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ISBN : 275607702X
Éditeur : Delcourt (06/04/2016)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Même les plus marginaux des plus marginaux de la société sont capables à un moment donné de se rebiffer et de se venger. Et quand ils décident de sy mettre, peu importe la façon de faire, ils vont jusquau bout. Big Man Plans est lhistoire dun nain énervé. Un nain doté de sacrés « cojones », qui na peur de rien, ni de personne. Un nain prêt à tout pour se venger dun crime brutal, hanté par un terrible mystère
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Presence
  09 avril 2016
Ce tome comprend une histoire complète et indépendante de toute autre. Il contient les 4 épisodes initialement parus en 2015, coécrits par Eric Powell & Tim Wiesch, dessinés, encrés et mis en couleurs par Eric Powell. Dans la postface, Powell explique que Wiesch est un véritable ami qui l'a recueilli pendant une période sombre, et que c'est lors de cette période qu'est née l'idée de ce projet bien noir.
C'est l'histoire d'un nain assis dans un bar de Brooklyn en 1979. 2 clients et le patron se moquent de sa petite taille et l'un d'eux lu offre un chocolat au lait. Il le boit, laisse un pourboire et un cadeau fatal, et sort dehors. Un adolescent se moque à nouveau de sa petite taille, il ne le fera pas 2 fois. Big Man (le surnom du nain) se rend à la gare routière et prend un billet pour Nashville. Il se remémore quelques moments de sa vie personnelle.
Delilah (la mère de Big Man) vivait mal la particularité de son fils, et a fini par quitter son mari. Ce dernier ne l'a pas très bien supporté et a connu une fin prématurée. La soeur de Big Man a été placée dans une famille, alors que lui est resté coincé dans un orphelinat où les autres adolescents lui ont mené la vie dure. Dès qu'il a pu, il a tenté de s'engager dans l'armée, mais a fini dans des missions d'une nature un peu particulière. Au temps présent du récit, il a reçu une lettre d'une certaine Holly (leurs relations seront expliquées par la suite) ce qui l'a décidé à mettre en oeuvre une vengeance des plus violentes.
Eric Powell est le créateur, scénariste et dessinateur de la série Goon (par exemple Chinatown et le mystérieux monsieur Wicker), comprenant des monstres surnaturels, un grand balèze se livrant à des trafics illégaux, et en fonction des épisodes une bonne dose de drame, ou un humour ravageur. le lecteur est donc fortement intrigué par cette histoire complète au scénario qui promet un niveau de violence terrifiant. Effectivement, il y a deux séquences de torture qui sont difficiles à soutenir du fait de l'expressivité des dessins. Les coscénaristes ont été chercher des horreurs immondes, et Eric Powell les dessine sans rien cacher, avec des détails et une force des mouvements qui fait ressentir la violence de l'arrachement, avec des instruments basiques.
Au contraire de ce que laisse le supposer le début de l'histoire, il y a bien une intrigue, assez développée. Il s'agit d'une vengeance violente, réalisée par un individu dont l'histoire est détaillée, avec une explication concrète de la motivation de Big Man et de la raison de son intensité. le lecteur comprend bien que les coscénaristes ont écrit leur histoire à un moment de leur vie où ils avaient besoin d'extérioriser des sentiments très négatifs. Pour atteindre leurs objectifs, ils ont développé leur histoire sur 2 axes : l'histoire personnelle de Big Man, le déroulement de sa vengeance.
Effectivement, la jeunesse de Big Man est bien chargée en malheur. Son nanisme est mal vécu par sa mère, au point qu'elle préfère partir. Il est en butte aux brimades, puis aux méchancetés de ses camarades d'école, puis de l'orphelinat. Il ne peut même pas retrouver un semblant d'amour propre puisque sa taille ne lui permet pas d'être accepté dans l'armée. La narration le montre bien comme une victime maltraitée, mais qui refuse de se laisser faire. Dans le cadre contraint de cette narration en 4 épisodes, les auteurs réussissent quand même à contrebalancer ce qui aurait pu devenir une caricature, avec 2 personnages bénéfiques pour Big Man, son père, et une jeune fille. En outre l'attitude de Big Man n'est pas celle de quelqu'un de résigné. Il se conduit comme un adulte endurci par la maltraitance, et toujours prêt à rendre les coups. Cette partie de l'histoire est à la fois prévisible (le pauvre individu maltraité qui finit par bien le rendre), et à la fois cohérente dans la mesure où son histoire personnelle justifie ses réactions et ses capacités en termes de torture.
Pour ce qui est de la vengeance, le motif est également basique tout en étant suffisant. La narration alterne la progression de la vengeance, avec les révélations relatives à son motif, faisant monter la tension générée par les actes de violence, et le suspense quant à l'acte horrible qui tout déclenché. le lecteur se laisse prendre au jeu : il se demande ce qui peut nourrir la fureur de Big Man, surtout au vu de ce qu'il fait subir à ses captifs.
