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Comès (Préfacier, etc.)
ISBN : 2203332301
Éditeur : Casterman (16/07/2001)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Les quatre histoires de Corto rassemblées dans ce recueil (Au nom d'Allah le miséricordieux, Le coup de grâce, Et d'autres Roméos et d'autres Juliettes. Les hommes-léopards du Rufiji), toutes enracinées dans cette vieille terre de légendes qu'est la Corne de l'Afrique, sont peut-être parmi les plus mythiques la saga du marin maltais. C'est là, en effet, que les fidèles de Corto font la connaissance de son ami Cush, le sauvage guerrier Danakil, l'un des personnages l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Mangara57
  23 août 2018
MON CORTO PREFERE ! J'ai adoré les 4 petites histoires, (Au nom d'Allah le miséricordieux - Et d'autres Roméos et d'autres Juliettes - Les hommes-léopards du Rufiji). Elles sont chacune incroyablement entraînantes.
Corto Maltese découvre un soldat Danakil nommé Cush. Un homme qui a un sacré caractère. Je vous le recommande fortement.
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michfred
  20 mars 2015
Un Corto en couleurs..fauve, rouge et brun dominent: Afrique oblige, Arabie aussi...
Nous sommes en 1916, en pleine première guerre mondiale, aux bords mêlés de la mer Rouge et de l'Océan Indien. Les grandes puissances qui sont aussi des puissances coloniales s'affrontent dans les sables arides et sur les mers infestées de pirates.....
On rencontre l'énigmatique Cush, l'Ethiopien, et son adversaire, Ras Yaqob à la recherche de sa fille Fala Mariam... Et toujours, partout, les traces du poète aux semelles de vent, venu trafiquer autrefois sur ces terres riches et violentes...
La magie de Corto est toujours aussi prenante...
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Tzomborgha
  26 juin 2015

"Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus le tanneront. Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout ; boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant - comme faisaient ces chers ancêtres autour du feu. Je reviendrai avec des membres de fer, la peau sombre, l'oeil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal."
Cette prose fougueuse n'appartient plus à Arthur Rimbaud et sa Saison En Enfer, elle appartient au romantisme déjà déclinant de son époque, et sans doute à la jeunesse de toutes les autres. Préférons en tout cas le romantisme aux aspirations ordinaires des fils de bonnes familles, celles d'Arthur Gordon Pym et de Conrad; quoi qu'à vrai dire le romantisme en est justement le produit, cependant que le matérialisme et son confort restent embusqués au détour des années qui passent, et retombe comme une chape sur la plupart des jeunes libertaires aux poches crevées. "Mieux vaut l'or, que la géographie" pouvait conclure le capitaine Burton, toujours bravache, et de toute façon en règle avec une vie plus que vécue.
En se gravant lui-même une ligne de chance dans le creux de la main, Corto Maltese se destine au hasard et a peut être biffé son nom des registres du passé. Nous ne pourrons donc préjuger des motivations de sa jeunesse ni des desseins du voyageur adulte. S'essayait-il à la poésie? Rêvait-il lui aussi de cette "réalité rugueuse à étreindre"? Nous savons de sa mère gitane qu'elle lui laissa le goût de l'invisible, et que de son père il garda les fables et la nécessité du départ. L'homme mûr qui demeure a la désinvolture de ceux qui ont trop manié l'ironie et ont peut être déjà soupé de leurs rêves. Oisif et brutal peut être, plus sûrement contemplatif, individualiste, opportuniste, crâneur, bienveillant, Corto Maltese louvoie dans le sillage des grands courants qu'il s'applique à vivre dans la circonspection et le fatalisme; trop lucide peut-être, il regarde L Histoire se faire comme une conséquence attendue et se fie moins aux idéologies qu'aux vieilles mythologies, nécessairement moins hypocrites. S'il marcha bien dans les pas de ceux qui ont cherché l'aventure et l'ivresse du voyage par-delà les livres, Corto Maltese, lui, tiendra bon, pour toujours libre d'entraves, il saura disparaître quand il n'y aura plus de place pour la chance (*).
"L'appel du désert, pour les penseurs de la ville, a toujours été irrésistible: je ne crois pas qu'ils y trouvent Dieu, mais qu'ils entendent plus distinctement dans la solitude le verbe vivant qu'ils y apportent avec eux." observe T.E. Lawrence, qui semble résumer-là tout le combat de son existence. Son nom résonne aussi dans les Éthiopiques, qui est peut être le livre le plus synthétique et le plus mélancolique d'Hugo Pratt.
