AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Nicolas Richard (Traducteur)
ISBN : 2264041447
Éditeur : 10-18 (02/04/2008)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 461 notes)
Résumé :
Tout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu'une jeune femme noire épouse un Juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant ... Leur passion pour la musique l'emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix où, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d'eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américai... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  19 décembre 2018
En solfège une blanche vaut deux noires, chez les suprémacistes américains un blanc vaut deux noirs.
Pourquoi ce mélange des genres ? Pourquoi mélanger musique et théorie raciste ?
Dans le roman de Richard Powers " le temps où nous chantions" l'écrivain nous invite dans un voyage de plus de mille pages, un voyage où musique et histoire se côtoie à travers trois générations.
David Strom et Delia Daley se sont rencontrés à Washington lors d'un concert de Marian Anderson, une cantatrice noire. Nous sommes en 1939, David est juif allemand, Delia est noire. " L'amour entre un homme blanc et une femme noire est un crime pire que le vol, pire qu'une agression, puni aussi durement qu'un homicide involontaire."
De cet union naitra trois enfants deux garçons, les " jojo" (Jonah et Joseph) et Ruth la petite dernière.
Dans la famille Strom on chante tout le temps, la musique rythme les journées. La maman donne des leçons de pianos et Dad est prof de physique à l'université quand il ne donne pas un coup de main à ses collègues chercheurs.
Les années passent, Jonah est devenu une célébrité, son cynisme n'a d'égal que son talent. Joseph le narrateur vit dans l'ombre de son frère." le temps où nous chantions" était dans ma pal depuis un moment, c'est vrai que l'ouvrage est impressionnant, qu'il peut rebuter certain, il n'y a que Richard Powers pour mélanger art lyrique, physique quantique et histoire américaine. Je finis en beauté l'année 2018, mon chemin littéraire va surement recroiser cet écrivain hors-norme avec son dernier roman " L'arbre-monde"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          863
joedi
  02 juin 2017
Le temps où nous chantions c'est une ode à la musique, une grande histoire d'amour, une étude sur la durée temps, c'est aussi un récit poignant sur le racisme aux Etats-Unis durant une période allant de 1935 à la fin du XXe siècle.
Tout commence lorsque Délia, Noire, rencontre David, un juif qui a fuit l'Allemagne nazie. Ils sont tous deux venus assister au concert d'une célèbre cantatrice Noire donné en plein air, à Washington devant le mémorial Abraham Lincoln. Négresse, aucune salle ne peut l'accueillir alors qu'en Europe elle est reconnue comme une Diva. Ce sont des milliers de citoyens de couleur qui sont venus l'acclamer. Parmi toute cette foule, le destin met Délia et David en présence, c'est le coup de foudre. Délia a suivi des cours de chant, elle a une voix merveilleuse, David est professeur à l'Université. Malgré l'interdiction de mariage entre personnes de races différentes, David et Délia se marient. «Pour leur lune de miel, ils ne pouvaient aller nulle part ailleurs que dans l'appartement de célibataire de David. Nulle part ailleurs on ne les accepterait. Mais dans l'horizon qu'ils partageaient ce premier soir, leur joie était plus forte que les chutes du Niagara.» Ils auront trois enfants, deux garçons et une fille. À la soirée, toute la famille, autour du piano, chante à l'unisson. Les deux garçons feront carrière dans la musique.
Le temps où nous chantions est un livre-témoignage dans lequel sont évoqués des personnages et des faits historiques, le mode de vie, le métissage, les affrontements entre la police et les Noirs, et la Musique toujours présente.
Un chef d'oeuvre !
Prochain roman de David Powers, Orfeo que les critiques qualifient comme le plus beau roman sur la musique depuis le temps où nous chantions.
Challenge Pavés 2016-2017 - 1.046 pages
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6612
Chouchane
  11 mars 2013
