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ISBN : 2756066397
Éditeur : Delcourt (09/09/2015)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Pozla nous invite à nous plonger dans le témoignage brut d'une épreuve de vie, où le dessin, puissant analgésique, apporte un discours qui dépasse le verbal et où chacun peut retrouver ou entrevoir l'impact de la maladie sur le corps, la psyché, la vie. Une BD hybride et très personnelle, traitant de la maladie au quotidien, de ses absurdités et de son humanité, le tout saupoudré d'humour et d'autodérision.
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
marina53
01 mars 2016
Pozla a toujours eu mal au bide et des selles molles. Vers l'âge de 18 ans, il y avait en plus du sang. Des batteries d'examen ne donneront aucun résultat alarmant. Seul diagnostic posé: c'est psychosomatique. Malgré un régime alimentaire "strict", c'est à dire le kebab sans les légumes, la reprise du sport, l'arrêt total de l'alcool mais un p'tit joint de temps en temps, rien ne s'améliore. Au contraire, une crise aigüe survient en 2009. Puis une similaire 1 an plus tard, puis 6 mois, puis 3 jusqu'à ce qu'elles deviennent quotidiennes. Il va voir plusieurs médecins qui ne trouvent toujours rien. Jusqu'à ce gastro-entérologue de l'hôpital Beaujon à Clichy qui pose enfin des mots sur ses maux: la maladie de Crohn. Commence alors pour Pozla un véritable chemin de croix...
Polza se met à nu (physiquement et littérairement) dans ce carnet de santé, certes foireuse. Depuis ses terribles crises qui l'ont amené sur le billard (pas moins de 80 cm d'intestins en moins!), l'auteur déambule dans les couloirs des hôpitaux. Des pronostics rocambolesques aux erreurs médicales, il aura tout eu. Jusqu'à ce qu'un gastro-entérologue lâche le mot: Crohn. Pour combattre au mieux le mal qui le ronge, les opérations chirurgicales, les traitements parfois lourds, Pozla décide de réaliser un carnet de bord dans lequel il raconte ses douleurs, ses doutes, sa dépression, son quotidien, ses pensées, les rechutes et l'espoir. le sujet est grave, évidemment mais l'auteur navigue entre émotions, humour et légèreté mais jamais dans l'apitoiement. Des dessins croqués à l'instinct et sur l'instant, le but premier n'étant pas d'en faire un album. Un trait vif et efficace. Un album sincère...
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gouelan
17 avril 2016
Une BD qui ne fait pas dans la demi-mesure. On pénètre dans le quotidien de Polza, atteint de la maladie de Crohn : maladie inflammatoire chronique de l'intestin. Depuis son dépistage tardif jusqu'aux traitements, hospitalisations, opérations chirurgicales, régimes alimentaires, les sorties à l'extérieur qui demandent des précautions, et tous les trucs sympathiques que l'on peut rencontrer dans cette maladie ! Les dessins décrivent complètement, et heureusement avec humour, la traversée de ce labyrinthe. On n'en voit pas la fin. Mais si, la maladie ne se guérit pas, mais elle offre des périodes de rémission. Polza tient bon grâce au soutien de sa famille et à son carnet de dessins qui ne le quitte pas.
Pour les « Crohniens », je conseille de lire cette BD quand la maladie vous laisse tranquille, sinon votre moral risque de chuter.
J'ai appris des choses intéressantes comme le « régime ancestral » et l'aide pouvant être apportée par un psychosomaticien. Tout patient se retrouve dans certaines situations : paroles et attitude du personnel hospitalier, le spécialiste accompagné d'une cohorte d'étudiants … les sempiternelles questions sur le transit. Une maladie peu connue, dont on a du mal à parler car, bien-sûr, il est un peu honteux d'entrer dans les détails. Cette BD est donc à mon avis la bienvenue. Souvent l'entourage pense que c'est bénin, un genre de gastro, sans voir tout ce qui se cache derrière. On pourrait même passer pour quelqu'un qui fait des manières, si on arrive chez un hôte avec sa gamelle de riz ou de pâtes !
Un album pour rire un peu des petits bobos et admirer le graphisme de Polza.
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tynn
07 juillet 2016
Tord-boyaux inflammatoire! ou comment tordre le cou à une saloperie de maladie.
Pozla témoigne par le dessin des mois (voire des années) de galère que l'insidieuse inflammation chronique de son système digestif lui a fait vivre.
On souffre avec lui, on compatit pour causes de flatulences intempestives et selles incontrôlables... Cette horrible maladie de Crohn pourrit la vie de ce jeune papa: intestin douloureux, hypertrophié, fatigue, amaigrissement...
Diagnostic (enfin!), interventions, abcès, récidive, psychothérapie et régimes alimentaires: le crayon est le psychanalyste préféré de l'auteur, lui permettant de dépasser la douleur, de prendre du recul et l'aidant à la concentration.
Pas d' apitoiement, de la distance dans le récit, des trouvailles de narration (j'ai adoré ses corneilles),
Le calvaire a beau être raconté avec beaucoup d'humour, le trait est abrupt et parle pour la souffrance endurée. Noirceur du crayon, gribouillis frénétiques, couleurs pour les moments intenses ou heureux. Certaines planches parlent d'elles-mêmes, par la violence du dessin, exutoire instantané des moments les plus difficiles. L'ensemble, lourdement épais se lit sans peine, si ce n'est en compassion de la part du lecteur.
Livre à la fois personnel et pédagogique, récompensé à raison au festival d'Angoulême.
(L'auteur semble aller mieux... Bonne nouvelle!)
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trust_me
07 octobre 2015
« Tout est parti de ce carnet. Ma bouée de sauvetage, ma soupape, mon crachoir. Après, si je voulais qu'on saisisse mes gribouillis, fallait remettre dans le contexte et développer.

