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Antoine Compagnon (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070379248
708 pages
Éditeur : Gallimard (03/11/1988)
4.09/5   1520 notes
Résumé :
"Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté... Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
4,09

sur 1520 notes

Gwen21
  08 juin 2016
Plus efficace que les cartes postales anciennes, il y a Proust.
Plus savoureux que les madeleines de Liverdun, il y a Proust.
Plus méticuleux que ma Belle-Maman, il y a Proust.
Plus cérébral que Proust, il y a... euh, personne, en fait.
Alors, voilà, depuis qu'enfant j'ai découvert la littérature, pas moyen d'échapper à Proust et pour des raisons qui échappent à ma mémoire - vite, une madeleine ! - je nourrissais un très vilain a priori négatif sur ce grand auteur. Bref, je pensais détester à l'heure de me lancer à mon tour dans l'aventure proustienne.
Marcel Proust impressionne fortement les lecteurs, qu'il les fascine ou les horripile, c'est ce qui se dit généralement ; en ce qui me concerne, il a fait les deux, alternativement. J'ai d'abord été presque transcendée par la première partie du récit décrivant l'enfance du narrateur à Combray, la villégiature de famille en Normandie, m'extasiant sur la beauté du style et la poésie de la narration. C'est notamment ici que se niche la fameuse madeleine. Je me suis régalée.
Exaspérée, ennuyée et désabusée, je l'ai ensuite été avec "Un amour de Swann", récit dans le récit, et qui constitue la seconde et plus conséquente partie de ce premier tome de "La recherche". L'amour passionnel - et cependant beaucoup trop cérébral à mon goût - de Charles Swann pour Odette de Crécy, une demi-mondaine vulgaire et manipulatrice, se fraye un chemin mouvementé dans le Paris mondain de la "fin de siècle" - période très intéressante pour l'étude des moeurs bourgeoises, soit dit en passant.
Swann, grand intellectuel, célèbre dilettante, mémorable érudit, indécrottable esthète, cultivé, sophistiqué, mondain, rationnel, rigoureux, chic... va connaître l'amour et tomber de son piédestal jusqu'à s'avilir dans le rôle peu glorieux du cocu. Même si "Un amour de Swann" recèle des trésors de psychologie et d'analyse émotionnelle méticuleux, j'avoue que sans le style brillant de l'auteur, j'aurais abandonné ma lecture, mais comme le noyé qui voit au loin surnager la bouée qui lui promet le salut, je me suis accrochée au récit, ce en quoi j'ai bien fait afin de renouer en dernière partie avec notre narrateur de Combray devenu adolescent, revenu à Paris et... amoureux de la fille de Swann !
Ce que je retiens de mon premier contact avec Proust, c'est la nécessité impérieuse de devoir abandonner ma maîtrise du temps, de "laisser le temps au temps", c'est accepter de me laisser bercer par une prose certes ardue mais unique en son genre, et c'est enfin voyager dans un Paris bourgeois plus vrai que nature où les codes sociaux semblent à la fois si étrangers et si familiers.
Au panthéon de toute culture littéraire, c'est indéniable, il y a Proust.

Challenge XXème siècle
Challenge PAVES 2015 - 2016
Challenge MULTI-DEFIS 2016
Challenge 19ème siècle 2016
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Renod
  15 septembre 2016
Imaginez que le paradis existe et que la liste de mes péchés ait été supprimée suite à un problème informatique indépendant de leur volonté. Au terme d'une vie trop courte, des proches quittés trop tôt et une PAL toujours pas achevée, j'arrive à l'accueil du paradis. Une hôtesse en tailleur sombre me remet un dossier et un bic mordillé et me dit : « remplissez le en caractères bien lisibles et SURTOUT, rendez moi le stylo ». Dans la partie 7.3, je dois indiquer les noms des trois personnes que je souhaite revoir. J'inscris : 1/ ma mémé qui était bien gentille, 2/ mon chien Snoopy qui était bien gentil, il ne mordait jamais que les inconnus, et 3/ par curiosité et un peu par hasard, Marcel Proust.
Je remets mon dossier et j'entre dans le saint du saint, un peu surpris par le nombre de barrières couvertes de barbelés qui donnent à l'endroit un aspect de centre pénitentiaire. J'apprendrai peu après que la luxure, l'alcool et les Smartphones sont interdits dans l'enceinte de l'établissement. Ils sont donc nombreux à vouloir s'enfuir.