Quand on ouvre un roman de plus de mille pages, on sait qu'il existe deux façons de le finir, la première : épuisé, la seconde : ébloui et insatisfait de s'arrêter, c'est de cette façon que j'ai fermé le livre de Richard Power : bouleversée. Toutes les dimensions d'un très bon roman y sont réunies : Un contexte historique passionnant, la lutte pour les droits civiques aux États Unis ; une réflexion sur la notion de couleur de peau mais aussi sur le temps ; de l'érudition , la musique sous toutes ses formes ; une histoire , celle d'une famille mixte. David est un physicien brillant, juif, il fuit le nazisme en allant aux États Unis. Il y rencontre, lors du concert (réel) de Maria Anderson, Delia une femme noire. Tout deux sont des musiciens mélomanes, leur passion les rapproche et leur permet d'inventer un futur qui est, à leur époque, interdit aux États-Unis. Un blanc ne peut pas épouser une noire, c'est illégal. Ils vont pourtant se marier et avoir trois enfants, qu'ils élèveront à leur façon afin qu'ils soient ce qu'ils doivent être sans subir les folies des hommes. Pourtant aucun des trois n'échappera à la difficulté d'être ce qu'il est. C'est l'un deux, Joseph, qui raconte le roman de sa famille. Il relate surtout le parcours de son frère Jonah un ténor dont la voix est d'une rare pureté et l'oreille absolue, la rencontre de ses parents et l'errance de sa soeur Ruth dans la lutte pour les droits des noirs américains . Cette petite famille va démarrer son existence en musique autour de l'épinette de la mère qui apprend à ses enfants, le solfège, le piano, le chant et la vie. Une famille qui chante tous les jours et permet à Power de nous offrir de très belles pages sur la musique. Il y eut des moments courts où j'ai trouvé les descriptions musicales un peu longues mais surtout des moments longs où j'ai été emportée par le tourbillon de la famille Storm.
Chaque chapitre retrace une période mais comme le récit ne se déroule pas de façon chronologique, il faut beaucoup de temps pour tout recomposer. On passe des années soixante à la fin du XIX°, on traverse l'hiver 1941, on revient aux années 1970, et ainsi de suite… tout ça parce que le temps fait des boucles et pirouettes et que dans les replis du temps on peut voir son passé et son futur. Ainsi le roman se termine sur la rencontre initiale entre David et Delia et nous offre une surprise émouvante que chacun aimerait pouvoir vivre. C'est très beau et douloureux comme la vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          629
Myriam3
  06 octobre 2016
Laissez-moi d'abord le temps de souffler avant d'aborder ce roman... quelle épopée!
C'est tout un écheveau à démêler avant de pouvoir ne serait-ce que vous donner la trame principale du récit. Disons que nous suivons les aléas d'une famille pas ordinaire des années 40 aux années 80: le père, juif allemand, est un chercheur physicien un peu déboussolé ayant fui l'Europe pour refaire sa vie aux Etats-Unis. La mère, une jeune femme noire descendant de deux lignées d'esclaves et ayant, bien sûr, du sang blanc d'esclavagistes dans les veines. Leurs trois enfants, des prodiges du chant élevés libres et dans la non-conscience de leur couleur de peau. Ils sont éduqués à la maison et en musique, jusqu'à ce que Jonah, l'aîné, soit envoyé au conservatoire de musique pour qu'il puisse développer un talent exceptionnel.
Le récit virevolte autour de la musique, l'oppression raciale et la thèse paternelle selon laquelle le temps forme une boucle et que nos vies se répètent. Chaque personnage évolue selon une perception unique et personnelle de ce qu'être noir signifie dans un pays où la ségrégation n'est pas loin, sachant qu'entre une peau plutôt claire et une autre foncée il peut y avoir un gouffre...
Il faudrait des pages entières pour aborder la richesse et la complexité de ce roman aux multiples facettes qui ne plonge jamais ni dans la facilité ni dans le cliché. Il peut paraître ardu au premier abord quand on n'est pas grand connaisseur en musique mais finalement il suffit de se laisser emporter pour pénétrer dans ce monde particulier. Chaque personnage est attachant, agaçant parfois mais surtout si humain. Ils vont me manquer, c'est certain, et je suis heureuse de tout ce que j'ai pu apprendre par ce livre, émue de l'humanité et la bonté des membres de cette famille, et choquée de constater que, telle la boucle du temps que le père proclame, les émeutes des années 70 dont on parle ici font écho à celles d'aujourd'hui même, comme si le temps s'était figé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540
Merik
  20 décembre 2018
Jonah Strom est prodige de chant depuis son premier cri ou presque. Il est métis aussi, fils de David un juif allemand exilé du nazisme, et d'une américaine noire, Delia. Son ascension vocale a la fulgurance de son talent insolent, depuis l'école familiale subjuguée durant leurs joutes enchantées à des concours d'entrées vers d'autres écoles, d'auditions en récompenses, de concerts en récitals, avec son frère Joseph à ses côtés en narrateur dévoué à la famille dans ce roman sous forme de super-pavé. « Nous avions vécu comme si, dans notre pays d'origine, le meurtre n'était pas une constante. Nous avions trouvé refuge dans les salles de concert, en un sanctuaire qui nous protégeait du bruit véritable du monde. »
