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ISBN : 2203085711
Éditeur : Casterman (20/08/2014)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Paris, 1499. Alors que le royaume de France célèbre l'accession au trône d'un nouveau souverain, Louis XII, la jeune Pernelle, modeste porteuse d'eau, rêve de s'élever au-dessus de sa condition.

Fascinée par la lecture et l'écriture, ces savoirs alors en plein essor avec le développement de l'imprimerie et la diffusion des livres, elle se met en tête d'apprendre à lire et écrire, confortée dans ce projet par sa rencontre avec Enzo, un jeune étudiant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  17 septembre 2014
En 1499, les enfants du peuple ne vont pas à l'école, ils commencent à travailler très tôt pour une bouchée de pain - c'est le cas de le dire, il s'agit de manger à sa faim, guère plus. A treize ans, Pernelle est porteuse d'eau : elle remplit à la fontaine de lourds baquets, les porte sur ses épaules et vend de l'eau aux passants. Un jeune étudiant italien propose obligeamment de lui apprendre à lire, Pernelle y met beaucoup d'application et espère échapper ainsi à sa vie de misère. Elle découvre la langue avec fascination : la lecture, l'écriture, mais aussi l'art de la rhétorique en suivant les plaidoiries d'un avocat.
Ce roman est à la fois instructif, captivant et facile à lire – peu d'ouvrages jeunesse réunissent ces trois qualités.
On apprend beaucoup et avec plaisir sur la vie dans les villes au XVe siècle, sur les petits métiers, les débuts de l'imprimerie, la médecine de l'époque, les accusations de sorcellerie… On croise quelques grands personnages (Vinci, Erasme…), et l'auteur parsème le récit d'anecdotes amusantes (procès d'animaux) et d'explications sur l'origine de mots et d'expressions utilisés aujourd'hui.
Avec un regard d'adulte, on peut trouver quelques invraisemblances : la façon raffinée dont s'exprime Pernelle, les précautions prises avant d'exécuter une sorcière présumée, la bienveillance et le dévouement gratuits des lettrés que côtoie la jeune fille. Malgré ces réserves, je me suis régalée avec ce roman. Je le conseillerais dès douze ans, notamment parce qu'il donne envie de s'intéresser à L Histoire (davantage que la plupart des cours dispensés au collège).
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maevedefrance
  17 septembre 2014
Pernelle, 13 ans, est porteuse d'eau dans le Paris de 1499. Son frère, Séraphin, est déchireur de nefs (comprenez qu'il travaille dans une sorte de casse à bateaux dont on récupère les pièces). Pernelle est illettrée, comme tous les enfants du peuple à cette époque. Elle rencontre Enzo, un jeune étudiant italien qui accepte de lui apprendre à lire. Mais si la motivation de Pernelle est sans faille, la vie ne lui fait cependant pas de cadeau : son père meurt des suites de maladie, sa mère est accusée de sorcellerie : une voisine dit qu'elle possède un oeuf de coq et comme chacun le sait (n'est-ce pas ?), ce genre d'oeuf donne naissance à un basilic ! de plus, la pauvre femme a un fils aux yeux vairons, preuve aussi de son origine démoniaque.
Tant bien que mal, Pernelle, tout en cherchant à tirer sa mère de ce mauvais pas grâce à l'aide de Maître Chassanée, apprend à lire. Enzo lui fait rencontrer Erasme, elle devient la protégée du plus illustre éditeur de Paris, Antoine Vérard, qui la charge d'aller à Venise vendre ses livres. C'est le début d'une folle aventure, dans l'atelier de l'érudit imprimeur Aldo Manuzio.
Je dois dire que l'histoire du livre (et par conséquent de l'imprimerie), c'est un de mes dadas. Alors quand on m'a proposé ce roman jeunesse et que j'y ai vu une allusion à l'essor de l'imprimerie, j'ai sauté sur l'occasion !