Mémé n'est pas dispo, elle écosse des haricots. Elle a le sourire Mémé, elle pense à tous ceux qui lui ont fait des misères et qui vont finir comme ses haricots, bouillis dans une marmite. Elle repense à la tête qu'a fait Pépé quand il a appris qu'il serait privé de vin rouge pour l'ETERNITE ! Ptdr. Snoopy, fidèle à moi-même et à lui-même, après une démonstration de joie toute en bonds, reste mutique, la langue pendante. Il n'a visiblement pas grand-chose à me raconter, bravo. Je pars donc à la rencontre de notre écrivain national. Il se tient au fond d'un salon de thé, le visage blême, la gorge cachée par un foulard couleur crème, et manifestement, il me fait la gueule.
Ayant fréquenté de nombreux auteurs grâce aux "soirées rencontres" Babelio, je ne suis pas impressionné. Je lui lance un « coucou Marcel » histoire de rompre la glace en douceur. Il pose sur moi son regard noir et me lance, essoufflé : « je n'étais même pas dans ton top 6 Babelio, livres pour une île déserte ». C'est mal parti. Je m'assois à ses côté, penaud et je lui rétorque « mais Marcel, c'est pas ce que tu crois et en plus ta note moyenne sur Babelio est de 4.27, t'es un caïd Marcel, t'as fumé Guillaume Musso».
Les plus malins d'entre ceux qui auront eu le courage de lire ce texte jusqu'ici (ça doit plus faire beaucoup de monde) auront deviné que je noie le poisson, que je vous parle de tout sauf du roman. Mais j'ai du mal à parler des belles choses. Et je trouve qu'il serait grossier de disséquer un tel chef d'œuvre, de poser à nu sur une table en plastique ses tripes stylistiques. Je ne prendrai pas de faux airs de prof de français. J'avoue n'avoir saisi qu'une partie des intentions de l'auteur mais par contre, à mon modeste niveau, j'ai grave kiffé le flow de Marcel !
J'ai connu deux échecs avant de venir à bout de ce premier tome de « la Recherche ». J'ai quinze ans, je suis fougueux (plus pour longtemps), je débute le livre et m'arrête dix pages plus tard. En clair, je me suis endormi avant le narrateur… Dix ans plus tard, nouvel essai. J'ai lu cent pages, un long voyage au bout de l'ennui, j'abandonne une nouvelle fois. Dix ans plus tard - bis repetita -, je reprends le roman et je découvre qu'avec un peu d'efforts, je parviens à rentrer la tête la première (c'est une image) dans ces longues phrases et cette ponctuation alambiquée.
Et maintenant ? Ce livre fait toujours partie de moi. J'en conserve des images au fond de ma mémoire, notamment les clochers de Martinville et les haies d'Aubépine. Des personnages la Recherche ont laissé une trace dans mon esprit : Françoise, la Duchesse de Guermantes, Swann, M. Vinteuil et bien d'autres encore. J'ai parfois l'impression de les avoir rencontrés. Et puis il y a cette géographie qui me parle encore : Méséglise, Combray, la Vivonne, et déjà Paris et Balbec.
Si vous n'avez pas lu ce roman, attendez le bon moment et lancez vous. Si vous en aviez abandonné la lecture, offrez vous une nouvelle chance. C'est plus qu'un roman, c'est un univers parallèle dont l'accès demande de petits efforts de lecture. Vous en sortirez marqué et grandi (déclaration non contractuelle).
P.S.: J'ai été un peu long, Marcel aussi : la Recherche détient le record du plus long roman dans le Livre Guinness des records.
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HundredDreams
  02 mai 2021
S'attaquer à Marcel Proust, c'est comme tenter de gravir l'Everest. En tout cas, pour moi. Un sommet inatteignable pendant très longtemps, trop longtemps.
J'ai tenté de lire « du côté de chez Swann » à l'adolescence, lorsqu'au lycée, on se doit à se confronter à ces textes classiques. Mais j'ai trouvé l'histoire trop longue, trop lente, sans intrigue, sans intérêt. Les années ont passé, l'expérience s'est renouvelée, ces cuisants échecs laissant derrière moi un souvenir d'inachevé et d'incompréhension au regard des avis.
Alors cette fois-ci, pour gravir cette montagne, une des plus belles, sinon la plus belle, je ne suis pas partie toute seule. J'ai choisi comme compagnons de voyage deux belles voix, celles d'André Dussolier et de Lambert Wilson. Et là, le charme a opéré, je me suis laissée prendre par le style « proustien ».
Avec ces deux grands acteurs, la lecture des phrases interminables de l'auteur est devenue accessible et l'ascension ne m'a plus paru réservée uniquement aux lecteurs les plus chevronnés.
