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Gabriel Iaculli (Traducteur)
EAN : 9782020966368
696 pages
Éditeur : Seuil (08/01/2009)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 41 notes)
Résumé :
A la mort de sa mère, Julio Ballesteros apprend que son père n'est pas l'homme qui l'a élevé, mais un Français, Jules Tillon. Bouleversé, Julio décide de reconstituer l'histoire de Jules. Il apprend que celui-ci a été un héros de la Résistance française sous le pseudonyme de Houdini, et qu'à la fin de la guerre, devenu amnésique à la suite d'une blessure à la tête, il a sombré dans la folie et le meurtre, et a abandonné la femme qu'il aimait. En enquêtant sur le pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  03 août 2015
Moi aussi, je suis allée souvent donner à manger aux canards des jardins Albert Khan à Boulogne.
Au cours de ma lecture, je me suis ressourcée en cet endroit, pourtant habité d‘une fausse sérénité puisqu'il fut aussi le lieu de la tragédie, l'antre du meurtre de Kouznétsov, exilé de la révolution bolchevique, soupçonné de trahison et de collaboration avec les nazis. le Septième Voile s'ouvre sur la réalité de tout un pan de l'histoire qui traverse les pays, allant de la France occupée à l'Espagne franquiste, puis jusqu'en Argentine mais pas seulement. Il recouvre aussi le monde intérieur pour chacun des protagonistes, drapé, l'un dans le suaire du héros, l'autre, dans la relique du collabo ou dans n'importe quelle enveloppe parmi la multitude des facettes du genre humain. Des hommes tantôt perdus, tantôt en toute puissance de leurs moyens et même qui changent de camp, au besoin.
C'est un roman emprunt de réalisme qui se présente sous forme d'enquête dont les retombées sont nombreuses et riches en rebondissement.
Un récit captivant qui commence par la recherche de Julio quand il apprend que son père n'est pas celui qui l'accompagne depuis l'enfance, mais Jules. Jules, ce père dont il va reconstituer l'histoire tout en redoutant de la voir apparaître à chaque croisée du chemin, à chaque lueur de vérité.
Au fond du cirque, des animaux griffus et même à trompe... Mais je n'en dirai pas plus, même sous hypnose, avec le Docteur Portabella, précurseur de cette médecine, un gentil ; ni sous la torture avec Hans Döbler, plutôt persécuteur, lui, un méchant, pour vous laisser tout le goût du sel, sous la papille. Et, à la fin, même si Julio s'appuie sur Sabine pour s'éveiller à l'aube d'une seconde jeunesse, il se rétracte dans sa résolution première et il repart avec une roue voilée, comme sur un vieux vélo qui grince et chuinte comme une blessure.
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Nicolas9
  02 septembre 2017
Nous sommes au milieu des années 2000 en Espagne. Un professeur d'université de Madrid apprend soudainement que son père n'est pas son géniteur. Celui-ci est un Français, héros de la résistance qui a abandonné sa femme enceinte pour des motifs opaques.
Commence alors un vertigineux retour dans le temps. le narrateur, Julio, entend de la bouche d'un ancien ami de ses parents naturels, l'inclassable biographie de son père.
On se retrouve tout d'abord à Madrid, au début des années 50. Franco a finalement réussi à annihiler toute la fierté et la noblesse du peuple espagnol pour le transformer en un troupeau affamé, craintif et ultraconservateur.
Pourtant, on comprend que le noeud de l'intrigue se situe en réalité dix ans plus tôt dans les catacombes du Paris résistant...
Sous prétexte de raconter la vie tumultueuse d'un résistant de la première heure, Juan Manuel de Prada nous livre une superbe fresque historique qui débouchera sur un épilogue inattendu !
Le ton juste à travers lequel il dépeint ses personnages et l'éblouissante peinture du contexte délétère des années 1940-1960 (des deux côtés des Pyrénées !) donne un magnifique roman, basé sur des faits réels.