Anne Pouget plonge le lecteur à l'époque charnière entre la fin du Moyen Age et celui De La Renaissance, celui de la naissance de l'humanisme qui met l'homme au centre du monde et des pensées. L'invention de l'imprimerie par Gutenberg au milieu du XVe siècle contribue à la diffusion du savoir à travers toute l'Europe alors qu'auparavant, les livres étaient recopiés manuellement par des scribes, ce qui prenaient beaucoup de temps. Avec l'invention révolutionnaire de l'imprimerie, les livres et donc les idées, se diffusent rapidement.
En ouvrant ce roman, au regard du titre, je m'attendais à être plongée assez rapidement dans l'univers des imprimeurs, qui à l'époque étaient des érudits. Mais il m'a fallu atteindre la troisième partie du livre (soit lire 135 pages sur 197) pour enfin y arriver. Auparavant, Anne Pouget nous brosse un tableau haut en couleurs du Paris de la fin du Moyen Age, avec ses superstitions qui donnent lieu à des moments cocasses. On apprend qu'à l'époque, on juge les animaux comme les humains et qu'un oeuf, soi-disant de coq, même non éclos, est capable de terroriser une cour de justice toute entière ! L'écrivain évoque également la vie très difficile du peuple de Paris, la maladie qui emporte facilement les gens, le travail des enfants, les constructions pas forcément très solides donnant lieu à des drames. Ce Paris-là contraste avec le faste de Venise la Sérénissime, pôle international de l'élégance et du savoir et donc de l'imprimerie.
C'est avec bonheur que nous rencontrons le fameux érudit italien Aldo Manuzio, considéré comme un génie au même titre que Gutenberg : il souhaitait rendre le savoir accessible au plus grand nombre et avait, à ce titre, le cerveau en perpétuelle ébullition. Il a inventé le caractère italique qui permit de rendre les textes plus lisibles et de gagner de la place sur la page : le caractère gothique, lourd et difficilement déchiffrable, prédominait jusque-là. Il remit la ponctuation à l'ordre du jour et créa le point-virgule et, enfin, il inventa le livre facilement transportable partout, jusqu'au "petit coin" grâce au format in octavo : le livre de poche, ou il tascabile, comme on l'appela à l'époque. Une réduction du coût de production par là même occasion.
Un roman jeunesse très complet et très documenté sur l'époque, avec de nombreux appels de note et un dossier à la fin de l'ouvrage. Un livre qui comporte parfois un vocabulaire érudit qui pourra peut-être rebuter certains jeunes lecteurs de 12 ans non aguerris. On croise une foule de personnages historiques (Erasme, Barthélémy de Chassanée, Antoine Vérard et, évidemment, Aldo Manuzio au caractère impossible) qui piqueront peut-être la curiosité des jeunes lecteurs par leur implication dans l'histoire de Pernelle et les inciteront à en savoir plus.
Un bon roman, très complet sur l'ambiance d'une époque. Je me suis néanmoins interrogée pendant un long moment sur le rapport entre le titre et le contenu. On le comprend à la fin du roman. C'est un peu dommage, d'autant qu'il n'évoque pas tout à fait l'ensemble du livre.
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orbe
  27 septembre 2014
Pernelle, jeune porteuse d'eau, décide dans le Paris de la fin du XVème siècle d'apprendre à lire. Alors que les malheurs s'acharnent sur la jeune fille, en raison des conditions difficiles de travail et de logement, elle persévère !
Un jeune florentin l'aide dans son apprentissage. Cette rencontre va la faire progresser jusqu'à ce que le hasard et les tribulations de la justice l'amènent en Italie.
Elle découvre l'imprimerie et un pays en pleine mutation. C'est le début de la renaissance...
Un roman qui offre énormément de détails sur la vie de cette époque, les métiers, la justice, la médecine et l'humanisme. L'héroïne est attachante par sa volonté et son courage de changer sa condition.
