sans l'ombre d'un scrupule.

Dans la mesure où il y a une chance de gagner, la manière de penser change, l'obsession monte en puissance, prend toute la place et la prudence du départ, par rapport au jeu, s'efface tant l'esprit est obnubilé par la possibilité du gain. Doit-on vendre son âme au diable pour gagner ?

Pouchkine ne nous le rend jamais sympathique, ce n'est pas le but recherché ; il aborde, via le thème du jeu, différents personnages qui ont leurs forces et leurs faiblesses, ils sont bien construits, en particulier Lisabeta et la comtesse:« La comtesse n'avait plus la moindre prétention à la beauté ; mais elle conservait les habitudes de sa jeunesse, s'habillait à la mode d'il y a cinquante ans, et mettait à sa toilette tout le temps et toute la pompe d'une petite maîtresse du siècle passé. Sa demoiselle de compagnie travaillait à un métier dans l'embrasure de la fenêtre. »

Mais, qui est « la Dame de Pique » en fait ? Un mythe ou une histoire vraie ? Une femme ? le jeu qui rend fou? La mort ?

La tension monte, comme les joueurs qui retiennent leur souffle autour de la table de jeu. le rythme de l'écriture est tellement rapide qu'il nous entraîne dans l'aventure, comme la tornade tourne sur elle-même en s'intensifiant. On reconnaît la petite musique du poète dans ce petit chef-d'oeuvre (petit par le nombre de pages bien-sûr), l'auteur n'hésitant pas à jouer avec le fantastique, le surnaturel, lors de sa narration.

J'ai lu quelques poèmes de Pouchkine mais je n'avais jamais lu une nouvelle ou un recueil en entier. J'ai appris, en cours de russe, la lettre de Tatiana dans « Eugène Onéguine », il me reste encore quelques uns des quatre-vingt vers en tête. J'ai commencé il y a longtemps « La fille du capitaine », en édition bilingue (une édition ancienne dont on doit découper les pages !) mais je me suis arrêtée en route… donc, j'ai bien envie de continuer l'aventure.

Note : 9,2/10 challenge 19e siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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