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Joëlle Dublanchet (Traducteur)
EAN : 9782845451438
264 pages
Éditeur : Editions des Syrtes (15/04/2009)
4.12/5   8 notes
Résumé :
Le Péché est une gourmandise littéraire. Prilepine s’est fait une joie de rassembler dans ce « roman en nouvelles » les fragments de la vie de Zakhar – double de l’auteur –, jeune trentenaire, plein de force et de volonté de vivre, aux prises avec la réalité russe.

Les épisodes se succèdent dans un ordre imposé par la mémoire, lorsqu’elle se plaît à donner de la force et de la brillance à de menus faits de notre vie, en apparence insignifiants, et ép... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  22 février 2019
Six poèmes et dix nouvelles de Zakhar Prilepine, dont la plupart légèrement ou fortement trempées dans la VVH (= violence + vodka + humour ) et paradoxalement aux chutes d'une étonnante douceur. Leur protagoniste s'appelle Zakhar, qui n'est autre que l'écrivain lui-même ou ses avatars. D'inspiration autobiographique, un voyage dans le temps et la vie de Zakhar, sans ordre chronologique, à la campagne, à Moscou.....avec Zakhar enfant, ado, adulte, un Zakhar heureux, qui vit et travaille au gré du vent.
“Quel jour serons-nous demain ?”, question à la bien-aimée dans une ballade d'amour aux chiots,
“Le péché “, flirte avec les cousines, le temps d'un été à la campagne chez les grands-parents, sans conséquence grave,
“Le diable et les autres”, bruits et fureurs chez les co-locataires d'un immeuble moscovite où il habite,
“Les roues”, fossoyeur de fortune, carburant à la vodka, essayant d'enjamber de nuit, une voie ferrée,
“Six cigarettes et ainsi de suite”, ses mésaventures de videur dans une boite de nuit,.....le plus drôle de toutes.........
Un recueil qu'il termine avec de la poésie, magnifique et émouvante , et une farce noire du temps de son engagement volontaire aux guerres tchétchènes en 1996 et 1999.

Bref rien n'est rose dans cette Russie post-soviétique, au contraire tout est pauvreté crasse et violence, pourtant Zakhar s'y penche avec tendresse et humour et une prose qui n'a rien à envier aux grands auteurs classiques russes. C'est son troisième livre que je viens de lire et j'en sors toujours aussi émerveillée.
“En lisant les livres, je rêve toujours,
Et toujours je crois que la vie
Et la mort entre elles s'arrangeront
Et que, seul, je resterais en dehors de tout cela.”
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moussk12
  12 janvier 2019
"Le Péché est une gourmandise littéraire" est écrit en quatrième de couverture. Il ne m'a pas fallu plus pour l'acheter, sans connaître l'auteur, car je ne me souviens pas avoir jamais été déçue par de la littérature russe. Et bingo ! J'ai vraiment adoré.
Ces nouvelles, en grande partie autobiographiques, sont liées entre elles car elles racontent toute un fragment de la vie de Zakharka, qui n'est autre que le double de l'auteur.
C'est l'histoire d'un jeune couple qui vit littéralement d'amour et... de vodka. Malgré qu'ils n'ont pas le sou (hormis pour leur vodka), il recueillent un quatuor de chiots abandonnés.
C'est l'histoire de deux jeunes frères de la campagne, amoureux de la même fille qui, elle, vient de la ville. Mais elle est si jolie, beaucoup papillonneront autour d'elle.
C'est l'histoire d'un adolescent aux études, venu passer ses vacances chez ses grands-parents. Il y retrouvera ses cousines le temps d'un été.
C'est l'histoire d'un jeune qui rêvait d'entrer à la légion, estimant ne pas avoir d'avenir ailleurs. Une rencontre va le détourner de ce destin, rencontre d'amitié noyée dans l'alcool.
C'est l'histoire d'un petit garçon qui veut coûte que coûte participer au jeu des plus grands. Ils jouent à chat. Un des meneurs l'intègrera au groupe avant de se cacher lui-même. Se cacher. Se cacher tellement bien...
Ce sont des histoires de voisins de palier dans un HLM, des histoires de soldat, de fossoyeur, de videur de cabaret.
