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EAN : 9782872691647
62 pages
Éditeur : Bernard Gilson éditeur (30/06/2006)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Face à face des deux musiciens, de l'élève et du maître, la pièce se termine sur l'assassinat de Mozart par Salieri (1750 - 1825). Alexandre Pouchkine s'est donc emparé de la rumeur concernant un empoisonnement «physique» de Mozart par Salieri : «petite tragédie» où l'envieux professeur se croit investi de la mission de supprimer le génial compositeur occupé à réduire tous ses confrères au silence.

150 ans plus tard, Milos Forman (et avant lui la pièc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
mh17
  31 janvier 2021
Mozart et Salieri fait partie des quatre "scènes dramatiques" ou "petites tragédies" que Pouchkine a écrites à l'automne 1830 confiné à Boldino à cause de l'épidémie de choléra qui ravagea l'Europe entière ( épidémie partie d'Asie centrale qui sera à Paris l'année suivante). Pouchkine s'empare sans vergogne d'une rumeur qui veut que Salieri ( mort cinq ans avant) ait empoisonné Mozart et en fait le sujet d'une mini-tragédie en deux scènes et en vers. La pièce sera mise en musique par Rimski-Korsakov à la fin du XIXème siècle. L'intrigue sera reprise par Peter Shaffer dans sa pièce Amadeus dont Milos Forman tirera le film du même nom.
La pièce débute par un long monologue dans lequel Salieri fait le procès de Dieu. Il n'y a pas de justice ! il a passé sa vie entière à fournir des efforts, il croit en la vertu du travail, il a même brûlé l'oeuvre composée sous l'effet d'une inspiration. Il a gravi tous les échelons pour parvenir au sommet. Au succès, à la gloire. jamais il n'a été jaloux. Non il a fait son miel de Gluck ou de Piccini. Mais à présent, quelle souffrance de voir le génie illuminer "la tête folle" de ce "libertin oisif", de ce Mozart. Et Mozart débarque en riant avec un vieux violoniste aveugle à qui il demande de jouer du Mozart. Et le vieux fait grincer un air de Don Juan. Mozart est mort de rire. Salieri dégoûté fiche le vieux dehors. Mozart apporte une partition à celui qu'il considère comme son ami. Il veut avoir son opinion. Il joue avec désinvolture sa nouvelle composition. Salieri est admiratif, lui dit qu'il est un Dieu. Mais sa "divinité est affamée". Salieri l'invite à dîner. Mozart s'en va pour prévenir sa famille. Et pendant ce temps là Salieri ratiocine encore et toujours sa rancune tenace. le destin l'a désigné, il va l'empoisonner...
J'ai beaucoup aimé ce texte. Je me rappelle très vaguement le film de Forman et tant mieux. Ce court texte est d'une richesse formidable. Outre l'opposition entre le génie et le laborieux, le thème du double Démon/Chérubin qui est très présent dans la deuxième scène, on peut en faire une lecture autobiographique et politique. Pouchkine ressemble bougrement à Mozart le fêtard et Salieri à tous ces petits messieurs qui voudraient l'enfermer dans un art sage et le contrôler.


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Musardise
  22 octobre 2020
Évidemment, comme presque tout le monde, j'ai vu le film de Milos Forman, et Pouchkine vient de me donner l'envie de le revoir. Mais il se trouve aussi que j'ai vu la pièce dans les années 90, avec je crois deux autres pièces courtes de Pouchkine (je suis en tout cas sûre qu'il y avait le convive de pierre), et je n'en ai gardé aucun souvenir - sinon que c'était au programme. Mais je crois me rappeler en revanche que l'équipe du festival de théâtre pour lequel je travaillais alors ne disait pas vraiment du bien de la mise en scène, ce qui était également le cas de certains de nos abonnés les plus assidus. Donc, j'ai probablement des excuses pour avoir presque rayé de ma mémoire cette expérience. D'autant que la pièce est loin d'être mauvaise ; d'ailleurs sans elle, Peter Shaffer n'aurait probablement pas écrite sa propre version, ni le scénario d'Amadeus.

