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EAN : 9782849211168
305 pages
Editions Thot (27/08/2007)
4.42/5   6 notes
Résumé :
Philippe Pratx, créateur et webmestre du site Indes réunionnaises, professeur de Lettres ayant exercé en France métropolitaine, en Afrique Noire, en Guyane et à la Réunion, photographe à ses heures, a très tôt touché à la création littéraire. Il poursuit en ce domaine un parcours personnel à l’écart des modes comme des traditions, jouant sur le brouillage des genres, les échos textuels et les limites du pouvoir des mots.
Après de longues années sur cette voie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Voici une oeuvre bien étrange ! Ou plutôt, un recueil bien étrange. La première partie se compose de quelque chose d'atypique que l'on ne saurait réellement déterminer : une association - très réussie - de nouvelles, appartenant à Shandili, entrecoupées de lettres ; lettres qu'elle n'envoie qu'à un seul destinataire mais qui ne sont pas suivies de réponses de ce dernier. D'ailleurs, on n'en connaît l'identité qu'à la dernière, laissant ainsi le lecteur se poser des questions jusqu'à la dernière page. J'ai vraiment apprécié le style de Philippe Pratx qui, à travers cette jeune fille expose sa palette d'écrivain. Nous évoluons dans une double culture, française et indienne. Et cela s'harmonise bien. Passer de l'Inde au Tarn, c'est une prouesse ! L'écriture est fine, riche, oscillant entre prose et poésie.

La deuxième moitié est composée de poèmes. Mais ne pensez-pas qu'ils soient indépendants. de nombreux indices rappellent Shandili et ses écrits. Là, je suis moins fan mais ce n'est en aucun cas dû à l'auteur. Vous savez que la poésie et moi...

Je ne connaissais pas du tout Philippe Pratx avant de lire son roman, "Le soir, Lilith". Je continue à penser qu'il s'agit là d'un auteur qui mérite vraiment d'être mis en avant.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Les lettres de Shandili est un recueil de nouvelles d'inspiration indienne qui forment la trame de l'ébauche d'un épistolaire roman. Quant au « Devîsadangeï » ( le cercle des grelots de Devî) c'est un recueil de poèmes traduit du tamoul de même inspiration. L'ensemble est préfacé par l'écrivaine mauricienne Ananda Devi
Les nouvelles sont toutes différentes les unes des autres , leur point commun est l'Inde. D'une écriture fluide et légère l'auteur nous entraine dans de courtes nouvelles à la Edgar Alan Poe ou à la Stefan Zweig , qui , avec tout autant de légèreté nous font glisser avec allégresse vers un dénouement plus ou moins surprenant auquel on ne s'attend jamais.
Telles ces vieilles dames anglaises qui préparent leur chien au fameux concours canin annuel. Il est recommandé dans l'ouvrage « Wonderful Dogs », qu'elles viennent de recevoir, de nourrir son chien de viande de boeuf, mais, en Inde les vaches sont sacrées. Toutefois, il y est écrit que la chair humaine convient également. Lors d'une promenade, ces charmantes vieilles dames ramènent une misérable petite fille, le domestique pense qu'elles font oeuvre de bienfaisance…
Cette autre nouvelle qui relate l'interrogatoire d'une jeune femme qui a accouché récemment. On lui avait dit que les enfants, ces petits êtres innocents, dans le ventre de leurs mères communiquent avec l'outre monde et oublient tout à la naissance. Voulant entendre son enfant lui parler de Brahman, elle provoqua son accouchement et étouffa son nouveau-né qui ne répondait que par des pleurs à ses sollicitations de lui raconter l'outre monde…
Ou encore ce jeune employé du consulat qui éprouve un amour obsessionnel pour la charmante jeune Anita qu'il ne croise que quelques minutes chaque matin. Il s'invente et fantasme une histoire d'amour, la suit, l'espionne jusqu'au jour où les présentations se font, qu'il l'effraie par son amour très pressant et qu'il est chassé par la mère de la jeune fille, le dénouement a lieu quelques années plus tard…
Il y a ainsi bien d'autres nouvelles tout aussi bien formulées et réjouissantes.
Entre les nouvelles s'intercalent les lettres de cet échange épistolaire, qui par des pensées philosophiques ,débattent sur les doutes, les difficultés à écrire, sur le réel, l'irréel, la pensée et le langage , sur l'acte d'écrire et l'influence des lectures sur les directions que prennent les destinées, sur la transcendance des mots.
Ce recueil de nouvelles est suivi d'un recueil de poèmes « Devîsadangeï » ( le cercle de grelots de Devi) traduit du Tamoul qui laisse apparaître toute la beauté de l'univers sacré de l'Inde.
Enfin, un lexique en fin d'ouvrage permet de nous familiariser avec le vocabulaire indien et ses divinités.


