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EAN : 9782072831454
192 pages
Gallimard (17/01/2019)
3.23/5   123 notes
Résumé :
À trente-deux ans, pas d’enfants mais beaucoup de diplômes, Reine, fraîchement débauchée d’un poste opérationnel, en occupe déjà un autre. Mais voici qu’elle se lasse – ou se réveille – et, des sentiers battus de la réussite, décampe. Laissant sur place le salariat, les escarpins, la fierté de ses parents.
La voilà libre de s’inventer un avenir.
À ses côtés, un triomphe de la République, Étienne. Parti de la classe ouvrière, recalibré dans une fabriq... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
3,23

sur 123 notes

sebastolivre
  26 avril 2019
Ironique, tendre et enlevé, le ton de Maria Pourchet surprend et séduit.
Elle s'amuse avec ses personnages, le narrateur et nous-mêmes. Et c'est plaisant.
Un style détonnant qui part à toute vitesse, se saisit de nous, pour ne plus nous lâcher.
La vie et l'oeuvre de Reine, "business woman", qui va plus vite que son ombre nous est décortiquée par le menu, avec un ton caustique mais tendre.
Mais cette droguée de travail et succès, à qui tout réussit, n'est-elle pas en train de rater sa vie ?
C'est cette question, simple et actuelle, qui sera le fil rouge de ce roman hors des sentiers battus de la narration.
« Reine était devenue ravissante. Un visage, une chevelure, une allure à boire à l'oeil dans tous les bars de métropoles. Encore qu'elle en ait peu profité, elle n'est pas sortie de ces six dernières années. Il faut savoir ce que l'on veut. »
Le portrait d'une "workaholic" de la cosmétique – elle travaille dans une entreprise de parfumerie et de soins esthétiques – en dit long sur de nombreuses vacuités de notre société.
Une impatiente, parmi tant d'autres, qui n'a plus le temps de vivre.
Un livre frais et dynamique qui ne manque pas de sel... En parlant de sel justement, Reine renaîtra-t-elle de ses cendres dans les algues, qui semblent aussi être la voie royale pour les cosmétiques ?
Malheureusement, et c'est un gros regret, le style Pourchet a pour moi fait long feu, finissant par me lasser. La magie n'opérait plus, malgré tous les tours ingénieux que l'auteure pouvait mettre en place. Son ton décalé n'agissait plus.
Merci aux éditions Gallimard pour la découverte de cette auteure atypique !
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elea2022
  23 août 2022
À quoi ressemble votre vie lorsque vous vous appelez Reine, que vous êtes passée par HEC, puis avez grimpé les échelons, accrocheuse, femme de pouvoir sans vergogne ?
Vous allez me dire : c'est loin d'être le cas de tout le monde, et vous aurez raison. D'ailleurs, je vais arrêter avec le "vous", c'est une expérience, comme l'autrice, qui reconnaît dans une brève postface avoir fait "une transposition dans le champ littéraire de travaux d'ordre sociologique". On comprend mieux !
Nous suivons donc comme une expérience "in vitro" le parcours de Reine, et ses démêlés avec l'entreprise. Je dis "in vitro", et d'ailleurs, on trouve beaucoup de vitres dans ce roman : on suit derrière des vitres les réunions du board, ou encore, comment appelle-t-on cela ? Ah oui, le comex. Quand Reine décidera de se lancer à son compte, il s'agira de parois de verre dépoli imitant la mer, car son domaine, l'État sauvage, décline tous les produits dérivés d'une algue cultivée en Bretagne. En plus, c'est français, ça véhicule des valeurs - nous saurons tout de la création d'une entreprise, de la recherche d'investisseurs à l'accueil des clients, l'art de glisser un compliment tout en suggérant de faire plus pour "se faire du bien", jusqu'aux posts de Reine sur les réseaux sociaux. C'est instructif, mais posons tout de suite la question : est-ce que j'aime ce milieu ? de dirigeants, de RH, d'investisseurs, de vendeurs ? Non, je l'exècre. Un mensonge enrobé dans un beau papier cadeau pour vous persuader d'avoir bien fait de vous l'offrir reste un mensonge.
