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4,11

sur 2622 notes
Woland
  07 novembre 2013
ISBN : 978253059097


"Je ne lirai jamais Proust," me disait un jour quelqu'un, "c'est bien trop long : jamais je n'en verrai la fin." Avec cette ampleur emblématique, les imparfaits du subjonctif qui s'égrènent avec une aristocratique distinction tout au long des pages de la "Recherche ..." constituent, en général, le second épouvantail qui, dans Proust, fait peur au lecteur honnête mais moyen et, en tant que tel, fort peu curieux de tout ce qui n'est pas son train-train. Certains, qui ont tout de même tenté d'aller un peu plus loin, vous avancent, avec une naïveté effarouchée, que, assurément, ils ne sauraient se risquer à lire un écrivain qui, à l'instar d'un autre monument de la littérature, le duc de Saint-Simon - ce mémorialiste de génie que Proust vénérait d'ailleurs comme se doit de le faire tout amoureux de la langue française - est capable d'étaler une phrase sur une seule page minimum - quand ce n'est pas deux. La chose leur apparaît marquée au coin d'un tempérament résolument insane et aussi, même s'ils ne se risquent pas à le préciser, sournoisement et redoutablement malveillant. Car enfin, qui s'y retrouverait dans une phrase de ce type à moins de n'avoir pour autre but que de faire sombrer le candide lecteur dans une incompréhension qui, s'il s'y entête, finira, c'est immanquable, par déboucher sur les sombres méandres de la folie ? Autre reproche souvent fait - et bien à tort là aussi - à Marcel Proust : son snobisme. "Les gens dont ils parlent", me disait un autre quelqu'un, "qui s'y intéresserait ? Ce ne sont que des mondains, nobles peut-être, grands bourgeois certainement, mais tous oubliés depuis belle lurette et qui, au contraire, je vous l'accorde, de certains de leurs ancêtres, n'ont pas marqué L Histoire. Des inutiles, des coquilles vides, et c'est tout."

Enfin, vous avez ceux - j'en ai tout de même rencontré un ou deux spécimens - qui se refusent à lire Proust parce qu'il était 1) homosexuel et 2) d'origine juive, et par sa mère, détail encore plus accablant. Ceux-là, mieux vaut vous enfuir tout de suite dès qu'ils vous exposent leurs raisons de vouloir continuer à ignorer l'un des plus grands représentants de la littérature française. Inutile de chercher à les convaincre : leur cerveau a la taille d'un pois-chiche et leur coeur est en plus piteux état encore.

Maintenant, reprenons les arguments des détracteurs de l'oeuvre proustienne - à l'exception des deux derniers exemples parce que c'est lundi et que, de toutes façons, les chacals ont beau aboyer dans le désert de leur sottise, rien n'empêchera la caravane de poursuivre son chemin.

1) La longueur du texte, tout d'abord. C'est un argument qui s'effondre de lui-même. Des oeuvres bien plus longues, il en existe bien d'autres, à commencer par celle d'un certain Honoré de Balzac - peut-être le champion toutes catégories en la matière. Certes, les personnes qui ont lu "tout" Balzac sont elles-mêmes assez rares mais cela ne tiendrait-il pas avant tout au fait que beaucoup de romans de ce géant, notamment parmi ses premières oeuvres, si étroitement liées à la politique commerciale du roman-feuilleton, avec les horreurs stylistiques et les monstruosités techniques qu'entraîne cette gênante parenté, se révèlent absolument imbuvables, et ceci quoi que nous puissions penser par ailleurs du "Père Goriot", de "La Rabouilleuse" ou d'"Eugénie Grandet" ?

Chez Proust, cette disparité excessive n'existe pas. Tout est fluide, continu et le fleuve ainsi créé coule majestueusement, dans la certitude d'atteindre tôt ou tard et avec la même sérénité au vaste océan de la Littérature universelle.

2) Les imparfaits du subjonctif. C'est vrai, ils sont là, pratiquement tous au grand complet. C'est-à-dire que Proust ne se contente pas de la troisième et somme toute bien placide personne du singulier : les autres aussi se manifestent, çà et là, nous adressant ce salut légèrement hautain mais non teinté de bienveillance qui vient rappeler aux plus anciens d'entre nous et révéler aux plus jeunes que la langue de Rabelais, la langue de Voltaire, la langue de Zola - notre si belle et si délicate langue française - non seulement descend en droite ligne du Latin et de ses conjugaisons si complexes mais que, de surcroît, elle a tout lieu (et j'ajouterai surtout en notre époque sinistre et vulgaire) d'en être fière.