La pièce de PouchkineMozart et Salieri, vous l'avez forcément deviné, c'est donc l'histoire de Salieri qui décide de tuer Mozart. Deux scènes, dont la première s'ouvre sur un monologue de Salieri qui clame haut et fort qu'il n'y a pas de justice, ni sur Terre ni aux cieux, et qui plonge à corps perdu dans sa haine, non pas d'un homme, mais de ce qu'il représente : le génie pur. Pendant dix-huit années il a supporté son dégoût de la vie, et sa vengeance est enfin mûre.

La pièce étant très courte, c'est sur les deux personnages qu'elle se concentre, Salieri l'emportant sur Mozart, qu'on voit peu. C'est Salieri ici le personnage par excellence - les monologues étant dévolus à lui seul -, renvoyant au Satan romantique, en cela qu'il se révolte contre l'ordre établi, un ordre divin qu'il ne veut ni ne peut supporter. Mozart, face à cet esprit tortueux, incarne le contraire : génie mais empli de simplicité, de légèreté, d'amour de la vie, d'amitié aussi pour son ennemi juré. Mozart crée, compose, ça lui suffit ; Salieri est imprégné d'une volonté de destruction depuis bien longtemps, y compris pour ses propres oeuvres de jeunesse. Mais une fois le crime accompli, reste une question en suspens qui laissera Salieri complètement décontenancé ; ce que Peter Shaffer a développé pour en venir au superbe finale de sa pièce et du film de Forman.

Oui, mais... C'est très frustrant, tout ça ! C'est terriblement frustrant car terriblement court, et on aurait voulu voir la pièce un peu plus développée, par exemple lorsque Mozart évoque avec un certain malaise l'homme en noir venu lui commander un requiem... Par conséquent, la pièce nous fait découvrir un personnage et une intrigue qui nous accroche, pour mieux nous laisser tomber comme de vieilles crottes. Argh ! Argh ! Argh !

