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ISBN : 2207123944
Éditeur : Denoël (12/03/2015)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Londres, années 1960. Quand Jonathan Maguire émerge d'un mauvais sommeil sur le sol du salon, il a les mains couvertes de sang et le corps de sa femme Harriet gît à ses côtés. Seule lui revient à l'esprit une violente dispute avec cette dernière, qu'il soupçonnait d'infidélité.
Jonathan est le tuteur de son grand frère Roger, dont le handicap mental l'empêche d'être autonome et qui consacre tout son temps libre à un étrange et spectaculaire élevage d'insecte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  26 décembre 2016
Avant d'être un thriller, un roman policier ou psychologique, le maître des insectes est l'histoire de l'amour indéfectible et réciproque qui unit deux frères, Roger et Jonathan. Roger est l'aîné, atteint d'une déficience intellectuelle à peine détectable pour ceux qui ne le connaissent pas, mais qui dans la vie familiale, oblige ses proches à respecter scrupuleusement ses rituels, ses stéréotypes et le monde dans lequel il évolue en toute innocence, sous peine d'une déstabilisation incontrôlable. Jonathan est plus jeune de huit ans et veille sur son grand frère, qui sera éternellement un petit garçon de huit ans. Après le décès de leurs parents, Jonathan renonce à ses études, pour vivre avec Roger, préparer ses petits déjeuners anthologiques, l'accompagner lors de ses déplacements, le protéger de toute agression extérieure perturbatrice.

Curieusement, les deux frères ont chacun une obsession. Roger, depuis son plus jeune âge a développé un intérêt dévorant pour les insectes. Dans son insectarium, une cabane dédiée à sa passion au fond du jardin, il élève quantité de bestioles originaires de tous les pays et continents, prodigue les soins appropriés à leur survie loin de leur biotope, et se révèle, en entomologiste émérite, capable de disserter comme un prix Nobel sur cet étrange élevage. Jonathan, quant à lui, est atteint d'une jalousie maladive qui se révèle et s'épanouit lorsqu'il rencontre Harriett, la femme de sa vie qu'il épouse. Il supporte mal qu'elle joue dans un quatuor dont les trois autres membres sont des hommes, il est insupportable pour lui qu'elle poursuive ses études à 500 kms de chez eux et ne rentre au bercail qu'une fois par mois. Peu à peu, cette jalousie devient un monstre qui occupe tout l'espace dans son cerveau, écrabouillant sa raison au passage.

Toutes ces particularités forgent une histoire émouvante, à la lenteur envoûtante, dont l'épilogue est un tour de force romanesque, qui n'est pas sans rappeler Fenêtre sur crime de Lindwood Barclay, une autre belle histoire de frères soudés par le handicap de l'un d'eux. le maître des insectes est avant tout un plaidoyer sur la différence, qui se déroule de l'enfance jusqu'à la soixantaine des protagonistes, relatant leurs vies inextricablement imbriquées.

Je ne peux que déplorer le bavardage intempestif de la 4ème de couverture. J'aurais aimé découvrir moi-même, l'un des rebondissements essentiels de l'intrigue plutôt que de l'apprendre par le service de communication de l'éditeur, bâclé en trois lignes réductrices. Si ce roman est susceptible de vous intéresser, ne le retournez pas avant de le lire, laissez-vous embarquer par le talent de Stuart Prebble sans chercher à en savoir davantage. Ce n'est que mon avis !
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stokely
  12 avril 2016
Voila une lecture qui m'a surprise ce n'est pas un thriller dont les pages se tournent à toute vitesse mais on n'a cependant très envie de retourner à la lecture de celui-ci. Grâce en partie aux deux frères Jonathan et Roger et à leur histoire.
Tout commence par la découverte de deux squelettes dans un jardin ouvrier dont le contenu de celui-ci contient des insectes. de la nous sommes plonger dans la vie de Jonathan de 17 à 57 ans et de son frère handicapé mental Roger. Très vite le roman nous montre la passion de Roger pour les insectes et Jonathan va devoir prendre en charge Roger suite à un incendie dans leur maison qui a tué leurs deux parents.
