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Jean-Yves Pellegrin (Traducteur)
ISBN : 274910937X
Éditeur : Le Cherche midi (16/04/2008)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Après l'immense succès public et critique rencontré par Le Temps ou nous chantions (n° 2 sur la liste Lire des vingt meilleurs livres de l'année 2006), le nouveau roman de Richard Powers, récompensé par le National Book Award. Un fascinant voyage au cœur de l'esprit humain.

Par une nuit d'hiver, sur une petite route du Nebraska, Mark Schluter est victime d'un grave accident de voiture. Sa sœur aînée, Karin, revient dans sa ville natale pour être à son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  26 mars 2014
Richard Powers a assisté par hasard au rassemblement annuel des grues sur la rivière Platte dans le Nebraska. Et cette vision lui a donné l'idée d'un roman. Pourquoi cette migration régulière des grues du Canada est-elle à l'origine d'un long et touffu roman qui parle d'identité et de libre-arbitre, on s'en doute. Les grues ne choisissent pas , là est leur destin, année après année. A moins que l'homme, ce grand prédateur, n'en décide comme d'habitude autrement.
Et l'homme? Quelle est sa part de choix , à partir du moment où sa propre identité est créée, faite de la rencontre d'une chimie individuelle avec un environnement?
Les grues jouent un rôle important dans la vie de Mark, un des principaux personnages de ce roman. D'abord et surtout, leur père les emmenait , sa soeur et lui, à chaque migration, regarder ce spectacle encore sauvage, et c'est à leur contact qu'a été ancré dans son cerveau ce que le père a dit.
Quoi qu'il arrive, ne jamais oublier l'essentiel, les liens familiaux. Il n'y a plus ni père ni mère, ils sont seuls tous les deux.
Un accident de camion dans des circonstances mystérieuses( mais, bien sûr, on retrouvera ces oiseaux..) laisse Mark dans un état neurologique bizarre, atteint du syndrome de Capgras. Dans ce syndrome, ce sont justement les êtres les plus proches et les plus chers que l'on ne reconnait pas. Et qui est-on, privé de ces repères les plus élémentaires?
Le roman va être une quête à la recherche de cette identité, une difficile reconstruction d'un être. Mais aussi de beaucoup d'autres. En particulier de sa soeur. Et du neuro- cogniticien appelé à la rescousse , qui écrit des livres fort appréciés du grand public, en " vulgarisant " ces syndromes neurologiques, et en oubliant un peu quels drames se cachent derrière ( on pense forcément à Olivier Saks et à L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau - amusant à lire, certainement moins drôle à vivre...)
Comment construit-on des liens, que sont l'amour, la foi, etc à l'époque où les neuro-sciences nous décortiquent tout cela et nous démontrent que nous ne sommes que chimie..
C'est bien sûr l'aspect du roman qui m'a intéressée. C'est brillant ( c'est un scientifique, Powers), et le récit est parfaitement construit.
Il y a également des pages magnifiques sur le thème du sentiment d'usurpation. Qui ne l'a jamais éprouvé ne sera pas frappé comme je l'ai été. Sur l'enfance. Sur les oiseaux.
Maintenant... J'avais beaucoup aimé le temps où nous chantions dans lequel les thèmes abordés étaient nombreux, mais qui était construit , forcément ,comme une symphonie.
Ici, que cette histoire est longue et alambiquée , que de mots et de pages pour en arriver là! Que de thèmes divers ( je ne devrais pas m'en plaindre, moi qui aime les digressions, mais là, il me semble qu'il y en a un peu beaucoup et qu'il s'égare souvent..) . L'écologie, les universitaires foireux, le rôle d'un scientifique et ses responsabilités, les jeux vidéos, le journalisme, le 11 septembre, etc,etc.
Il n'empêche que l'on ressort de cette lecture en levant un oeil différent sur son entourage . Et sur soi-même bien sûr. Et c'est déjà beaucoup...
Un extrait:
"Cette pensée prenait forme en Weber tandis qu'allongé dans l'aube il écoutait un oiseau moqueur lancer la boucle de ses appels chapardés. Ce moi que le moi décrit à lui-même, nul n'en est détenteur. Mensonge, déni, refoulement, confabulation: non pas des troubles mais une signature.. Celle de la conscience s'efforçant de rester intacte. Que valait la vérité auprès de la survie? Flottant, fracturé , brisé, en retard d'un tiers de seconde, quelque chose continuait d'affirmer: " C'est moi". L'eau change toujours mais la rivière demeure...
Le moi était un tableau peint sur cette toile liquide. Une pensée envoie un potentiel d'action se propager le long d'un axone. Un peu de glutamate passe d'un corps cellulaire à un autre, trouve un récepteur sur une dendrite cible et déclenche un potentiel d'action dans la cellule d'arrivée. Mais la véritable décharge survient ensuite: le potentiel d'action dans la cellule réceptrice expulse un bloc de magnésium contenu par un autre type de récepteur; le calcium afflue et l'enfer chimique se déchaîne. Des gènes entrent en action, qui fabriquent de nouvelles protéines, lesquelles remontent jusqu'à la synapse et la reconfigurent. Et tout cela engendre un nouveau souvenir, ce canyon où coule la pensée. L'esprit surgi de la matière. Chaque éclat de lumière et de bruit, chaque coïncidence, chaque trajectoire aléatoire à travers l'espace, corrige le cerveau, modifie les synapses, et en ajoute même , tandis que d'autres faiblissent ou disparaissent, faute de sollicitations. le cerveau est un ramassis de changements destinés à refléter le changement. Il faut utiliser ou perdre. Utiliser et perdre . Nous faisons un choix, et ce choix nous défait."
