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Jean-Yves Pellegrin (Traducteur)
EAN : 9782749102276
500 pages
Éditeur : Le Cherche midi (22/04/2004)
3.4/5   100 notes
Résumé :
Tout commence par une photo désormais célèbre : celle de trois fermiers sur une route de campagne, prise par August Sander à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourquoi cette photo obsède-t-elle tant le narrateur, depuis qu'il l'a vue par hasard dans un musée de Detroit ? Peter Mays, un jeune journaliste, saura-t-il quant à lui percer l'énigme de son étrange ressemblance avec l'un des personnages ? Qu'est-il advenu enfin de ces trois jeunes hommes ? De l'Euro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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pdemweb1
  06 novembre 2014
L'idée de départ de baser un livre à partir d'une photo est excellente.
La photo génère des questions et l'érudit utilise les questions pour transmettre son savoir.
Richard Powers est un érudit, il le fait savoir, et malheureusement il complique sa présentation pour garder son savoir. Dommage !
En plus l'editeur 10/18, pour ce livre " domaine étranger" a changé la police du texte : ce n'est pas une réussite.
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Allantvers
  05 mai 2015
Abandon à mi course de ce premier roman de Richard Powers.
Rentrer dans cette photo de trois fermiers s'allant au bal qui orne la couverture du livre était pourtant séduisant. Mais le traitement plutôt obscur du sujet, ainsi qu'une construction du roman trop marquée "creative writing" (construction en trois voies parallèles) ont fait que je ne suis pas arrivée à cesser de m'ennuyer et de me demander où tout cela menait.
Le plaisir de retrouver l'érudition et la langue précise de l'auteur et d'aller à la source de son oeuvre n'auront pas été suffisants pour m'accrocher jusqu'au bout.
Il est parfois hasardeux de se risquer de revenir aux sources d'un auteur et à ses premiers essais, plus grossiers et moins aboutis que la suite de son oeuvre. J'aurai sur ce coup-là perdu mon pari, et n'aurai pas su apprécier ce premier opus après avoir été tant éblouie par son chef d'oeuvre à venir quelques années plus tard, "le temps où nous chantions".
Tant pis pour moi!
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Chestakova
  23 mars 2021
En 1985, le siècle va doucement vers son terme, Richard Powers nous entraine avec ce premier roman magistral, dans une réflexion étourdissante de ce qu'il aura été, non pas dans le menu détail de ses évènements historiques mais dans ce qu'il représente, de fuite en avant vers l'auto destruction de l'humanité toute entière. La virtuosité du récit réside tout d'abord dans le moyen qu'il utilise pour parvenir à ses fins, puisque le point de départ de ce panoramique vertigineux est tout entier ramassé dans un cliché noir et blanc que le photographe August Sander a réalisé au bord d'un chemin boueux du Westerwald le 1 er mai 1914. En appuyant sur le déclencheur, il ajoute à son encyclopédie photographique des temps nouveaux ; « Hommes du vingtième siècle » les trois visages de ces hommes, en marche vers la fanfare au loin, promesse du bal et de ses surprises. Génial prétexte littéraire à une réflexion tourbillonnante à travers le temps : le temps qui s'arrête avant la catastrophe du premier conflit mondial, et l'auteur utilise tous les moyens d'une narration éclatée, pour en suggérer l'horreur sans jamais ou presque céder à la figuration de ce qu'elle a pu être. Les trois personnages prennent ainsi vie doucement, dans une distance qui creuse le sentiment de l'absurde, car Powers les révèle à partir d'un autre regard, d'un autre lieu, de l'autre côté de l'Atlantique, dans les années 80. le vingtième siècle prend tout son relief dans l'espace autant que dans le temps, les États Unis et l'Europe, indiciblement liés dans leur histoire, l'hommage est fort à ce que l'immigration a constitué à l'échelle de l'humanité toute entière, dans une chaîne mémorielle ininterrompue. Oui, Richard Powers nous raconte une improbable histoire mais plus encore, il prend le lecteur à témoin de ce qu'il peut être, lui lecteur, dans le regard qu'il porte sur le monde. La photographie de Sander devient donc aussi un prétexte à réflexion philosophique et cet aspect du livre n'est pas le moindre. L'écriture enfin apporte tout sa force au propos. C'est une écriture sinueuse, synaptique, dont la logique est toute entière liée aux réflexions, aux visions, aux opinions de son auteur. Ce n'est pas la narration qui mène les personnages, c'est bien la réflexion qui fonde la narration. Powers mène le jeu avec maîtrise, on le devine au détour de ses pages : scientifique, musicien, humaniste.