De là à s'imaginer que "La Recherche ..." ne s'exprime qu'à l'imparfait du subjonctif, il y a un abîme d'ignorance grammaticale rigoltourne : Proust l'eût-il voulu que la chose eût été impossible, n'importe qui ayant un minimum de connaissances en grammaire française vous le dira. Pour Proust, ce mode et ce temps sont des outils précis, qu'il utilise ainsi que nous devrions continuer à les utiliser de nos jours au lieu de, comme par exemple les Editions Hachette, troquer le passé simple au bénéfice du passé composé afin que les chères têtes blondes ne soient pas "traumatisées" ... et fassent par la suite de bons, de doux et de stupides moutons de Panurge - en d'autres termes, d'excellents chômeurs qui, ne sachant ni lire, ni écrire correctement, ne songeront jamais à la révolte.

Mais ceci est un autre débat.

3) Une page pour une seule phrase. Bon, d'accord, c'est vrai : comme Saint-Simon, Proust en est capable. Mais il n'abuse pas du procédé. Et puis, après tout, c'est très bon pour la mémoire. Vous retrouver dans les phrases labyrinthiques de ce type et vous réciter des listes et des listes de vocabulaire (français, anglais, tout ce que vous voudrez ...), faites-le le plus longtemps possible, jusque sur votre lit de mort si vous le pouvez, et vous verrez que la maladie d'Alzheimer vous oubliera.

Et puis d'abord, une phrase entière sur toute une page - ou une page et demie - c'est beau, c'est sublime. Je suis de parti pris, peut-être, mais je suis une littéraire pur-sang et je me dois, sur cette question, d'être de parti pris.

4) le snobisme. Peut-on accuser de snobisme un homme qui, en dépeignant les membres d'une certaine société, les montre tels qu'ils sont, et surtout avec leurs propres petitesses ? Les hasards de la naissance et de la Fortune ont permis à Proust de fréquenter certains milieux à la beauté superficielle desquels il a certainement été sensible - ne l'aurions-nous pas été, nous aussi, à sa place, en tous cas un temps ? - mais dont il n'a pas manqué de repérer les laideurs. Puisque, en écrivain et en créateur-né, il n'a pas tu celles-ci, on ne saurait lui reprocher un quelconque snobisme.

Au demeurant - mais il faut l'avoir lu et bien lu pour le savoir - il a aussi décrit les plus humbles, en usant du même oeil impartial et vif. Et c'est toujours le même régal.

Ajoutons deux qualités qu'on évoque rarement quand on parle de "La Recherche ..." : le naturel inouï des dialogues - et croyez-moi, c'est loin d'être à la portée de tout le monde, fût-ce les plus grands - et ... l'humour. Marcel Proust, qu'on représente trop souvent soit comme un dandy intégral, soit comme un asthmatique éternellement enfoui sous ses couvertures dans sa chambre tapissée de liège, Marcel Proust avait un sens de l'humour qui ne dédaignait ni la férocité, ni l'humour carrément noir.

Avec tout cela, comment encore vous recommander de lire "A La Recherche du Temps Perdu" ?

1) Déjà, ne le prenez pas pour un pensum ou "parce qu'il faut l'avoir lu" : abordez-le sans a priori ridicule mais aussi sans nécessité absolue, soit par curiosité, soit par plaisir.

2) Ne baissez pas les bras à la première phrase un peu plus longue, au premier verbe un peu choisi, au premier imparfait du subjonctif qui passe. Proust est mort l'année même (soit en 1922) où paraissait pour la première fois dans son intégralité - et d'ailleurs à Paris - l'"Ulysse" de Joyce. "La Chambre de Jacob" et la célébrissime "Mrs Dalloway", de Virginia Woolf, datent respectivement de 1922 et de 1925. D'autre part, bien qu'il ait commencé à publier dès 1919, William Faulkner, qui fera lui aussi tellement pour la "déconstruction" du roman et une nouvelle façon de le vivre et de l'écrire, ne publiera son premier roman qu'en 1926 et "Sartoris" en 1929. Remettez donc Proust dans le contexte de son époque, en n'oubliant pas qu'il naquit ... l'année de la Commune, c'est-à-dire en 1871.

3) Et si, contre toute attente, eh ! bien, vous n'accrochez pas : tant pis, ne soyez pas déçu. Rangez soigneusement votre exemplaire - surtout si vous êtes jeune. Et patientez. Recommencez de temps à autre, quand vous vous sentez en phase. Qu'importe que vous ne parveniez à lire "A La Recherche ..." que le jour de vos soixante-dix ans ! Seuls les snobs véritables - les cousins des Verdurin proustiens - affirment d'un ton docte que, si vous n'avez pas lu Proust pour vos vingt ans, vous ne méritez pas le titre de lecteur. Il faut de tout pour faire un monde et chaque livre, chaque oeuvre attend son heure.