Il y a également Harriet la compagne de Jonathan qui rentre en jeu dans ce livre et l'ambiguïté de ces relations avec un autre garçon va changer le cours de certaines choses.
Une très bonne surprise que ce livre que j'avais choisi puisque la couverture et le nom m'ont tapé à l'oeil.
Commenter  J’apprécie          200
Melisende
  19 avril 2015
Avec un tel titre, une telle couverture et un tel synopsis, le Maître des insectes avait tout pour me plaire ou au moins tout pour m'intriguer. J'ai profité du long week end de Pâques pour me plonger totalement dans cette lecture et je ne regrette pas ma découverte.
J'ai certes été un peu surprise du chemin emprunté par la narration mais j'ai été séduite par le traitement des personnages et par la plume. C'est un roman que l'on dévore d'un bout à l'autre, totalement happé par les évènements !
La quatrième de couverture nous annonce un meurtre. de ce fait, j'étais persuadée, en parcourant la première ligne, que le texte commencerait sinon à ce moment-là, au moins quelques heures/jours après, au moment du départ de l'enquête. Je pensais presque que je découvrirais l'histoire du point de vue des enquêteurs, un peu comme avec les séries policières que j'affectionne. Et en fait, pas du tout. Mais pas du tout, du tout. Outre le prologue qui semble complètement sorti de nulle part (on ne le comprends qu'à la toute fin de la lecture, mais j'y reviendrai plus tard), le premier chapitre nous fait faire un bond dans le temps, en arrière, puisqu'il nous présente l'enfance du narrateur, le fameux Jonathan dont on nous parle dans le résumé. Ce héros-Monsieur-tout-le-monde, nous raconte sa vie et notamment la relation très particulière qu'il entretient depuis toujours avec Roger, son frère aîné handicapé. le meurtre que l'on s'attendait à voir dès le début n'apparaît qu'aux environs de la page 200, suite à une présentation très chronologique des faits.
Le choix est surprenant sur le coup mais il est finalement assez logique, particulièrement intéressant et finalement expliqué par le narrateur lui-même dans les dernières pages. Il était plus clair, selon lui, de retracer son histoire dans l'ordre des évènements et je lui donne parfaitement raison. Ce choix permet également d'entrer pleinement dans la vie des personnages dès leur plus jeune âge et donc de s'attacher à eux, de comprendre leurs choix et leurs réactions. L'évènement horrible qui finit par arriver n'est donc pas perçu de la même façon par le lecteur, ce qui révèle tout l'intérêt de ce choix de narration.
Stuart Prebble nous offre des portraits très précis, très fouillés. Jonathan en premier, évidemment, puisqu'il s'agit du narrateur et que l'on découvre toute l'histoire à travers ses yeux. le lecteur fait donc connaissance avec lui dès le premier chapitre (et non le prologue) et le voit évoluer au fil des pages (donc des années). Difficile de ne pas comprendre ses agissements et ses sentiments alors que nous sommes dans sa tête pendant 350 pages. le lecteur s'implique, c'est le moins que l'on puisse dire. L'histoire n'en est que plus intense et on attend le dénouement impatiemment, curieux d'avoir le fin mot de l'histoire.
Roger, le frère aîné, est un mystère pour tous. Atteint d'un handicap mental qui semble le laisser constamment à l'âge de 8 ans, l'adolescent puis l'homme n'en possède pas moins un esprit brillant et bien réfléchi. Derrière le visage imperturbable, les rouages du cerveau s'actionnent, de façon différente, certes, mais tout de même. C'est ainsi que Roger met entièrement au point un insectarium dont il est le dieu ultime. Il installe, nourrit, soigne mais n'hésite pas à éliminer lorsqu'il le faut fourmis, blattes, araignées... tout ce petit monde bien rangé dont il prend un soin maniaque et qui occupe plusieurs heures de son quotidien. Et l'insectarium va finir par se retrouver au centre de toutes les attentions et de tous les développements de l'histoire.
Troisième membre du trio et non des moindres : Harriet, la future victime. Femme adorée, soutien sans faille, amie attentionnée... mais aussi étudiante en musique ayant une vie assez chargée en dehors des deux frères. Très entourée par la gente masculine, notamment d'un certain Brendan qui ne cache ni ses sentiments ni ses intentions envers elle... Voilà de quoi inquiéter Jonathan et assombrir le tableau familial qui semblait jusque là si parfait.