Alors qu'il vient de nous livrer avec « L'arbre monde » une réflexion saisissante sur l'avenir menacé de notre vieille terre, il est intéressant de se pencher sur une mise en perspective de la course à l'abime à partir d'un petit cliché en noir et blanc qui se promène entre la campagne allemande à l'aube de la guerre en 1914 et la ville de Détroit, ravagée par la crise à la fin du vingtième siècle.
Un chef d'oeuvre.
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Woland
  16 octobre 2008
Three farmers on their way to a dance
Traduction : Jean-Yves Pellegrin
Richard Powers a eu l'idée de répartir son intrigue sur trois plans. D'où les longueurs et l'impression parfois poussive de ce roman constituant par ailleurs une réflexion des plus intéressantes sur L Histoire et son implication dans la vie des particuliers.
Le premier plan, par lequel débute le roman, est le point de vue du narrateur. Celui-ci, en escale à Detroit entre deux trains, se rend à l'Institut d'Art moderne de la ville où il contemple, dans toute sa gloire, la fresque impérissable commandée par Henry Ford à Diego Rivera. Alors qu'il s'en revient vers la sortie, son regard tombe sur une photo, celle de trois jeunes Européens sur leur trente-et-un et fixant l'objectif par un jour de mai 1914.
Pour on ne sait trop quelles raisons précises - mais on se doute que le phénomène est relié au "portrait" de Detroit peint par Rivera et à celui d'Henry Ford lui-même, s'affichant dans un coin de l'oeuvre du grand peintre mexicain avec, sur le visage, comme Powers prend bien garde de le spécifier, une expression "de bienveillance et de cupidité." Désormais, le narrateur n'aura de cesse de retrouver les personnages de la photo et, à défaut de les retrouver réellement dans les archives conservées, de recréer leur histoire, indissolublement liée à l'intense accélération technologique qui, en bien comme en mal, a marqué le XXème siècle.
Le deuxième plan nous plonge directement dans la photographie elle-même, ou plutôt dans cet après-midi de mai 1914 où les trois jeunes gens rencontrent sur une route du Westerwald, dans le Limbourg, le photographe August Sander, lequel, en fixant leur image sur la pellicule et en leur remettant une épreuve de ses tirages, va si bien leur permettre de survivre à la tempête de l'Histoire qu'il y aura un jour, à l'aube du XXIème siècle, un écrivain américain désireux d'improviser à leur sujet un touffu pavé de plus de cinq cents pages.
En les suivant dans leurs pérégrinations au-delà de cet après-midi de mai, nous en verrons disparaître deux, avalés et digérés par le conflit. le dernier - le personnage central de la photo d'ailleurs - qui est aussi le plus cynique, le plus amoral, finira par nous mener à Henry Ford.
Quant au troisième plan, il nous ramène justement à l'époque contemporaine, où Peter Mays, rédacteur technique pour une revue traitant surtout d'informatique, est fasciné par la silhouette anachronique d'une jeune femme rousse, habillée comme on l'était dans les années 1910 et brandissant, semble-t-il, une clarinette, qu'il distingue sur un char du défilé organisé à New-York pour célébrer les anciens combattants de la Grande guerre.
Littéralement obsédé par la chevelure rousse de la dame, Mays va mettre tout en oeuvre pour la retrouver et sa recherche aboutira, elle aussi, à Henry Ford tout en lui révélant, de façon inattendue, beaucoup de choses sur sa propre famille.
Bien qu'un peu lente, la mécanique se révèle solide et suit un tracé d'une logique convaincante. Les moments où Powers - qui, soit-dit en passant, fait preuve d'une connaissance de l'Europe bien rare chez un auteur américain - détaille l'Histoire de la Grande guerre et l'assortit d'une réflexion passionnante sur le développement des différentes technologies modernes, sont ceux que j'ai préférés. En effet, aucun des personnages ne m'a vraiment "accrochée." Pour moi, ils sont là pour la démonstration de l'auteur et rien de plus. Peter Schreck m'a même paru très antipathique.