Non, ne baissez pas les bras, ne vous découragez pas, attendez votre heure vous aussi : et n'oubliez jamais que, si Proust est digne de vous, vous êtes digne de lui. ;o)
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Nastasia-B
  28 août 2012
Le croyant dit "Je crois que..."
Le savant dit "Je sais que..."
Le critique d'une oeuvre littéraire, lui, a une position un peu intermédiaire, pas évidente à tenir, car il possède une conviction invérifiable et imparable relevant de sa propre idiosyncrasie, probablement plus proche de celle d'un croyant que de celle d'un savant. Mais, dans le même temps, un critique doit être capable d'expliquer cette vision personnelle par une suite d'arguments tangibles ou crédibles, plus ou moins vérifiables ou falsifiables et, si possible, admis du plus grand nombre ou disons simplement, du plus grand nombre possible. Aussi, sa position relève-t-elle plus, par cet aspect, du travail d'un scientifique.
En somme, le critique a le droit de tout dire, pour peu qu'il soit en mesure de l'argumenter de façon tant soit peu convaincante.
Le critique dit donc "J'aime parce que" ou "Je n'aime pas parce que".
Certes, certains arguments sont plus frappants que d'autres mais on ne pourra probablement pas taxer d'illuminé de mauvaise foi un critique ayant déroulé un éventail cohérent d'arguments liés au texte et concourant à son amour ou à son désamour de l'oeuvre littéraire qu'il critique.

Si je vous écris que j'aime "Du côté de chez Swann" parce que ma grand-mère s'appelait Madeleine, okay, c'est un argument, mais pas franchement décisif, car non seulement il vient tout seul et que de plus on peut avouer sans honte qu'il est de peu de retentissement parmi les quelques malheureuses âmes qui n'ont jamais connu ma grand-mère.
Par contre (attention je vais essayer de faire une phrase à la Marcel Proust), si vous dites que vous avez été émus par l'habile capture de la sensation sur notre être et de son immense pouvoir à susciter ou à ressusciter les moments révolus qui ont marqués des pans entiers de notre existence, éveillant au passage, par-ci par-là, quelques bouffées de nostalgie, en précisant deux ou trois passages du texte particulièrement significatifs à vos yeux à propos de cette qualité de l'oeuvre, on pourra alors certes ne pas partager votre vision ou votre émotion de lecture, mais on ne pourra certainement pas vous taxer de mauvaise foi, de partialité ni d'être aucunement bonimenteur ni affabulateur.

Vous avez compris que si j'ai pris la peine d'un si long préambule sur la difficulté d'être critique, c'est que justement, pour le coup, avec Proust je sèche complètement.
Ce que je sais, c'est que j'ai bien aimé. Pas adoré, mais vraiment bien aimé. Or, ceci dit, je me sens totalement incapable de dire pourquoi ou d'en dire plus. Force m'est de reconnaître que bien que ce livre possède un statut très particulier pour moi, qu'il revêt une vraie importance, je suis incapable d'en parler aux autres. Preuve probablement qu'il a touché quelque chose d'intime ou que ma pudeur inconsciente m'interdit d'extérioriser. Telle une toile dans un musée, dont on sait qu'elle nous plait, mais on ne saurait l'expliquer à qui que ce soit. La toile a cependant l'avantage de l'immédiateté ce qui n'est pas le cas d'une oeuvre écrite de l'envergure et de l'ampleur de ce livre. C'est un mystère même pour moi. J'ai bien deux ou trois idées sur la question mais je ne me convaincs pas moi-même. Il est vrai que j'ai lu du Côté de Chez Swann il y a bien trop longtemps maintenant et qu'une relecture s'imposerait très certainement, mais tout de même. J'ai l'impression de ne pas avoir tant oublié que cela et que ce n'est pas un défaut de mémoire qui m'empêche d'en dire plus et mieux sur ce livre. Je ne me l'explique pas, c'est ainsi, il faut accepter parfois de ne pas tout comprendre de son propre fonctionnement ni d'être en mesure de tout expliquer.
Je sais seulement que ce livre a eu un effet sur moi. Après sa lecture, je n'ai jamais plus eu peur d'aucun livre, aussi gros et impénétrables soient-ils. Après la lecture de "Du côté de chez Swann", je me suis dit que je n'étais peut-être pas totalement hermétique aux choses de la littérature, pensée qui était assez solidement ancrée en moi auparavant.
Me voilà donc bien fine, avec au creux des mains un livre pas si petit que ça, que j'ai passé un certain temps à lire, dont je puis affirmer que je l'ai bien aimé et avec tout cela, je suis pourtant incapable d'expliquer pourquoi. C'est bête, n'est-ce pas ? Certes mais c'est mon ressenti, ce qui signifie, plus que jamais, pas grand-chose.
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Gwen21
  08 juin 2016
Plus efficace que les cartes postales anciennes, il y a Proust.
Plus savoureux que les madeleines de Liverdun, il y a Proust.
Plus méticuleux que ma Belle-Maman, il y a Proust.
Plus cérébral que Proust, il y a... euh, personne, en fait.

