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EAN : 9782020010238
240 pages
Éditeur : Seuil (01/09/1964)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Ce roman se présente comme le journal du maître d'œuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l'abbaye du Thoronet, exemple d'architecture cistercienne. Jour après jour, nous voyons ce moine constructeur aux prises avec la faiblesse des hommes et l'inertie des choses, harcelé par les éléments contraires et, plus encore, par ses propres contradictions. La vie d'un chantier médiéval, les problèmes techniques, financiers ou doctrinaux que posait sa bonne marche, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  22 février 2019
Les pierres sauvages, une association de mots étonnante, un titre auquel je n'ai pu résister !
Dès les premières pages, Fernand Pouillon a réussi un tour de force: m'entraîner au coeur d'un voyage médiéval dans les pas d'un moine cistercien accompagné de ses frères. Il faut dire que l'incipit nous plonge de suite dans le vif du sujet: le quotidien des moines bâtisseurs à l'occasion de la réalisation d'un nouveau projet architectural.
Cette grande aventure commence en 1161, à travers le journal de bord fictif du moine bâtisseur, Guillaume Balz dont l'identité est révélé en fin de récit. 
Commandité par son abbé , Bernard de Clairvaux, frère Guillaume quitte Cîteaux pour réaliser un nouvel édifice à la gloire de Dieu et de Marie, la future abbaye du Thoronet, première abbaye en Provence, où une communauté installée à Notre-Dame-de- Florielle (près de Tourtour dans le Var) à du mal à survivre.
Le lecteur devient ainsi le compagnon privilégié de frère Guillaume et le témoin du quotidien de cette communauté dont nous découvrons les règles strictes et parfois outrepassées dans l'engouement général et l'ardeur déployée pour faire avancer l'ouvrage.
Guillaume avec qui nous partageons exaltation, visions créatives, artistiques et souvenirs de trente ans d'appartenance à l'Ordre mais aussi les tracas de l'organisation matérielle du chantier, et nous confiant se sentir plus maçon que moine, plus architecte que chrétien. Guillaume désigné maître d'oeuvre et cellérier (gestionaire financier, économe) qui étapes par étapes, après maintes réflexions et consultations, met en branle ce grand chantier. Guillaume obsédé par le choix de la pierre, qui veut imposer les pierres du pays, les pierres sauvages, les plus proches du chantier mais aussi les plus difficiles à travailler, les pierres aux reflets gris et ocres d'où naîtront la beauté, la lumière et qui magnifieront les volumes révélant leur grandeur dans le dépouillement recherché de l'art cistercien.
Un tableau médiéval animé où prennent corps les aspirations propres à chacun, qu'il soit moine, convers ou compagnon, tous concentrés à la tâche mais les sens en éveil dans une nature prise en main par les travaux de défrichements, d'essartages etc... oeuvrant à l'unisson pour ce mirage lumineux malgré les souffrances, les soucis, les privations.
Un portrait de Guillaume de Balz émouvant et touchant esquissé de manière très fine, notamment dans le rapport aux autres, épiant et surprenant ses frères dans leur contribution solitaire au chantier et leur dévouement.
L'écriture limpide et sobre de Fernand Pouillon (1912-1986), architecte de formation, sert le propos d'une manière subtile, poétique pour nous faire entrevoir la sensibilité du moine Guillaume, plus technique pour nous faire appréhender les difficultés de sa création artistique .
Superbe journal de bord dans lequel on s'enveloppe au fil des pages à l'image du corps des frères dans les coules (robes longues en laine blanche avec capuchon).
Je me suis mis ainsi à espérer avec eux à ce rêve de pierre, chef d'oeuvre éternel en devenir.
Les pierres sauvages, un récit inspiré pour conter une belle aventure humaine
Une lecture à découvrir pour un moment de plénitude...
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Wyoming
  01 septembre 2019
Magnifique ouvrage sur les premiers mois de la construction de l'abbaye du Thoronet, l'une des cinq soeurs de Provence. Il est écrit par l'architecte Fernand Pouillon auquel on doit, entre autres, la restauration du château de Belcastel en Aveyron, édité chez Seuil avec de splendides photographies de l'abbaye réalisées dans une lumière saisissante où la pierre apparaît dans une rare splendeur.
Le livre est un roman puisque l'auteur, à travers le frère Guillaume en charge par l'abbé de Cîteaux de lancer cette construction, emmène le lecteur au coeur de toutes les problématiques architecturales et artistiques, mais aussi humaines dans les débuts de ce chantier colossal qui aboutira à une merveille absolue.
