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Jacques Chambon (Traducteur)
EAN : 9782070423514
366 pages
Éditeur : Gallimard (06/03/2003)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Dans un cottage isolé dans la campagne anglaise, Peter Sinclair, un jeune écrivain désœuvré, cherche à faire le point sur son existence en rédigeant son autobiographie.
Mais l'écriture se met à dériver. L'Angleterre autour de lui, plongée dans une lente apocalypse, s'efface peu à peu. Et Peter Sinclair se retrouve en train d'écrire l'histoire d'un autre homme, citoyen d'un monde imaginaire avec sa mer Centrale, sa cité de Jethra et son foisonnement d'îles exo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Millencolin
  31 août 2018
Je suis littéralement bluffé. Ce bouquin est un véritable et un formidable exercice de style. Je n'ai jamais douté que Christopher Priest fut un grand écrivain, mais je dois reconnaitre que je l'avais encore sous-estimé. J'avais décidé de garder ce titre, point de départ de L'Archipel du Rêve, à découvrir après les autres ouvrages traitant de ce merveilleux monde imaginaire. Et j'ai bien fait.
La Fontaine Pétrifiante, qui porte bien son nom en français par rapport au contenu, mais dont le titre anglais "The Affirmation" permettait un jeu de miroir avec la nouvelle The Negation parue en premier dans le livre d'or de la SF, est à mes yeux un chef d'oeuvre de la littérature. D'ailleurs ce livre est absolument à la portée de tout lecteur. Sans en dévoiler l'intrigue et vous gâcher le plaisir, il s'agit aussi bien de littérature générale que de science-fiction.
Là où ce roman est incroyable, c'est qu'il permet plusieurs lectures, plusieurs interprétations, grâce, comme à l'accoutumée chez cet auteur, à tout un univers purement métaphorique. Les indices sont distribués à des moments parfaits. Les scènes entre les deux mondes se font parfaitement écho. La réflexion sur le travail de composition de l'écrivain qui se raconte lui-même puis se relit ensuite pour revivre dans sa lecture, est simplement géniale et nous emporte pour mieux nous perdre puis nous reprendre ensuite. Et en trame de fond, une vraie histoire authentique qui se tisse, se brode, se dévoile, nostalgique, tragique.
C'est un livre sur le caractère particulier d'un homme qui doit essuyer une accumulation de malheurs au même moment, et qui décide de partir s'isoler de tout afin de réfléchir à ce que pourrait être sa vie ensuite. Mais cet homme a une imagination hors du commun, à tel point que l'on peut se demander s'il n'a pas déjà imaginé et écrit l'introduction que je viens de vous mentionner.
C'est digne d'un K. Dick dans sa plus grande forme, mais sur un autre ton, moins écriture sous effets de quelconque drogue tout de même.
Non mais plus sérieusement, Priest a atteint ici le summum, l'apogée de son talent.
Allez hop, dans mes livres pour une île déserte....
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Fifrildi
  17 mai 2019
Je viens de terminer la lecture de ce roman et mon avis est assez partagé.
D'un côté, j'ai beaucoup aimé toutes les réflexions autour de la mémoire, des souvenirs et de leur importance dans la construction d'une personne. Il y a aussi le thème de l'écriture pour se trouver, se comprendre. Je pense aussi à ce bouquin de Visker Deloinne que j'ai trop envie de lire (oui je sais que « Renonciation » est un livre fictif) sur le refus de l'athanasie, sur la vie et la mort. En bref, j'ai noté une bonne dizaine de citations. C'est un fait, Christopher Priest écrit des phrases sublimes.
D'un autre côté, l'histoire en elle-même m'a profondément ennuyée. Les trois premiers chapitres m'avaient bien embarquée mais dès le quatrième, je suis restée sur le quai. Un petit sursaut d'intérêt à partir du chapitre 20 mais… oui je l'avoue, je n'ai rien compris. Quoi que peut-être qu'à la fin tout s'explique… Sauf que la fin
Retour sur l'Archipel du Rêve… je n'avais pas trop accroché à cet univers. Je crois que ce cycle n'est pas pour moi.
Ne jugez surtout pas ce livre sur mon avis car c'est un bouquin vraiment à part dans lequel il est littéralement possible de perdre pied. C'est juste que moi, ce n'est pas mon truc.