Alors, voilà, depuis qu'enfant j'ai découvert la littérature, pas moyen d'échapper à Proust et pour des raisons qui échappent à ma mémoire - vite, une madeleine ! - je nourrissais un très vilain a priori négatif sur ce grand auteur. Bref, je pensais détester à l'heure de me lancer à mon tour dans l'aventure proustienne.

Marcel Proust impressionne fortement les lecteurs, qu'il les fascine ou les horripile, c'est ce qui se dit généralement ; en ce qui me concerne, il a fait les deux, alternativement. J'ai d'abord été presque transcendée par la première partie du récit décrivant l'enfance du narrateur à Combray, la villégiature de famille en Normandie, m'extasiant sur la beauté du style et la poésie de la narration. C'est notamment ici que se niche la fameuse madeleine. Je me suis régalée.

Exaspérée, ennuyée et désabusée, je l'ai ensuite été avec "Un amour de Swann", récit dans le récit, et qui constitue la seconde et plus conséquente partie de ce premier tome de "La recherche". L'amour passionnel - et cependant beaucoup trop cérébral à mon goût - de Charles Swann pour Odette de Crécy, une demi-mondaine vulgaire et manipulatrice, se fraye un chemin mouvementé dans le Paris mondain de la "fin de siècle" - période très intéressante pour l'étude des moeurs bourgeoises, soit dit en passant.

Swann, grand intellectuel, célèbre dilettante, mémorable érudit, indécrottable esthète, cultivé, sophistiqué, mondain, rationnel, rigoureux, chic... va connaître l'amour et tomber de son piédestal jusqu'à s'avilir dans le rôle peu glorieux du cocu. Même si "Un amour de Swann" recèle des trésors de psychologie et d'analyse émotionnelle méticuleux, j'avoue que sans le style brillant de l'auteur, j'aurais abandonné ma lecture, mais comme le noyé qui voit au loin surnager la bouée qui lui promet le salut, je me suis accrochée au récit, ce en quoi j'ai bien fait afin de renouer en dernière partie avec notre narrateur de Combray devenu adolescent, revenu à Paris et... amoureux de la fille de Swann !

Ce que je retiens de mon premier contact avec Proust, c'est la nécessité impérieuse de devoir abandonner ma maîtrise du temps, de "laisser le temps au temps", c'est accepter de me laisser bercer par une prose certes ardue mais unique en son genre, et c'est enfin voyager dans un Paris bourgeois plus vrai que nature où les codes sociaux semblent à la fois si étrangers et si familiers.

Au panthéon de toute culture littéraire, c'est indéniable, il y a Proust.


Challenge XXème siècle
Challenge PAVES 2015 - 2016
Challenge MULTI-DEFIS 2016
Challenge 19ème siècle 2016
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Renod
  15 septembre 2016
Imaginez que le paradis existe et que la liste de mes péchés ait été supprimée suite à un problème informatique indépendant de leur volonté. Au terme d'une vie trop courte, des proches quittés trop tôt et une PAL toujours pas achevée, j'arrive à l'accueil du paradis. Une hôtesse en tailleur sombre me remet un dossier et un bic mordillé et me dit : « remplissez le en caractères bien lisibles et SURTOUT, rendez moi le stylo ». Dans la partie 7.3, je dois indiquer les noms des trois personnes que je souhaite revoir. J'inscris : 1/ ma mémé qui était bien gentille, 2/ mon chien Snoopy qui était bien gentil, il ne mordait jamais que les inconnus, et 3/ par curiosité et un peu par hasard, Marcel Proust.

Je remets mon dossier et j'entre dans le saint du saint, un peu surpris par le nombre de barrières couvertes de barbelés qui donnent à l'endroit un aspect de centre pénitentiaire. J'apprendrai peu après que la luxure, l'alcool et les Smartphones sont interdits dans l'enceinte de l'établissement. Ils sont donc nombreux à vouloir s'enfuir.

