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ISBN : 2264058218
Éditeur : 10-18 (22/05/2014)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Un des meilleurs livres de l'année selon The New York Times, prix du meilleur premier roman du Los Angeles Times devant L'Art du jeu de Chad Harbach, une œuvre coup de poing, qui insuffle un grain de folie à la Kusturica dans un témoignage aussi poignant que Le Journal d’Anne Franck. L’incroyable odyssée d’un jeune comédien bosniaque qui rêvait de Californie… Trois secondes. Quand il entend le bruit d’un tir au canon, Ismet sait qu’il a exactement trois secondes pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  03 août 2014
Une fureur irrigue le premier roman d'Ismet Prcić. La fureur de l'exil, de la guerre, de l'adolescence, de la création artistique, la fureur de la vie et de la mort tellement imbriquées qu'elles ne se reconnaissent qu'à grand peine. C'est un roman frénétique, rapide. La phrase qui se termine est bousculée par la suivante, par l'idée qui la chevauche, qui veut presque la chasser et prendre sa place. Cela donne de la puissance, une forme un peu chaotique et emportée qui peut désarçonner. L'écriture vive, simple et tellement actuelle circule aisément. L'humour, le désespoir, l'amour, l'absurdité et la terreur l'irriguent. L'autobiographie dans le roman, le roman dans l'histoire de cette guerre des Balkans. Ismet Prcić a un imaginaire naturellement exalté, il observe sa ville, Tuzla, ses habitants, sa famille, lui-même, son quotidien d'enfant et d'adolescent avec un humour féroce, un désespoir tranchant, une dramaturgie à la fois sèche et foisonnante. Chaque situation ne demande qu'à être poussée pour tomber dans la farce, le burlesque. Entre l'affliction la plus sincère et le rire, le lecteur oscille. La réalité des faits est lustrée et distanciée par l'introduction d'un personnage imaginaire (dixit l'auteur) un double salutaire, lui permettant une distanciation schizophrénique de la guerre. Nous ne savons plus qui a vécu quoi ; lui, le double, les deux à la fois ? Qu'importe. Mustapha est le témoin invisible qui endosse la réalité de la guerre et sa vérité. Jorge Semprun avait lui aussi "inventé" son témoin invisible dans "le grand voyage". Mustapha, l'autre mental d'Ismet Prcić existe peut-être quelque part et sûrement. Qu'il soit resté en Bosnie-Herzégovine ou qu'il est réussi à immigrer, il personnifie le vécu de la guerre logé à l'intérieur de soi comme un abandon de l'âme. C'est aussi le récit de l'exil, d'une identité qu'on essaie de déliter pour qu'elle vous encombre un minimum et ne vous rappelle pas trop à l'ordre. J'ai aimé ce roman émotionnel troublant et un peu fou. Ce n'est pas une chronique sur une vie en temps de guerre, d'une ville assiégée et s'en est une. Ce n'est pas une autobiographie d'un adolescent qui veut vivre ses rêves d'adolescence et rester encore un peu dans l'enfance et s'en est une. Ce n'est pas le récit d'un exil et s'en est un. C'est un jeu de dominos où on aurait donné un coup de pied, par jeu, par exaspération, par dépit, par défi.
Je remercie Cioran d'avoir attiré mon attention (avec beaucoup d'enthousiasme) sur ce livre et j'espère que cette appréciation lui parlera.
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Cioran
  11 août 2014
"Quelqu'un, Omar peut-être, m'a dit un jour que nous souvenirs sont des sortes de cassettes vidéos qu'il faut essayer de conserver pour pouvoir les visionner des années plus tard et se remémorer l'enfant ou le jeune homme que nous avons été. N'importe quoi ! ai-je pensé sur le moment et je le pense toujours. Nos souvenirs ne sont pas des cassettes vidéo. Les cassettes enregistrent des pans de réalité ; notre mémoire consigne de la fiction. Je n'ai jamais été très doué pour enregistrer la réalité avec exactitude. Je suis sans doute trop enclin aux fantasmes. J'ai un passé trop pesant. Un tempérament trop rêveur."
California Dream, un livre dont le nom ne me parlait pas...
California Dream, un Grand livre.
