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ISBN : 2081256800
Éditeur : Flammarion (29/08/2012)

Note moyenne : 2.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Au chevet de son père mourant, un jeune écrivain argentin découvre que son père nourrit depuis des années une véritable obsession pour un homme assassiné dans de mystérieuses circonstances en 2008. Sans le vouloir, il se lance sur les traces de son histoire familiale en cherchant à comprendre pourquoi son père traquait le moindre indice concernant ce fait divers. D'une écriture incisive, presque chirurgicale à la façon d'un Truman Capote, Patricio Pron met en scène ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
le_Bison
  16 janvier 2018
Une fois de plus, il est question de disparition. Comment souvent en Argentine. Et les disparitions sont aussi fréquentes que mes envies de décapsuler une Quilmes et respirer ce parfum de la pampa. Et comme souvent chez les écrivains argentins, le passé ressurgit de ses ancêtres.
Un jeune écrivain argentin revient au chevet de son père mourant. Quelques années d'exil en Allemagne l'ont éloigné de ses racines, de sa famille, de son histoire. Absence de dialogue, ignorances des uns et des autres, du père et du fils. Ce retour sur la terre argentine n'est guère de bon augure, toujours empli d'une certaine tristesse et d'une espèce d'abandon de vie. Il rentre chez lui, son ancien chez lui, rien n'y a bougé même pas les odeurs, et fouille le bureau de son père. Il n'attend rien, ni réponse ni question. Peut-être juste avoir l'esprit occupé pendant que son père se meurt à l'hôpital.
Un vieux carton. Des dizaines, des centaines de coupures de journaux. Certaines brutes, d'autres commentées. Des centaines d'annotations de l'écriture de son père. Des photos. Tous ont un point commun la disparition d'un homme qu'il ne connait pas. C'est à ce moment-précis que l'histoire se complique.
Une histoire de disparition est toujours compliquée, mais là ce n'est pas l'histoire de l'Argentine, ni celle du disparu qui devient flou, mais bien celle de l'écrit, du narrateur-auteur. Si la plume de cet auteur est indéniablement belle, elle m'a enchanté sur la première partie de ce roman, celui-ci me balance, dans la seconde partie de son roman, des extraits de journaux, entiers ou coupés. Des dizaines, journaux au quotidien, redondance et redondance comme pour ces flashes infos qui illuminent certaines chaînes de télévision à longueur de journée. A cet instant précis, je me sens loin de l'Argentine, parce que cette partie est -trop- longue, -très- fastidieuse, même -surtout- ennuyeuse. Les coupures de presse s'enchaînent, mon esprit se délite et ma bouteille de Quilmes me tombe des mains. Heureusement, elle était déjà vide.
Une fois que l'auteur a épuisé le carton de souvenirs et d'archives, la plume se fait à nouveau plus poétique, plus belle, je retrouve l'écriture sud-américaine que j'aime, cette poésie qu'il peut y avoir, même dans la souffrance, dans les premiers romans de jeunes auteurs. Car forcément, avec ce que j'ai pu entrevoir, j'ai envie de poursuivre la découverte de Patricio Pron. Parce que l'Argentine ne remplit pas que des cartons à souvenirs, malgré ses disparitions. Tiens, et si je me décapsulais une autre Quilmes, j'avais fait des stocks – en prévision, précautions inutiles mais heureusement que j'ai d'autres auteurs argentins pour noyer mes maux dans les mots de l'Argentine. L'esprit de la Quilmes.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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traversay
  22 octobre 2012
D'une certaine manière, L'esprit de mes pères pourrait appartenir au genre policier. On y suit l'enquête sur un assassinat avant d'essayer de percer le mystère qui entoure la disparition de la soeur de la victime, 25 ans plus tôt, en plein règne de la terreur mis en place par la junte argentine. Mais le livre de Patricio Pron, très personnel, raconte avant tout la confusion et l'absence de repères d'une génération entière de son pays, née au pire moment de l'histoire de l'Argentine et qui s'interroge sur l'héritage de cette période et sur les faits et gestes de ses aînés. L'intime est donc au coeur du récit qui s'éloigne peu à peu de l'époque actuelle pour faire resurgir le passé. La transmission n'est jamais chose aisée et Patricio Pron rend parfaitement évidentes les incompréhensions, les questionnements et les doutes qui assaillent ceux qui ont vécu, enfants, ces années de plomb. L'écriture du romancier est froide, celui-ci citant à profusion des articles de journaux, faisant des allers et retours incessants entre hier et aujourd'hui. Comme si l'auteur, lui aussi, cherchait sa voie et une certaine idée de la vérité. L'esprit de mes pères, trop digressif et brouillon dans sa construction n'a pas la force de conviction qu'il aurait pu avoir.
