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Michel Aucouturier (Éditeur scientifique)Brice Parain (Traducteur)
ISBN : 207031099X
Éditeur : Gallimard (24/11/2005)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 503 notes)
Résumé :
Moitié noble russe, moitié prince abyssin, Pouchkine est le père du roman historique moderne. Gai, vif, spirituel, il se bat en duel pour une femme (la sienne) et meurt à trente-huit ans.
Avec le jeune officier Griniev, son pittoresque domestique et. Maria Mironova, la jolie « fille du capitaine », plongeons au siècle de Catherine la Grande, partons pour des aventures où l'histoire le dispute au plus pur romanesque.
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  13 avril 2014
Merveilleux récit qui s'inscrit à la perfection dans la grande tradition romanesque russe du 19ème siècle.
1773, Russie des tsars.
Pierre Andreïtch Griniev, jeune officier de 18 ans, est envoyé par son père rejoindre l'armée de l'Impératrice Catherine II avec son domestique pour seul compagnon.
Les hasards de la traversée des steppes de l'Oural par temps de neige les mettent tous deux en présence d'un hère ivre et mal dégrossi envers lequel Pierre Andreïtch se montrera pourtant généreux. Cette rencontre, sous des dehors anodins, scelle l'avenir du jeune barine.
Affecté au fort de Biélogorsk, dans la province d'Orenbourg, notre héros se place sous le commandement du capitaine Mironov et entre dans l'intimité de sa famille. A peine Griniev s'est-il habitué à la vie militaire que l'insurrection armée de l'usurpateur Pougatchev entraîne la garnison et chacun des protagonistes vers un destin funeste. Mais, se pourrait-il que le chef des rebelles et le misérable vagabond rencontré en pleine tempête de neige ne soient qu'une et même personne ?
Sur un rythme très soutenu qui ne laisse aucune place à l'ennui, dans un style sans digressions* contrairement à beaucoup d'autres oeuvres russes, les aventures de Pierre Andreïtch se succèdent, belles à la fois de simplicité et de témérité, émouvantes et crédibles, propres enfin à faire de ce court récit un roman exaltant auquel ne manquerait que la musique de Tchaïkovski pour être l'un des ballets les plus brillants du répertoire artistique russe.
J'avais lu "La fille du capitaine" au collège, je n'en gardais pas un souvenir assez précis pour en rédiger la critique. Cette relecture comble cette lacune.
*Mon seul regret est d'avoir eu entre les mains la "nouvelle approche" du Livre de Poche (1992) qui bien qu'étant dotée de nombreux commentaires et d'un dossier, ne présente pas la richesse du texte intégral.
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rabanne
  27 mars 2017
J'ai lu d'une traite ce roman classique d'à peine 150 pages.
Mon second livre de Pouchkine, après La Dame de pique.
Sont contées ici les mémoires de Pierre Griniev, jeune officier noble de la Garde envoyé à la demande de son père dans une garnison de campagne, afin d'y forger son caractère gâté et nonchalant. Mais le militaire va vite être confronté à la réalité du combat, face aux rebelles, ennemis de la tsarine Catherine II. Il se battra également au nom de l'amour...
Un récit au rythme enlevé et plaisant à lire, surtout pour la fresque sociale et historique.
Une épopée aussi aventureuse que romanesque, mais écrite sans les fioritures "romantiques" habituelles et sans emphase inutile, dans un style concis et percutant.
Cela en devient presque frustrant, tout comme cette fin un peu trop "parfaite".
Bref, tout est bien qui finit bien... vite !

(dès la 4e)
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domisylzen
  02 novembre 2018
Court roman historique au dix-huitième siècle en Russie.
Très vite lu, c'est un ouvrage sans fioriture, sans artifice : droit à l'essentiel pour nous décrire la vie de cette époque dans un endroit reculé de Russie
Le père de Piotr, de famille noble, envoie son fils dans une garnison reculée afin qu'il apprenne la vie à la dure. Egarés lors d'une tempête de neige, ils seront secourus, lui et son précepteur, par un guide qu'il retrouvera plus tard comme chef des rebelles.