D'ailleurs, Reine le sait, qui a mis sa vie personnelle sous cloche, le temps des études, puis une fois mariée (avec un prof de HEC), qui n'a plus le temps quasiment de passer à la maison, voir son mari, ne parlons même pas de se croiser dans un lit et d'avoir même la pensée de concevoir des enfants... D'ailleurs, Reine en a-t-elle vraiment envie, elle qui étouffe sa vie pour oublier que sa soeur est morte ? Elle, qui a décidé de passer à l'algue (comme passer à l'acte mais avec des algues) après avoir rencontré un beau et troublant "Marin", chercheur à l'IFREMER...
Il reste que Reine, lorsqu'elle a du temps, en consacre une partie à son copain de lycée, Étienne, qui de son côté aussi a tout mis en oeuvre pour s'élever dans la société. Il représente la touche caustique qui parle : il a le recul et le regard ironique que projette sans cesse l'autrice sur les événements et motivations de ses personnages. Oui, que diriez-vous d'une autrice qui vous interpelle, vous donne à jouer les rôles de ses personnages, qui commente l'intimité des gens, "attendez, nous allons voir ce qu'en pense X... Oh, mais que fait Y maintenant ?" Elle a un style percutant, des phrases drôles, mordantes, des formules à l'emporte-pièce qui font souvent mouche, mais elle aussi, on dirait une enfant gâtée : "c'est mon roman et j'en fais ce que je veux."
Franchement, je ne sais pas dire si j'ai aimé, au-delà du plaisir immédiat que procure cette lecture ambiguë, à mi-chemin entre critique sociale acerbe et apitoiement sur l'héroïne, qui mérite mieux. C'est un peu comme de boire des shots debout au bar, cul-sec, plutôt que de déguster un bon verre assis(e) dans un fauteuil club. Une manière d'être qui claque, mais des valeurs d'une génération et d'un milieu autre que les miens, qui ne m'ont pas vraiment touchée.
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Christophe_bj
  21 janvier 2021
Reine, une jeune femme diplômée d'HEC et avide de succès crée un institut de beauté fondé sur l'exploitation des algues. Va-t-elle réussir cette entreprise, et, si possible, sa vie ? ● Ce livre vaut surtout par son style, très travaillé, sec, très vif, très typé, constamment ironique mais malheureusement assez vite lassant par son systématisme, malgré des pointes d'humour bienvenues. Les ellipses rendent parfois le propos obscur. Les fautes de français abondent (voir la critique de Melieetleslivres). Ce style mordant à l'image de l'avidité de ceux dont il sert à raconter l'histoire, m'a rappelé certains films des années 70-80 comme le Sucre ou le Paltoquet. Il est d'un modernisme déjà daté. ● L'entreprise créée par Reine fait très « vieux monde » ; pour que le récit soit plus convaincant, il aurait fallu à mon avis mettre en scène la création d'une start-up digitale. Quelques autres faux-pas montrent que l'auteure ne connaît son sujet que d'un point de vue de sociologue et n'évite aucun cliché.
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hcdahlem
  06 mars 2019
Avec «Les impatients», son cinquième roman, Maria Pourchet renoue avec la veine ironique en racontant le parcours de Reine, une businesswoman aussi ambitieuse que décidée. Cinglant, corrosif et bien rythmé.
Je dois commencer par vous faire un aveu. Au début de ma carrière professionnelle, j'ai travaillé pour un magazine économique. Ayant notamment en charge la rubrique «portrait», je devais m'évertuer à ne sélectionner que les patrons et cadres correspondants au fameux public-cible. Si bien que le panorama proposé se concentrait sur les personnes jeunes, dynamiques, passionnés par leur métier, ambitieuses, ne comptant pas leurs heures pour réussir. Les femmes servant, tous les dix numéros environ, d'alibi et de vitrine. Reine, le personnage principal du nouveau roman de Maria Pourchet aurait fort bien pu y trouver sa place. À condition, bien entendu, de publier l'article au moment où elle tutoie les étoiles.