Lien : https://musardises-en-depit-..
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JacobBenayoune
  29 mars 2020
Quel bonheur que celui de lire une pièce de théâtre écrite par un grand maître comme Pouchkine et qui plus est sur un autre grand artiste : Mozart. La pièce serait à l'origine du fameux film Amadeus qui est devenu un classique du cinéma.
La pièce repose sur la légende très connue selon laquelle Salieri, envieux, empoisonna Mozart. Malheureusement, la pièce est très courte, très minimaliste, et j'aurai aimé qu'elle soit plus développée car vraiment les fragments qui la composent recèlent beaucoup de profondeur. En effet, les monologues de Salieri sont très intéressants et présentent une vision assez singulière de l'art mais aussi du talent.
Dans cette pièce, il est question d'un point essentiel, et je crois que l'empoisonnement de Mozart ainsi que la jalousie de Salieri ne sont qu'un prétexte pour mettre en exergue ce point-là. Il s'agit de présenter cette catégorie d'individus qui ont un sens aigu, un amour extrême pour l'art, qui ont le goût des belles choses, qui savent distinguer le chef-d'oeuvre de l'oeuvre médiocre, qui s'entraînent et qui veulent s'améliorer mais malheureusement ils n'ont pas de talent ; ce don divin. Et cela les chagrine et peut-être même il les pousse à envier les artistes talentueux.
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Marti94
  08 juin 2017
Il est surprenant que Pouchkine, dramaturge russe, créé une petite pièce de théâtre sur "Mozart et Salieri". Parce que des musiciens classique russes au génie créateur il y en a. Mais c'est donc auprès des italiens qu'Alexandre Pouchkine a eu envie d'évoquer l'art de la musique et le talent. Dans ce domaine, il y a la légende qui a toujours opposé les deux musiciens, Mozart et Salieri. Écrite en 1830, il semblerait que la pièce de Pouchkine soit à l'origine de ce mythe qui inspira Amadeus, la pièce de Peter Schaeffer et le film Miloš Forman.
L'histoire est connue. Salieri, illustre compositeur de Vienne, est terriblement jaloux et souffre d'une haine profonde envers le génie inexplicable de Mozart, qu'il juge immature, dépourvu de sérieux et indigne de son génie. Comprenant l'injustice de Dieu et jugeant le génie de Mozart comme une menace pour tous les simples mortels comme lui, Salieri décide d'empoisonner Mozart afin de protéger les jeunes compositeurs.
Comme on le reproche parfois à Pouchkine, le texte est simple, presque trivial, et pourtant cette courte pièce a les leviers de grande oeuvre dramatiques. Il s'agit d'un meurtre passionnel, où se mêlent admiration et dépit. Il y a même un moment de forte tension, créé par le quiproquo : Salieri annonce son geste funeste et Mozart comprend autre chose.
Il y a aussi une scène où Mozart entre chez Salieri avec un mendiant jouant du violon, bâclant certains de ses airs. Mozart rit alors que Salieri s'indigne. Mais cet épisode a aussi une autre portée : il révèle que le peuple apprécie sa musique. Cela n'est pas anodin. Cette préoccupation Pouchkine la connait car il a participé à la construction d'un art réellement russe en se rapprochant du peuple porteur de culture.
Lu en juin 2017
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Augustin334
  26 octobre 2017
Ce texte ressemble au canevas d'une tragédie qui n'a pas été écrite. Si les ingrédients y sont, c'est à dire la jalousie, l'incompréhension de Salieri face au génie mozartien, et le recours supposé au poison pour éliminer un concurrent, il manque une bonne partie de la trame montrant le vieux musicien de cour devant un public d'aficionados opposé à ce jeune anarchiste (?) cassant les règles de la bienséance avec sa musique profane. Ou le débat entre un technicien sans originalité et un performer de talent pour actualiser le concept. Une querelle musicale voire lyrique entre les Anciens et les Modernes !!!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mh17mh17   31 janvier 2021
Qui aurait pu penser que Salieri
Serait un jour un envieux ignoble.
Un vil serpent qu'on écrase vivant
Et qui se tord en mordant la poussière,
Personne-et à présent moi je le dis,
Je suis jaloux. Avec quelle souffrance
J'envie et quelle profondeur-O Ciel,
Y-a-t-Il justice, lorsque le divin
Et immortel génie n'est pas donné
En récompense d'un amour fidèle,
D'un dur labeur, de ferventes prières
Mais vient illuminer la tête folle
D'un libertin oisif ? Mozart, Mozart.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   29 mars 2020
Salieri