La façon dont les animaux étaient jugés à la manière des hommes ouvre des passages comiques dans un monde qui reste en proie aux superstitions. Des notes en fin de livre propose de distinguer le vrai du faux. Intéressant !
Lien : http://cdilumiere.over-blog...
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Nadael
  22 octobre 2014
À l'aube du XVI ème siècle, une jeune fille de quartorze ans à peine arpente les petites rues tortueuses parisiennes en criant « À l'eau ! À l'eau ! Qui veut de ma bonne eau! » ; elle est porteuse d'eau. Deux seaux, qu'elle va régulièrement remplir à la fontaine, pendent de part et d'autre de son corps, pesant lourdement sur ses frêles épaules. Elle s'appelle Pernelle. Malgré la pauvre condition de sa famille, elle a un rêve auquel elle tient fortement : apprendre à lire et à écrire. Depuis qu'elle a trouvé sur le sol un morceau de papier froissé, Pernelle a entreprit d'y écrire les lettres de l'alphabet, qu'elle demande à ses clients...
Voilà qu'un jour, son chemin croise celui d'un étudiant italien, Enzo. Une rencontre qui va donner à sa vie une autre direction car le jeune homme décide de lui enseigner la lecture et l'écriture. Pour suivre ses cours plus aisément, elle entre au service d'une dentellière d'ivoire, moins épuisant physiquement que le métier de porteur d'eau. Et puis, elle fait la connaissance d'Antoine Verard, un célèbre éditeur libraire parisien.
Son enthousiasme sera malheureusement entaché par le décès de son père et l'emprisonnement de sa mère pour sorcellerie. Volontaire, Pernelle continue son apprentissage de la langue et tente d'innocenter sa mère à qui l'on reproche entre autres choses d'avoir donné à son fils des yeux vairons. Va alors commencer un périple qui l'enverra jusqu'en Italie où elle côtoiera Erasme, entendra parler de Léonard de Vinci et surtout travaillera pour Aldo Manuzio qui dirige une grande imprimerie vénitienne – l'inventeur de l'italique et du format in-octavo, ancêtre du livre de poche –.
L'auteure, historienne spécialiste du Moyen-Age, nous plonge dans la réalité de cette période, on s'y croirait. Elle plante parfaitement le décor (la description de Paris à travers son architecture, ses quartiers est très intéressante) essaime des faits historiques, évoque les conditions de travail, les progrès techniques et scientifiques mêlant astucieusement des personnes ayant existé et fictives. Un dossier à la fin du livre revient sur les thèmes évoquées ; les métiers oubliés, les personnages historiques, l'humanisme, l'imprimerie et la médecine. Un roman historique pour les adolescents captivant, instructif et distrayant porté par une héroïne à laquelle on ne peut que s'attacher.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Missbouquin
  02 novembre 2014
Paris, 1498. Alors que le royaume de France célèbre l'accession au trône d'un nouveau souverain, Louis XII, la jeune Pernelle, modeste porteuse d'eau, rêve de s'élever au-dessus de sa condition. Fascinée par la lecture et l'écriture, ces savoirs alors en plein essor avec le développement de l'imprimerie et la diffusion des livres, elle se met en tête d'apprendre à lire et écrire, confortée dans ce projet par sa rencontre avec Enzo, un jeune étudiant italien …Un petit roman qui sera sympathique pour les enfants aimant les romans historiques.