[…] En posant mes tripes sur la table, le récit s'est imposé. L'errance médicale… les arcanes de la maladie, dans lesquels on zone dans nos chemises trop courtes. Puis refaire surface, petit à petit.»
Ses tripes sur la table… il ne pouvait pas dire mieux. Dans ce pavé de 368 pages, Pozla revient sur une douloureuse expérience vécue à l'automne 2011 et dans les mois qui suivirent. Il y décrit, non sans humour, le long chemin de croix l'ayant amené aux portes de l'enfer. Depuis l'enfance, un mal de ventre ne l'a jamais lâché. Pour les médecins consultés, toujours la même rengaine et toujours la même conclusion : psychosomatique. Sauf que. Les symptômes persistent. S'aggravent même. Et le verdict fini par tomber : « inflammation sérieuse de la paroi de l'intestin grêle. Suspicion d'une maladie de Crohn ». Une maladie rare et incurable. L'opération est inéluctable. 80 cm d'intestin en moins. le début du calvaire.
Incroyable. Incroyable qu'un gars me racontant ses problèmes gastriques et intestinaux ait pu m'immerger à ce point au plus près de sa souffrance. Avec ses mots à lui. Ses images surtout. Sans jamais tomber dans le geignard. Avec une forme d'autodérision qui nous arrache des sourires, une vision à la fois désespérée et positive. Une volonté permanente de comprendre, d'être à l'écoute de son corps, de trouver coûte que coûte une solution. le doute, la dépression qui guette et attend son heure. le soutien inconditionnel de sa femme alors que plus d'un conjoint aurait baissé les bras devant la lourdeur de son cas. Sa fille de quelques mois qu'il ne peut même plus porter tellement il est affaibli. Et puis la pente que l'on commence à remonter. Comprendre que le mal est aussi psychologique, que le ventre et la tête sont intimement liés. S'essayer à l'hypnose, trouver le régime alimentaire qui soulage.