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Gwordia
  10 août 2012
L'auteur a été lauréat de Premio Jaén de Novela pour ce livre qui a été désigné par la Fondation José Manuel Lara comme l'un des cinq meilleurs romans publiés en Espagne en 2011. Il a également été désigné comme l'un des vingt-deux meilleurs écrivains hispaniques du moment par la revue anglaise Granta.
Une fois encore, je m'inscris à contre-courant de la critique puisque je me suis profondément ennuyée à la lecture de cet ouvrage. Ni les antagonismes familiaux, ni la douloureuse histoire argentine, ni le mystère de l'enquête ne sont à mes yeux exploités. L'auteur ne fait qu'effleurer ses sujets qui s'entremêlent sans véritable lien ni réel intérêt. le rythme est lentissime et le style, volontairement écorché dans la restitution des articles de presse, est assez insupportable. Sans compter les délires fiévreux du narrateur qui tombent comme un cheveu sur la soupe et n'en finissent plus. L'auteur semble s'empêtrer dans des trames incohérentes pour raconter le déni d'une époque trouble qui a meurtri des générations.
Je suis peut-être passée à côté de ce roman mais quand bien même le fond m'aurait échappé, la forme de son écriture est vraiment trop spéciale, au sens péjoratif du terme.
En somme, assommant.
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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pasiondelalectura
  19 janvier 2016
Voici un jeune écrivain argentin qui a été repéré par la revue Granta de Cambridge comme étant parmi les 22 meilleurs écrivains de langue espagnole de moins de 35 ans... C'est un bon départ.
Ce livre je l'ai lu en espagnol et il est remarquablement bien écrit avec un certain degré de recherche lexicale de la part de l'auteur; le sujet aussi, m'a paru d'une grande transcendance.
Le narrateur revient en Argentine après une longue absence parce que son père se meurt. Cet homme d'environ trente ans consomme des psychotropes (on ne saura pas les raisons de ce traitement). Il prend conscience qu'il ne connait rien sur ses parents, deux journalistes qui ont milité dans un parti proche du péronisme.
Ses parents étaient jeunes lors du coup d'état militaire de 1976 puisque le narrateur est né en 1975.
Son père avait une amie, journaliste comme lui, Alicia Burdisso qui est portée "disparue" après le coup d'état et cette disparition le hante. C'est la raison pour laquelle, des années plus tard, il va s'impliquer dans l'étrange assassinat du frère d'Alicia, un brave type qui va toucher plus tard une coquette somme d'argent comme indemnisation pour la disparition de sa soeur. C'est cette somme d'argent qui va précipiter sa perte...
Il y a dans le roman une belle mise en abîme entre l'état pitoyable du narrateur, bourré de psychotropes, l'état dévasté de la famille avec la maladie du père et l'état calamiteux du pays après le coup d'Etat.
Patricio Pron écrit que les jeunes nés à cette époque ont constitué "un lot de consolation" pour les parents qui n'ont pas su faire une révolution; un enfant était un bon écran qui devait être interprété comme un signe d'adhésion à un mode de vie plus conventionnel, loin des luttes révolutionnaires.
Si le livre est bien écrit, et le sujet très respectable, j'ai trouvé la prose de Pron d'une tristesse emmerdante.