Néanmoins en tant qu'adulte, j'ai trouvé que ce roman manquait d'envergure : les rebondissements laissent à désirer, les personnages paraissent un peu plat. L'ensemble manque d'humour, à part pour les procès d'animaux, que j'ai découvert avec plaisir ! Mais cela n'a pas effacé un certain malaise tout au long de la lecture : le Moyen-Age parait bien propre, bien éduqué tandis que des lettrés parlent avec une fille du peuple, elle-même s'exprime avec un langage châtié absolument pas réaliste, etc. (je passe sur les autres invraisemblances). Alors certes l'auteur est une historienne donc je suppose que l'arrière-fonds est véridique. Cependant écrire pour la jeunesse n'excuse pas les facilités de styles, et les libertés historiques à répétition .. Pourtant le ton pédagogique et presque académique de l'auteur laisserait plutôt penser qu'elle veut d'abord nous apprendre quelque chose, avant de nous raconter une bonne histoire. Ce que font aussi même des écrivains « pour adultes ». Mais ici la chose est amenée d'une manière trop lourde, presque maladroite, et souvent peu réaliste …
Un roman dont j'attendais beaucoup plus, notamment sur la manière dont Pernelle apprend à lire et sur l'importance des livres pour elle par la suite. Je ne suis finalement allée que de déceptions en déceptions, et même si je suis peut-être trop dure, j'ai donc terminé ce texte avec une impression négative ..
Lien : http://missbouquinaix.com/20..
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critiques presse (1)
Ricochet   06 novembre 2014
Solidement documenté, le roman ne lasse jamais par ses aspects didactiques bien intégrés, mais manque peut-être d'un dynamisme, ou plutôt d'une vivacité dramatique. Les rebondissements sont là, et pourtant s'enchaînent avec un effet « miraculeux » qui peut étonner.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   11 septembre 2014
Au chapitre des Créatures de Dieu [au XVe siècle], les animaux étaient jugés de la même manière qu'un être humain, selon la même procédure, et défendus par des avocats spécialisés qui plaidaient leur cause avec autant de sérieux que s'il s'était agi d'un homme. [...]
Ce jour-là, Maître Chassanée plaidait la cause d'un porc, coupable d'avoir dévoré le bras d'un enfant dans son berceau. Les parents du nourrisson, éplorés, se tenaient sur le banc de droite, le propriétaire de l'animal sur celui de gauche et, à côté de lui, à la barre et maintenu par une laisse, le pourceau accusé, ridicule dans les vêtements d'audience obligatoires dont on l'avait affublé : jupe, veston rouge, coiffe et chaussures.
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ZilizZiliz   12 septembre 2014
[XVe siècle] Grâce à l'innovation apportée par le bouton, et qui permettait d'assembler les vêtements sans qu'on ait plus besoin de les lacer, l'habillage était devenu un jeu d'enfant ; il permettait notamment de changer uniquement une partie d'une tenue, telles les manches, plus vite salies. De là l'expression : "C'est une autre paire de manches". (p. 111)
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NadaelNadael   22 octobre 2014
« Nous avons tous notre boussole ; si elle nous indique la direction à suivre, elle ne transporte personne nulle part et c'est à nos pieds de faire l'effort pour atteindre notre but, patiemment, pas à pas. Le royaume du possible est en chacun de nous à condition que nous le voulions : non par des formules et des bonnes intentions, mais par des actes. Sache que chaque rêve a un prix : celui de l'effort. »
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NadaelNadael   22 octobre 2014
« Trop rigoureux pour persévérer seul dans cet âpre mission, Manuzio comprit rapidement qu'il n'en viendrait à bout qu'en s'adjoignant pour collaborateurs les hommes les plus savants de son époque. Le monde changeait, la science progressait, l'homme n'était plus l'instrument de Dieu mais devenait le centre du monde, l'acteur de sa propre vie. On s'ouvrait sur un nouveau courant de pensée, on redécouvrait les philosophes grecs et romains, et Manuzio eut l'idée de les traduire pour offrir leurs oeuvres au plus grand nombre. »
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LesLecturesDeCledesolLesLecturesDeCledesol   06 octobre 2014
Une mélodie n’est musique que parce qu’elle est composée avec des notes différentes, une alternance de sons doux, de sons forts, ainsi que des silences qui, se liant et se succédant, forment une harmonieuse unité. De même, si notre vie ne se résumait qu’à des choses heureuses, comme un son identique répété à l’infini, à quoi ressemblerait la musique de notre vie ?
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