Mémé n'est pas dispo, elle écosse des haricots. Elle a le sourire Mémé, elle pense à tous ceux qui lui ont fait des misères et qui vont finir comme ses haricots, bouillis dans une marmite. Elle repense à la tête qu'a fait Pépé quand il a appris qu'il serait privé de vin rouge pour l'ETERNITE ! Ptdr. Snoopy, fidèle à moi-même et à lui-même, après une démonstration de joie toute en bonds, reste mutique, la langue pendante. Il n'a visiblement pas grand-chose à me raconter, bravo. Je pars donc à la rencontre de notre écrivain national. Il se tient au fond d'un salon de thé, le visage blême, la gorge cachée par un foulard couleur crème, et manifestement, il me fait la gueule.

Ayant fréquenté de nombreux auteurs grâce aux "soirées rencontres" Babelio, je ne suis pas impressionné. Je lui lance un « coucou Marcel » histoire de rompre la glace en douceur. Il pose sur moi son regard noir et me lance, essoufflé : « je n'étais même pas dans ton top 6 Babelio, livres pour une île déserte ». C'est mal parti. Je m'assois à ses côté, penaud et je lui rétorque « mais Marcel, c'est pas ce que tu crois et en plus ta note moyenne sur Babelio est de 4.27, t'es un caïd Marcel, t'as fumé Guillaume Musso».

Les plus malins d'entre ceux qui auront eu le courage de lire ce texte jusqu'ici (ça doit plus faire beaucoup de monde) auront deviné que je noie le poisson, que je vous parle de tout sauf du roman. Mais j'ai du mal à parler des belles choses. Et je trouve qu'il serait grossier de disséquer un tel chef d'œuvre, de poser à nu sur une table en plastique ses tripes stylistiques. Je ne prendrai pas de faux airs de prof de français. J'avoue n'avoir saisi qu'une partie des intentions de l'auteur mais par contre, à mon modeste niveau, j'ai grave kiffé le flow de Marcel !

J'ai connu deux échecs avant de venir à bout de ce premier tome de « la Recherche ». J'ai quinze ans, je suis fougueux (plus pour longtemps), je débute le livre et m'arrête dix pages plus tard. En clair, je me suis endormi avant le narrateur… Dix ans plus tard, nouvel essai. J'ai lu cent pages, un long voyage au bout de l'ennui, j'abandonne une nouvelle fois. Dix ans plus tard - bis repetita -, je reprends le roman et je découvre qu'avec un peu d'efforts, je parviens à rentrer la tête la première (c'est une image) dans ces longues phrases et cette ponctuation alambiquée.

Et maintenant ? Ce livre fait toujours partie de moi. J'en conserve des images au fond de ma mémoire, notamment les clochers de Martinville et les haies d'Aubépine. Des personnages la Recherche ont laissé une trace dans mon esprit : Françoise, la Duchesse de Guermantes, Swann, M. Vinteuil et bien d'autres encore. J'ai parfois l'impression de les avoir rencontrés. Et puis il y a cette géographie qui me parle encore : Méséglise, Combray, la Vivonne, et déjà Paris et Balbec.

Si vous n'avez pas lu ce roman, attendez le bon moment et lancez vous. Si vous en aviez abandonné la lecture, offrez vous une nouvelle chance. C'est plus qu'un roman, c'est un univers parallèle dont l'accès demande de petits efforts de lecture. Vous en sortirez marqué et grandi (déclaration non contractuelle).

P.S.: J'ai été un peu long, Marcel aussi : la Recherche détient le record du plus long roman dans le Livre Guinness des records.
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Roggy
  08 février 2019
On dit de ce roman que c'est un monument de la littérature française qu'il faut avoir lu une fois dans sa vie et j'avoue m'être lancée à corps perdu dans ce défi que j'ai abandonné maintes fois par le passé car c'est vrai qu'il y a des longueurs et des lenteurs emblématiques chez Proust, des phrases qui s'étirent comme un chat au soleil d'été, une ponctuation utilisée avec parcimonie qui compromet fortement la notion spatio-temporelle - c'est bavard, certes, la prose est ardue, les digressions foisonnent et l'emploi du subjonctif rebute notre déformation de lecteur 2.0 habitués à ce qu'une information arrive rapidement pour qu'on puisse vite la synthétiser et vite la transmettre et vite l'analyser - , sauf qu'ici chez Proust cette prouesse n'est pas possible car tout se passe très lentement et il place son décor dans le Paris bourgeois avec une notion de castes plus que de classes sociales, où la vie coule comme un fleuve tranquille et où l' on prend le temps de vivre, le temps de voir passer le temps, il y ajoute quelques études psychologiques des personnages et des sentiments tel l'amour teinté de vénération d'un enfant pour sa mère, même si cette histoire prend trente-deux pages et demi, épuisant ainsi notre quota de bonne volonté car vraiment il faut l'admettre c'est une lecture difficile, laborieuse, digne des marathoniens qui aiment l'effort, qui ne se découragent pas face à la difficulté et à la douleur ; mais il y tout de même de belles descriptions et notions, surtout celle de la force des souvenirs qui restent, qui résistent à tout.
Ouf, je reprends mon souffle après l'écriture du paragraphe le plus long de ma vie. Proust eût été fier de moi ;)