Le XIXème siècle s'est abîmé dans le premier conflit mondial et les empires coloniaux ont entamés leur déclin, les temps modernes abattent leurs dernières cartes, et l'irréductible Corto Maltese va bientôt jouer ses dernières partitions, avant que la guerre d'Espagne ne referme définitivement le chapitre de son époque.
Il lui reste quelques vies exemplaires à vivre auparavant, et sa route va devoir croiser celle d'un autre spécimen d'homme libre, un combattant, qu'il ne pouvait trouver que dans l'Abyssinie que traversa Rimbaud et où Pratt fut lui-même spectateur de l'Histoire. Cush est son nom, c'est un homme droit et fier, libéré du doute parce qu'il se bat contre des oppresseurs et que sa foi le guide au mépris de la mort. Un homme dangereux donc, comme cette autre variation qu'est Raspoutine, l'anar extrémiste pour qui la fin justifie toujours les moyens et pour qui l'or vaut évidemment mieux que l'honneur et la morale. Ni dieu, ni maître, ni serments, voilà bien des engagements intolérables à l'esprit de Cush. Sa liberté, il la tient de sa paix intérieure, de la clarté de son propos. En un mot de son dogmatisme.
Au contact de ce guerrier intègre mais intransigeant, Corto Maltese va devoir quitter sa réserve coutumière et prendre les armes pour une cause transcendante étrangère à ses intérêts immédiats: L'indépendance, ce motif de lutte qui lui secoua l'esprit lors de ses aventures épiphaniques en Irlande. L'altérité fait mûrir l'aventurier épris de fictions, Cush en est peut être l'instrument le plus rémanent tant il incarne le héros des anciennes épopées; or mûrir, c'est un peu tromper la chance, c'est un peu capituler.
"Nous étions ensemble pleins d'amour, à cause de l'élan des espaces ouverts, du goût des grands vents, du soleil et des espoirs dans lesquels nous travaillions. La fraîcheur matinale du monde à naître nous soûlait. Nous étions agités d'idées inexprimables et vaporeuses, mais qui valaient qu'on combatte pour elles. Nous avons vécu beaucoup de vies dans le tourbillon de ces campagnes, ne nous épargnant jamais; pourtant, quand nous eûmes réussi et que l'aube du nouveau monde commença à poindre, les vieillards revinrent et s'emparèrent de notre victoire pour la refaire à l'image de l'ancien monde qu'ils connaissaient. La jeunesse pouvait vaincre, mais n'avait pas appris à conserver, et était pitoyablement faible devant l'âge. Nous balbutions que nous avions travaillé pour un nouveau ciel, une nouvelle terre, et ils nous ont remerciés gentiment et ont fait leur paix."
Voilà ce que constatait avec amertume Lawrence d'Arabie dans Les Sept Piliers de la Sagesse. Nous vivons toujours dans ce monde-là. C'est une loi de l'espèce, et elle n'épargne pas nos fictions.
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(*) de cela nous pouvons toutefois douter, si l'on veut bien considérer cette lettre à Pandora placée en exergue de la Ballade de la Mer Salée: « L'oncle Tarao est mort. […] Mais c'est surtout pour l'oncle Corto que je me fais du souci. Ils se comprenaient parfaitement et étaient inséparables. Maintenant que je vois l'oncle Corto aller s'asseoir seul dans le jardin, le regard éteint, face à la mer, mon coeur se serre. »
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jamiK
  11 avril 2017
J'aime toujours le trait agressif du dessin d'Hugo Pratt, ses coups de pinceaux jetés avec précision. Corto Maltese, dans cet épisode, se retrouve dans la région de la corne de l'Afrique, du Yémen à Zanzibar, d'Éthiopie en Somalie. Comme dans toutes ses aventures, Corto rencontre des personnages ambigus, ni bons ni méchants, au caractère fort. On oscille entre magie noire et réalisme sordide, entre moments de poésie et d'action. Un bon opus de la série.
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Alcapone
  02 juin 2011
Ainsi que l'explique Didier Platteau dans son introduction à la BD, Les éthiopiques retracent la rencontre de Corto avec Cush, ce guerrier couchite dévoué à la cause du Mullah dans la Corne d'Afrique. Nous sommes entre 1916 et 1918 : alors que les puissances coloniales italienne, française, britannique et allemande occupent la Corne de l'Afrique, Corto Maltese débarque au Yémen, traverse la Somalie et l'Ethiopie pour finir sa course en Afrique orientale allemande (actuelle Tanzanie). Parti sur les traces d'Arthur Rimbaud qui a abandonné la poésie pour se convertir dans le trafic d'armes, notre héros fera la rencontre de personnages aux cultures diverses dont il deviendra un ami...