On peut compter sur Eric Powell pour dessiner un individu endurci au caractère difficile et au visage fermé (il n'y a qu'à penser à Goon). Big Man est très réussi de bout en bout. Bien sûr Big Man est de petite taille du début jusqu'à la fin, son visage fait peur à voir dès le début, qu'il porte la barbe ou non, ou même la moustache. Son visage devient de plus en plus amoché au fur et à mesure de l'avancement du récit, de plus en dur et sans autre émotion que la haine et l'agressivité. Powell lui fait un visage très marquant lors de son passage au Vietnam (tout à fait justifié). Comme dans Goon, cet artiste réussit des visages atterrants quand ils sont ravagés par la tristesse ou l'injustice (en particulier lors de la jeunesse de Big Man), irradiant une empathie qui prend à la gorge.
Conformément au scénario, les dessins montrent comment Big Man se sert de sa petite taille pour frapper ses adversaires de manière inattendue. La violence n'est en rien édulcorée, elle est voyeuriste et malsaine, avec un niveau de détails choisis en fonction de la séquence. La première fois, elle est suggérée, mais dès la deuxième (un coup de poing asséné avec force dans un visage) elle est graphique. Eric Powell exagère discrètement la déformation du visage pour une légère touche de dérision, mais ce sera la seule fois. Par la suite l'intensité des émotions de Big Man attrape l'attention du lecteur et le plonge dans le premier degré, sans possibilité de prise de recul. Cette violence va crescendo, pour aboutir sur des tortures sadiques difficiles à soutenir.
Sur le plan visuel, le lecteur a une autre surprise concernant la nudité. Il se retrouve face à un personnage masculin avec les joyeuses au vent, au vu et au su de tout le monde (à commencer par le lecteur). Les auteurs intègrent donc une dimension sexuelle, sans jouer sur le corps de la femme en tant qu'objet sexuel. Ces rares séquences participent au ton adulte et pour lecteur averti, tout en servant à renforcer la personnalité de Big Man. Il ne s'agit donc pas de provocation gratuite.
Sans a priori sur l'histoire, le lecteur prend rapidement conscience que ça ne rigole pas, que les coscénaristes ont conçu une vraie histoire de vengeance qui va jusqu'au bout, exécutée par un personnage principal assez étoffé pour qu'il soit crédible. Ils devaient avoir des sentiments négatifs intenses à exorciser, et ça se voit sur les pages, à la fois dans les situations, mais aussi dans la force graphique des dessins. 5 étoiles.
Ce tome comprend également une histoire en 2 pages (en 7 cases de la largeur de la page), réalisé par les mêmes auteurs) pour le numéro annuel du Comic Book Legal Defense Fund's Liberty. le principe en est simple : une personne ouvre la bouche pour sortir une phrase agressive et trahissant une réflexion bas du front (case sur fond vert), Big Man leur défonce le crâne. Après avoir lu l'histoire principale, le lecteur souffre pour ces abrutis qui se font défoncer la tronche par Big Man toujours aussi énervé, toujours aussi brutal. Il ne s'agit pas à proprement parler d'une histoire, mais d'une mise au point sur le fait que la liberté d'expression n'est pas synonyme de dire n'importe quoi d'insultant.
Suivent ensuite 8 couvertures variantes. Les 4 réalisées par Eric Powell dégagent la même férocité sadique que les pages intérieures de la série. Il y a également une couverture réalisée par Lee Bermejo. Il a choisi le moment où Big Man a les fesses à l'air, et une barre à mine dans la main. Il transcrit la férocité du personnage avec la même intensité que Powell. Elle prend une dimension encore plus brutale dans la mesure où Bermejo dessine de manière photoréaliste. Vient ensuite une couverture réalisée par Dave Johnson, éloignée de quelques degrés de la réalité par rapport à celle de Bermejo. Cet artiste a déjà été plus inspiré dans sa composition de couvertures (il suffit de regarder celles qu'il a réalisées pour la série 100 bullets de Brian Azzarello & Eduardo Risso). La couverture réalisée par Geoff Darrow vous fera croire qu'il est possible de fracasser une boîte crânienne avec une boule de billard, dans le luxe de détails qui est l'apanage de cet artiste. La dernière couverture variante est réalisée par Francesco Francavilla, avec son trait un peu appuyé et ses couleurs qui tranchent, rendant Big Man terrifiant avec sa hache ensanglantée.
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alberthenri
  05 mai 2016
"Tout ce qui est petit est gentil".
Encore un cliché qui ne tient pas devant la réalité.
Ni devant cette fiction.
"Big man plans", relate le parcours ultra violent et la vengeance d'une personne à la verticalité contrariée selon la nov-langue politiquement correcte, un nain en français courant.
Il n'a pas de nom, seulement une vie dure, abandonnée par sa mère, orphelin de père séparée de sa soeur, il passe son adolescence dans un orphelinat, où il est le souffre douleur.
Puis, c'est le Vietnam où sa petite taille le destine à aller nettoyer les tunnels.
Toutes choses qui ne vous font pas forcément pencher du côté lumineux de la vie...
Et puis, il y a cette lettre, qui met le feu aux poudres.
Et là, ça pète pour de bon !
Wiesch au scénario et Powell (auteur de "The goon", série, jubilatoire s'il en est !) ne font pas dans la dentelle !