C'est le premier livre que je lis de cet auteur et je dois lui reconnaître un indéniable talent de conteur. L'histoire est passionnante même si les traits des principaux personnages sont à peine esquissés.
Un roman d'amour et d'aventures, de passion, un merveilleux dépaysement, un peu trop court à mon gout.
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ibon
  12 mai 2015
Pouchkine est mort si jeune à l'issue d'un duel et son assassin si vieux! Mais la trajectoire des balles et leurs courses terminales en ont été ainsi, la vie est injuste!
"La Fille du capitaine" ressemble à une matrice, un roman novateur à partir duquel s'ouvrent d'autres voies au roman, moins européennes. Et cet ouvrage aurait du être le premier d'une série faste ...
Mais il n'est pas mort en vain. Pouchkine est à l'origine de l'essor considérable du roman russe au XIX ème siècle. Il a donné, le premier, cette impulsion et illustré cette fameuse âme russe et d'autres génies (Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov, Gogol) ont poursuivi cet élan magnifique fait de grandes épopées historiques, de sentiments tout en considérant les particularités spatiales, climatiques, politiques, ethniques, sociales et religieuses typiques à la Russie de l'époque.
Et dans ce roman tout y est!
A commencer (par une boutade) par la multiplicité des prénoms pour un seul et même personnage qui donne certes, de l'authenticité au récit mais, il faut l'avouer aussi pour le lecteur peu coutumier du fait, ajoute un peu de complexité.
Si vous lisez ce roman, vous découvrirez les aventures de Pierre Grinev, un jeune officier flanqué de son non moins courageux et loyal domestique Savéliitch. Dans un contexte historique troublé par un usurpateur, Pougatchev, qui menace le pouvoir de Catherine II, une romance naît entre Piotr Andréïtch (alias Pierre Grinev, si, les noms changent à ce point) et La Fille du capitaine de la modeste garnison où notre héros s'est échoué.
Au gré des rencontres, se créé un solide récit. Mais ce qui le différencie des illustres "Anna Karénine", "Frères Karamazov" et autres, c'est qu'il est très court (150 pages). On passe ainsi bien vite sur certains épisodes guerriers. J'ai trouvé que cette concision desservait l'histoire.
Pourtant, j'ai particulièrement apprécié le méchant Pougatchev qui donne une étonnante dimension à ce roman: cruel et bon, usurpateur et loyal en amitié...quelle richesse!
De la cruauté de l'époque ( ils mettaient souvent des cravates de chanvre sur une traverse de hêtre entre deux poteaux dressés pour les invités non désirés...) à la joie d'être en vie. Pouchkine ouvre le bal!


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nadiouchka
  14 octobre 2019
Ayant un ami Babelio qui attend mon ressenti pour « La Fille du capitaine » (Капитанская дочка) de Alexandre Pouchkine (Пушкин Александр Сергеевич), après mon « avis mitigé » pour « La Dame de pique » du même auteur, je lui avais répondu que je n'allais « pas m'affoler » mais dans le fond, autant le faire et le rassurer : « tu peux y aller, "A..50", à condition d'aimer un ouvrage sur la vie militaire mais aussi sur l'amour ...»
Ce petit ouvrage (eh oui, encore un petit) n'est pas du tout de la même veine et il nous entraîne dans d'autres lieux que j'ai mieux appréciés.
Cette fois, nous sommes dans la Russie du XVIIIe siècle (en 1773), alors que la grande Catherine II voit son pouvoir menacé par une révolte qui gronde.
Au fait, j'ai remarqué que la quatrième de couverture en disait long sur le récit, à tel point que je l'ai parcourue « en diagonale ».