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Lettres de Shandili suivies du Divîsadangeï est comme le titre le présente est divisé en deux parties. Une partie est composée de nouvelles, qui sont elles-mêmes ponctuées de-ci de-là par des lettres a priori de Shandili.
L'autre partie "Divîsadangeï" est un recueil de poèmes. Les deux parties ont un lien certes assez discret, mais intéressant à trouver.
La lecture de ces nouvelles est très intéressante car elles ont été dans un style tout à fait intéressant, où le lecteur sera lancé dans des écrits passionnants mais où perdrait peut-être ses repères auxquels il est habitué, mais pour une belle expérience.
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Lettres de Shandili, évoquant par le titre un roman épistolaire, est en fait un recueil de nouvelles, bien qu'émaillé des lettres d'une jeune femme à un mystérieux destinataire. Ces lettres créent une forme de cohésion entre tous ces récits distincts, comme un recueil caché dans le recueil. Ce qui n'empêche pas les nouvelles elles-mêmes de se répondre ; elles s'effleurent les unes les autres, avec plus ou moins d'insistance, mais toujours en subtilité.
[...]
La suite sur mon blog.
Lien : http://livropathe.blogspot.f..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
─ Qui es-tu ? Il me semble que je te connais depuis toujours. Tu as l’air d’un oiseau prisonnier, un oiseau qui ne sait plus s’il doit chanter et lisser ses plumes. Comment le monde peut-il être assez cruel pour garder cet oiseau en cage ? Qui t’a enfermée ainsi ?... Oh ! Puisse-t-il ne jamais apprendre pourquoi je vis recluse dans cette prison sans barreaux ! Pourquoi faut-il toujours que cette malédiction me rattrape et me torture ? Lui que j’aime, lui pour qui je donnerais ma pauvre vie, pour qui j’aurais honte de donner une si misérable vie, épargnez-lui de me faire pleurer. Gardons seulement pour l’éternité cet instant de bonheur où il m’a dit qu’il a trouvé l’amour à présent ! Mes lèvres restent closes, ma tête s’incline et se détourne, et s’il me voyait fermer les yeux, s’il entendait le soupir que je retiens, pourrais-je encore retenir mes larmes ?
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Je ne sais pas pourquoi, je pense à ta mère qui me disait avec un reproche : – L’art indien ? Il y manque le tragique. Il y a ce pathos de pacotille qui ne fait même pas illusion. Des larmoyances même pas émouvantes. Et ces histoires de karma ne me disent rien qui vaille. C’est trop facile.
En fait je crois bien savoir au fond pourquoi je repense à ses paroles. Son sang tragique coule bien dans tes veines. Mais je ne suis pas du genre à renoncer face à ce que d’autres ont la naïveté de croire irrémédiable. La fatalité n’a de pouvoir que sur ceux qu’un simple défaut de volonté englue dans la paresse de vivre.
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J’ai pourtant envie de donner mon livre, qui n’est pas encore né. Le livrer à la cohorte menaçante qu’on appelle les lecteurs. Pas leur laisser faire ce qu’ils en veulent, non. Je sais bien ce qu’ils en feront, on le leur a assez dit que sur les livres ils ont des pouvoirs démesurés, ils les arrachent à ceux qui les écrivent, et ils en font ce qu’en font les hyènes. De ce qui écrit les livres – les vrais livres – de cette vie plus vraie, ils font ce qui lit les livres : une vie, c’est juste, mais plus pauvre et plus inconsistante, intermittente, un empois mental de négligence et d’ingratitude. Pourtant parmi tous, s’il y en a un seul qui voie la vie véritable dont c’est fait, cette sorte de beauté d’être plus forte, tellement plus forte que la beauté des choses, des lignes qui se lient et se lisent, s’il existe celui-là, qu’il voie cette vie et sache quoi en faire, qui n’est pas ce qu’il veut mais ce que le poussent à faire des puissances d’amour, s’il existe je sais que je dois lui donner mon livre, et que ce serait comme un crime de ne pas le faire…
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— Grand père, connais-tu ces deux enfants qui sont venus un jour jouer dans l’usine ?
— Je ne sais pas de qui tu veux parler. Mais écoute-moi. Celui qui voit au fond des choses – tu sais bien, le secret des mondes, les profondeurs de l’univers – celui-là n’y trouve pas plus le bonheur que celui qui n’en voit que la surface. La vase ou les graviers qui sont au fond de la rivière sont-ils plus beaux que l’écume de sa surface ? Au fond des choses comme à leur surface : la même chance d’être heureux, et les mêmes remous de désespoir. Ce n’est pas ce sur quoi se porte notre regard, ce dans quoi s’enfonce notre pensée qui nous apportera le bonheur.
— Mais alors, qu’est-ce qui nous l’apportera ?
Il n’a pas répondu.
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Se peut-il que tu aies connu le bonheur et sagesse sans en avoir su le nom ? Se peut-il qu'on les connaisse toujours et partout, et qu'on oublie seulement de leur donner ces noms qui sont leurs ? Se peut-il qu'on ignore presque toujours le vrai sens de ce qu'on vit, et qu'on vive malheur et folie seulement parce que leurs noms dans la bouche et l'esprit se sont imposés qui sait comment et pourquoi ?
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Extraits de Karmina Vltima mis en voix par Béatrice Machet.
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