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ISBN : 2850472611
Éditeur : La Bibliothèque des Arts (27/06/2001)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Dans ce volume, illustré de dessins de Zadkine et de Valentine Prax, reproduits en fac-similé, l'épouse du grand sculpteur évoque les souvenirs de sa vie. Page après page, elle fait revivre, pour nous, avec une singulière puissance d'évocation, sa rencontre avec Zadkine, les années héroïques de Montparnasse et de Saint-Germain-des-Prés...
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fanfanouche24
  24 janvier 2014
Un volume de souvenirs d'une artiste, Valentine Prax sur un autre artiste, qui fut son mari et compagnon, Ossip zadkine... le ton plein de pudeur de cette vie de couple de créateurs a retenu mon attention envers cette femme peintre, au parcours fort original.
Elle parle de son cheminement, de l'évolution de son style… mais avant tout, elle met en avant l'oeuvre de Zadkine, de ses activités de professeur, de sculpteur…d'homme...
Des chagrins intenses sont effleurés… comme les quatre années d'exil de Zadkine en Amérique, où le couple se retrouve séparé…des malveillances des habitants du village des Arques, qu'ils avaient adopté, et où Valentine Prax se retrouve seule pendant la guerre. Elle a toujours l'élégance de ne pas s'appesantir sur les épreuves intimes, personnelles…et relate avec beaucoup de modestie sa vie avec Zadkine, en sachant que c'est ce dernier qui l'avait encouragée à le faire, alors qu'elle lui exprimait son vif intérêt à la lecture de ses Mémoires à lui, « le maillet et le ciseau » (Albin Michel, 1968)
J'ai choisi deux longues citations qui donnent une assez juste idée de ce petit ouvrage, d'une intense matière humaine et artistique. La première est un encouragement de Zadkine envers Valentine, aux débuts de leur rencontre, pour faire évoluer sa démarche de peintre…La seconde est un descriptif de Valentine concernant l'élaboration des réalisations du sculpteur, autour de van Gogh, que Zadkine admirait au plus point… Ce dernier choix, est très personnel et subjectif, marque une préférence très forte pour la représentation de van Gogh, par cet artiste, que je trouve d'une expressivité bouleversante…

« Zadkine avait remarqué que j'étais timide, craintive, en ce sens que je n'osais pas, en peignant, m'éloigner trop de mon modèle. Il me dit : « En art, tout est permis. Il faut donner libre cours à son imagination. » Ces paroles furent pour moi la bouffée d'air frais que le prisonnier doit recevoir en plein visage quand on le libère. Cela me parut merveilleux. J'avais entendu, durant toute mon enfance, et lu sous chacune de mes narrations en classe : « Prenez garde à votre imagination. Jugulez-la. » - Et voilà qu'un artiste me dit « n'ayez pas peur de votre imagination ». Ce fut pour moi la parole magique. (p.33)
J'en viens à la période de Zadkine qui fut tournée vers Van Gogh
«- le travail sur Van Gogh, qui devait aboutir à la statue finalement érigée à Auvers-sur-Oise où mourut le peintre génial, fut toute une période importante dans la vie de Zadkine. Aidé, comme je l'ai dit par M. Trabaut qui collectionnait tous les documents se rapportant à Van Gogh, Zadkine lut énormément. Quand il lut les admirables lettres de van Gogh à son frère Théo, il sut me faire partager sa passion et sa ferveur. Au fur et à mesure qu'il lisait, qu'il étudiait la suite de portraits et autoportraits, au fur et à mesure qu'il comprenait et entrait dans la vie de son héros, Zadkine découvrait en lui-même des richesses et des élans. Quand il se mit à sculpter, ce fut fécond : il modela un –Van Gogh prédicateur-, puis un –Van Gogh assis et dessinant-, puis un –Van Gogh à travers champs-, puis un –Van Gogh debout, prêt au travail-..Pendant des mois, Zadkine pensa et vécut avec Van Gogh…(p.124)
Ce récit est magnifique… il est à la fois un bel hommage à Zadkine et la continuation d'un partage au-delà de l'absence de celui ,parti en premier, Zadkine. de plus, ce qui ne gâte rien, ce texte publié par la Bibliothèque des Arts (Collection Pergamine) est un bel objet, enrichie des dessins de Zadkine et Valentine… Pour tous les passionnés d'art…une lecture prenante et riche de mille détails sur la sculpture, les matières, la nature, les rapports de Zadkine avec ses élèves, ses amis…et sa compagne, etc.
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claudeparis
  25 mai 2014
Très petit livre (130 pages seulement), mais que de souvenirs relatés dans un si court espace ! Tout est dit avec tendresse, pudeur, amour ; on ne peut s'empêcher, parfois, d'être ému. Ossip Zadkine était décédé depuis trois ans lorsque Valentine Prax, son épouse, a décrit ce que fut leur existence. Pas toujours facile, surtout lorsque les deux protagonistes exercent le même métier, et pourtant à aucun moment elle ne porte de critiques, excepté, peut-être les violentes colères - rares s'empresse-t-elle de dire - de Zadkine : "Je me souviens de la première fois qu'il se fâcha contre moi, au début de notre union. Je ne sais plus pour quelle raison mais, en tout cas, c'était futile. Zadkine saisit alors le fauteuil Louis-Philippe que nous possédions comme seul meuble parmi des caisses et des divans éventrés par Kalouche, fauteuil acheté au marché aux puces bien que nous n'aimions pas le style Louis-Philippe. Zadkine empoigna donc le fauteuil et le projeta sur le plancher avec une telle violence que le fauteuil éclata au sol. Il n'en resta que de petits morceaux de bois ressemblant aux cubes des jeux de construction pour enfants..." Quelle force ! En ce qui la concerne, elle reconnait ses défauts.
Et tout est dit avec délicatesse. C'est très beau.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   18 janvier 2014
Il faut que je précise qu'avant celles de Picasso, ce furent les œuvres de Jérôme Bosch, qui, en dépit du parti pris qu'elles contiennent de déformation, de laideur, d'inhumain chez l'être humain, de vice, me parurent admirables.