Comme dans le roman, on passe vite sur l'enfance et l'adolescence pour nous intéresser aux premières étapes de la carrière de cette businesswoman. « Elle a trente-trois ans. Déjà? Oui Reine va très vite. On tourne une page, on ne fait pas attention, on s'est pris dix-huit ans dans la vue. Cinq années jusqu'à Hec, trois pour en sortir, deux passées à s'en remettre, à Harvard section histoire de l'art, couplé à un poste de researcher chez Gucci USA, pour la suite se référer à LinkedIn. Il est classiquement écrit que sa passion pour la beauté est devenue un métier. Au chapitre Expérience s'énoncent en anglais quelques vies de chef de groupe, de chef produit, de chef de département France, de chef de département Moyen-Orient, de chef de département Russie et Moyen-Orient, de directrice de marque, avant qu'elle ne soit débauchée par la concurrence, toujours dans la cosmétique de luxe. C'est assez agaçant à lire. On imagine que sur le terrain ce fut palpitant, concentré, outrageusement bien payé. »
Vous aurez remarqué le ton et le style. Écrit en grande partie avec ce «On» non défini et à la seconde personne du pluriel, ce qui permet d'établir une distance ironique avec les personnages ainsi interpellés, ce roman brille par son côté incisif, par cette arrogance propre aux leaders dont les dents rayent le parquet.
Élisabeth, quarante-trois ans, un bureau à l'étage de la direction et à l'affût de sa N-1, son «dernier trophée» vient à peine d'embaucher Reine que cette dernière lui rend ses «vêtements nobles et sous-vêtements travaillés» pour lancer son propre projet. Les impatients n'ont pas envie d'attendre. Après un voyage en Bretagne et la découverte des bienfaits des algues, elle trouve des investisseurs pour la suivre dans la société L'État sauvage, un institut de soins qui commercialisera également les produits cosmétiques et qu'elle ouvrira en quelques mois à peine.
Ah, j'allais presque oublier. Ce voyage en Bretagne s'est fait en compagnie de Marin, un jeu et beau breton dont elle aurait pu s0enticher. Sauf que voilà, comme on lui a appris dans ses cours de management, elle doit anticiper. renonce à cette aventure: « Reine s'enguirlande et prophétise. Tu te vois c'est Reine qui parle à Reine – tu te vois chercher un hôtel à Brest? Te faire choper le soir même parce que tu sentiras le gel douche caramel beurre salé? Et même. Tu te vois trois semaines à faire l'amour dont deux mal, et après quoi? Débandade chez lui, jalousie chez toi, un SMS à la con, ton téléphone qui charge au salon alors que tu es à la cuisine. Tu la vois la gueule de Pierre? Reine la voit, elle le voit aussi rester. Tout plutôt que d'admettre l'imprévu. Ils reparleront, pour passer à autre chose, de l'enfant. Mais à la suite de la trahison, subiront une stérilité psychologique. » 
Pierre est le mari de Reine, rencontré alors qu'elle était à Hec. Cet intervenant extérieur, chargé de la Stratégie juridique en entreprise, lui aura facilité les études et entend lui aussi grimper les échelons de l'entreprise qui l'emploie. Mais il voit aussi leur relation s'effriter au fil du temps, confiant à son psy qu'elle «n'est plus vraiment là. Qu'elle poursuit une vie parallèle.» Est-ce une première étape avant la séparation? Reine, on s'en doute, n'a pas le temps d'y réfléchir. À moins que…
La belle trouvaille de Maria Pourchet, c'est d'avoir lancé du sable dans cette machinerie si bien huilée. Voilà Reine confrontée à quelques soucis, voilà Reine bien décidée à s'offrir une récréation. Voilà comment l'étude sociologique vire au roman à suspense, le tout accompagné d'un humour corrosif et de quelques rebondissements dans lesquels les hommes ne sont pas forcément à la fête. Enfin pas tous.