Plus que l'histoire d'un meurtre et donc de l'enquête qui en découle, c'est surtout l'histoire d'histoires d'amour. L'amour passionné qui unit évidemment les deux jeunes mariés Harriet et Jonathan mais aussi et surtout l'amour fraternel très fort qui existe entre Roger et son petit frère. Les deux enfants, adolescents puis hommes sont liés et se serrent les coudes, quelle que soit la situation, quelles que soient les difficultés et les conséquences. Et malgré les années qui passent, rien ne change ; au contraire, les liens se renforcent. C'est émouvant.
Les révélations des dernières pages du journal de Jonathan sont assez attendues... en tout cas, j'avais deviné que l'explication des mystères allait dans ce sens. Malgré tout, ce n'est pas un problème du tout puisqu'il pouvait difficilement en être autrement.
En revanche, lorsqu'on relit le prologue qui nous semblait bien nébuleux au départ, après avoir dévoré le livre ; il prend enfin tout son sens et nous laisse avec un "Bien joué Monsieur Stuart Prebble !" sur les lèvres.
Passée la surprise de la direction choisie par Stuart Prebble pour mener son intrigue, j'ai savouré cette histoire de drame familial et surtout cette relation fraternelle si touchante. L'auteur nous offre un "témoignage" (qui reste de la fiction) extrêmement bien écrit et particulièrement marquant. Un nom à suivre !
Lien : http://bazardelalitterature...
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idevrieze
  07 avril 2015
Une histoire de frères.
Le maître des insectes, c'est avant tout l'histoire d'amour inconditionnel de Jonathan et Roger. Roger est un petit garçon qui devient grand et qui est affecté d'un handicap mental. Mais ce handicap est allégé par la présence de Jonathan son frère. Certes, les parents des deux garçons font de leur mieux mais il faut avouer que Roger est un fardeau bien lourd à porter pour eux. L'amour entre les deux frères est donc pour eux une bénédiction. Mais pour eux, il n'est pas possible que Jonathan puisse se sacrifier en permanence pour son frère.
Afin que Jonathan puisse faire ses études tranquillement et rencontrer par la suite Harriet. Ce qui est beau et magnifique dans cette histoire, c'est que si les deux hommes ont des intérêts qui vont en s'éloignant par la vie tout simplement, dans le cas de Jonathan, sa femme et ses études, dans le cas de Roger, son insectarium, le lien est toujours aussi profond. Ces deux là se comprennent sans un mot. Et surtout, ils se complètent quelque part. L'un ne peut vivre sans l'autre et vice versa et ce qui pourrait passer pour un sacrifice d'un point de vue extérieur est réellement un acte d'amour et de foi de leur point de vue à eux.

Le narrateur nous conte donc l'histoire du vrai héros.
Car le personnage principal n'est pas réellement Jonathan mais surtout Roger qui par sa déficience mentale ne peut absolument pas nous raconter l'histoire. C'est donc Jonathan qui s'y colle, de son point de vue. Et on se rend compte que s'il comprend Roger, il ne comprend pas tout tout de même. Roger est le maître des insectes. Il observe ses petites bêtes, régit leur vie. Là où il n'est qu'un "benêt" aux yeux des autres, il est un dieu vivant dès qu'il parle de son monde. Et il provoque une certaine fascination auprès des autres.
Ainsi, celui qui perd les pédales, qui a peur, qui doute constamment n'est pas Roger. Car de son observation des insectes, il acquiert une certaine maîtrise de soit franche et presque un peu effrayante. Ainsi, on tente de percer ce mystère qu'est Roger à travers les yeux de Jonathan qui perd petit à petit tout ce qui l'éloigne de son frère et tout ce qui peut le faire souffrir.

En conclusion, un roman magnifiquement tourné.