Le meilleur de la sélection du Comité de lecture organisé par Cognac ? Je dois relativiser mon enthousiasme, il m'en reste un à lire...
Ce livre donne la joie de lire et de vivre. Petit à petit, il pénètre fortement l'esprit du lecteur et s'est immiscé dans mon existence : un soir, alors que ma lecture approchait de sa fin, j'ai bu un thé avec Omar, qui m'a réconforté.
Lu il y a quelques semaines , ce livre m'accompagne encore. Est-il désormais une partie de moi ? J'ai traîné à le lire, je ne voulais surtout pas le terminer, le fermer définitivement, le ranger... Difficile de ne pas le lire vite alors que j'avais très envie de connaître la suite. Connaître la fin ? Il n'y a pas de fin. Difficile d'en parler également. Je ne sais par où commencer et comment finir la critique de ce livre phénoménal et mystérieux qui est beaucoup plus que ce qu'on appelle couramment un livre...
Pourtant, CorinneCo a su en faire une critique remarquable. Allez vite la lire... Ses mots sont le jaillissement de la vérité de ce livre. "Une fureur" écrit-elle justement. C'est ça : "une fureur", un tourbillon qui emporte et réchauffe... durablement.
Ismet Prcic a cent fois raison : "L'encre d'un érudit est plus précieuse que le sang d'un martyr"...
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strummer
  06 mars 2013
La Yougoslavie a explosé comme un obus qui met 3 secondes à retomber, les fragments sont la Bosnie, la Croatie, le Kosovo, le Monténégro, la Serbie, la Slovénie et la Macédoine. le héros s'est pris des méchants schrapnels partout dans le corps, dans la gueule, dans l'âme, dans le coeur et ils ont même traversés l'Atlantique ces salauds, ils sont passés par l'Angleterre via l'Ecosse et ils ont apportés avec eux la culpabilité Vs le courage de s'être enfui.
C'est un premier roman fort, parfois inégal,mais monstrueusement génial.
Si vous êtes trop jeunes pour avoir lu des romans contemporains d'une catastrophe humaine, si vous voulez savoir ce qu'un mec de 1977 peut sortir comme oeuvre coup de poing, si vous aimez la littérature chevillée au corps, si vous aimez Ron Carlson, les ambiances poisseuses à la Lynch, Go Go GO, trop tard l'obus est tombé BOUM
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tynn
  06 septembre 2013
Un roman-biographie qui se mérite...
Ismet, jeune Bosniaque musulman confronté dès son adolescence à la guerre des Balkans des années 90, retrace l'effrayante descente aux enfers de son pays et un quotidien familial sous les bombes.
Etudiant réfugié et déraciné aux Etats unis, loin des siens, il devient Izzy, et tente de soigner un trouble de stress post traumatique en racontant ses souvenirs de jeune garçon à la vie fracassée par les événements.
Partagé entre nouveau pays, nouveaux projets, et ses racines bosniaques, sa correspondance, son journal et son travail d'auteur décrivent la vie dans une Yougoslavie communiste moribonde, gangrénée par le communautarisme religieux et la guerre. le tout emballé dans une formulation ironique, humoriste et décalée, de l'observateur parfois éberlué par ce qu'il voit.
Un roman autobiographique qui ne manque pas de rythme. Les supports narratifs s'entremêlent, mélangeant les souvenirs en une trame un peu confuse et irréelle, vivante et colorée, entre tristesse, gaité, horreur et folie.
J'ai pourtant eu des décrochages d'intérêt, une overdose d'égarement due à la construction narrative chaotique. Il convient de s'accrocher pour suivre et comprendre les délires psychologiques engendrés par les souvenirs.
Plus généralement, l'analyse de l'exil, coupable ou assumé, est intéressante, comme la notion d'arrachement, d'éloignement et de sentiment d'étrangeté face à sa propre famille. Quitte à y perdre les siens, le désir de survivre, d'avancer et de se construire, est le plus fort, tournant le dos à une guerre qui n'est pas la sienne. Mais cette dualité entrainera Ismet aux frontières de la folie et de la somatisation du corps.
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Aela
  17 juillet 2013
J'ai lu à peu près la moitié du livre et j'ai renoncé ensuite et c'est dommage car le sujet est intéressant: un jeune homme fuit son pays en guerre, la Bosnie, et va s'installer aux Etats-Unis. Il vit mal son exil et reste hanté par les scènes de guerre qu'il a vécues.