L'espoir, toujours, malgré les embûches et les rechutes.
Graphiquement, on sent l'urgence et on navigue entre les Freaks Brothers de Shelton, Reiser et les idées noires de Franquin. Ce carnet de croquis ne devait pas être publié au départ. C'était un phare en pleine tempête, un ballon d'oxygène indispensable gribouillé sur un lit d'hôpital. Souvent, ça part dans tous les sens, symbole d'un esprit torturé par la douleur. Car finalement le personnage principal de l'album, c'est elle. Comment la gérer alors qu'elle vous pousse dans vos derniers retranchements ? Comment la dompter, l'affronter ? S'avouer vaincu parfois devant sa puissance. Comment la représenter ? L'ensemble est d'une inventivité folle, délirante dirons certains. Normal, quand on sait le nombre incalculable de médicaments avalés par le dessinateur et leurs effets sur son métabolisme.
Mais au final, le récit est bien plus structuré qu'il n'y paraît. de toute façon, son ami Manu Larcenet l'avait prévenu : « Si tu n'es pas irréprochable dans la manière dont tu exploites ton sujet, ça fera un livre forcément raté. C'est que tu t'attaques à un Everest, là… ». Mission accomplie, l'Everest a été conquis avec brio. En ce qui me concerne, je suis sorti totalement abasourdi et admiratif devant cet album inoubliable.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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benleb
13 janvier 2016
Merci à Babelio et aux éditions Delcourt pour la lecture de ce "Carnet de santé foireuse" de Pozla.
Dans ce témoignage graphique, il témoigne de sa maladie de Crohn, tardivement diagnostiquée, et du traitement long et pénible qui a suivi. Il s'agit d'une inflammation chronique de l'intestin, provoquant douleurs abdominales et diarrhées.
A la base, il s'agissait de croquis que l'auteur dessinait durant ses hospitalisations, pour oublier douleur et ennui. Encouragé par un médecin, il a décidé d'en faire un roman graphique, rajoutant personnages, explications scientifiques et semblant de scénario.
L'album marque d'abord par le dessin. Sale, improvisé, il est surtout spectaculaire quand l'auteur réalise des autoportraits où il est transformé par la maladie, en couleur comme en noir et blanc. Il devient alors étron, explosion de chiasse ou écoulements liquides, rendant compte de sa douleur physique et morale.
L'histoire est constamment marqué par l'humour et l'autodérision. Pozla n'hésite pas à se représenter dans des situations gênantes, sinon humiliantes - le rasage de l'entrejambe avant opération ou le syndrome des jambes tremblantes, commentées avec humour. Ce même humour facilite la vulgarisation des explications médicales. Ainsi des personnages récurrents, les corbeaux du parc de l'hôpital, un médecin enquêteur brutal, le staff médical, présenté comme une secte de moines pervers, commentent l'évolution de la maladie.
Ses rapports avec le corps médical évoluent. D'abord mal diagnostiqué, il est hospitalisé pour être opéré; il y a des rechutes. Au départ tout lui parait abscons, mais les médecins, habitués à le voir revenir, n'hésitent pas à lui parler ouvertement. Il est aussi soutenu par ses amis et par l'amour de sa femme et de sa fille.
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Les critiques presse (8)
Bedeo23 novembre 2015
Dans ce témoignage intime, renversant, Poƶla baisse son froc et laisse sa pudeur dans la cuvette … Difficile d’arrêter de se pencher sur cette merveille dessinée, on est pris aux tripes.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BulledEncre08 octobre 2015
Un ouvrage atypique, qui sort du contexte de la BD classique pour mettre en image la maladie chronique et les parcours du combattant pour survivre.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
Liberation06 octobre 2015
Atteint de la maladie de Crohn, une inflammation chronique des intestins, le dessinateur Pozla raconte avec humour son quotidien difficile.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama30 septembre 2015
Plus qu'un témoignage précieux sur des maladies « cachées » et en pleine expansion, Carnet de santé foireuse est un exutoire, le cri puissant d'un artiste qui ne s'est pas résigné.
Lire la critique sur le site : Telerama
BoDoi29 septembre 2015
Puissant et sensible, drôle et bouleversant, hyper personnel mais à portée universelle.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD25 septembre 2015
Évitant avec une impressionnante créativité un trop grand réalisme, il va pourtant droit au but et n’élude aucune réalité. En montrant que le dessin peut tout illustrer, jusqu’au plus profond de soi.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario24 septembre 2015
Un très bel album, vibrant portrait d'un malade concerné, que je vous conseille de découvrir sans plus attendre !
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDGest08 septembre 2015
L’authenticité et la qualité du livre découle peut-être du fait que cette somme d’anecdotes n’a pas été conçue avec la finalité d’être publiée, mais plutôt comme un exutoire.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan18 avril 2016
Polza : Rhaa putain j'ai un mal de chien
Appelle une infirmière
Le bouton là

L'infirmière : Encore lui ? Mais il a encore des antalgiques pourtant !

Polza : Ça marche pas
m'faut un truc plus fort...
SVP
Rââ HHH

L'infirmière : Il est douillet Quand même.
****
Ça, ça m'a blessé. Vu comme je dégustais, j'ai pas du tout compris cette remarque. Je lui aurais bien filé ma place 2 minutes, qu'elle comprenne.
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gouelangouelan18 avril 2016
- Et comment vous sentez-vous en ce moment ?
- Ouaaah tranquille! La grande forme ! Nickel ! Le pied total !
[...]
On a donc repoussé l'intervention et prévu de se revoir à la rentrée.
[...]
C'était un peu couillon de ma part ...Repousser l'inévitable. En fait, l'inconnu m'effraie ... Alors que la douleur, je la connais.
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alouettalouett12 octobre 2015
Période très floue. Je mange pas. La douleur ne me quitte plus. Je zone de nuits étoilées en levers de soleil. Douleur profonde, aigue, viscérale. Entourage impuissant. (…) Et ce putain d’Alien qui me grignote à petit feu
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OliphantOliphant01 avril 2016
Mais j'ai un truc vraiment redoutable contre la douleur ! Et franchement, à part la morphine, rien ne marche aussi bien... Figure-toi que ce carnet est un puissant antalgique, mec ! Il a le pouvoir d'absorber mes souffrances, de distordre le temps, d'effacer mon corps, de me transposer.
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eckmuhleckmuhl15 janvier 2016
Les tripes cérébrales se tordent,
sous les draps,
Un manège détraqué
d'une nuit de novembre.
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