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pyrouette
  01 juin 2012
Comment dire ? Ce fut une belle découverte….. Ce type est carrément un génie. La seule explication que j'ai trouvée face à l'ignorance de l'existence de cet auteur, est mon travail, qui à l'époque, ne me laissait aucun temps libre… Maintenant vous expliquez pourquoi vous devez lire ce livre va être plus compliqué. Nous partons dans le Nebraska, qui ressemble beaucoup à la Lozère…. Si, si, le genre de patelin qui vous colle à la peau quand vous y êtes né : soit vous restez et acceptez ce style de vie dans un bled où il ne se passe rien, enfin normalement, mais où tout le monde connait votre vie, soit vous fuyez pour vous faire une existence normale et anonyme. Mark est resté, Karin est partie. L'accident de Mark va faire revenir Karin. Les parents, des gens bizarres pour ne pas dire marginaux, sont décédés. Elle est seule pour s'occuper de son frère. Elle n'hésite pas, démissionne, vend son appartement malgré le fait que Mark, en se réveillant du coma, ne la reconnait pas, renoue avec un ancien petit ami, n'ose pas revoir son grand amour et se débat jour après jour pour connaître la maladie de son frère. Il y a aussi ce petit mot, retrouvé sur la table de chevet de l'hôpital de Mark, qui les intrigue tous les deux. La trame se met en place, doucement, sous le regard des grues revenues au pays (je parle des oiseaux….). L'arrivée de Weber, le célèbre neurologue va précipiter les évènements. Et si, je dis bien si, dans cette histoire, le malade n'avait pas vraiment besoin d'aide... Et si, ceux s'approchant de lui pour l'aider étaient plus vulnérables, fragiles puisque ils ont construit leur vie sur des faux-semblants… L'auteur un ancien informaticien et scientifique, ce qui explique sa ténacité face à la complexité de son histoire, nous emmène dans un voyage au centre du cerveau, dans la reconnaissance de notre moi profond. Il relie des personnages qui n'ont rien en commun, décrit, analyse. Un roman (pavé) captivant, superbe, à lire dans le calme.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Malaura
  08 octobre 2011
Un soir d'hiver, sur une petite route du Nebraska, Mark Schluter est victime d'un terrible accident de la route qui le plonge dans le coma.
Après plusieurs semaines, il se réveille enfin, au grand soulagement de sa soeur Karine venue en urgence à son chevet.
Mais sa joie va vite se transformer en désarroi profond.
En effet, contre toute attente, son frère ne semble pas la reconnaître. Ou plutôt s'y refuse !
Le diagnostic des médecins ne tarde pas : Mark souffre du syndrome de Capgras, une maladie rarissime consistant à rejeter de manière sélective et contre toute évidence ses parents proches.
Ainsi, si le cerveau de Mark reconnaît bien les traits de sa soeur, son affect se refuse à la considérer comme telle ! Pour lui, elle est un sosie, un clone ou un androïde mais non sa soeur Karine !
Déboussolée, affolée par les délires paranoïaques de son frère, Karine fait alors appel à Gerald Weber, célèbre neurologue, auteur d'ouvrages de vulgarisation sur les troubles du cerveau.
Les protagonistes de cette singulière histoire sont loin de se douter qu'en tentant de guérir Mark de ses troubles obsessionnels, chacun d'eux se verra contraint à une profonde remise en question de leur propre identité, risquant d'ébranler à jamais leur vie et leur perception de la réalité.

Révélé au public français avec « Trois fermiers s'en vont au bal » et « le temps où nous chantions », l'américain Richard Powers, dont les ouvrages sont déjà considérés comme des classiques aux Etats-Unis, nous invite, avec « La Chambre aux échos », à un fascinant voyage dans ce territoire encore partiellement inexploré qu'est notre cerveau.
Avec ses multitudes de ramifications, ses infinités de connexions, son gigantesque réseau de capteurs et signaux électriques, c'est véritablement une expédition dans la plus formidable et la plus insondable des machines de la création que nous propose l'auteur, sans jamais se départir d'un sens de l'intrigue et d'une puissance narrative remarquables.
En se servant des dernières découvertes des sciences cognitives (psychologie, neurochirurgie, linguistique), Powers pose la question de l'identité, du moi, de la conscience et de la perception que nous en avons.
Qui sommes-nous ? Où plutôt qui croyons-nous être ? Et qui les autres croient-ils que nous sommes ?
Ego. Altérité… Dans ce réel façonné par le cerveau pour nous le rendre plus supportable, où est la part de vrai ? d'affabulation ? de mensonge ?