Le théâtre va lui servir de thérapie. le théâtre est sa passion et il va réussir brillamment dans cette voie.
Toutefois pour ne pas se sentir coupé de ses racines, il va garder un lien avec ceux restés au pays, symbolisé par ce destin qu'il imagine à ce jeune resté en Bosnie, Mustafa.
C'est un récit très autobiographique et le côté "vécu" et témoignage est très fort.
On découvre avec beaucoup d'intérêt les coutumes et traditions de ce peuple bosniaque musulman.
Le code de l'honneur est très bien décrit, avec les violences que cela entraîne et la survivance d'une forme de vendetta qui peut paraître très cruelle.
Le contenu m'a paru très intéressant mais la forme m'a en quelque sorte désorientée: ce n'est pas un récit classique, le déroulement est loin d'être linéaire, on navigue en continu entre deux pays la Bosnie et les Etats-Unis et entre deux personnages izzy, l'émigré et Mustafa, celui qui est resté aux Etats-Unis.
Donc je reprendrai plus tard sans doute la lecture, que je vais interrompre pour le moment...
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Les critiques presse (1)
Telerama   23 janvier 2013
Telle est la certitude d'Ismet Prcic, qui signe un premier roman aussi haletant que tonitruant, d'inspiration fortement autobiographique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   19 octobre 2017
Au commencement était la Lumière. Au commencement était le Verbe. Au commencement était la Voix. Au commencement était la Voix utilisant le Verbe pour donner une existence à la Lumière, par le simple fait d'énoncer le mot « Lumière » dans le vide de l'univers. Par conséquent, du vide surgit la lumière, et de la lumière surgit tout le reste. Mais s'il est possible de créer quelque chose à partir de rien, alors le rien et la chose sont issus du même matériau, pour ainsi dire. Si on peut créer quelque chose à partir de rie par le simple fait d'énoncer des sons qui lui donnent du sens, alors la seule différence entre le rien et la chose réside dans le Verbe. (...) Le problèmes, c'est que certaines parties de ce rien ont pris conscience de leur nature et se sont mises à rêver d'autre chose. Toutes ensemble, elles ont inventé ce qui s'appelle la réalité. Et leur invention leur a beaucoup plu. Elles se sont tellement prises au jeu qu'elles ont rendu cette réalité de plus en plus complexe, de plus en plus cyclique, à tel point qu'elles ont oublié qu'elles n'étaient, par essence, que de petites particules insignifiantes. La réalité les a rendues stupides. Elle les a rendues réelles.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   19 octobre 2017
Tout aussi brusquement, les villes bosniaques, petites ou grandes, se retrouvèrent en état de siège - si elles n'étaient pas déjà occupées. Et le siège dura des années. Les terrains de football devinrent des cimetières, les civils abattirent les arbres des jardins publics, brûlèrent leurs meubles et leurs livres, élevèrent des poulets sur leur balcon, réparèrent leurs chaussures avec du Scotch, se nourrirent des pigeons qu'ils arrivaient à capturer, transformèrent leur machine à laver en poêle de fortune, firent pousser des champignons dans leur cave, remplacèrent leurs carreaux cassés par des morceaux de plastique, perdirent la tête et se jetèrent par la fenêtre, burent de l'alcool à 90°C dilué dans de la camomille jusqu'à ce qu'il ne soit plus inflammable, roulèrent des cigarettes de tilleul dans du papier toilette, souffrirent, attendirent, espérèrent, baisèrent.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   19 octobre 2017
« Mustafa est le nom d'un vivant ou d'un mort, poursuivit le Griffu. Mon grand-père s'appelait Mustafa. Il est mort. Toi, tu n'es ni l'un ni l'autre. Tu t'appelles Bidoche. Tous les bleus s'appellent Bidoche. C'est comme ça. Au début, je m'appelais Bidoche, moi aussi. Si tu survis à tes deux premières semaines ici, on te donnera un vrai nom. Un nom d'Apache. Mais pas avant. Parce qu'on ne veut pas se prendre d'affection pour un cadavre en puissance, tu comprends ? Si tu te demandes pourquoi - pourquoi toi, qu'est-ce que t'as fait pour mériter ça, pourquoi t'es tombé sur nous -, c'est parfaitement légitime, mais faudra t'adresser à tes supérieurs, à Dieu ou à toi-même. Moi, j'ai pas la réponse. Tout ce que je peux te dire, c'est : désolé, mon vieux. C'est le sort qui t'est réservé. »
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   19 octobre 2017
Un obus avait explosé en début de semaine face au lycée, sur la rive opposée du fleuve, et la fenêtre du couloir, au deuxième étage, avait volé en éclats. Depuis, une bâche en plastique faisait office de carreau, mais un élève, surnommé le Pacha, s'était amusé à graver son nom dans le plastique à la pointe d'un couteau. Le vent s'engouffrait entre les lettres, produisant un sifflement étrange, semblable à celui d'un coup de feu étouffé par un silencieux. Le mur portait la trace des deux éclats d'obus qui avaient brisé la vitre. Quelqu'un les avait encerclés au marqueur noir, ajoutant une ligne courbe en dessous pour en faire une énorme bouille souriante.