En effet, pour rédiger cette saga de 700 pages, l'auteur s'est intensément documenté et cela se sent, tant les descriptions sont précises et sonnent juste. Un authentique régal.
J'ai été particulièrement impressionné par le sort peu enviable des « collaboratrices horizontales » des nazis, professionnelles ou simples jeunes filles françaises amoureuses de « bons Aryens » de leur âge : « La file des femmes, cortèges de spectres ou procession de pénitentes, passa à côté d'elle. Sur leurs chairs épicées par le vice, les traces de torture semblaient particulièrement cuisantes. Elles avaient été violées, marquées, au fer rouge comme des bêtes, soumises à des décharges électriques, brûlées au thermocautère ; on avait même arraché les mamelons à l'une d'entre elles... »
Le fait d'être espagnol permet à l'écrivain de livrer un reflet sans fard de l'Hexagone durant et après l'occupation. La glorieuse histoire de France en prend pour son grade, mais qu'on ne s'y trompe pas : c'est uniquement par souci de véracité historique que de Prada brosse ce tableau vitriolé de la Grande Nation. Un Français de souche n'aurait peut-être pas osé s'y risquer...
Si vous n'y croyez pas, lisez ce roman exceptionnel et vous découvrirez un pays que vous ne connaissiez vraisemblablement pas. L'amnésie collective a parfois du bon, à moins qu'elle ne soit carrément une nécessité. Ça n'est pas l'une de ses victimes, en l'occurrence le psychanalyste Boris Cyrulnik, qui dira le contraire.
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sandrine57
  12 septembre 2012
Quand Julio arrive au chevet de sa mère mourante, il est trop tard. Lucia est partie sans avoir eu le temps de lui confier le secret de toute une vie. C'est donc de la bouche de son père qu'il apprend qu'en vérité il est le fils d'un français, Jules Tillon, résistant de la première heure, amnésique suite à une blessure à la tête, que sa mère a aimé follement bien qu'il l'ait quittée lorsqu'elle était enceinte.
Julio, déjà éprouvé par la récente mort accidentelle de son épouse, est totalement désemparé après le décès de sa mère. Bon gré mal gré, il part à la recherche de son identité, sur les traces de ce père inconnu.

Le style très travaillé peut sembler ampoulé de prime abord mais il faut passer outre et se laisser emporter dans le tourbillon de la vie de Jules Tillon, l'amnésique aux mille vies. de la France occupée à l'Argentine d'après-guerre, en passant par l'Espagne de Franco, il a croisé des résistants, des collabos, des républicains espagnols, des nazis, des prostituées... Avec lui, on va découvrir des amours contrariées, des amitiés trahies, de viles fripouilles et des hommes courageux, des destins tourmentés par la guerre. Passionnant et bouleversant, le septième voile se lit comme un roman policier, réserve son lot de surprises, ses drames et ses moments de bonheur intense. Dans les pas de Jules, de Lucia et de son père, on dévore ces histoires du passé et jusqu'à la toute fin, on est ému aux larmes.
Un grand roman, à lire absolument.
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Jall
  02 octobre 2016
Vous êtes motivés pour un roman qui vous embarque pour une histoire de 694 pages ?
Allons-y alors pour le Septième voile, de l'auteur espagnol Juan Manuel de Prada.
Le septième voile fait allusion à la Salomé aux sept voiles. le septième voile est celui qui en révèlera le plus.
C'est de secret de famille qu'il s'agit au départ : Julio, universitaire d'âge déjà mur, veuf et sans enfant, apprend au décès de sa mère, que son père n'est pas celui qui l'a élevé.
Evidemment, ce genre d'annonce donne envie d'en savoir un peu plus, et Julio va aller à la rencontre de ceux qui ont croisé la route de ses parents. D'où l'épaisseur du livre.
Il y aura donc des récits dans le récit : la quête de Julio, et la vie de Jules, son père français.
