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ISBN : 2207241661
Éditeur : Denoël (03/11/1994)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
316 pp. Petit accroc sur les coins.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sarindar
  07 octobre 2016
La fausse représentation, celle qui brouille l'image du personnage, est de nous montrer Étienne Marcel comme :
- un dangereux révolutionnaire au XIVème siècle, précurseur des coupeurs de têtes de 1789, violent jusqu'à l'extrême, au point de faire irruption dans le palais de la Cité et de tolérer le meurtre de deux des conseillers du Dauphin Charles - le futur Charles V - sous les yeux de ce dernier, complètement apeuré, pour ne pas dire affolé et craignant pour sa vie ; la scène, il est vrai, a, dans son dénouement, un point commun avec ce qui s'est produit pour Louis XVI qui a dû accepter en 1789 d'arborer la cocarde tricolore et que l'on aurait affublé plus tard du bonnet phrygien ; Étienne Marcel, pour tranquilliser le Dauphin, lui aurait juste fait coiffer un chapeau marqué aux couleurs de la ville, le bleu et le rouge ; le prévôt des Marchands ne fut pas toujours cet être sanguinaire, même s'il ne sut pas, parfois, empêcher l'effusion de sang, et même s'il usa, entre 1356 et 1358, de solutions parfois extrêmes pour créer un choc, mettre l'opinion de son côté et forcer les gens de pouvoir à mettre de l'eau dans leur vin et pour tenter de faire accepter par eux ses revendications, quel que fût le moyen, quand les voies de la négociation ne donnaient plus de résultat : un pouvoir représenté alors par le Dauphin et ses conseillers (en fait ceux désignés par son père, Jean le Bon, retenu prisonnier en Angleterre après la défaite de Poitiers, en 1356) ;
- un traître à la cause du royaume, prêt à tout pour assouvir sa soif de pouvoir et que la mort rangera dans le lot des perdants, et donc des coupables et des principaux responsables des maux du royaume.
Claude Poulain nous montre que c'est se tromper sur le personnage que de le ranger dans ces catégories-là.
L'homme, loin de se contenter d'être le représentant des Marchands de l'eau - les produits commerciaux transitaient alors essentiellement par voie fluviale et on les déchargeait en grande partie sur la place de Grève - et un notable, qui fait sa voie et ne pense qu'à développer les moyens de sa fortune - il est l'héritier d'une lignée de drapiers, commerce qui est alors en crise, aussi bien en Flandre qu'à Paris -, et donc loin de se contenter de se laisser porter par le succès et de profiter de la reconnaissance de ses pairs et des échevins et grands bourgeois de Paris, loin d'essayer, comme beaucoup d'entre eux, et même comme certains de ses proches et amis, de jouer un rôle d'influence en s'insinuant dans les allées du pouvoir et en cherchant à entrer dans le conseil du roi ou de graviter autour, il a occupé sa charge de Prévôt des marchands avec une extrême rigueur et une grande honnêteté.
On le vit, en effet, veiller à la sécurité des Parisiens en entamant la construction d'une nouvelle enceinte, dont Charles V terminera la construction.
On le vit aussi demander des comptes aux gens de pouvoir et au roi ou à ses représentants dans l'usage qui était fait des impôts ordinaires et surtout extraordinaires qui étaient levés sous le prétexte de faire face au danger de l'invasion anglaise, action militaire et effort financier qui n'avaient jusqu'ici conduit qu'à des désastres sur le champ de bataille (les défaites De Crécy en 1346 et de Poitiers-Maupertuis encore toute récente en 1356 ne pouvaient que donner raison au Prévôt des Marchands d'exiger ces explications et de vouloir exercer un contrôle sur l'emploi des sommes collectées et sur la mise en place de moyens efficaces pour obtenir de vrais résultats).
S'il a dévié par la suite dévié de cette route, s'il a pris son rôle de réformateur, de délégué de la bourgeoisie aux États généraux puis de "quasi maire" avant la lettre trop au sérieux, au point de s'arroger des pouvoirs qu'il n'aurait pas dû se donner, et si tout cela s'est mal terminé, cela n'empêche pas de le considérer plus comme une victime de ses hautes ambitions - trop grandes pour lui, sans aucun doute, car beaucoup trop de responsabilités l'entraînèrent à agir seul - que comme un dangereux meneur, animé de mauvaises intentions.
C'est lui rendre justice que de faire ainsi la part des choses, et Claude Poulain a su honnêtement équilibrer les pièces à charge et les éléments à décharge.
L'échec final d'Étienne Marcel, sanctionné par une mort violente en 1358 au moment où les événements s'accéléraient et où la situation lui échappait, ne doit pas nous conduire à le désigner du doigt comme un vilain et vulgaire fomentateur de troubles ou comme un parjure passé à l'ennemi. Il est tombé parce que Paris devait redevenir le centre de pouvoir dans lequel la monarchie des Valois, à la légitimité encore contestée, s'était installée.
François Sarindar, auteur de : Jeanne d'Arc, une mission inachevée (2015)
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lapetitefadette
  15 mars 2015
Portrait du père de la dynastie des cpétiens
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