Et voilà, c'est fait ! Je promets que dorénavant j'aurai plus de patience avec ma vieille tante qui débite 25 mots à la seconde ! Et en plus les madeleines auront désormais une autre saveur !
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cardabelle
  26 août 2018
Critiquer : désolée mais pas cette fois !

" A La Recherche du Temps Perdu " , c'est cent vingt six billets sur notre site préféré .
Le net , les bibliothèques , les librairies regorgent d'études, de thèses , de biographies, d'analyses etc...
Je me sens petite fourmi , minuscule face à ce monument.
Alors, mon billet sera un témoignage car je veux juste partager quelques miettes de ...bonheur !

" du Côté de chez Swann " , premier tome .
Je l'ai lu et étudié en classe mais par morceaux choisis .
Proust depuis ce moment , je dirais quelques décennies , est toujours resté dans un petit coin de ma tête , jusqu'à devenir un rêve : celui de lire toute " La Recherche ...".
Et puis, le tourbillon de la vie , les rares moments à soi , l'actualité littéraire etc... toujours est-il que j'ai dû attendre de nombreuses années avant de trouver LE moment propice pour m'isoler avec Marcel .

Alors voilà , j'ai enfin pu goûter aux délices de Combray , revoir les Swann et me laisser porter par la magnificence de style Proustien .
Je serais quand même de mauvaise foi en oubliant de mentionner l'effort qu'il faut parfois fournir face à la densité de certains passages , mais ça , tout le monde le sait .
En revanche , que dire de l'émotion suscitée par l'intensité poétique et je m'en voudrais d'oublier de parler de la finesse d'un humour pince sans rire ponctuant le récit . Que d'esprit !

D'autre part , j'ai eu la curiosité de lire quelques articles biographiques sur l'auteur ; le texte étant écrit à la première personne j'ai eu besoin d'éclaircissements pour mieux situer les personnages , le cadre familial ou social , ou encore les noms de lieux .
Fiction et réalité étant mêlées , ça donne en quelque sorte une biographie tronquée et c'est parfois déroutant.
Ainsi , le narrateur , jeune , se place en fils unique au coeur de sa famille or, Marcel Proust avait un frère de deux ans son cadet . Il l'a complètement occulté il n'apparaît nulle part . En revanche , de ce fait , il nous livre peut-être là , en filigrane , une des clefs de sa construction mentale liée à une certaine souffrance . Troublant .
Emouvante aussi cette relation mère-enfant illustrée ici par le si célèbre " baiser du soir " ...

J'ai choisi de lire " La Recherche ..." dans l'ordre , pourtant , certains Proustiens émérites n'en font pas une nécessité .
Jusqu'à présent , arrivée au milieu du deuxième volume, je reste persuadée que c'est plus aisé pour appréhender l'évolution de l'oeuvre et surtout l'impressionnante et foisonnante galerie des personnages de cette gigantesque comédie humaine .