J'en suis donc venue à penser qu'on pouvait considérer les formes humaines, les déformer, les recréer, les estropier et construire une œuvre "belle". Mais pourquoi ? Comment ? Et j'ai continué à penser, à me questionner. Je pense maintenant que ces difformités dans les sujets peints, dans des nus de Picasso par exemple, me plaisent non pas en tant que difformités (qui seraient affligeantes) ni en tant que femmes nues (qui pourraient être "belles" ou moins "belles") mais, assurément, en tant que formes inventées selon un registre de nouvelles données qui émeuvent toujours autrement.

N'empêche que ce mystère de la "beauté" et celui de ce cheminement personnel qui m'amena à admirer des choses qui m'étaient, ou m'auraient été, repoussantes dans ma jeunesse, je ne les ai pas vraiment éclaircis. Je veux aujourd'hui appeler "beauté" l'objet, la forme, la couleur, le son, qui satisfait en nous un désir de voir et regarder encore ou d'entendre davantage, de posséder le moyen d'exalter en nous le meilleur de nous-même, ce qui donne la satisfaction d'éprouver le besoin d'un amour, ce qui-somme toute- provoque en nous du bonheur. (p. 74-75)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 janvier 2014
Zadkine aimait les arbres particulièrement. Il avait l'impression qu'un arbre souffrait sous les coups de hache ou les morsures de la scie. Jamais, il ne voulut faire abattre un arbre pour faire une sculpture. (p.47)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 janvier 2014
Zadkine s'exclama: " Voilà, vous êtes poète !
Laissez dessins et peintures. Ecrivez...Vous serez poète. Mais, je vous avertis, vous crèverez de faim. (p.19)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 janvier 2014
Zadkine était heureux, rue d'Assas, de pouvoir travailler sur la terre même et au milieu d'arbres. "Tu sais, me disait-il, je ne pourrais jamais vivre à un deuxième ou troisième étage. Il faut que la semelle de mes chaussures racle la terre. Je dois être de l'espèce des rats et pas celle des oiseaux."
Et, pourtant, un grand nombre de ses personnage sculptés lèvent les bras au ciel, vers la lumière, souvent dans un geste de supplication vers l'Eternel. (p.52-53)
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claudeparisclaudeparis   25 mai 2014
Je veux aujourd'hui appeler "beauté" l'objet, la forme, la couleur, le son qui satisfait en nous un désir de voir et regarder encore ou d'entendre davantage, de posséder le moyen d'exalter en nous le meilleur de nous-mêmes, ce qui donne la satisfaction d'éprouver le besoin d'un amour, ce qui - somme toute - provoque en nous du bonheur.
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