L'action se déroule sur les neufs premiers mois du chantier, de la mi-mars au début de décembre. Frère Guillaume raconte, jour après jour, les nombreuses péripéties du lancement de cette oeuvre. Cela va du choix précis de l'emplacement, avec le détail des plans, les débats que leur conception génère, la sélection des pierres qui seront essentiellement extraites sur place ou aux abords du site, à toute l'organisation du travail de chacun, moines et convers, compagnons, animaux, l'ensemble conté avec une humanité marquée par la foi de ces hommes capables de se lancer avec confiance dans un tel ouvrage.
La qualité d'architecte de l'auteur favorise la compréhension des choix et des techniques retenus, l'ensemble écrit de manière très accessible au profane, sans le lasser par d'inutiles longueurs. C'est la pierre qui domine toute cette partie architecturale, l'auteur lui donne une âme à mesure qu'il décrit la destinée de celle-ci dans la construction.
Le récit est émaillé des accidents du chantier qui peuvent toucher aussi bien l'animal que l'homme et le maître d'oeuvre exprime toute sa peine chaque fois que la mort vient malencontreusement frapper. le talent de Fernand Pouillon est remarquable pour exprimer le ressenti de ces douleurs physiques et morales auxquelles toute la communauté compatit attendant avec espérance guérison ou délivrance. Guillaume sera lui-même sévèrement blessé, connaîtra le découragement, puis, soutenu par sa foi, parviendra à continuer sa mission.
Les dernières pages sont particulièrement belles dans lesquelles Guillaume évoque, avant de rejoindre Cîteaux, les chantiers qu'il a suivis et l'attachement particulier qu'il ressent pour celui du Thoronet, son dernier. Il ressent désespoir et résignation devant son départ imminent et clame son amour pour ses petits frères et ces pierres qui vont prendre vie dans l'oeuvre dont il ne connaîtra pas l'achèvement.
Même si on est déjà allé plusieurs fois à l'abbaye du Thoronet, ce livre donne envie d'y retourner très vite pour admirer avec un oeil nouveau les pierres, les tuiles, le cloître, tout cet univers chargé d'histoire, de labeur et de foi. Et pour le lecteur qui ne la connaît pas, il sait qu'au détour d'une colline varoise, la merveille l'attend.

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Levant
  23 septembre 2016
Le moine Guillaume appartient à l'ordre de Cîteaux depuis 30 ans lorsqu'en 1160 il est envoyé en Provence pour assurer la maîtrise d'oeuvre de la construction de l'abbaye du Thoronet.
Conçu comme le journal de chantier de ce frère bâtisseur Les pierres sauvages nous relate la naissance d'un édifice construit selon la règle de Saint-Bernard. Dissimulé dans une chênaie du centre varois, cet édifice existe encore de nos jours. C'est un des témoins les plus préservés de l'architecture de cet ordre.
Isolement, dépouillement, pauvreté, austérité gouvernaient les intentions de l'ordre monacal le plus prolifique des 11ème au 13ème siècles en terme de constructions d'édifices religieux. Ni sculpture, ni statue, ni vitrail décoré, ni peintre murale ne devaient distraire le moine de l'extrême rigueur de sa vie consacrée à la prière.
Avant de donner naissance à des constructions qui témoigneront de leur vie, de leur foi, Les chantiers sont avant tout des histoires d'hommes. C'est ce que Fernand Pouillon tente de nous faire appréhender aux travers de ces écrits. Architecte de métier, il connaît bien le sujet. Son écriture a la sobriété des constructions réalisées par l'ordre de Cîteaux. Elle nous laisse percevoir la somme de renoncement et de dévouement qui pouvaient animer moines et convers dans leur choix de vie tournée vers le sacrifice. Ils participaient à ce type de chantier sans avoir l'anxiété de voir l'oeuvre terminée. Ils construisaient pour abriter une foi éternelle que perpétueraient les générations futures de leur confrérie. Pour la postérité. Intention perdue de nos jours.
Au Thoronet les formes épurées de la voute piègent la parole humaine dans l'univers minéral complice, de telle sorte que seul Dieu puisse la percevoir.
Un roman intéressant pour qui aime l'histoire des vieilles pierres, la vocation spirituelle de certains monuments. Certes un peu austère, mais soit, dévotion oblige.
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ivredelivres
  15 mars 2013
Au XII ème siècle un moine mandaté par Bernard de Clairvaux se rend à Notre-Dame de Florielle pour organiser la mise en chantier d'une future abbaye.
Il arrive par Avignon et les Alpilles et fait halte à Montmajour.
Sur le futur emplacement le défrichement de la forêt a déjà commencé. le chantier est né. Il est le maître d'oeuvre et va dans les mois qui suivent organiser le travail.
La préparation est ingrate, longue et nécessite l'embauche de tous les corps de métier nécessaires : carriers, forgerons, potiers, bûcherons.