Ainsi , je suis en immersion dans un autre siècle , dans une oeuvre étonnante de modernité , goûtant une pensée philosophique profonde , tellement percutante , qu'il est aussi bien doux de se laisser bercer par une prose qui parfois tutoie les étoiles .
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sandrine57
  31 décembre 2011
Un challenge organisé par le forum de lecture que je fréquente a été pour moi l'occasion de m'attaquer à un monument de la littérature: A la recherche du temps perdu de Marcel PROUST. Ou du moins à son premier tome: du côté de chez Swann. Mes premiers pas dans l'oeuvre ont été difficiles, je l'avoue. Les phrases longues, très très longues, partent dans tous les sens et souvent j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour en comprendre le sens. Mais PROUST est ainsi. Il faut savoir prendre son temps pour savourer son écriture subtile et sublime. Oui, il a su me conquérir. Sa prose sensible et délicate croque à merveille la société qui l'entoure, les petits travers de ses contemporains et les rapports sociaux si strictement réglementés. On lit PROUST tous les sens en éveil. Avec lui, on sent les douces fragrances des jasmins du jardin de Swann, on découvre Combray, son églises, ses ruelles, ses prés comme si on y était, on entend les conversations de salon et bien sûr, on a sur la langue le goût de la fameuse madeleine trempée dans le thé de tante Léonie. Quand au détour d'une page, on tombe sur cette anecdote cultissime, on sait que l'on touche à l'essence même de cet écrivain incomparable.
Il faut lire PROUST! Une fois dans sa vie de lecteur, il faut se promener tranquillement avec lui, à Combray ou sur les Champs-Elysées, et tout doucement se laisser bercer par ses petites histoires sur le temps, l'amour, les gens.
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pascontent
  10 janvier 2021
Longtemps je me suis levé de bonne heure pour lire " A la recherche du temps perdu " mais à peine avais-je commencé à lire que mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : je m'endors et alors je revoyais grâce à la métempsychose, Madeleine une jeune fille en fleurs qui aimait profaner le portrait de son géniteur puis j'entendais monter doucement une mélodie, celle de la Sonate de Vinteuil et me revenait à la mémoire, ce bal où Morel dansait avec un militaire, poitrine contre poitrine, sous le regard courroucé du baron, un cattleya à la boutonnière et par l'effet de l'anamnèse une odeur d'aubépine revenait du passé et je retrouvai, grâce à Marcel, non pas le temps perdu mais le sommeil.
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HundredDreams
  02 mai 2021
S'attaquer à Marcel Proust, c'est comme tenter de gravir l'Everest. En tout cas, pour moi. Un sommet inatteignable pendant très longtemps, trop longtemps.
J'ai tenté de lire « du côté de chez Swann » à l'adolescence, lorsqu'au lycée, on se doit à se confronter à ces textes classiques. Mais j'ai trouvé l'histoire trop longue, trop lente, sans intrigue, sans intérêt. Les années ont passé, l'expérience s'est renouvelée, ces cuisants échecs laissant derrière moi un souvenir d'inachevé et d'incompréhension au regard des avis.
Alors cette fois-ci, pour gravir cette montagne, une des plus belles, sinon la plus belle, je ne suis pas partie toute seule. J'ai choisi comme compagnons de voyage deux belles voix, celles d'André Dussolier et de Lambert Wilson. Et là, le charme a opéré, je me suis laissée prendre par le style « proustien ».
Avec ces deux grands acteurs, la lecture des phrases interminables de l'auteur est devenue accessible et l'ascension ne m'a plus paru réservée uniquement aux lecteurs les plus chevronnés.
*
Alors c'est vrai que le style de l'auteur est déconcertant. Quand on commence une phrase, on peut parfois se demander quand elle va finir. Les nombreux tirets et parenthèses, autant de digressions labyrinthiques, tels des tiroirs que l'on ouvre et referme, amènent le lecteur à s'imprégner de l'atmosphère et à être au plus près des émotions et des sentiments du narrateur dont nous suivons la pensée.

L'écriture de ces longues phrases marque un rythme lent, berçant comme la houle, en accord avec la pensée de l'auteur.
Les nombreuses métaphores dans les descriptions amènent une mélodie.
« Avant d'y arriver, nous rencontrions, venue au−devant des étrangers, l'odeur de ses lilas. Eux−mêmes, d'entre les petits coeurs verts et frais de leurs feuilles, levaient curieusement au−dessus de la barrière du parc leurs panaches de plumes mauves ou blanches que lustrait, même à l'ombre, le soleil où elles avaient baigné. »
*
Le roman se compose de trois grandes parties, distinctes, mais en même temps indissociables.
Dans la première, le narrateur commence ainsi :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » »

Il y évoque son enfance dans la demeure familiale de Combray, les nombreuses visites qui rythment sa vie, sa relation fusionnelle avec sa mère, et son amour pour la littérature.
Dans la seconde, le narrateur évoque la vie de Charles Swann, un ami de la famille.
Et dans la dernière, le narrateur relate ses rêves de voyages. Désirs d'admirer les tempêtes, envies de découvrir les paysages et l'architecture des villes de Normandie et d'Italie. Il évoque aussi sa maladie.
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Les descriptions très précises des personnages apportent une vision culturelle, sociétale, et permettent de dresser notamment un portrait de la bourgeoisie et de l'aristocratie de l'époque.
Et là, que c'est savoureux !
« J'habite à trop de milliers de mètres d'altitude au-dessus des bas-fonds où clapotent et clabaudent de tels sales papotages, pour que je puisse être éclaboussé par les plaisanteries d'une Verdurin… »