Mais ne dévoilons rien de l'épilogue, sinon pour souligner combien ce roman, après Brillante de Stéphanie Dupays, raconte avec beaucoup de finesse ce monde de l'entreprise qui est tout sauf lisse comme les parois de verre derrière lesquelles il se cache.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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pilyen
  24 février 2019
Je suis Paul, un lecteur, lambda. Je cherche un roman, faut bien passer le temps dans le train. Cependant, quand on voyage en première classe, autant éviter les écouteurs dans les oreilles et/ou le film sur son ipad, histoire d'être raccord avec ce qu'on imagine comme voisins de siège, aisés et sensément cultivés. Le livre devient, en plus d'ouverture sur le monde, un possible pour discuter. La quatrième de couverture ne donnait pas franchement envie de lire, mais on voulait un "Gallimard", snobisme de première classe. Bizarrement le Relay de la gare n'avait qu'une pile du dernier Muriel Barbery et ce Maria Pourchet. Ayant subi un précédent de l'élégante au hérisson, va pour "Les impatients". Pas trop long, le bon beige. Parfait. Confortablement installé, une légère odeur vanillée de ma voisine ( du Guerlain sans doute) m'accompagne, je découvre Reine et... Oh ! Je suis déjà arrivé à destination! Surprise, émoi. le temps, la distance se sont envolés. J'émerge du flot tumultueux de la vie d'une carriériste très 21ème siècle, passée par HEC et qui patauge dans une entreprise du luxe avec algues rouges, capitaux forcément capiteux et dents blanchies juste ce qu'il faut pour bien montrer sa réussite et éventuellement laisser des traces sur le parquet. le bandeau disait " Toujours plus vite". Pour une fois, aucun mensonge, le TGV a doublé sa vitesse !
Je suis Pierre, blogueur. Devant mon clavier, balance des sentiments. Qui suis-je pour écrire des avis sur des bouquins ? Mais aussi, comment rendre incontournable la lecture de ces " Impatients" dont l'écriture peut rendre jaloux les neuf dixièmes de ce que la France compte comme écrivaillons ? En utilisant scolairement et sans talent les attaques de chapitre de ce roman pour les paragraphes de ce billet ? Peut être que cela donnera une minuscule idée de ce qu'offre le livre. Mais, l'exercice est vain. Maria Pourchet est unique. Maria plonge dans la langue française pour l'adapter à son époque, à son histoire de création d'entreprise. Pas fun ? Pfff, détrompez-vous. C'est rapide comme une excellente série américaine, caustique comme rarement, sociologiquement hilarant car parsemé de petites remarques piquantes mais réelles. Tout ça, non pas grâce à l'intrigue ( intéressante mais sur le papier pas vraiment palpitante) mais au style, oui au style, à l'écriture, à cette fantaisie joueuse et drôle qui empoigne le récit pour le rendre immédiatement passionnant, à cette façon unique de faire boxer les mots, les phrases, au rythme énergique de son héroïne. Au début on est un peu surpris mais on adore très vite. le plus, c'est que jamais, mais jamais, cela ne s'arrête. le roman est tenu jusqu'au bout ( malgré une petite histoire d'amour qui aurait pu faire basculer l'ensemble).
Alors, chapeau bas, Maria Pourchet, je vous découvre et je ne suis pas prêt ni de vous oublier, ni de passer à côté de vos précédents ouvrages. Qu'est-ce que ça bien du bien de découvrir un vrai auteur !
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critiques presse (1)
LeMonde   05 février 2019
Elle est scénariste, romancière et sociologue. Le premier métier, elle voulait l’exercer depuis l’enfance. Le deuxième, grâce à Romain Gary. Le dernier lui a permis pendant dix ans de gagner sa vie. Elle combine ces trois talents dans « Les Impatients ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
sebastolivresebastolivre   22 avril 2019
L'argent travaille lui aussi, comme tout le monde. Et quand il ne travaille plus, converti en biens immobiliers et revenus locatifs, il garantit l'avenir, sans quoi on nage dans l'incertitude comme les parents de Pierre. Et comme eux on sera réduit à la conjurer dans la bouffe, l'alcool, le Xanax et les crédits revolving, merci bien. On parle de Pierre comme s'il était là, c'est parfaitement désobligeant, oui. L'équilibre de Pierre, pour ne pas dire sa félicité, repose sur la prévision. Entre autres petits placements sans risque dans de jeunes entreprises du big data, ils disposent avec Reine de deux studettes dans le arrondissement louées sans risque à des locataires eux-mêmes entretenus par leurs propriétaires de parents. Ajoutés à cela, deux appartements à Saint-Jean-CapFerrat, loi Pinel, assureront des revenus locatifs en cas non pas de licenciement mais de réflexion, envie de liberté, nécessité d'émigration. La France pourrait devenir insupportable, décevante au moins, l'histoire l'a montré. Enfin, un compte est approvisionné dans le cas plus que probable où la mère de Pierre, fantasque retraitée de l'enseignement primaire, témoignerait d'une soudaine perte d'autonomie et voudrait vivre chez son fils. Pierre a évalué le coût de six ans de pension complète en maison de repos. Il a placé le total à taux fixe et depuis il respire. Ils ne partent pas en vacances tous les quatre matins, inutile. Pierre est suffisamment détendu à l'idée que sa mère ne viendra pas tacher le chesterfield.

