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ISBN : 2021116336
Éditeur : Seuil (03/04/2014)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Madrid, 1942. Antonio, un malfrat madrilène, voleur à la tire et détrousseur de riches provinciaux, endosse le meurtre commis par sa complice et bien-aimée Carmen. Pour échapper à la police, il s'engage dans la División Azul. Envoyé sur le front soviétique, il est fait prisonnier par l’Armée rouge où il usurpera l’identité d’un homme qui lui ressemble comme un frère jumeau, Gabriel Mendoza. Libéré en 1954, c’est sous ce nom qu’il rentrera en Espagne où, après avoir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  30 juin 2014
Je suis hélas la première personne à mettre en ligne une note de lecture sur Une imposture, roman qui ne cesse de me tarauder. Si un lecteur voulait me donner son opinion sur le livre de Juan Manuel de Prada, je serais ravie de confronter nos impressions, sans insulte ni noms d'oiseaux si possible.
Connaissant les opinions politiques de l'auteur, journaliste à ABC, dont les prises de position lui ont valu le surnom de "franquiste de salon", je me doutais bien que ce roman, consacré à Antonio Exposito, petit malfrat madrilène qui gagne sa vie en dépouillant de riches parvenus en goguette dans la capitale et qui s'engage dans la División Azul pour échapper à la prison, susciterait bien des réactions. (La 250 Einheit Spanischer Freiwilliger de la Wehrmacht était un corps de plus de 17 000 volontaires espagnols créé en 1941 par Franco à disposition de la Wehrmacht pour combattre sur le front de l'Est).
Pendant les combats, Exposito se lie d'amitié avec Gabriel Mendoza, rejeton peccamineux d'un homme d'affaires corrompu parti à l'Est expier les fautes de son père. Les deux hommes, dont la ressemblance physique est troublante, se confient l'un à l'autre. Exposito endosse l'identité de son ami, et continuera de se faire passer pour lui à son retour d'U.R.S.S.
De grandes qualités d'écriture dans ce récit captivant qui s'attache à transcrire le destin d'un homme faible pris dans l'engrenage du mensonge et de la dissimulation. le thème classique de l'imposteur qui pendant un conflit endosse l'identité d'un compagnon grâce à une ressemblance physique et aux confidences qu'il a emmagasinées prend ici une dimension supplémentaire. Après dix années d'emprisonnement dans les camps soviétiques, Antonio doit se réadapter à la vie civile dans un pays qu'il ne reconnaît plus. Ayant par ailleurs hérité de la fortune familiale de Mendoza, le voici plongé dans un milieu qu'il exécrait.
Un des intérêts du roman réside dans le récit des conditions de recrutement et des motivations des volontaires qui s'apprêtent à gagner le front soviétique. Je m'attendais à des descriptions de combats, l'unité d'Exposito et de Mendoza étant envoyée à Krasny Bor. Mais le chapitre consacré aux conflits est bref (dommage). Ce sont plutôt les conditions de détention dans les camps soviétiques à partir de 1943, et jusqu'à 1954 (après la mort de Staline et l'assassinat de Beria) qui intéressent Prada.
Le retour en Espagne sur le Sémiramis marque pour Exposito le début d'une existence tout aussi aliénante. le rapatriement des derniers volontaires de la División Azul est pour Franco une épine dans le pied (il démet les phalangistes des postes gouvernementaux), l'heure étant à l'entente cordiale avec les Américains. L'Espagne des années 50, où les plus modestes courent "après les miettes du festin que dévoraient à belles dents les thuriféraires du régime" déplaît à Exposito qui en plus de la fiancée de Mendoza , "hérite" aussi de ses relations et se retrouve, à son corps défendant, au coeur d'un trafic à grande échelle.
Une imposture est un grand roman noir sur le double, le mal et les choix d'une vie. Mais... Mais cette belle promenade littéraire, ce beau paysage ont quelque peu été gâchés par le fameux "scrupulus" (au sens étymologique du terme) qui m'a gênée durant la promenade.
Les membres de la División Azul sont présentés comme des croisés anti-communistes partis combattre "le mal dans sa tanière", des caballeros agissant pour la grandeur de l'Espagne et de l'Eglise, et dont les actions ne sont entachées d'aucune exaction. L'unique soldat honni est le sous-lieutenant Camacho, déserteur de la Phalange, passé du côté de l'Armée rouge afin d'améliorer ses conditions de détention. Est-ce la voix d'Exposito ou de Prada qui se fait entendre dans cette Imposture? La trilogie consacrée à Arturo Andrade (autre volontaire de la División Azul) par Ignacio de Valle (El arte de matar dragones, Empereur des ténèbres, Les démons de Berlin), n'avaient pas suscité chez moi les mêmes interrogations.
C'est un peu finalement comme Aragon et son "Lorsque ma femme aimée me donnera un enfant, le premier mot que je lui apprendrai sera Staline." (grosso modo) ou les lignes de James Ellroy sur Haïti. On peut apprécier un poète ou un romancier même si parfois ils nous plongent dans un abîme de perplexité. La lecture ne s'achève pas une fois la dernière page tournée.
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aussierocknico
  07 mars 2017
Très beau livre d'abord la vie d'un soldat de la division azul pendant la campagne de Russie, il est fait prisonnier par les Russes et se retrouve interné dans les camps. Il raconte ses conditions de détention et surtout l'usurpation d'identité que les russes lui propose il prend la place d'un lieutenant à qui il ressemble beaucoup. Au bout de quelques années il finit par être libéré et retourne en Espagne où il doit endosser sa nouvelle personnalité de riche héritier d'une entreprise de transport. Mais cette vie n'est pas la sienne et très vite cela tourne mal d'abord avec sa fiancée ensuite avec sa nièce. IL fait tout pour retrouver son amour de jeunesse avant de partir sur le front russe. Là plus d'imposture il redevient lui même mais c'est trop tard il doit payer
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recupart
  18 décembre 2014
La lecture consistant à n'apprécier que des auteurs ayant des opinions proches du lecteur ou sans opinion s'appelle de l'auto censure, si le lecteur n'est pas prés à apprécier le style, la puissance narrative sans en référer à son EGO personnel, il n'a rien à faire avec un bouquin dans la main.
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xxxtakeshixxx
  15 novembre 2017
Le sujet du livre est vraiment intéressant et on apprend pas mal de choses sur l'histoire de ces espagnols partis se battre sur le front de l'est, sur leurs motivations parfois très contraires et leur sort, peu enviable il faut le dire. L'histoire est plutôt pas mal, mais l'auteur use et abuse de la métaphore, rendant la lecture assez lourde, voire, parfois, carrément pénible.
Le manque de nuance rend un peu le tout moins crédible (les communistes sont vraiment tous très très méchants!) et c'est dommage car, malgré tout, une fois le livre terminé, on peut reconnaitre avoir passé un bon moment.
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cotoon
  26 juillet 2014
Eh bien, finalement, Abracadabrantesque et assez déplaisant...
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critiques presse (1)
Bibliobs   15 mai 2014
Adversaire de l'avortement, proche de l'Eglise, ce quadra de la littérature espagnole soigne son image de "réac". Ça ne l'empêche pas d'avoir du talent.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Chabe37Chabe37   10 avril 2018
Mais le froid avait envahi l'âme d'Antonio, aussi étendu et enneigé que la steppe russe. Un froid sans contours ni horizon, d'une blancheur aveuglante, vorace comme la mort même.
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Vidéo de Juan Manuel de  Prada
Le septième voile de Juan Manuel De Prada présenté en français par l'auteur
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