Le roman accorde une large part au Paris de l'occupation. En effet, Lucia, la mère de Julio, rencontre Jules alors que celui-ci est amnésique, à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Jules passe pour un héros de la Résistance. Qu'en est-il en réalité ?
Cette enquête, ponctuée de nombreux personnages pittoresques, se poursuit de chapitre en chapitre. Les scènes de Paris sous l'Occupation sont très bien documentées (j'ai découvert les Comtesses de la Gestapo). Ce roman montre comment le peuple parisien a survécu pendant ces années.
Tout en mettant en avant les atrocités de la Gestapo, ce livre se veut nuancé : dans ce genre de situation, personne n'est vraiment blanc ou noir. Nuance que l'on retrouve concernant la Guerre d'Espagne.
Les aventures de Jules, car c'est bien d'un roman d'aventures qu'il s'agit, voire picaresque, ne s'arrêtent pas là : elles mèneront Julio vers un psychiatre espagnol novateur et vers l'Amérique du Sud, accueil des anciens nazis.
C'est un bon roman, à la fois palpitant et instructif, qui fait passer un temps de lecture agréable.
J'ai personnellement moins apprécié le personnage de Julio, sa vie personnelle, et la toute fin de l'histoire (qui ne gâche pas le livre !).
Nous pourrons en discuter quand vous en serez à la 694e page !
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morin
  06 juillet 2013
Julio Ballesteros, appelé par sa mère mourante, arrive trop tard pour entendre de sa bouche la vérité sur sa naissance. Son père lui apprend alors qu'il n'est pas son père : il a épousé Lucia alors qu'elle était enceinte d'un français, Jules Tillon.
Sur les conseils de celui qu'il considère toujours comme son père il prend contact avec un prêtre, le Père Lucas. Ce dernier va lui raconter l'histoire de Lucia et de son père Estrada, espagnols ayant fuit l'Espagne après la guerre civile, de leur vie dans un cirque qu'ils dirigent pendant la 2eme guerre en France, façade qui leur permet de sauver des juifs, dont André ancien chirurgien amoureux de Lucia, de l'arrivée au cirque de Jules, blessé à la tête et amnésique. A la libération, Jules apprendra qu'il était résistant sous le nom de Houdini.
A la mort d'Estrada, Lucia et Jules partent en Espagne où il feront la connaissance du père Lucas. Jules sombre doucement dans la folie, il abandonne Lucia enceinte. Elle acceptera alors la demande en mariage d'Antonio Ballesteros, petit entrepreneur de province.
Sur les conseils du père Luca, Julio prend contact avec le Docteur Portabella, psychiatre qui a soigné Jules par hypnose. il découvrira la vie de Jules non seulement après l'abandon de Lucia mais également sa vie de jeune ouvrier chez Renault, entré dans la Résistance avec le parti communiste.
Enfin, sur les conseils cette fois de Portabella il essaie de rencontrer André, l'ancien amoureux de Lucia. Il apprendra son décès par sa fille , Sabine.
Sabine lèvera pour lui le septième voile en lui racontant le rôle de Jules lors des derniers mois de l'occupation au cours desquels manipulé par Olga, son amour de jeunesse, mais maitresse d'Otto Abetz, il trahira la résistance.
A sortie de l'asile, ayant retrouvé la mémoire et notamment sa trahison, il partira pour l'Argentine.
J'ai bien conscience que ce petit résumé ne reflète que très partiellement l'ampleur de ce roman de près de 700 pages.