Page 50, Gallimard, 2019.
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sebastolivresebastolivre   21 avril 2019
Élisabeth renonce. Encore un peu on va la mordre. ElIe doit passer un appel, ne retient pas la visiteuse puisque c'est écrit, noir sur blanc, sur son badge. Elle mettra ce registre singulier sur le compte de la notoire créativité. Encore une chose, Reine, une innovation managériale. On réserve ici à tout opérationnel arrivant une singulière épreuve, vous allez voir c'est très ludique : présenter en trente slides sa quête pour le groupe. Exactement, sa quête. C'est inspiré du Tao, vous savez le jeu. Il s'agit d'exposer les origines de votre mission, pourquoi vous, vos armes et vos limites, votre historique et vos objectifs, vos projections. Merci de mettre des chiffres, des graphes, sinon c'est flou. Et des visuels, sinon, c'est chiant. Vous présenterez votre quête aux collaborateurs, ils verront tout de suite où ça déconne. Vous allez voir, c'est très contemporain.

Pages 32-33, Gallimard, 2019.
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hcdahlemhcdahlem   06 mars 2019
Le succès vint qui statistiquement se décrit par le nombre de visites, le montant de la caisse après la fermeture, les abonnés au Facebook officiel, le volume de recommandations, les conversations en ville qui, à un moment ou un autre évoquait l’État Sauvage comme une plage secrète, les gens dans les affaires qui voulaient savoir qui connaissait quelqu’un qui avait le numéro de cette fille. On disait que Reine avait trouvé un truc, rapproché l’Atlantique de Paris, placé au cœur de la ville ce qui était à quatre heures de train. Quelqu’un voulait savoir pour quelqu’un qui cherchait pour son fils quelle école de commerce avait formé cette pépite, on supposait que c’était loin, aux Amériques probablement. À l’État Sauvage, on s’y rendait pour vérifier si c’était vrai, qu’on vous vaporisait vraiment un peu d’eau de mer dans les cheveux. C’était vrai. On avait du volume, un peu de sel sur les lèvres. On prétendait que les algues en jus contenaient autant de fer et de protéines que de la viande rouge, on tapait sur Google le nom de Reine. Qui n’avait pas encore essayé se disait par-devers soi, quel con. Tu vas voir que quand je me réveillerai il faudra faire la queue.
Il faut déjà faire la queue. »  121
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elea2022elea2022   21 août 2022
Enfin fauteuil. Suspendu, sans stabilité, fait d'un seul élément de bois tressé, en forme d'œuf évidé, ça pourrait tout aussi bien être un lampadaire. Comme si le designer avait, dans son mouvement volcanique, perdu de vue les destinées de l'objet. Comme si personne ne le lui avait rappelé entre le prototype et la fabrication en série.

Page 107 (édition poche).
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elea2022elea2022   22 août 2022
L'État sauvage est un lieu pluriel où venir apprécier la proposition d'architecture intérieure déjà, et ensuite se faire du bien. Non pas consommer mais évoluer. Poursuivre une expérience esthétique, sensorielle, voire spirituelle. Sans quoi ça s'appellerait dépenser et ça, c'est terminé, les gens n'en veulent plus.

Page 126 (édition poche).
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Videos de Maria Pourchet (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maria Pourchet
Extrait du livre audio "Feu" de Maria Pourchet lu par Coraly Zahonero et Thierry Hancisse. Parution CD et numérique le 8 juin 2022.
www.audiolib.fr/livre/feu-9791035408428/
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