L'important était la lecture de « La Fille du capitaine » dont j'ai la parution en livre de poche (2006 car l'ancien était beaucoup trop vieux). Celui-ci (la couverture n'est pas la même que sur le site) a été traduit par Vladimir Volkoff et publié sous la direction de Michel Jarrety ainsi que Michel Zink.
On dit que « La Fille du capitaine » est un roman historique. « On ajoute parfois : « à la manière de Walter Scott ». (…) « Le choix de Pouchkine peut étonner. Car la rébellion de Pougatchov n'est pas un des événements que les Russes, vers 1830, se rappellent avec le plus de plaisir. » (p.10).
On pourrait un peu citer quelques personnages (juste quelques uns et dans le désordre car il m'a fallu me remémorer tout cela) : Piotr Andréïtch Griniov – Maria Ivanovna – Schvabrine - Ivan Kouzmitch – André Karlovitch – Vassilissa Iégorovna, et bien d'autres…. Cela n'est qu'un échantillon.
Pendant que j'y pense, je voudrais rappeler que cette rébellion de Pougatchov a réellement eu lieu et que Pouchkine, « dans ce roman historique, c'est à Griniov qu'il laisse le soin de raconter à la première personne les menées de ce Pougatchov qu'il affronte…). On lui ordonne de partir pour la forteresse de Biélogor où il sera sous les ordres d'un brave homme, le capitaine Mironof.
Mais le narrateur est mécontent car cette forteresse se trouve sur la frontière des steppes kirguiss. Pourtant, il doit partir et il le fait dans une kibitka (Кибитка : sorte de traîneau en partie couvert d'une toile). Arrivé à destination, il fait la connaissance de celui qui sera son supérieur, qui le reçoit à sa table pour manger la soupe aux choux. C'est aussi là qu'il voit « La Fille du capitaine », Maria Ivanovna (Macha : dix-huit ans – visage rond et vermeil – cheveux blonds …), qui, d'abord, au début, ne lui plaît pas. Ses parents pensent que c'est un malheur de voir qu'elle n'est toujours pas mariée – qu'elle a seulement « un peigne fin, un balai et une pièce de trois kopecks, juste ce qu'il faut pour aller au bain. » de plus, pour eux, ce serait une grande chance si elle trouvait un brave homme et qu'elle ne coiffe pas Sainte-Catherine. le narrateur, voyant la demoiselle rougir et les larmes aux yeux, la prend en pitié.
Je m'aperçois qu'il ne faudrait pas trop en raconter plus pour laisser la « bonne » surprise de la découverte de cette Russie des tsars, à travers les steppes de l'Oural – de la neige – des isbas – des Cosaques - où l'action se passe sur un rythme bien soutenu (avec les batailles), mais il y a aussi de la douceur dans les sentiments…
Alors comment classer cet ouvrage ? Il s'agit certes d'un roman d'amour – d'aventures bien sûr – une lecture bien dépaysante (c'est ce que l'on aime dans cette littérature) – le fameux charme de l'âme russe – en tête de nombreux chapitres figurent des petites chansons populaires. Un exemple (un seul) pour le Chapitre 5 consacré à l'Amour :
« Jolie fille, ma jolie fille,
Jeune ne te marie point,
Mais consulte tes père et mère,
Père et mère, toute la tribu,
Fille, amasse de la sagesse,
La sagesse est une belle dot. »
« Chanson populaire. » (P.70)
Et c'est ici que je termine, sans oublier de signaler qu'en fin du livre, une part importante est laissée à un « Dossier » avec : des « Annexes » – des « Documents » comportant des "Extraits" – une « Notice sur Pouchkine et son oeuvre » - des « Repères géographiques » - des « Repères chronologiques » - finalement, l'ouvrage comporte 222 pages (raisonnable).
Bonne lecture et belle découverte pour ceux qui ne connaissent pas encore ce récit (et peut-être un bon souvenir pour ceux qui connaissent ce livre)….
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
liratouva2liratouva2   09 décembre 2010
Une neige fine se mit à tomber, soudain elle s’épaissit en gros flocons. Le vent hurla ; c’était la tempête. En un instant, le ciel sombre se confondit avec la mer de neige. Tout disparut.