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Challenge les élus de l'imaginaire 2019
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jamiK
  29 janvier 2019
Deux mondes parallèles, celui du l'Angleterre qu'on connaît, ou semble connaître, l'autre, un monde imaginaire rempli d'îles innombrables. Apparemment ce monde est celui du Manuscrit de Peter Sinclair, mais il ne faut pas se fier aux apparences, c'est bien là tout l'intérêt de ce roman. L'histoire évolue d'un univers à l'autre, les deux histoires se recoupent, se croisent, s'imbriquent judicieusement pour n'en faire qu'une. Évidemment, on ne peut éviter toutes les métaphores possibles, l'immortalité de l'écrivain, le rapport entre la fiction et la vie personnelle de celui qui la crée… C'est un roman sur la perception, sur la réalité, une variante de la caverne de Platon, qui nous entraîne bien plus loin qu'une simple histoire d'écrivain qui vit dans sa fiction, on navigue entre métaphore poétique et schizophrénie furieuse, l'équilibre se tient sur le fil du rasoir. J'ai adoré m'y perdre, accepté de ne pas croire plus en la réalité qu'en la fiction. Christopher Priest a semé au fil des pages, quelques petits dérapages volontaires pour nous faire perdre pied et nous plonger dans le doute, pour rendre l'abîme encore plus profond. Nos sens sont sollicités, l'écriture est juste, le rythme parfaitement maîtrisé, la construction efficace, les surprises au rendez-vous… J'adore quand les récits jouent avec notre perception de la réalité, quand tout ce qui y est raconté peut être sujet au doute, je suis fan de Terry Gilliam et j'ai retrouvé ici cet aspect schizophrène génial. Ce fut une lecture absolument jouissive !
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Fourvin
  22 octobre 2014
Il est un peu paradoxal de trouver autant de qualités à un livre qu'on n'a pas trop aimé ! Dans ce roman de Christopher Priest, il est question d'autobiographie, de mémoire, d'imagination et d'imaginaire, du réel, de métaphore, de la mort, de mélanges de tout cela, avec quelques échappées vers la folie. Et fondamentalement, de dualités. Il n'y a guère que le thème, permanent, de l'insularité qui ne fonctionne pas en miroir. Et ce jeu de miroir renvoie à quelques autres oeuvres anglaises telles "Le Faiseur d'histoire" de Stephen Fry ou, au cinéma, "Pile et Face/Sliding Doors" de Peter Howitt. Autant de thèmes fascinants, autant de raisons qui auraient pu me faire adhérer, de la part de l'auteur déjà apprécié du "Monde inverti" et surtout du "Prestige".
Dans la première partie du "Monde inverti", on suivant poliment une histoire dont les ressorts finissaient par apparaître et nous happer, voire nous fasciner. Il en est un peu de même ici, d'autant que le livre débute de manière presque précieuse (très bien rendue, comme tout du long, par l'excellente traduction de Jacques Chambon), puis s'installe dans discours lent, très analytique et autocentré, plein de digressions, en lien avec les thèmes, mais qui alourdissent la lecture. Tout aussi poliment, par respect, par curiosité et espoir, on s'accroche donc à l'histoire. Une première bascule intervient, qui introduit une certaine action, qui anime un peu la lecture, mais celle-ci conserve foncièrement la même lenteur, les mêmes auto-analyses, rapidement pesantes.
Plusieurs ressorts, dans les situations, dans l'opposition des argumentations, éveillent suffisamment l'attention pour éviter de refermer le livre. Qui plus est, Sur la promesse d'une fin réussie (comme l'étaient celles des précédents), je me suis donc accroché. Et si la toute fin ne peut s'empêcher de décocher un sourire complice, elle vient conclure une séquence finale qui n'est pas un aboutissement. La relecture du premier chapitre confirme bien que celui-ci contenait bien les avertissements et les clés du livre, mais il n'empêche : je n'ai donc pas eu grand plaisir à le lire. Sa construction est soignée, ses thèmes sont majeurs, et j'ai trouvé dans ce travail sur les dualités une illustration intéressante sur celle de la littérature et de la vie. Mais le ton du livre nécessite une humeur, dégage un genre de poésie auxquelles je n'ai pas été suffisamment sensible, et dans un sens je le regrette.
PS: Les deux titres, aussi bien l'anglais (The Affirmation) que le français (la Fontaine pétrifiante) sont un autre sujet de conjecture, tant ils semblent mal contenir l'étendu du propos du livre.
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XS
  01 février 2019
Sans doute une de mes lectures les plus marquantes cette année!
Je n'aurais jamais choisi ce roman sur la base de la quatrième de couverture. « Roman sur l'acte d'écrire, rêverie poétique sur l'eau et la terre, méditation sur la mémoire et la mort » : beaucoup trop intellectuel pour moi tout ça.