De tous les périples de Corto Maltese que j'ai lu, celui-ci a une résonnance particulière : ayant voyagé dans la Corne d'Afrique, j'ai tout comme Hugo Pratt et Corto Maltese, marché dans les pas de Rimbaud, notamment au Yémen à Aden où la légende voudrait qu'il ait fait du commerce de café dans l'un des hôtels aujourd'hui miteux de la ville. Les bergers, nomades ou chefs de tribus rencontrés lors de ces voyages m'ont toujours évoqué Les éthiopiques et c'est avec d'autant plus d'enthousiasme que je redécouvre Hugo Pratt au travers de cette oeuvre.
Lien : http://livresacentalheure-al..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   02 février 2015
[Dialogue entre Corto et Cush]

- Qu’en sais-tu, toi... Comment il était...
- Et toi... Tu en sais davantage ? Tu parles de lui comme si tu le connaissais depuis très longtemps. Qui était-il ?
- C'était le personnage d'une histoire terrible... Une histoire d'un pays lointain où l'herbe est toujours verte et où les frères haïssent les frères.
- Il n'est pas nécessaire d'aller si loin pour vivre la même situation... Ici aussi, Corto... Il se passe des choses semblables...
- Tu as raison, Cush... Nous prenons le thé ?
- Jamais avant cinq heure de l'après-midi, Corto Maltese, jamais... C'est toi qui me l'a appris ! ...
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MusardiseMusardise   02 février 2015
[Corto Maltese vient de rencontrer Cush]

- ... Et maintenant, buvons le thé, et lui, ton ami, ne dira rien parce que le son de ses paroles trouble le silence du désert...
- Drôle de moment pour boire du thé... Vous ressemblez à de vieilles dames anglaises.
- Les Bédouins et les Danakils aiment boire du thé avant d'engager l'action et ils ont un profond mépris pour ceux qui boivent du café... Cush est très fidèle à la loi du Coran.
- Bah... Demande-lui s'il n'a rien à redire à ce que je décortique quelques cacahuètes.
- Ne t'y mets pas toi aussi, Corto. Cush a déjà assez mauvais caractère comme ça... Ne me rends pas les choses encore plus difficiles.
- Bien, Maman !
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michfredmichfred   20 mars 2015
-Comment savais-tu que j'étais prisonnière ici?
-Je ne sais pas, Fala Mariam, j'ai peut-être suivi les conseils d'un cauchemar!
-Ce n'est pas surprenant, Monsieur, tous rêvent et font des cauchemars dans ce pays. C'est une terre sainte.
-Eh oui....je ferais bien de m'en aller...
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AlcaponeAlcapone   02 juin 2011
- Corto, maudit bâtard infidèle, fils de scorpion.. La sourate 115 du « Maltese » n’existe pas dans le Coran. Il y en a 114... Celle qui te concerne n’a pas encore été écrite.
- Ca va, ne te fâche pas, El Oxford, et puis ne me traite pas d’infidèle... A Malte, nous sommes tous un peu sarrasins. p.18
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Acerola13Acerola13   25 mai 2014
Il faut que ce soit le premier vendredi de la lune. Tu achètes un ruban bleu de longueur moyenne au nom de la jeune fille que tu aimes...Tu fais un noeud en disant le verset 5 de la sourate 30 dite des Vénitiens ou des Byzantins, si tu préfères...
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Vidéo de Hugo Pratt
Du 20 juin au 31 juillet 2018, la Galerie Gallimard célèbre aussi "40 ans de roman en bande dessinée" et présente une exposition d'originaux des plus grands récits et artistes qui font la fierté de notre catalogue. ? bit.ly/40ansRomanBD
Nous aurons l'honneur de vous présenter une sélection d'?uvres de Zeina Abirached et Mathias Enard, Baru, Enki Bilal, Max Cabanes, Catel BD et Bocquet José-Louis, Jean-Christophe Chauzy, Didier Comès, Nicolas de Crecy et Sylvain Chomet, Ludovic Debeurme, Frantz Duchazeau, Jacques Ferrandez, Vittorio Giardino, André Juillard, Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Lorenzo Mattotti, M?bius, José Muñoz & Carlos Sampayo, Anthony Pastor, Vincent Perriot, Hugo Pratt, Jean-marc Rochette et Jacques Lob, Grzegorz Rosi?ski et Jean van Hamme, Christian Rossi et Géraldine Bindi, David Sala, Francois Schuiten et Benoit Peeters, Jacques TARDI et Jean Claude Forest, Bastien Vives.
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