Ce roman est une véritable addiction à lui tout seul. L'écriture y est limpide, l'intrigue y est bien prenante. Nombreux sont les retournements de situations, car nous n'avons qu'un point de vue dans cette histoire. Et je dois avouer que cela apporte le petit plus bien sympathique. Lorsque vous aurez terminé ce livre, lorsque vous aurez tout compris. Il vous aura laissé son empreinte, il vous aura marqué et vous ne pourrez vous empêcher de vous demander quelle sera la suite de la vie de Jonathan et de Roger tellement vous vous serez attachés à ces personnages. Un grand merci aux Editions Denoël pour m'avoir proposé ce titre. Je sais que je me répète, et je sais que vous vous demandez pourquoi je me répète. Tout simplement parce que la qualité est là et qu'il est vraiment important de le souligner. Je n'ai jamais été déçue. Et c'est un vrai plaisir pour moi que de les lire.
Lien : http://labibliodekoko.blogsp..
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Boulibooks
  12 octobre 2017
Magnifique et inclassable ! Ce roman n'est pas un roman policier, ni un roman d'amour, ni un roman noir, il est un mélange subtil de tous ces genres. Dès les premières pages, j'ai pressenti que ce roman allait me plaire.
Nous sommes dans le Londres des années 60 et Jonathan nous raconte son histoire et met en lumière les liens profonds qui l'unissent à son frère aîné Roger. En effet, Roger n'est pas un grand frère comme les autres. Il est simple d'esprit. Il vit dans son monde. Son passe-temps favori est un élevage d'insectes auquel il consacre tout son temps libre. C'est avec une facilité déconcertante qu'il entretient ces petites bêtes. Il n'a de cesse de se cultiver, le moindre détail le passionne. Son aisance et son expertise en entomologie sont surprenantes. Néanmoins, c'est encore un enfant, il a besoin de repères et d'une constante attention. Jonathan le protège d'ailleurs farouchement. Après l'incendie qui coûte la vie à leurs parents, Jonathan décide d'abandonner ses études et sa jeune épouse Harriet pour s'occuper de Roger à plein temps. Les mois passent, Harriet poursuit ses études artistiques loin de Jonathan qui occupe un poste de bibliothécaire et assure à Roger une routine prévenante et rassurante. Inéluctablement, les deux amoureux s'éloignent. Roger boit de plus en plus, ce qui exacerbe sa jalousie envers Harriet. Lors d'un week-end avant Noël, une dispute violente éclate entre eux, Jonathan perd connaissance et se réveille quelques heures après, le cadavre d'Harriet à ses pieds, du sang sur les mains. La suite de l'histoire nous plonge dans les multiples atermoiements, angoisses et espoirs de Jonathan. Faut-il se fier aux apparences ?
Même si j'ai assez vite deviné la fin de l'histoire, ce livre m'a captivé de bout en bout. L'écriture de l'auteur est fluide et agréable ; le rythme équilibré ; les personnages sont bien campés et très attachants. Pour moi, c'est un sans-faute. Je vous recommande cette lecture à 1000 % !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
namelessnameless   27 décembre 2016
Le problème quand on parle sous le coup de la colère, c'est qu'une fois que c'est dit, c'est dit. À l'instant où les mots sont lâchés, ils le sont pour toujours. Suspendus là-haut, dans l'atmosphère, comme une épée.
Page 166
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BoulibooksBoulibooks   10 octobre 2017
Unanimement, les gens hochaient la tête et approuvaient ses propos en murmurant. On avait l'impression qu'ils venaient de trouver leur gourou et s'abreuvaient de sa sagesse. Sauf qu'il ne s'agissait pas d'un maître spirituel, mais de mon frère Roger, handicapé mental, qui allait dans un centre réservé aux individus comme lui et qui ricanait en regardant des dessins animés. Mais qui est ce type ? a demandé un homme en smoking blanc à sa petite amie. Pour la première fois de ma vie, c'était la question que je me posais.
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djihanedjihane   27 mars 2015
Si vous avez eu la chance de pouvoir dire la vérité pendant presque toute votre existence, il vous sera probablement impossible d’imaginer à quel point vivre sans cesse dans le mensonge est éreintant. A quel point il est usant de devoir toujours veiller à combler le gouffre entre ce que vous pensez et ce que vos mots, vos actions et votre regard renvoie au monde extérieur.
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