-« Eh bien, barine, s’écria le cocher, voilà : c’est la bourrasque ».
Je me penchai hors de la voiture pour regarder : ce n’était que ténèbres et tourbillon. Le vent hurlait avec une si sauvage éloquence qu’on aurait dit un être animé ; La neige s’entassait sur le cocher et sur moi, les chevaux allaient au pas et bientôt s’arrêtèrent.
(…) Il n’y avait rien à faire. La neige tombait toujours. Elle s’amoncelait autour de la voiture. Les chevaux restaient immobiles, la tête baissée, frissonnant parfois. Je regardais de tous côtés, espérant apercevoir au moins la trace d’une maison ou d’un chemin, mais je ne pouvais rien distinguer d’autre que le tourbillon opaque de la tempête.
J’ordonnais qu’on se mit en route. Les chevaux avançaient avec peine dans la neige profonde. La kibitka allait lentement, tantôt grimpant sur un tas de neige, tantôt s’enfonçant dans un trou, roulant d’un côté sur l’autre. On aurait dit un bateau sur une mer démontée
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cmpfcmpf   30 janvier 2015
Deux invalides commencèrent à déshabiller le Bachkir. Une vive inquiétude se peignit alors sur la figure du malheureux. Il se mit à regarder de tous côtés comme un pauvre petit animal pris par des enfants. Mais lorsqu’un des invalides lui saisit les mains pour les tourner autour de son cou et souleva le vieillard sur ses épaules en se courbant, lorsque Ioulaï prit les verges et leva la
main pour frapper, alors le Bachkir poussa un gémissement faible et puissant, et, relevant la tête, ouvrit la bouche, où, au lieu de langue, s’agitait un court tronçon.
Nous fûmes tous frappés d’horreur.
« Eh bien, dit le commandant, je vois que nous ne pourrons rien tirer de lui. Ioulaï, ramène le Bachkir au grenier ; et nous, messieurs, nous avons encore à causer. »
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ninamarijoninamarijo   31 janvier 2015
La torture était alors tellement enracinée dans les habitudes de la justice que l'oukase bienfaisant qui en avait prescrit l'abolition resta longtemps sans effet.
On croyait que l'aveu de l'accusé était indispensable à la condamnation, idée non seulement déraisonnable, mais contraire au plus simple bon sens en matière juridique ; car, si le déni de l'accusé ne s'accepte pas comme preuve de son inocence, l'aveu qu'on lui arrache doit encore moins servir de preuve de sa culpabilité.
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nadiouchkanadiouchka   31 août 2019
- Vassiliva Iégorovna ! dit le commandant. Ceci n'est pas affaire de bonnes femmes. Emmène Macha ; tu vois bien que cette fille est plus morte que vive.
Vassilissa Iégorovna, impressionnée par les balles, jeta un coup d’œil à la steppe où l'on voyait beaucoup de mouvement ; puis se tourna vers son mari et lui dit :
- Ivan Koznitch, c'est Dieu qui dispose de la vie et de la mort ; bénis Macha. Macha, viens prêt de ton père.
P.96
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nadiouchkanadiouchka   14 septembre 2019
Le choix de Pouchkine peut étonner. Car la rébellion de Pougatchov n'est pas un des événements que les Russes, vers 1830, se rappellent avec le plus de plaisir. N'aurait-il pas mieux valu, pour plaire au public, choisir quelque haut fait de l'histoire nationale ? On avait de grands exemples sous les yeux. L'éminent historien Nicolas Karanmzine avait consacré, en 1802, une longue nouvelle historique à Marfa la Posadnitsa, héroïne de l'histoire de Novgorod. Pouchkine a préféré une autre voie.
P.10
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Vidéo de Alexandre Pouchkine
Mon portrait, Alexandre Pouchkine Lu par Sabine Enregistrement : Audiocite.net
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