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EAN : 9782940329618
192 pages
Éditeur : Atrabile (01/02/2009)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Sous un régime totalitaire, dans une usine qui produit des bombes, un homme, pour sauver une vie, fait acte de résistance. Alors que le régime veut éradiquer la culture, cet ouvrier va se faire un devoir de la transmettre. Convoquant visuellement aussi bien les Temps modernes de Chaplin que les dessins de George Grosz, Fabrica présente un monde imaginaire en prise avec une dictature impitoyable, qui rappelle à notre mémoire les pires moments de notre Histoire, de l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
jamiK
  20 octobre 2019
j'ai adoré !
Le graphisme de Nicolas Presl fait référence à l'expressionisme allemand de l'entre deux guerre, Otto Dix, George Grosz, aussi à Picasso ou Fernand Léger, l'Art dégénéré selon les nazis. Il y a aussi des liens avec le cinéma, “Les temps modernes” de Chaplin, “Metropolis” de Fritz Lang... Les illustrations sont en noir et blanc, au trait, avec des déformations à la manières des artistes précités, beaucoup de représentations d'engrenages, de machineries… C'est un pays totalitaire, l'économie basée sur la guerre, une grande usine d'obus est au coeur de l'action, la vie tourne autour. Les musiciens ont six doigts, le pouvoir les pourchasse pour les exécuter, les livres sont brûlés en place publique, un ouvrier, qui ressemble à un certain Pablo Picasso, protège et cache un enfant à six doigts et tout cela est raconté sans le moindre mot. le récit est imagé, surréaliste, fantastique mais en même temps, cette dénonciation du totalitarisme est très réaliste, le lien avec le nazisme est évident, ce qui rend cette histoire poignante et forte. Les illustrations, avec leurs formes déstructurées, leurs contrastes intenses, leur univers fantastique.. sont magnifiques dans leur sobriété. On peut faire le rapprochement avec David B. en plus industriel, moins baroque. C'est une bande dessinée “expressionniste”, très forte, une belle réussite, et pour moi, un véritable coup de coeur.
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Commenter  J’apprécie          180
svecs
  08 janvier 2015
Après l'Antiquité et la Renaissance, c'est dans l'époque contemporaine que Nicolas Presl situe son nouveau recit. Dans une société à mi-chemin entre "Les temps modernes" de Chaplin et "1984", un ouvrier recueille un enfant poursuivi par la police. Il le cache dans le seul endroir sûr qu'il connaisse: la machine dont il a la charge dans son usine.
Dans cette société toute entière tournée vers le travail, où l'usine apparaît telle une cathédrale, la musique est prescrite, les livres sont brulés et les artistes traqués. Fils d'un pianiste, cet enfant a echappé de justesse à une rafle, mais doit maintenant vivre au coeur meme du symbole de l'oppression: la Machine. Avec maladresse, l'ouvrier tente de reconforter l'enfant, mais quel espoir peut-il encore nourrir ?
Avec Fabrica, Nicolas Presl se situe plus que jamais en marge de la production actuelle. Il reste fidèle à son parti-pris de realiser des recits entièrement muets. de plus, son graphisme profondément original peut deranger. L'influence picassienne est revendiquée. Picasso prête d'ailleurs ses traits à l'ouvrier.
Mais ce troisième ouvrage semble egalement marquer une redite. On peut evidémment considerer Fabrica comme faisant partie d'un tout. Avec "Priape" et "Divine Colonie", ils forment une trilogie cohérente. Il est donc normal d'y trouver des similitudes thématiques ou stylistiques. Chaque récit montre les affres d'individus face à la force destructrice du destin. Il y avait le destin tragique de Priape. Il y avait la chute du jeune noble de "Divine Colonie", déchiré entre ses certitudes et ses aspirations. Il y a désormais l'ouvrier avalé par sa machine.
L'autre thème récurrent que développe Nicolas Presl est la différence... chaque recit confronte le personnage principal, de manière directe ou indirecte, a l'altérité. Dans "Fabrica", l'enfant et son père possèdent 6 doigts à chaque main, allégorie darwinienne de la fonction créant l'organe (Andrew Niccol imaginait également un pianiste a 12 doigts dans Gattaca), mais aussi prétexte de segregation sociale.
Enfin, les 3 récits utilisent des codes similaires, tel les personnage du "passeur", qu'il prenne les traits de Virgile ou d'un medecin du XVIIe, ou la construction narrative. On ne peut encore parler de procédé, mais, et Nicolas Presl semble conscient du danger, le risque existe de refaire sans cesse le même livre.
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Commenter  J’apprécie          50
psambou
  19 janvier 2020
Repéré dans la liste des coups de coeurs du challenge BD 2020 (merci jamik),Fabrica de Nicolas Presl est un roman graphique sans paroles, en noir et blanc, c'est tranché, pas d'entre-deux gris. Nous sommes dans un état totalitaire qui poursuit les hommes à six doigts pour leur don de la pratique de la musique - espace de douceur, de créativité et de liberté - que cette différence morphologique leur donne. Un roman graphique intense, dont le dessin est inspiré de l'expressionnisme allemand et les personnages des tableaux d'Otto Dix. Une belle découverte.
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