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Patrice Repusseau (Traducteur)
EAN : 9782070781980
320 pages
Éditeur : Gallimard (27/05/2011)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :

Prokosch n’est pas un voyageur ordinaire : il sait discerner comme peu d’autres le climatintime des pays qu’il traverse, les plaies encore mal refermées, les lieux d’affrontementsfuturs… Ainsi, le Lisbonne des Conspirateurs est celui où il a travaillé en tant qu’attaché à la légation américaine au début de la Deuxième Guerre Mondiale alors que commençaient de se déverser ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Cath36
  27 décembre 2011
"Les Conspirateurs" est un roman qui met en scène des révolutionnaires de tous pays se réunissant à Lisbonne pendant la seconde guerre mondiale.
Est-ce un roman d'espionnage, est-ce un thriller est-ce un roman un peu fantastique et très poétique ? Camus parlait même de roman "géographique".Tel "l'ombre du vent" de Zafon, ce roman est un peu tout cela, mis à part le fait qu'il se situe à Lisbonne, qui y est décrite dans toute sa densité. Quel style ! Alternant les phrases courtes et les phrases longues, les descriptions et les dialogues, les dialogues et les monologues intérieurs, ce livre est une pure merveille d'écriture (que louperont ceux qui n'en auront vu que l'adaptation cinématographique), un éblouissement à la fois baroque et onirique où la réalité -une violence constamment suggérée mais jamais imposée- laisse une place importante à la part incandescente du rêve. Emporté par l'histoire et le destin des personnages, par la lenteur du temps qui passe et par cette menace floue, imprécise qui sous-tend tout le livre,on est vite fasciné par cette écriture envoûtante et on ne s'ennuie jamais, tellement ce livre -assez court- est intense. Une très belle oeuvre qui exprime un destin en train de s'accomplir, à coups de pressentiments, de menaces et d'incertitudes pourtant bien réelles et qui m'a rappelé par certains côtés " le Rivage des Syrtes" de Julien Gracq. Jugez-en de par vous-mêmes :
"Au-delà de Guincho, une corne de brume fit entendre son sanglot. Deux fois, trois fois.
Et, à de nombreux kilomètres de là, en direction de l'ouest, un écho répondit, mais bien plus assourdi, et seulement une fois.
La terre entière donnait l'impression de s'être changée en volcan."
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critiques presse (1)
Liberation   01 juillet 2011
Conspirateurs est tout autant un roman métaphysique à l’ironie solennelle et au désespoir rationnel qu’un thriller encore plus décalé que l’auteur ne l’imagine.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   28 décembre 2011
Il ne s'était jamais senti aussi proche du monde, il: ne s'était jamais senti aussi désespérément seul. Jamais si peu d'images ne lui en avaient évoqué autant. La réponse à toutes les questions se trouvait partout où se portait son regard.
Puis à nouveau, le silence ; un silence tendu, tournoyant qui ressemblait au vertige.
Tout juste un bruit, un seul, qui se rapprochait lentement. Qu'est-ce-que c'était ? Quelque chose comme le rythme de pas furtifs dans un couloir vide.
Soudain, à nouveau sur le qui-vive, il s'éloigna rapidement de la criée et passa devant l'église pour rejoindre les jardins publics où commençait l'Esplanade. Celle-ci était absolument déserte. La lune se reflétait de façon saisissante sur le sol de mosaïque blanche, sauf aux endroits où l'ombre des palmiers projetait des étoiles d'encre. Il s'arrêta, l'oreille aux aguets.
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Cath36Cath36   26 décembre 2011
"Pour sentir le prix de la vie, l'homme doit aussi, par quelque paradoxe primitif, aspirer à tuer et à mourir pour elle. Quand une race, ou une culture, perd ce désir, elle a déjà commencé à périr. Les sauvages sont là, qui observent et attendent dans la jungle... Une seule chose nous sauvera, ajouta le Norvégien. Le feu divin des gens. Des mots comme Liberté ne nous sauveront que lorsqu'ils seront tournés vers l'avenir, et non vers le passé. Quand ils seront tournés vers l'action, et non vers le souvenir. Quand ils seront tournés vers la violence, l'enthousiasme et le changement, et non vers la prudence et l'instinct de conservation. Quand les hommes seront prêts à mourir pour de telles valeurs."
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Cath36Cath36   28 décembre 2011
Et pourtant, en son for intérieur, il sentait commencer à poindre une joie profonde et apaisante. Il m'a été montré plus de choses aujourd'hui qu'en trente ans d'existence, se dit-il. j'ai vu le désordre et la joie, la vigueur et la lassitude, l'abnégation et l'amour, la corruption et la désolation. Et j'ai appris deux choses. Les hommes deviennent ce que leur fonction fait d'eux dans la société. Ça ne souffre pas d'exception. Nul ne peut effacer l'empreinte que les relations humaines gravent dans l'âme. Et l'homme ne peut vraiment connaître quiétude, force et lucidité que lorsque cette empreinte se trouve régie par le don de soi. Ce n'est que lorsqu'il aime quelque chose en dehors de lui-même plus que lui-même que sa vie prend vraiment un sens, et que ses actes peuvent revêtir une certaine dignité. Ce n'est que lorsqu'il est prêt à mourir pour quelque chose de plus grand que lui-même, qu'il peut devenir un homme véritable, qu'il peut devenir un héros, qu'il peut découvrir l'immortalité et jouer un rôle dans l'histoire.
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Cath36Cath36   28 décembre 2011
Et puis il arriva. Le véritable abysse de l'orage dégringola tout droit du ciel. Les arbres lâchèrent un sifflement étranglé. Les verres décollèrent, emportés par un vent furieux. Les couverts se mirent à danser. En un tournemain, une onde emporta la nappe. Ce fut l'obscurité, mais les arbres devinrent vaguement visibles quand les bougies s'éteignirent. Ils oscillaient follement à travers une brume de bleus et de gris nocturnes. Des pommes, des ananas et des bouteilles de champagne vides roulèrent sur les dalles. Les serviettes traversèrent la charmille comme de grandes phalènes pour aller se coller aux branches prises de soubresauts. Ce fut la débandade. Les invités s'enfuirent et traversèrent la roseraie à toutes jambes.
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Cath36Cath36   28 décembre 2011
Ni l'un ni l'autre n'ajoutèrent un mot. Elle était incapable de pleurer. Elle était bien au-delà des larmes. Elle se sentait plus vieille, de bien des années, que l'homme à côté d'elle. Elle avança le bras une deuxième fois et, avec un sentiment très proche de l'amour, au-dessus de la compréhension, au-dessus du pardon et au-delà du chagrin, elle plaça sa main sur la sienne.
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Video de Frederic Prokosch (2) Voir plusAjouter une vidéo
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