Le "héros" de ce comics cajole ses ennemis à la barbare, et la (discrète) mention "pour lecteurs avertis" en 4 ème de couv' n'est pas usurpée !
C'est extrêmement violent, et surtout très sombre.
L'humour ne trouve pas sa place dans ce récit, ou alors au 999 ème degré !
Plus que la violence graphique très frontale, c'est d'ailleurs l'aspect désespéré de ce récit qui peut mettre mal à l'aise.
Du beau boulot tout de même, mais vite un bol d'air frais !
PS : Si ce comics vous intéresse, je vous recommande l'analyse détaillée de la critique de présence sur babelio.
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yvantilleuil
  19 février 2017
Ce tome reprend une mini-série en quatre épisodes, initialement parus en 2015, imaginée par Eric Powell et Tim Wiesch et mise en images par Eric Powell.
Le récit commence comme une bonne blague car c'est l'histoire d'un nain assis dans un bar… mais l'envie de rire s'estompe très vite. le petit homme accoudé au comptoir de cet établissement mal fréquenté de Brooklyn en 1979 ne supporte en effet plus trop les brimades dont il est victime depuis son enfance et il vient de surcroît de recevoir une lettre qui fait définitivement déborder le vase au point de se lancer dans une vendetta sans pitié…
Les auteurs développent non seulement la progression de cette quête vengeresse, tout en révélant progressivement les motifs de toute cette haine, mais reviennent également en parallèle sur le passé du nain en entrecoupant les nombreuses scènes sanglantes de flash-backs sur son enfance. La violence a toujours été présente dans l'oeuvre d'Eric Powell, mais elle monte ici crescendo pour atteindre des sommets parfois difficiles à soutenir. La colère du personnage principal monte en effet au fil des pages pour aboutir à des scènes de torture particulièrement sadiques.
Heureusement, grâce à une narration très immersive, les auteurs parviennent à partager les sentiments qui animent ce protagoniste qui a été persécuté toute sa vie. du rejet de sa mère à son intégration dans une section spéciale de l'armée afin d'exploiter sa petite taille dans les tunnels Viêt-Cong lors de la guerre du Vietnam, en passant par des années douloureuses au sein d'un orphelinat, la jeunesse de Big Man n'a en effet rien de réjouissant et débouche sur une quête vengeresse admirablement mise en images par Eric Powell. L'auteur de « The Goon » et de « Chimichanga » a l'habitude de donner vie à des personnages atypiques et livre ici un nain particulièrement endurci, dont le visage devient de plus en plus amoché au fil du récit. La violence exprimée par Eric Powell n'est pas seulement suggérée mais surtout très visuelle, l'auteur ayant visiblement choisi de ne rien nous épargner. Il n'hésite d'ailleurs pas à rendre l'ensemble encore un peu plus crade en montrant régulièrement son personnage avec les parties génitales bien à l'air…
Bref, « Big Man Plans » c'est l'histoire d'un nain dans un bar… qui ne prête pas vraiment à rire…, une vendetta cruelle réservée à un public averti !
Retrouvez cet album dans mon Top comics de l'année !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Thelittleprince
  06 juin 2017
C'est l'histoire d'un homme, un nain. Petit mais costaud ! Cet homme poursuit sa quête de vengeance et rien ne l'arrêtera. Mais pourquoi est-il aussi méchant ??
Une histoire violente, très violente. Les dessins sont sombres et détaillent avec précision l'horreur qui s'abat sur les personnages.
J'ai beaucoup aimé cette BD qui vient nous faire une piqûre de rappel sur notre peur de la différence, nos manières de l'appréhender et sur les conséquences (souvent irréversibles) de la cruauté humaine.
Une citation d'un roman m'est venue en tête à la fin de cette lecture, la voici :
« Des fois, je me dis que les dingues, on a dû les dresser à devenir méchants à coup de vacherie. Un clébard, si vous le voulez le rendre con, suffit de le tabasser sans raison. Un homme, c'est pareil, à part que c'est plus simple. Pas besoin de lui cogner dessus, même pas. Se foutre de sa gueule, ça suffit. »
in « La tête en friche » de ROGER Marie-Sabine. Editions du Rouergue, 2008.
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Les critiques presse (2)
BoDoi   24 juin 2016
Malgré une mise en place bien énervée et une parenté évidente avec le Sin City de Miller ou avec le film coréen Old Boy, rien ne prépare vraiment au tsunami d’hémoglobine et de boyaux déversé dans les vingt dernières pages.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   25 avril 2016
Suivez le parcours du nabot le plus insolite de la bande dessinée. Une album sombre, crédible et dramatique.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
alberthenrialberthenri   05 mai 2016
Y a rien qui me foute plus en rogne que d'entendre un cul béni avec un pull à motifs de chatons dire que "Dieu a un projet pour chacun de nous".
Connard, va raconter ça à la pauvre gamine qui nettoie discrètement le sang dans sa culotte parce qu'elle n'ose pas dire que son père la viole.
Tu parles d'un projet de merde.
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Vidéo de Eric Powell
Free Comic Book Day 2013 - Eric Powell Interview
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