Mais voilà, comme souvent, c'est souvent en sortant de sentiers battus que l'on trouve des pépites inattendues.
Le récit suit les méandres des aventures de Peter Sinclair. Où l'on passe de sa situation compliquée (il vient de perdre son travail et de se séparer de sa compagne) à un monde imaginaire issu de sa plume, composé d'îles exotiques où il est possible de gagner la vie éternelle.
Tantôt fiction dans le récit, tantôt récit dans la fiction, Christopher Priest entremêle avec talent différents niveaux de réalités dans lesquels il est plus ou moins plaisant de se promener, mais que la curiosité pousse à découvrir malgré quelques amers passages. Avec sans doute le final le plus … le plus… qu'il m'ait été donné de lire. Je ne trouve pas bien le mot ;). L'impression d'avoir assisté à un cours magistral d'un maître, que tous les romans qui cherchent à surprendre leurs lecteurs n'ont, ni ne pourront, égaler.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SeshetaSesheta   14 décembre 2008
A mesure que les jours passaient mon humeur s'assombrit. Je devins moins soucieux de mon environnement. Je restais des jours sans changer de vêtements, je cessais de me laver et de me raser et je ne me nourrissais que des aliments les plus simples et les plus pratiques. Je me réveillais tard et j'étais presque toute la journée en proie à d'atroces migraines et à des raideurs dans tout le corps. Je me sentais malade et avais l'air malade, bien que j'eusse la certitude que rien n'allait de travers sur le plan physique.
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SeshetaSesheta   14 décembre 2008
Autrefois je croyais que la force des mots était garante de vérité. Qu'à condition de trouver le mot juste, il ne dépendait que d'un acte de volonté approprié que je parvinsse à consigner sous une forme affirmative tout ce qui était vrai. J'ai appris depuis que les mots n'ont d'autre valeur que celle de l'esprit qui les choisit, de sorte qu'il entre dans l'essence de toute prose d'être une forme d'imposture.
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MusardiseMusardise   21 mai 2019
Je percevais ma vie comme un tohu-bohu d'événements hasardeux. Rien n'avait la moindre signification, rien ne raccordait à rien. Il me parut important de faire une tentative pour mettre de l'ordre dans mes souvenirs. Il ne me vint jamais à l'idée de m'interroger sur les motifs d'une telle entreprise. Elle m'apparaissait seulement comme de la plus haute importance.
Un jour, m'arrêtant devant le miroir piqué de la cuisine, je vis le visage familier qui m'observait, mais je ne pus l'identifier avec rien de ce que je savais de moi. Tout ce que je savais, c'était que ce visage terreux, hirsute, aux yeux ternes, était à moi, produit de presque vingt-neuf ans de vie, et tout cela semblait n'avoir ni rime ni raison.
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SeshetaSesheta   14 décembre 2008
Désormais j'étais coupé de toutes ces choses. C'était de ma propre volonté, et pourtant, de façon aberrante, tout cela me manquait jusqu'à me donner l'impression d'un dénuement complet. [...] mais je découvris que mes besoins n'étaient pas tournés vers l'extérieur. Le vide était en moi.
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GODONGODON   18 février 2015
Nous primes place sur un des bancs, à l'écoute des bruits du soir. Les cigales stridulèrent quelque temps, puis les oiseaux nous offrirent un bref mais délicieux
concert, transposition tropicale de ce que l'on pouvait entendre au lever du jour dans la campagne de Faiandland. Nous entendîmes de la musique monter du village, le tout accompagné par le murmure de la rivière.
Quand l'obscurité fut totale, la tension physique que nous nous efforcions tous deux de dissimuler se relâcha brusquement. Sans qu'aucun de nous deux n'ait eu besoin de faire le premier geste, du moins en apparence, nous nous embrassions passionnément, en dehors de toute équivoque.

We sat down on one of the benches and listened to the evening sounds. Cicadas scraped for a while, but then there was a brief and lovely burst of birdsong, like the dawn chorus in the Faiandland countryside, transformed in the tropics. Below us, we heard music from the village, and the shallow river.
As the dark became absolute, the physical tension we had both been suppressing suddenly was released. Without either of us initiating it, or so it seemed, we were kissing passionately, leaving no doubts.





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Videos de Christopher Priest (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christopher Priest
Avec Raphaël Granier de Cassagnac, Christopher Priest et Robert Jackson Bennett
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