Tous disent : « Il n’y a pas de justice sur la terre ; » mais il n’y a pas non plus de justice plus haut. Pour moi, cela est clair comme une simple gamme. Je suis né, moi, avec l’amour de l’art. Étant petit enfant, lorsque les sons de l’orgue retentissaient dans les hauteurs de notre vieille église, j’écoutais, et je ne pouvais me lasser d’entendre ; des larmes coulaient de mes yeux. Je repoussai de bonne heure les distractions futiles. Toute science étrangère à la musique me devint importune. Je m’en détournai avec obstination et fierté ; je me donnai à la seule musique. Tout premier pas est difficile, et tout début de route ennuyeux. J’avais à vaincre des obstacles qui m’assaillirent tout d’abord. Je plaçais le métier pour base de l’art ; je me fis artisan. Je donnais à mes doigts une rapidité sèche et obéissante ; je forçais mon oreille à être juste ; je tuais les accords et j’anatomisais la musique comme un cadavre. Je pris enfin l’algèbre pour preuve de l’harmonie. Ce n’est qu’alors, après avoir traversé le creuset de la science, que j’osai me livrer à la volupté créatrice. Je me mis à créer, mais dans le mystère, dans l’isolement, sans me permettre de penser même à la gloire. Souvent, après avoir passé deux ou trois jours dans ma cellule silencieuse, où j’oubliais la nourriture et le sommeil, après avoir goûté les élans et les larmes de l’inspiration, je brûlais mon travail et je regardais froidement comment ma pensée et les sons que je venais de créer disparaissaient avec la légère fumée. Que dis-je ? lorsque le grand Gluck apparut et nous dévoila de nouveaux mystères (mystères profonds, séduisants, enchanteurs), n’ai-je pas jeté tout ce que j’avais su auparavant, tout ce que j’avais aimé, tout ce que j’avais cru avec tant d’ardeur ? Et ne me suis-je pas mis à le suivre sans murmure, avec un nouveau courage, comme quelqu’un qui aurait perdu sa route, et qu’un autre voyageur remettrait dans le droit chemin ? Par une persévérance obstinée, pleine d’efforts, j’atteignis enfin un haut degré dans l’art infini. La gloire vint me sourire. Je trouvai dans le cœur des hommes un écho à mes créations. J’étais heureux ; je jouissais paisiblement de mes travaux, de mes succès, de ma gloire, ainsi que des travaux et des succès de mes amis, de mes compagnons dans l’art éternel. Non, jamais je n’avais connu l’envie, jamais ; ni lorsque Piccini sut enchanter l’oreille des sauvages Parisiens, ni même quand j’entendis les premiers accents de l’Iphigénie. Qui aurait pu dire que le fier Salieri deviendrait un misérable envieux, un serpent foulé aux pieds, qui, dans son abaissement, n’a plus de force que pour mordre la poussière et le sable ? Personne… Et maintenant, c’est moi-même qui le dis, je suis un envieux ; oui, j’envie profondément, cruellement. Ô ciel ! où donc est ta justice, quand le don sacré, le génie immortel, n’est pas envoyé en récompense de l’amour brûlant, de l’abnégation, du travail, de la patience, des supplications enfin, mais quand il illumine le front d’un viveur insouciant ! Ô Mozart ! Mozart !…
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MusardiseMusardise   21 octobre 2020
SALIERI. Non ! Je ne puis résister plus longtemps à ma destinée : je suis élu pour l'arrêter - sans cela, nous, prêtres et serviteurs de la musique, nous sommes tous perdus, pas seulement moi avec ma gloire obscure... À quoi peut-il servir que Mozart vive et s'élève encore plus haut ? Pour cela l'art sera-t-il relevé ? Non, il tombera de nouveau quand Mozart disparaîtra ; il ne nous laissera pas d'héritier.
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EnLisantEnEcrivantEnLisantEnEcrivant   08 novembre 2017
SALIERI (seul). - Non ! Je ne peux pas m'opposer à ce que le sort m'a réservé : j'ai été choisi pour l'arrêter, sinon nous périrons tous, nous, les prêtres, les serviteurs de la musique, et pas seulement moi avec ma gloire sourde... Quel intérêt avons-nous à ce que Mozart continue de vivre et atteigne de nouveaux sommets ? L'art s'en trouvera-t-il plus élevé ? De toute façon il retombera de nouveau quand Mozart disparaîtra. Il ne nous laissera pas d'héritier. Qu'avons-nous besoin de lui ? Tel un quelconque chérubin, il nous a apporté quelques airs paradisiaques, éveillant en nous, créatures de poussière, encore un espoir sans ailes, avant de s'envoler. Eh bien envole-toi donc ! Le plus vite sera le mieux.
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mh17mh17   31 janvier 2021
MOZART
Alors tu aimes ?
SALIERI
Comme c'est profond,
Audacieux et élégant de ligne.
Tu es un Dieu, Mozart, et tu l'ignores,
Mais moi, je sais, je sais.
MOZART
Bah, il se peut,
Mais ma divinité est affamée.
SALIERI
Dis-moi, veux-tu, soupons ce soir ensemble,
Je t'invite à l'auberge du Lion d'Or.

(Traduction en vers de Gabriel Aroutchev)
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