Autant d'interrogations, de questionnements métaphysiques et philosophiques que l'auteur nous convie à partager en nous plongeant dans les méandres de notre conscience.
Scandée par de très belles séquences, lyriques et poétiques, sur la mémoire génétique des grues et leur migration, cette « Chambre aux échos » aux résonances complexes et multiples, est une oeuvre subtile dans laquelle on pénètre à petits pas, avec concentration et persévérance.
Une aventure cérébrale intense récompensée par le prestigieux National Book Award.
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bvb09
  27 août 2013
Je me permets de dire que sans un intérêt pour le développement des neurosciences, ce livre perdra beaucoup de sa saveur
Weber est un scientifique qui s'intéresse aux neurosciences en particulier aux cas accidentels qui bouleversent la personnalité de patients.
Ce roman est un merveilleux labyrinthe dont les quelques protagonistes, ,et le lecteur, vont perdre plus que le sens de l'orientation, où le patient têtu ébranlera bien des convictions, y compris celles, et surtout celles de son médecin Weber, pourtant auréolé d'une célébrité dans le domaine.
Ce qui pourrait être un enchevêtrement indigeste, devient grâce au talent de Powers, un roman cohérent qui active toutes les zones de votre cerveau.
J'y reconnais le signe d'un grand roman.
J'ai éprouvé plus d'une fois un malaise en pensant que j'étais moi.
Ce livre n'a rien amélioré… au contraire.
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Bene31
  23 février 2014
Il ne faut pas se laisser impressionner à la fois par sa taille imposante ni par son sujet difficile sous peine de passer à côté d'un très beau roman.
Karine, célibataire, se rend dans la petite ville du Nébraska où elle a passé son enfance pour se rendre au chevet de son frère victime d'un grave accident de voiture. Pensant partir juste pour quelques jours, Karine va devoir être contrainte de quitter son travail tant l'état de Mark est préoccupant, il est plongé dans le coma suite à un traumatisme crânien. Mark finit par se réveiller. Sauf qu'à son réveil, Mark ne reconnaît pas sa soeur, il reconnaît pourtant tout le monde autour de lui, il reste persuadé que la personne qui ressemble à Karine n'est pas Karine, c'est une actrice qui joue le rôle de sa soeur ou un clone…Pour le sortir de là, Karine fait appel à un neuropsychiatre médiatique.
Durant tout le roman nous allons suivre le combat de Mark pour retrouver ses facultés, sa vie d'avant l'accident, et celui de Karine, qui doit prouver à son frère qui elle est, elle qui est complètement perdue dans sa vie.
L'histoire se déroule lentement, entre les errements de Karine, des considérations écologiques sur les enjeux environnementaux du coin, et les discours médicaux, qui risquent de perdre certains lecteurs, mais difficile d'y échapper puisque c'est nécessaire pour la compréhension de l'histoire. On s'attache vite à ces personnages, ces frères et soeurs dont l'enfance n'a pas été rose, la vie adulte pas brillante, qui doivent construire un nouveau lien.
On sait que le cerveau recèle encore bien des secrets pour le corps médical, avec ce roman, Powers met ici en exergue les grandes questions existentielles : qui sommes nous vraiment ? Comment fonctionne la mémoire ? Quel est le lien entre le corps et l'esprit ?
C'est un roman très original, ambitieux, qui m'a passionnée et dont j'ai avidement tourné les pages, un très grand roman américain.
Lien : http://bene31.canalblog.com/..
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette   01 juin 2012
Sa vie durant, elle a soupçonné en secret que tout ce que l’on apprend à vouloir, tout ce que l’on fait vraiment sien, nous est retiré un jour. A présent elle sait pourquoi : rien ne nous appartient en propre.
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DAYTONADAYTONA   31 décembre 2014
La solitude inexplicable de cette femme le troublait. Un événement s'était produit, qui l'avait enfermé dans une posture ; une étrange perte de confiance l'avait poussée à mener une existence modeste bien au-dessous de ses compétences. Elle avait perdu une part d'elle-même, ou s'en était amputée, rejetant la compétition, refusant de participer à une entreprise collective chaque jour plus effrénée. Une atteinte du cortex préfrontal pouvait-elle avoir transformé Barbara en ermite ? Aucune lésion n'était nécessaire. Il les reconnaissait, elle et son renoncement. Quelque chose les liait l'un à l'autre.
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pyrouettepyrouette   28 mai 2012
Elle avait pris, tout au plus, une bonne cuite de simplicité dont il lui fallait maintenant se dégriser.
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pyrouettepyrouette   31 mai 2012
Ce moi que le moi décrit à lui-même, nul n'en était détenteur. Mensonge, déni, refoulement, confabulation : non, pas des troubles, mais une signature. celle de la conscience s'efforçant de rester intacte. Que valait la vérité auprès de la survie ?
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pyrouettepyrouette   30 mai 2012
Le doute formait une petite croûte sur la blessure, qu'elle écorchait. Elle ne désirait rien, sinon tout démolir, déblayer le terrain, fuir en un lieu désert et authentique. mais un tel lieu n'existait pas...
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