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mandarine43mandarine43   05 mars 2013
[ Incipit ]

Extrait du carnet I : la fuite,
d'Ismet Prcic

Pendant la guerre, quand son pays avait le plus besoin de lui - de son corps comme bouclier, de son doigt pressé sur la gâchette pour défendre les frontières, de sa santé mentale et de sa part d'humanité pour les offrir en sacrifice aux générations à venir, besoin de son sang, aussi, pour fertiliser le sol natal -, en ces temps d'urgence et de nécessité, l'entraînement de Mustafa ne dura que douze jours. Douze jours pour se préparer à intégrer les unités spéciales de combat. Douze jours au cours desquels il effectua très exactement vingt-quatre fois le parcours d'obstacles ; lança six fois de fausses grenades à travers un gros pneu à plus ou moins grande distance ; s'entraîna à tirer avec un fusil à air comprimé pour ne pas gaspiller de vraies balles ; et fut, au moins une fois, jeté au sol, roulé dans une couverture et passé à tabac par ses pairs pour avoir parlé dans son sommeil. Douze jours pour accomplir un nombre incalculable de pompes, de tractions, de sauts, de bonds et de roulades, enchaînés et répétés à l'infini, non pour le rendre plus fort, mais pour l'abrutir à tel point que le sergent instructeur puisse, le moment venu, lui inculquer le bien-fondé de la hiérarchie militaire et faire de lui un combattant efficace, trop terrifié pour désobéir - un soldat qui crèverait quand on lui dirait de crever.
Au bout d'un moment, on lui apprit à manier de vraies armes. «Ça, c'est un Uzi. Et voilà comment ça marche... On n'en a pas, alors, oublie. Ça, c'est un lance-roquette antichar. Et voilà comment ça marche... On n'en a qu'un petit nombre et on les confie à des gars qui savent déjà s'en servir. Toi, t'auras jamais l'occasion d'en avoir, alors, oublie...» - et ainsi de suite.
L'instructeur ès armes blanches lui montra où et comment enfoncer, selon le but recherché, la lame dans la silhouette humaine tracée sur le sac de sable pendu devant lui. L'instructeur ès mines lui expliqua comment poser des mines antipersonnel et antichar, et fit l'éloge de leurs charmes mortifères. Le médecin militaire avala une gorgée d'alcool de prunes et décréta que la guerre était une gigantesque merde dans laquelle lui, Mustafa, n'était qu'un fétu de paille, puis il lui conseilla de ne pas remettre les pieds dans son cabinet à moins d'avoir une blessure si large qu'il pourrait faire du kayak dedans.
Et ce fut tout.
Avant de partir, il hérita comme tout le monde d'une kalachnikov, d'une cartouche de munitions, d'une grenade et d'un couteau. Pour que ses supérieurs décident de l'affectation la mieux adaptée à son cas, on l'envoya d'abord au front avec l'armée régulière, histoire de lui montrer ce que la guerre pouvait offrir quand elle ressemblait à ce qu'on lit dans les manuels. Après ça, il intégra les unités spéciales de combat.
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Video de Ismet Prcic (1) Voir plusAjouter une vidéo
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