Ce très beau livre nous plonge dans L Histoire : la guerre d'Espagne, la vie des exilés espagnols en France,
l'occupation , la résistance, la collaboration, l'épuration, l'Argentine...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
ErveineErveine   29 juillet 2015
Parfois ses pas le menaient jusqu'au cimetière, où la fraîcheur du pourrissoir, mêlée à un reste d'humidité automnale (c'est toujours l'automne dans les cimetières), apaisait l'inquiétude qui l'assaillait dès qu'il essayait de se pencher sur le gouffre de ses souvenirs disparus. Dans le cimetière de Billancourt l'herbe avait poussé sur les tertres de telle manière que la trace des bombardements pouvait être prise pour une impatience des morts qui se seraient levés de leurs cercueils, confondant les sirènes d'alarme et les trompettes du Jugement. (p.137)
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ErveineErveine   02 août 2015
Quand on frappe à une porte inconnue, on ne sait qui viendra ouvrir, moins encore quel accueil on recevra, et, une fois la porte franchie, on peut fort bien entendre ce que l'on aurait préféré ne jamais savoir, mais quand les engrenages de la curiosité sont mis en branle, il n'est de heurtoir avec lequel on ne frappe, ni de sonnette dont on ne presse le timbre. (p.568)
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ErveineErveine   27 juillet 2015
Ma mère, pareille à toutes les autres mères, concevait pour moi le meilleur des avenirs, même quand celui-ci, avec le temps, s'étiolait ; mais pour les mères, c'est consubstantiel, nous sommes toujours des rudiments d'hommes quand nos cheveux sont déjà gris. (p.15)
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Nicolas9Nicolas9   02 septembre 2017
C'est le colonel Fabien, dit tout bas Ramiro à Lucia. Attends un peu, tu vas voir.
- Quelqu'un peut-il me dire ce que ça signifie? demanda-t-il d'une voix comminatoire en montrant la file de femmes (filles au service de l'occupant nazi) martyrisées. Qui commande ici?
- Ce sont les putes de Lafont mon colonel...
- Vous avilissez le nom de la France, leur reprocha-t-il. Nous nous sommes battus pour retrouver notre liberté, pas pour reprendre les méthodes abjectes des chacals qui nous ont tyrannisés. Vous ne vous rendez pas compte qu'agir ainsi c'est reconnaître le triomphe d'Hitler ? Nous ne pouvons nous conduire comme des ordures. Laissez les tribunaux juger et condamner ceux qui doivent l'être.
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chocobogirlchocobogirl   13 septembre 2009
Je suis arrivé dans la ville de mon enfance une heure après que ma mère eut expiré. Quand ceux que nous aimons deviennent vieux ou sont consumés depuis longtemps par la maladie, nous sommes enclins à nous figurer leur mort à l'avance, en un exercice mental préparatoire au choc qui nous attend. En contemplant leur déclin graduel, la progression ponctuelle des rides, la perte inexorable des facultés et les ravages de la décrépitude, nous mesurons, pendant les mois ou les années prématurément passés en compagnie de la mort, l'importance et le prix de ce que nous allons bientôt perdre ; nous apprenons à affronter l'avenir plus ou moins proche où ils nous manqueront. Notre pitié agit comme un mécanisme de défense et nous aguerrit contre leur disparition ; nous les pleurons ainsi avant l'heure, nous honorons leur mémoire avant le temps, nous nous affligeons et nous désespérons d'avance parce que nous savons que cette douleur persistante, presque quotidienne, nous infligera une blessure plus légère que la douleur brutale qui suit une perte dont nous avons préféré ignorer la venue. Depuis que l'on avait découvert les métastases cancéreuses qui affectaient les poumons et le foie de ma mère et rendaient toute intervention chirurgicale mutile, je m'étais efforcé d'admettre sa mort inéluctable, j'avais tait de son agonie un adieu prolongé, et je la soutenais autant que je le pouvais pendant ses interminables séances de chimiothérapie. Un spectateur non averti aurait vu dans mes attentions une preuve émouvante de dévouement filial ; mais je savais tout au fond de moi que mon objectif était aussi bien égoïste, parce que, ayant déjà fait l'expérience de la mort comme coup fortuit qui ébranle et abat, je n'avais pas le courage de la revivre.
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