Il est donc question de chant et de musique sous diverses formes, essentiellement. Mais le titre indique aussi qu'il est question de temps. Un père scientifique polarisé par un univers quantique qui défie la raison de notre perception spatio-temporelle, et nous voilà embarqué dans cette aventure au long cours narratif entre allers et retours sur trois générations, des grands parents aux deux frangins et la petite dernière, Ruth. Avec en toile de fond une société américaine autour des années 60 pour l'essentiel, toujours autant engluée dans la vase du racisme, qui fournit un décor désespérant de bêtise entêtée. Sans oublier de parasiter le microcosme familial.
Un roman grandiose, qu'il faut avoir le courage d'aborder. Et le temps aussi. Enfin, s'il existe réellement tel que nous le percevons : «Le temps n'est pas une trace qui se déplace à travers une collection d'instants. le temps est un instant qui recueille toutes les traces en mouvement». Sinon le frisson et la passion me semblent garantis, malgré quelques longueurs à mon goût.
« Nous parlons tous la langue de nos origines. Chante où tu es, même si le sol se dérobe sous tes pieds. Chante toutes les choses que cette vie t'a refusées. Personne ne possède la moindre note. Rien ne l'emporte sur le temps. Chante pour te consoler, disait la chanson, parce que personne d'autre ne le fera pour toi. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          470
Citations et extraits (134) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   11 mai 2017
Installé au premier rang, je me retournai pour observer en douce les gens. Je notai toutes les nuances de couleur. Toutes les teintes que j'avais pu voir auparavant étaient quelque part dans cette pièce. Les visages derrière moi offraient une palette de dégradés, des coloris fragmentés se reflétant telles les incrustations d'une mosaïque éclaboussée de lumière. Chacune insistant sur sa propre spécificité. Des éclats de chair en tous sens, acajou par ici, noix ou pin par là. Des bouquets de bronze et de cuivre, des étendues de pêche, ivoire et nacre. De temps en temps, des extrêmes : la pâte décolorée des pâtisseries danoises, ou bien la cendre nuit noire de la salle des machines d'un paquebot de l'histoire. Mais dans le milieu du spectre, majoritaire, toutes les traces et les nuances imaginables de marron s'entassaient sur les chaises pliantes. Ils se révélaient mutuellement, par contraste. Le brun-gris taupe révélant l'ambre, l'ocre révélant le fauve, les roses, les roux et les teks faisant mentir tous les noms dont on les avait toujours affublés. Toutes les proportions de miel, de thé, de café, de crème – fauve, renard, ivoire, chamois, beige, baie : j'étais incapable de distinguer un marron d'un autre. Marron comme les épines de pin. Marron comme le tabac séché. Des tons qu'il aurait sans douté été impossible de distinguer à la lumière du jour – châtaigne, roux, rouan – devenaient perceptibles grâce à ceux à côté desquels ils se trouvaient sous les lampes basses.
L'Afrique, l'Asie, l'Europe et l'Amérique se percutaient et ces nuances éclatées constituaient les incrustations de cet impact. Jadis, il y avait eu autant de couleurs de peau qu'il y avait de coins isolés sur terre. À présent, les combinaisons s'étaient multipliées. Combien de gradations un être humain pouvait-il percevoir ? Ce morceau polytonal et polyharmonique joué pour un public sourd comme un pot, qui n'entendait que les toniques et les dominantes, et tremblait même à l'idée de distinguer entre les deux. Il n'empêche, pour ma mère, toutes les notes de la gamme chromatique étaient présentes, et bon nombre de microtons intermédiaires.
Voilà pour le regard furtif que je lançai à la dérobade.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
keishakeisha   10 décembre 2008
"Des huit vives mesures, la voix de soprano s'élève, comme un crocus poussé dans la nuit sur un gazon encore frappé parl'hiver; L'air progresse de la manière la plus simple : un do stable rentre sur le temps faible, tandis que le temps fort se rétablit sur le ré instable de la gamme. A partir de cette impulsion légère, le morceau se met en mouvement, jusqu'à se chevaucher lui-même, se livrant à une sorte de catch à quatre avec son propre double alto. Puis, en une improvisation commandée par la partition, les deux lignes de chant se replient sur le même inévitable sentier de surprise, moucheté de taches mineures et d'une lumière soudain vive. Les lignes imbriquées l'une dans l'autre débordent de leur lit pour donner naissance aux suivantes, la joie l'emporte, l'ingénuité se répand partout. "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
joedijoedi   21 mai 2017
Une corneille m'a accompagné
Tandis que je quittais le bourg.
Jusqu'à maintenant, aller et retour,
Au-dessus de ma tête a volé.