Avec quelle perspicacité, Marcel Proust dessine de beaux portraits, s'attachant à les décrire dans toute leur suffisance, leur médiocrité, leur méchanceté née de l'oisiveté, leur promptitude à juger au nom des convenances et du statut social. Calambours, métaphores et autres jeux de mots sont autant de plaisirs et d'éloquence mettant en valeur l'esprit brillant qui l'utilise à bon escient qu'une arme servant à ridiculiser celui qui en est dépourvu.
« le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule. »

Avec la précision d'un scalpel, Marcel Proust explore les profondeurs de l'âme humaine, les jalousies, les souffrances et les tourments d'un amour irraisonné et déraisonnable, un amour non réciproque.
« Tu es une eau informe qui coule selon la pente qu'on lui offre, un poisson sans mémoire et sans réflexion qui tant qu'il vivra dans son aquarium se heurtera cent fois par jour contre le vitrage qu'il continuera à prendre pour de l'eau. »
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Marcel Proust s'attarde sur de nombreux lieux, Combray, Balbec, Guermantes, et c'est avec une grande minutie qu'il nous dépeint l'éclat de la nature, les belles demeures et en particulier l'intimité des chambres. On trouve de nombreuses descriptions révélant la beauté des paysages et des fleurs lors de longues promenades.
« La haie laissait voir à l'intérieur du parc une allée bordée de jasmins, de pensées et de verveines entre lesquelles des giroflées ouvraient leur bourse fraîche, du rose odorant et passé d'un cuir ancien de Cordoue, tandis que sur le gravier un long tuyau d'arrosage peint en vert, déroulant ses circuits, dressait aux points où il était percé au-dessus des fleurs dont il imbibait les parfums l'éventail vertical et prismatique de ses gouttelettes multicolores. »
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« A la recherche du temps perdu » c'est aussi relire des passages d'anthologie, comme celui de la madeleine qui symbolise la nostalgie provoquée par une saveur, une odeur et le souvenir qui replonge le narrateur dans l'enfance.
« Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes, – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. »
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Une chose très étonnante. Je n'aurais jamais pensé rire en lisant Marcel Proust, mais contre toute attente, j'ai trouvé beaucoup de passages très amusants comme celui-ci.
"Les personnes flatteuses savent se faire bien venir et ramasser les pépettes ; mais patience, le bon Dieu les punit toutes par un beau jour…"
Est-ce voulu par l'auteur ? Je me suis posée la question. Cela tient-il à l'attitude snob, maniérée et hautaine de certains personnages du roman ? Ou au décalage dans le registre de langue, tantôt élégant, raffiné, tantôt familier ? Toujours est-il que le ton employé est très plaisant.
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Pour conclure, lire Marcel Proust, c'est un plaisir de lecture extraordinaire. C'est vivre également une expérience de lecture, à la fois intimidante, intime et méditative.
J'ai aimé le style de Marcel Proust, un style unique, harmonieux et recherché, d'une extrême précision et d'une richesse poétique incroyable. J'ai été agréablement surprise par les nombreuses situations comiques et l'humour très fin résultant des convenances et des hiérarchies sociales.
Une magnifique réflexion sur la mémoire, les souvenirs, le temps qui passe, la littérature et l ‘amour.

Bien sûr, « du côté de chez Swann » est à lire. Pendant longtemps, je n'ai pas compris les avis dithyrambiques sur cette oeuvre que je trouvais ampoulée et précieuse. Je pense maintenant qu'il y a un moment pour tout, un moment dans notre vie où le texte de Marcel Proust va raisonner en nous.
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jeunejane
  17 mai 2017
"Du côté de chez Swann" : je l'ai lu en plusieurs étapes et depuis plusieurs années. J'irai sans doute encore le repêcher.
L'élément déclencheur, cette fois est l'expression "C'est sa madeleine de Proust" employée sans arrêt dans les médias en ce moment.
Je connaissais ce passage presque mot à mot.
Difficile de lire Marcel Proust d'une traite au 21ème siècle avec ses longues phrases qui nous bercent l'oreille. Pour cette étape, je l'ai écoutée en version audio pendant que j'étais occupée à des tâches domestiques qui ne demandaient pas de réflexion.
L'auteur est touchant, ses impressions peuvent se partager.
J'ai apprécié énormément de passages que j'ai pu accrocher à mes impressions personnelles.
Un ouvrage que je vais rechercher de temps à autre comme un recueil de poèmes.

Challenge pavés 2016-2017
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