Il faut en premier lieu construire des bâtiments annexes où loger les moines, les convers et tous les ouvriers. Il faut essarter, labourer, semer, créer potager et verger, pressoir et moulin à huile, bergerie et étable, le nécessaire pour assurer la subsistance de tous. Un jardin des simples pour soigner.
Un potier est en charge des tuiles qui couvriront les bâtiments. Des charpentiers préparent les longues poutres et solives qui serviront à la charpente.
Le travail est lent
« Dans les meilleurs conditions, six années seront consacrées à à l'extraction et à la taille. » les matériaux choisis ne sont pas ceux auxquels les tailleurs de pierre sont habitués, il y a là des pierres fragiles, d'une couleur inhabituelle, des « pierres sauvages ».
Contre tous il choisit de monter les murs sans utiliser de mortier pour garder toute sa beauté à la pierre, mais cela exige un travail plus difficile, la taille doit être parfaite.
Il est alternativement confiant et inquiet mais pour lui « la difficulté est l'un des plus sûrs éléments de la beauté » il tente de ne jamais oublier les vertus nécessaires « Patience, Persévérance et Humilité ».

Il ne peut oublier son rôle spirituel, faire vivre ensemble des hommes différents, les uns sont de simples ouvriers, les autres voient là une mission de foi.
Il lui faut respecter les prérogatives de chacun, ménager la susceptibilité des uns et des autres. Il est garant de la règle de Saint Benoît tout autant que de la bonne avancée des travaux et parfois le souci du chantier le pousse à accepter quelques entorses à la règle sacro-sainte.
Les accidents, les intempéries, la dégradation de sa santé le font parfois douter de la réussite du projet, doutes et regrets l'assaillent, il aurait voulu avoir le temps pour « Etudier, observer, contrôler, revenir en de nombreux repentirs, afin d'atteindre une perfection certaine. »
Ce journal de la construction de l' abbaye du Thoronet est d'une austérité toute bénédictine, le récit est âpre, rude, à l'image du futur édifice. C'est dans le même temps une chronique très vivante et une méditation sur la volonté qui portait ces hommes pour affirmer la puissance divine par une oeuvre belle, simple, qui rende présent l'invisible.
Un très beau roman, un acte de foi dans l'architecture, l'art et la main de l'homme.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Bigmammy
  26 juin 2019
Fernand Pouillon a écrit ce roman en prison. Pour tous ceux qui s'intéressent à l'architecture, et comme moi à l'art roman, c'est un livre incontournable. Il est arrivé Ici dans les valises de ma fille architecte. Et je l'ai lu à la suite d'un documentaire récent sur la reconstruction des villes rasées pendant la seconde guerre mondiale, à laquelle Fernand Pouillon a largement contribué : en particulier la reconstruction du quartier du Vieux-Port de Marseille rasé par les Allemands, mais aussi de nombreux logement sociaux …
Guillaume, frère cadet de Hugues II de Balz, écrit la chronique de la construction d'une abbaye cistercienne dont il est le maître d'oeuvre, au creux du vallon du Thoronet, à une journée de marche de Notre Dame de Florielle. Avec ses deux jeunes frères, Bernard et Benoît, moines cisterciens comme lui, ils arrivent sur site le 5 mars 1161. Guillaume va créer, à partir de rien, la plus belle, la plus pure et la plus emblématique des abbayes provençales. Il a déjà édifié nombre de monastères. Il a tout dans la tête mais il faut commencer par essarter, aplanir, et surtout trouver les pierres, les extraire à main d'homme, les transporter, trouver l'argile pour confectionner des tuiles, abattre les arbres pour former les échafaudages, forger les outils.
C'est toute une ville qui, entre prières et privations, s'affaire autour du projet. C'est aussi une troupe d'hommes qu'il faut savoir manager : les spécialistes, les moines, les frères convers. Guillaume est autoritaire. Il impose ses conceptions. Pour l'abbatiale, par exemple, il décide de poser les pierres sans mortier. C'est plus ardu mais beaucoup plus beau. Et puis il y a les accidents, les aléas climatiques, les querelles … Il est difficile à ceux qui ne « transpirent » que des méninges d'être aimés ou respectés des hommes aux mains calleuses …
Pour Guillaume, un chantier est plus long qu'une guerre, moins exaltant, où les batailles sont les dangereuses corvées de tous les jours. Mais la victoire est certaine. Même si, comme Guillaume, beaucoup de ceux qui ont initié le chantier ne verront pas son complet aboutissement.
Un roman très personnel, bien écrit, accessible, qui constitue une réflexion philosophique sur le délire de la création et ses doutes, l'hypnose provoquée par la dominance de l'oeuvre en cours, le respect du module impératif qui règle tout l'édifice, impose la dimension de base, sur la souffrance physique aussi … Une leçon d'humilité et de grandeur.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
ElisanneElisanne   27 février 2011
]L’évocation visuelle dans la permanence crée le destin des architectures.