Un premier roman qui, malgré sa lourdeur et ses maladresses perceptibles, donne envie de lire autre chose de Richard Powers - un premier roman qui, par conséquent, a fait son travail mais que je ne pense pas relire jamais. ;o)
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TheFunkyFreshLibrary
  25 octobre 2014
L'histoire de ce roman est assez difficile à résumer. On suit 6 personnes, à 3 époques différentes :
- Un homme (dont on ignore le nom), dans les années 80, qui lors d'un passage à Detroit, découvre dans le musée une photo intitulée « trois fermiers s'en vont au bal », datant de 1914, qui le fascine. Il se met alors en quête de l'origine de cette photo.
- Peter Mays, dans les années 70 (?), qui voit passer une rousse dans la rue et ne trouve plus le repos tant qu'il ne l'a pas retrouvée.
- Les trois fermiers de la photo, dont on suit les pérégrinations à travers l'Allemagne, les Pays-Bas et la France, en ce début de 1ere guerre mondiale.
Comme d'habitude, l'écriture de Richard Powers est impressionante de maîtrise de la langue, de belles images et de superbes envolées. Comme « le temps où nous chantions » qui prenait une famille de musiciens comme prétexte pour parler de physique, de musique et de la ségrégation raciale au 20e siècle, il truffe ici son histoire d'anecdotes et autres réflexions philosophiques et scientifiques sur la photographie, le capitalisme fordien et la 1ere guerre mondiale.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, même si je l'ai trouvé très fastidieux à lire, et que les personnages sont d'un intérêt très inégal (en fait je n'ai vraiment aimé lire que les chapitres sur les fermiers). On apprend beaucoup de choses sur la 1ere guerre mondiale en Europe, du point de vue des allemands (ce qui est rare !), mais aussi sur - entre autres - Henri Ford, Sarah Bernhardt et le photographe August Sander (auteur de la fameuse photo).
Si les thèmes abordés vous intéressent, il vaut le coup d'être lu !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   06 novembre 2014
Pages 371
Que penser de l'accusation proférée par les mécanophobes qui affirment que la machine concentrée sur les fins au détriment des moyens fait naître un état de violence dans lequel la domination découle naturellement de l'efficacité? La technologie de la machine produit sans conteste des armes d'une puissance de destruction inimaginable. Mais le mécanophiles rétorquent que c'est l'esprit dans lequel nous utilisons, ou rejetons les machines, bien plus que les machine elles mêmes qui provoque ou évite les conflits.
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SPQRSPQR   28 mai 2008
"Parmi les opposants, quelques esprits moins échauffés savaient que la destruction d'une oeuvre ambigue rend celle-ci résolument subversive, tandis qu'une fresque ambitieuse et pleine d'effervescence signe son propre arrêt de mort. Laissée en l'état, elle daterait de plus en plus chaque année, s'adresserait à un public de moins en moins intéressé jusqu'au jour où, les racines de la civilisation toujours intactes, elle passerait un cap magique pour devenir cette chose tout à fait inoffensive, qui entre même dans le patrimoine commun : un artefact historique.
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nkazinskinkazinski   18 avril 2015
Il éprouvait à enfreindre la loi cette sensation d'accomplissement de soi que d'autres enfants ressentent en construisant des villes miniatures. Coups frappés ici et là pour servir la cause, piqûres de moustiques sur les grosses fesses des bourgeois. S'il avait eu une pelle et une pioche, il serait sûrement aller défoncer une route quelque part. Au lieu de çà, il traînait sous les fenêtres d'une école primaire dirigée par une oeuvre de bienfaisance, à attendre qu'une pause dans la leçon d'histoire lui permette de crier sa propre version du passé et ses recommandations pour l'avenir. Il reçut par deux fois les avertissements mous et nonchalants de la police montée.
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ChestakovaChestakova   23 mars 2021
La mémoire, songeait Mays, était un pense-bête destiné à vous rappeler de corriger l'avenir. (p475)
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Claire45Claire45   16 mai 2021
assimiler la rareté à la beauté, vénérer l'art dans les musées
au lieu de le faire entrer chez soi, empêcher que les imitations n'inondent le marché pour faire monter le prix de l'original, ont privé trop de monde et depuis trop longtemps des ressources naturelles nécessaires à la méditation et au perfectionnement de soi. P371
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