AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de paulmaugendre


paulmaugendre
  01 août 2020
Le fantastique selon Gérard Prévot lorgne vers le surnaturel mais s'inscrit dans le passé-présent comme le souligne Franz Hellens dans sa présentation qui figure en fin de volume, dans la partie dédiée au dossier concernant l'auteur. Mais ce pourrait être dans l'avenir présent.

Ce sont comme des prémonitions d'événements à venir, des images qui s'imposent, conduisant le personnage principal souvent narrateur, à extrapoler des épisodes qui ne sont pas encore réalisés. Exemples en sont donnés dans les deux premières nouvelles, et plus particulièrement dans L'affaire du Café de Paris. le narrateur aperçoit un soir, en sortant du café où il a ses habitudes, un chat dans une vitrine jouant avec une tête. Pourtant le lendemain, alors qu'il s'attend à ce que des personnages relatent l'événement, personne ne commente cette vision. Et la serveuse du café le soir même avoue qu'il s'agit de son petit chat qu'elle s'empresse d'aller délivrer. Mais aucun incident n'est à signaler. Pourtant c'est un peu plus tard, dans des circonstances étranges, que cette vision se réalisera. Dans le démon de février, la nouvelle titre du recueil, la vision qu'aurait eu la nourrice du narrateur est quelque peu provoquée.

Ce pourraient être également des divinations, des prédictions annoncées par une cartomancienne qui affirme dans Des lions, un jour, à Louisa accompagnée de son fiancé Julius Pfistermeister qu'elle se mariera avec un bel homme brun. Or Julius est blond. Quant à l'avenir de Julius, elle préfère garder vers elle sa vision. Toutefois, pressée par son interlocuteur, elle avoue peu après qu'il sera dévoré par des lions. Cela se déroulait durant l'Oktoberfest de Munich et Julius avait quelque peu bu.



Le coup de pouce du destin, cela existe. Il y a des hasards brusques comme des coups de vent qui peuvent, en quelques secondes, bousculer les vies les mieux établies.

Telles sont les deux premières phrases de la nouvelle intitulée Par temps de pluie et de brouillard, et effectivement, ce coup de pouce du destin est tout simplement une frange qui pourrait confiner au fantastique mais qui n'est qu'une simple étourderie.

Mais le plus souvent il s'agit d'une émanation, d'un état d'esprit plus que d'une manifestation physique. La sensation de fantastique qui en résulte conduit à un transfert de personnalité. Ainsi dans Correspondance, qui comme son titre l'indique est une nouvelle épistolière. Dans La doublure, le fantastique qui régit l'intrigue peut s'expliquer comme mettant en scène une jeune fille atteinte de troubles bipolaires.

Le guitariste de minuit s'inscrit dans la lignée des nombreuses nouvelles mettant en scène des automates. Ici, l'automate est un joueur d'échecs qui ne connait pas souvent l'échec justement. Mais un autre automate lui fait pendant, un joueur de guitare qui ne s'exprime qu'une minute, à minuit, jouant à chaque fois un air différent. Une nouvelle qui s'inspire librement des automates du baron von Kempelen, ingénieur à la cour impériale de Vienne.

Bien d'autres nouvelles mériteraient d'être légèrement disséquées, mais cette façon de procéder risquerait de trop en dévoiler et détourner l'éventuel lecteur de cet ouvrage qui oeuvre dans le feutré, l'indicible, contrairement à certains ouvrages dont l'aspect fantastique se réduit à mettre en scène des monstres issus d'une imagination lovecraftienne ou à débordement sanglant à la manière de Clive Barker.
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
Commenter  J’apprécie          30



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (3)voir plus