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Citations sur Les conspirateurs (7)

Cath36
Cath36   28 décembre 2011
Il ne s'était jamais senti aussi proche du monde, il: ne s'était jamais senti aussi désespérément seul. Jamais si peu d'images ne lui en avaient évoqué autant. La réponse à toutes les questions se trouvait partout où se portait son regard.
Puis à nouveau, le silence ; un silence tendu, tournoyant qui ressemblait au vertige.
Tout juste un bruit, un seul, qui se rapprochait lentement. Qu'est-ce-que c'était ? Quelque chose comme le rythme de pas furtifs dans un couloir vide.
Soudain, à nouveau sur le qui-vive, il s'éloigna rapidement de la criée et passa devant l'église pour rejoindre les jardins publics où commençait l'Esplanade. Celle-ci était absolument déserte. La lune se reflétait de façon saisissante sur le sol de mosaïque blanche, sauf aux endroits où l'ombre des palmiers projetait des étoiles d'encre. Il s'arrêta, l'oreille aux aguets.
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Cath36
Cath36   26 décembre 2011
"Pour sentir le prix de la vie, l'homme doit aussi, par quelque paradoxe primitif, aspirer à tuer et à mourir pour elle. Quand une race, ou une culture, perd ce désir, elle a déjà commencé à périr. Les sauvages sont là, qui observent et attendent dans la jungle... Une seule chose nous sauvera, ajouta le Norvégien. Le feu divin des gens. Des mots comme Liberté ne nous sauveront que lorsqu'ils seront tournés vers l'avenir, et non vers le passé. Quand ils seront tournés vers l'action, et non vers le souvenir. Quand ils seront tournés vers la violence, l'enthousiasme et le changement, et non vers la prudence et l'instinct de conservation. Quand les hommes seront prêts à mourir pour de telles valeurs."
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Cath36
Cath36   28 décembre 2011
Ni l'un ni l'autre n'ajoutèrent un mot. Elle était incapable de pleurer. Elle était bien au-delà des larmes. Elle se sentait plus vieille, de bien des années, que l'homme à côté d'elle. Elle avança le bras une deuxième fois et, avec un sentiment très proche de l'amour, au-dessus de la compréhension, au-dessus du pardon et au-delà du chagrin, elle plaça sa main sur la sienne.
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Cath36
Cath36   28 décembre 2011
Et puis il arriva. Le véritable abysse de l'orage dégringola tout droit du ciel. Les arbres lâchèrent un sifflement étranglé. Les verres décollèrent, emportés par un vent furieux. Les couverts se mirent à danser. En un tournemain, une onde emporta la nappe. Ce fut l'obscurité, mais les arbres devinrent vaguement visibles quand les bougies s'éteignirent. Ils oscillaient follement à travers une brume de bleus et de gris nocturnes. Des pommes, des ananas et des bouteilles de champagne vides roulèrent sur les dalles. Les serviettes traversèrent la charmille comme de grandes phalènes pour aller se coller aux branches prises de soubresauts. Ce fut la débandade. Les invités s'enfuirent et traversèrent la roseraie à toutes jambes.
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Cath36
Cath36   28 décembre 2011
Et pourtant, en son for intérieur, il sentait commencer à poindre une joie profonde et apaisante. Il m'a été montré plus de choses aujourd'hui qu'en trente ans d'existence, se dit-il. j'ai vu le désordre et la joie, la vigueur et la lassitude, l'abnégation et l'amour, la corruption et la désolation. Et j'ai appris deux choses. Les hommes deviennent ce que leur fonction fait d'eux dans la société. Ça ne souffre pas d'exception. Nul ne peut effacer l'empreinte que les relations humaines gravent dans l'âme. Et l'homme ne peut vraiment connaître quiétude, force et lucidité que lorsque cette empreinte se trouve régie par le don de soi. Ce n'est que lorsqu'il aime quelque chose en dehors de lui-même plus que lui-même que sa vie prend vraiment un sens, et que ses actes peuvent revêtir une certaine dignité. Ce n'est que lorsqu'il est prêt à mourir pour quelque chose de plus grand que lui-même, qu'il peut devenir un homme véritable, qu'il peut devenir un héros, qu'il peut découvrir l'immortalité et jouer un rôle dans l'histoire.
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Cath36
Cath36   26 décembre 2011
Il traversa le jardin en friche et déverrouilla le portail rouillé. Une fois dans la rue, il se rendit compte, avec un martèlement irrépressible du coeur, que, sans l'avoir vraiment voulu, il venait d'entrer à jamais dans un monde nouveau. Les roues d'une charrette invisible grinçaient et gémissaient. Emporté par un minuscule tourbillon, un vieux journal fuyait sur le trottoir dans un battement d'ailes. Il flottait une odeur de crevettes frites. Quelqu'un jouait du Scarlatti à l'intérieur d'une maison. Une colonne de fourmis traversait l'allée. Un enfant poussait des cris.
Rien d'extraordinaire. Rien que le morne murmure habituel du soir. N'importe quel soir. Tous les soirs.
Mais, en refermant le portail derrière lui, Vincent fut tout à coup frappé de cécité. Les notes grêles d'un piano, un enfant en pleurs. Le monde entier semblait soudain en feu. Les menus bruits du soir montaient en un cri d'angoisse irrépressible. Il avait pénétré dans le royaume des mourants.
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Cath36
Cath36   26 décembre 2011
Lisbonne est une ville d'environ de la taille de Dresde....La capitale la plus surannée d'Europe : la lutte pour le pouvoir l'a laissée à l'écart, malléable, et singulièrement consolatrice...la démarche d'un marin aperçu au loin ou un gamin solitaire saisi d'un coup dans le champ de vision acquièrent un charme tout à fait détaché du présent : l'ironie et la clémence d'il y a deux cents ans.
C'est dans ce cadre délicat et passif que, un jour de juin commencèrent de se déverser les flots d'une Europe envahie. Et son charme authentique habitait la ville si discrètement que, du jour au lendemain, Lisbonne tout entière se trouva transformée en un bazar frénétique de spécimens dépareillés de tous les pays d'Europe.
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