Enfin, c'est l'histoire d'un jeune père qui raconte ses enfants. Oh, celle-là, un petit bijou ! Véritable ode à l'amour paternel.
Ces nouvelles sont tout simplement magnifiques. Pas seulement parce qu'elles sont bougrement bien écrites, qu'elles parlent d'amour, de solitude, de vague-à-l'âme, avec humour et poésie, mais parce qu'on s'attache à Zakharka. Il est comme une personne hors du temps, d'une nature sensible et optimiste malgré ses déboires. Il est en fait un "bouffeur" de vie en prenant tout ce qui se présente à lui, le bon comme le mauvais.
Ah, j'oubliais. L'auteur écrit aussi de la poésie. Il y a contraste entre ses histoires, souvenirs de son passé et les vers qui pour moi sont emprunts de noirceur et de désillusion.
Un auteur à découvrir. Réellement.
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mh17
  30 juillet 2020
Eclats de mémoire
Ce "roman en nouvelles" (2007) est composé de fragments de la vie de Zakhar, double de l'auteur. Chaque nouvelle tord les tripes et noue le coeur. Zakhar est un romantique. Tourmenté, orgueilleux, révolté, passionné depuis l'enfance. Il aime la castagne et les jolies filles, il a surtout ce besoin irrépressible de se frotter à la mort pour se sentir vivre ; sinon, comme les autres, il noie son ennui dans la vodka. Mais il n'est pas égoïste ni cynique pour un kopeck. Il donne la parole aux laissés-pour-compte de la Russie des années 2000; Il nous fait entendre la voix virile des videurs de boîte de nuit, des fossoyeurs, des manutentionnaires à la petite semaine, des gros bras sans perspective d'avenir, des oubliés de l'ultra libéralisme post-soviétique. Son regard est tendre, souvent plein de dérision mais l'injustice et la bêtise le mettent en rage et il est alors brutal.
Je remercie grandement Bookycooky pour m'avoir fait découvrir cet auteur.
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ASAI
  18 juin 2021
Un livre, constitué de onze nouvelles.
Inégales, tant en nombre de pages, qu'en intensité, qu'en intérêt, voire en qualité d'écriture, mais le tout est interdépendant.
Il me semble que le fil directeur ou le point commun entre toutes ces nouvelles, petites histoires, comme des chapitres, qui s'enchainent les uns aux autres, il me semble que le fil rouge c'est l'auteur lui-même, Zakhar, et cela non seulement parce que très souvent le héros, le narrateur se prénomme Zakhar, mais aussi, car ayant lu, un peu des notices biographiques sur l'écrivain, des articles sur le personnage, et ayant aussi lu quelques oeuvres du créateur, je m'autorise à penser que la plupart de ces nouvelles sont largement autobiographiques.
La lecture, heureusement ce sont des nouvelles, est tensiogène. de la violence, de la cruauté, de la morbidité, auxquelles succéderont de la douceur, de la tendresse, une naïveté enfantine et de l'amour de l'autre.
Cette violence, cette dureté, autant dans le fond que dans la forme (et là, le style est sérieux, acéré, bétonné), m'ont fait lâcher le livre des mains, et ce à plusieurs reprises. Parfois, j'ai accéléré la lecture pour connaître le fin du fin. Parfois j'ai accéléré la lecture pour me débarrasser de cette histoire trop glauque, trop morbide, trop écoeurante, car Prilépine a peu de tabou.
Parfois, aussi, j'ai relu et relu des pages doucement poétiques, tendrement violentes, mais si humainement réalistes.
Lire Prilépine c'est accepter le dérangement, c'est accepter l'horreur de l'être humain. Pas une horreur exceptionnelle. Non. Prilépine en fait un quotidien. Il rend humaine l'horreur qui existe dans chaque être. Il l'a rend acceptable et en même temps haïssable. Parfois ça fait du bien, mais parfois, le livre me tombe des mains et je pense "ce n'est pas possible".
Les descriptions qu'il fait de ses personnages sont absolument délicieuses ou terriblement abominables. Par moment, on peut se dire c'est la cour des miracles. Non, c'est la Russie de Prilépine. Celle d'aujourd'hui. Après avoir lu L'Archipel des Solovki, la première oeuvre magistrale de Zakhar, je me suis régalée avec Des chaussures pleines de vodka chaude,, puis Pathologies m'a ébranlée, dérangée déjà.