L’acuité absolue permettrait d’éviter à un maître d’œuvre, esthète pur, de tenter l’aventure de la construction. Il garderait pour lui ses édifices imaginaires. Il n’en est jamais ainsi, tout bâtisseur aura sa part de surprise dans la réalisation du chantier. Cela est bien normal. Nul artiste ne fait absolument ce qu’il veut : le pinceau aide ou dessert le peintre, tantôt surpris par un effet imprévu, tantôt en butte aux tremblements de sa main, aux poils trop secs ou à la pâte trop liquide. Nous devons bien avouer que le chantier se réserve toujours de nous étonner, en bien ou en mal.
L’architecture garde une partie de son mystère, ne le découvre que par fragments et ne le livre que lorsque tous les volumes ont occupé leur place. L’œuvre en cours est une discussion, décevante ou pleine de promesses. Nous cherchons des arguments. Nous écoutons les résonances sans encore en connaître la fin. Toutes ces émotions ne peuvent être prévues et connues entièrement à l’avance. Cela est bon ; un chantier sans anxiété serait comme une vie sans souffrance […]
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ElisanneElisanne   27 février 2011
[…] Il est exaltant de faire vivre une abbaye à l’avance en compagnie des moines.Pour moi les instants où je conçois réellement la vie de mes frères sont, peut-être, les seuls où j’exprime ma foi. Je les vois se lever, s’agenouiller, ils marchent vers l’église, autour du cloître, font les ablutions aux fontaines, rêvent devant le feu du chauffoir. Rythme lent, précis, mesuré. Je les vois réellement passer, je les suis du regard. Ils ne sont pas fantômes, je les entends respirer, murmurer, marcher, je sens leurs odeurs. Capuchons rabattus, têtes légèrement inclinées, mains dans les manches : ils passent. Je m’efface le dos au mur, pour leur laisser la place. Ils vont, poursuivent leurs évolutions, sans vaines agitations. La Règle exige cette vie sans mouvements inutiles : ils ne doivent pas perdre leur temps, ni essayer de le rattraper. L’architecture suit ces actes ; Chaque jour, chaque nuit, le passage des moines est comme un fil qui s’enroule, sans heurts, à petits bruits réguliers. Accompagnés des chants contenus, les offices canoniaux scandent la journée d’une aube à l’autre. […]

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JcequejelisJcequejelis   05 juillet 2015
« Pourquoi, ai-je dit, n'as-tu pas expliqué ton plan aux convers ? Ils auraient travaillé plus volontiers.
- Je préfère les étonner ; sur d'autres chantiers j'ai observé que ma méthode a du bon. Après, je peux demander les pires efforts, ils s'imaginent de confiance qu'au bout il y a une astuce de récompense. Elle existe, souvent, mais quelquefois il n'y a que la peine sans satisfaction. Je préfère, dans tous les cas, garder pour moi mes mystères ; le rendement, dans l'ensemble, reste meilleur, le commandement plus facile. L'homme respecte davantage nos décisions s'il n'en connaît pas la fin.
- Peut-être as-tu raison ; pour moi, je préférerais ne pas étonner, donner l'impression que ma science et mon expérience sont d'abord nôtres, ensuite deviennent leurs.

2677 – [p. 157/158]
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JcequejelisJcequejelis   29 juin 2015
Un autre groupe de frères qui, pour avoir une solide croyance, ne sont pas pour autant subjugués, ont pris pour les divers apprentissages un goût très fort. Ces hommes, entrés dans l'Ordre plus par besoin de tranquillité que par vocation, fils de serfs ou de vilains, ont naguère préféré à une vie de servitude un ordre divin. Ils sont convers n'ayant pu être moines, sont heureux de notre égalité, de notre fraternité dans une commune discipline, peut-être plus difficile, mais aucunement humiliante.

2673 – [p. 62/63]
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ElisanneElisanne   18 mai 2010
Toute ma vie j’ai quitté les chantiers, mais j’avais toujours un nouveau projet en tête, j’étais heureux. Et puis, souvent, je partais seulement pour quelques semaines ; j’allais retrouver d’autres travaux plus urgents. Ce soir ce n’est pas la même chose : au bout du voyage il n’y a plus rien, plus qu’à attendre le bon vouloir de la destinée, entouré de mes frères, et cet au-delà qui me fait peur
( page 195/196)
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Vidéo de Fernand Pouillon
Fernand Pouillon "Le roman d'un architecte". Fim documentaire de Christian Meunier : A l'aide de témoignages de ses principaux collaborateurs et d'extraits de ses livres : Les mémoires d'un architecte et les pierres sauvages, c'est toute la singularité de Fernand Pouillon que ce film permet de découvrir.
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