Corneille, oh, étrange créature,
Laisse-moi en paix, plutôt.
Attends-tu une proie ici, bientôt ?
Prendras-tu mon corps en pâture ?

Ma foi, on ne va guère plus loin
En ce voyage.
Corneille, sois-moi fidèle, je t'y engage
Jusqu'au caveau au moins.

Il conserva sa justesse de rayon laser, mais sa voix faisait fondre les notes, elle se glissait en en elles avec quelque chose de Billie Holiday errant sur les lieux d'un lynchage. Il emmena les paroles jusqu'au fin fond de leur mystère.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
joedijoedi   31 mai 2017
J'enseignais pendant la journée, et je prenais des cours le soir. J'obtins une maîtrise d'enseignement musical pendant que Ruth terminait son doctorat. Pas une semaine ne passa sans que ma sœur m'étonne. Jamais je n'avais imaginé contribuer à la réalisation d'un projet dans le monde réel. Jamais il n'était venu à l'idée de Ruth de faire autre chose. «C'est une petite chose. Une fleur qui pousse à travers le béton. Elle ne brisera pas le bitume. Mais ça prépare le terrain.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
michemuchemichemuche   08 novembre 2018
" Je suis quoi ?
- Tu es ma fille, lui dit-il.
- Non Da. Je suis quoi ?
- Tu es intelligente et bonne dans tout ce que tu fais.
- Non. Je veux dire, si toi tu es blanc et maman est noire…"
La réponse qu'il lui fit alors : erronée également.
" Tu as de la chance. Tu es les deux à la fois."

-
Commenter  J’apprécie          390
Videos de Richard Powers (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Powers
28.11.2018 - INTEGRALE - F. Lenoir, S. Joncour, C. Poulain, C. Meurisse, F. de Waal, R. Powers.
autres livres classés : racismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Musique et littérature

Quel grand philosophe des Lumières s'est essayé à la musique, sans succès ?

Voltaire
Jean-Jacques Rousseau
Denis Diderot
D'Alembert

10 questions
298 lecteurs ont répondu
Thèmes : musiqueCréer un quiz sur ce livre
.. ..