Déjà, la violence, le cynisme, la dureté, l'abomination de ce que peut être ou devenir un être humain, mais une plume acerbe, sans concession, détestable parfois, tendre quelquefois, une plume qui interroge.

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emmyne
  08 février 2013
Ce titre m'a été judicieusement conseillé pour découvrir la plume et l'univers littéraire de Zakhar Prilepine. Ce roman ressemble à un recueil de nouvelles. D'inspiration autobiographique, il relate, sans chronologie, des épisodes-souvenirs, une vie russe contemporaine.
De l'enfance à l'armée en Tchétchénie, de l'adolescence aux expériences professionnelles, une vie d'homme, amoureux, père.
Je m'attendais à une lecture dure, difficile. Si les pages sont parfois rudes, féroces, j'y ai pourtant lu une tendresse virile, un humour, certes ironique mais plus étonné que cynique, émerveillé parfois, porté par un profond élan vital, par un tout aussi profond attachement à cette Russie, à sa culture. J'y ai lu la nuit, Moscou, la campagne russe, la famille, une société en pleine transformation, l'alcool, le rapport à l'argent, au pouvoir, une fraternité et une fidélité.
J'y ai lu également une lumineuse nostalgie, une poésie, si loin de l'image du provocateur que j'avais rencontré au Salon du livre de Paris l'année passée. J'y ai lu une plume limpide qui sait rester sobre sous la force des émotions, des mots qui donnent présences et paroles à tous les personnages. La » nouvelle éponyme » est juste splendide. Dans le chapitre explicitement intitulé » En d'autres termes… « , j'ai lu un poète. Ce chapitre est un recueil de poèmes.
Il y a une ardeur dans ces récits de la violence des jours et des sentiments, toutes les couleurs et les saveurs de la vie, du plus clair au plus sombre, du plus doux au plus amer. le goût de la vie.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   19 février 2019
Sur la fenêtre, entre les deux battants, il y avait un bocal d’un demi-litre où surnageait un cornichon solitaire complètement ramolli, couvert d’une moisissure duveteuse, si blanche, que le Père Noél aurait pu en être. jaloux........Dans un coin suintait un robinet. L’évier était rempli d’une montagne de légumes à moitié pourris. Sur ces légumes grouillaient toutes sortes de bestioles ailées où à antennes.
+ Lire la suite
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BookycookyBookycooky   20 février 2019
Tu sais les journalistes ne comprennent rien à rien. Tout le monde le sait. Ça ne les empêche pas d’écrire sur tout. C’est le propre de ce métier, de ne rien comprendre et de s’exprimer sur n’importe quel sujet.
P.32
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BookycookyBookycooky   21 février 2019
-Tu aimes bien Hemingway? demandais-je en caressant les jolies couvertures bleu marine.
-On se fatigue vite de son héros, avec sa force à tout épreuve. Toujours dans les bars, dans les salles de boxe. De vrais tigres, des taureaux. Des comportements de tigre, des couilles de taureau.....
(Karlson) p.115
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BookycookyBookycooky   22 février 2019
Tout était sombre. La surface d’une mare était tout ridée, un arbre soupirait, un chaton s’ennuyait tout seul avec une boîte de conserve vide.
(Le diable et les autres) p.139
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ASAIASAI   21 juin 2021
Bientôt, ils se lèvent et se mettent à parler encore plus fort, à crier presque, ils sont toujours dans des chambres différentes, bien qu'ils n'en aient, à proprement parler qu'une seule, plus une cuisine qui n'est faite que pour une personne avec une théière - la casserole devra se faire toute petite - une entrée qui ne peut contenir que quatre chaussures , et des toilettes où on peut se tenir debout entre la baignoire et le lavabo, mais impossible d'aller plus loin - on peut cependant faire des petits pas autour de son axe ; on s'observe d'abord soi-même dans le miroir, puis on regarde la douche qui coule tout le temps dans la baignoire rouillée, ensuite les chaussettes et la serviette sur le radiateur, enfin on fait un pas et on sort du cercle.
Je sais ce dont je parle : j'ai un appartement identique.
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