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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pilyen
  01 septembre 2012

Lire mon avis sur le blog.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 décembre 2017
Au début, je prenais de la paroxétine et des benzodiazépines, pas plus de quinze milligrammes ; mais quinze milligrammes, pour moi, c'était comme un éternuement au coeur de l'ouragan, une quantité insignifiante et sans effet, autant vouloir cacher le soleil derrière sa main ou instaurer la justice au pays des réprouvés, voilà pourquoi les doses avaient augmenté, atteignant soixante milligrammes, à l'époque il n'y avait rien de plus fort sur le marché, à l'époque les médecins vous lançaient les mêmes regards que les éclaireurs conduisant les caravanes dans les westerns, quand ils déclarent qu'ils n'iront pas plus loin, car ils arrivent sur le territoire des Comanches, font demi-tour et éperonnent leur monture après un dernier regard pétri de honte et de pitié sur les gens de la caravane, sachant qu'ils ne les reverront plus. C'est là que je pris aussi des comprimés pour dormir ; je tombais alors dans un état proche de la mort et mon esprit était traversé par des mots comme "estomac", "lampe" ou "albinos", sans filiation logique. Je les notais parfois, le lendemain matin, si je m'en souvenais, mais en les relisant, j'avais l'impression de feuilleter un journal d'un pays plus triste que le Soudan ou l’Éthiopie, d'un pays pour lequel je n'avais pas de visa et ne voulais pas en avoir, et je croyais entendre un camion de pompiers qui filait éteindre ces putains de flammes de l'enfer, le réservoir plein de carburant.
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le_Bisonle_Bison   08 décembre 2017
Quand j'étais petit, j'avais ordre de ne jamais amener d'autres enfants à la maison ; si je sortais seul, je devais marcher en sens inverse de la circulation et me méfier si une voiture s'arrêtait à ma hauteur. Je portais une plaque autour du cou avec mon nom, mon âge, mon groupe sanguin et un numéro de téléphone à contacter : si on essayait de me pousser de force dans une voiture je devais jeter cette plaque et crier mon nom le plus fort et le plus longtemps possible. On m'avait interdit de donner des coups de pied dans les boîtes en carton que je trouvais dans la rue. Je ne devais pas raconter ce que j'entendais à la maison. Il y avait un emblème peint par mon père, deux mains serrées tenant une sorte de marteau couronné par un bonnet phrygien sur fond bleu ciel et blanc encadré par un soleil naissant et des lauriers ; je savais que c'était l'emblème péroniste mais je ne pouvais le dire à personne, je devais même oublier sa signification. Ces interdictions, que je me rappelais pour la première fois depuis bien longtemps, visaient à me et à nous préserver, mes parents, mon frère, ma sœur et moi, à une époque de terreur, et on aurait dit que mes parents les avaient oubliées, mais pas moi, car en me les rappelant je pensai à une habitude que j'avais conservée, y compris dans la ville allemande, quand j'étais distrait : tracer des itinéraires imaginaires en sens inverse de la circulation, qui me conduiraient à l'endroit où je me dirigeais.
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le_Bisonle_Bison   16 janvier 2018
Cependant, le lecteur n’aurait pas dû établir un rapprochement entre la disparition de Burdisso avant de se demander pourquoi on aurait assassiné un idiot faulknérien, un adulte à cervelle d’enfant, un homme qui ne buvait pas et n’avait aucune fortune, un homme qui devait aller travailler tous les jours pour subsister, accomplissant les tâches les plus modestes comme nettoyer une piscine ou réparer un toit. Cette question, reprise les jours suivants dans les articles du dossier de mon père, est peut-être une question de nature publique ; la question de nature privée, si intime que je ne pouvais me la poser qu’à moi-même, et à laquelle je ne savais pas encore répondre, était la suivante : pourquoi mon père s’était-il tellement intéressé à la disparition d’un homme qu’il n’avait peut-être pas connu, un de ces visages qu’on croise en ville et qu’on peut associer à un nom ou deux – le sien, celui de son père -, mais qui ne signifie pas grand-chose, qui fait partie du paysage comme une montagne ou un fleuve. Et je me dis que le mystère était double : celui des circonstances particulières de la mort de Burdisso, et celui des motivations qui avaient poussé mon père à partir à sa recherche, comme si ce dernier voulait éclairer un plus grand mystère, profondément enfoui dans la réalité.
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le_Bisonle_Bison   03 décembre 2017
J'ai appris tout seul à lire, quand j'avais cinq ans ; à l'époque, je lisais des dizaines de livres, mais je n'en ai gardé aucun souvenir, sauf qu'il s'agissait d'auteurs étrangers qui étaient décédés. Qu'un écrivain soit argentin et encore vivant, voilà une découverte relativement récente qui m'étonne encore.
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GwordiaGwordia   10 août 2012
Les parents sont les os sur lesquels les enfants se font les dents.

Juan Domingo Perón
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Vidéo de Patricio Pron

Rentrée Littéraire Flammarion 2012 - Présentation du livre de Patricio Pron
Conférence, présentation du nouveau livre de Patricio Pron, L'Esprit de mes pères.
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