*
Alors c'est vrai que le style de l'auteur est déconcertant. Quand on commence une phrase, on peut parfois se demander quand elle va finir. Les nombreux tirets et parenthèses, autant de digressions labyrinthiques, tels des tiroirs que l'on ouvre et referme, amènent le lecteur à s'imprégner de l'atmosphère et à être au plus près des émotions et des sentiments du narrateur dont nous suivons la pensée.
L'écriture de ces longues phrases marque un rythme lent, berçant comme la houle, en accord avec la pensée de l'auteur.
Les nombreuses métaphores dans les descriptions amènent une mélodie.
« Avant d'y arriver, nous rencontrions, venue au−devant des étrangers, l'odeur de ses lilas. Eux−mêmes, d'entre les petits coeurs verts et frais de leurs feuilles, levaient curieusement au−dessus de la barrière du parc leurs panaches de plumes mauves ou blanches que lustrait, même à l'ombre, le soleil où elles avaient baigné. »
*
Le roman se compose de trois grandes parties, distinctes, mais en même temps indissociables.
Dans la première, le narrateur commence ainsi :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » »
Il y évoque son enfance dans la demeure familiale de Combray, les nombreuses visites qui rythment sa vie, sa relation fusionnelle avec sa mère, et son amour pour la littérature.
Dans la seconde, le narrateur évoque la vie de Charles Swann, un ami de la famille.
Et dans la dernière, le narrateur relate ses rêves de voyages. Désirs d'admirer les tempêtes, envies de découvrir les paysages et l'architecture des villes de Normandie et d'Italie. Il évoque aussi sa maladie.
*
Les descriptions très précises des personnages apportent une vision culturelle, sociétale, et permettent de dresser notamment un portrait de la bourgeoisie et de l'aristocratie de l'époque.
Et là, que c'est savoureux !
« J'habite à trop de milliers de mètres d'altitude au-dessus des bas-fonds où clapotent et clabaudent de tels sales papotages, pour que je puisse être éclaboussé par les plaisanteries d'une Verdurin… »
Avec quelle perspicacité, Marcel Proust dessine de beaux portraits, s'attachant à les décrire dans toute leur suffisance, leur médiocrité, leur méchanceté née de l'oisiveté, leur promptitude à juger au nom des convenances et du statut social. Calambours, métaphores et autres jeux de mots sont autant de plaisirs et d'éloquence mettant en valeur l'esprit brillant qui l'utilise à bon escient qu'une arme servant à ridiculiser celui qui en est dépourvu.
« le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule. »
Avec la précision d'un scalpel, Marcel Proust explore les profondeurs de l'âme humaine, les jalousies, les souffrances et les tourments d'un amour irraisonné et déraisonnable, un amour non réciproque.
« Tu es une eau informe qui coule selon la pente qu'on lui offre, un poisson sans mémoire et sans réflexion qui tant qu'il vivra dans son aquarium se heurtera cent fois par jour contre le vitrage qu'il continuera à prendre pour de l'eau. »
*
Marcel Proust s'attarde sur de nombreux lieux, Combray, Balbec, Guermantes, et c'est avec une grande minutie qu'il nous dépeint l'éclat de la nature, les belles demeures et en particulier l'intimité des chambres. On trouve de nombreuses descriptions révélant la beauté des paysages et des fleurs lors de longues promenades.
« La haie laissait voir à l'intérieur du parc une allée bordée de jasmins, de pensées et de verveines entre lesquelles des giroflées ouvraient leur bourse fraîche, du rose odorant et passé d'un cuir ancien de Cordoue, tandis que sur le gravier un long tuyau d'arrosage peint en vert, déroulant ses circuits, dressait aux points où il était percé au-dessus des fleurs dont il imbibait les parfums l'éventail vertical et prismatique de ses gouttelettes multicolores. »
*
« A la recherche du temps perdu » c'est aussi relire des passages d'anthologie, comme celui de la madeleine qui symbolise la nostalgie provoquée par une saveur, une odeur et le souvenir qui replonge le narrateur dans l'enfance.
« Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes, – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. »
*
Une chose très étonnante. Je n'aurais jamais pensé rire en lisant Marcel Proust, mais contre toute attente, j'ai trouvé beaucoup de passages très amusants comme celui-ci.
"Les personnes flatteuses savent se faire bien venir et ramasser les pépettes ; mais patience, le bon Dieu les punit toutes par un beau jour…"
Est-ce voulu par l'auteur ? Je me suis posée la question. Cela tient-il à l'attitude snob, maniérée et hautaine de certains personnages du roman ? Ou au décalage dans le registre de langue, tantôt élégant, raffiné, tantôt familier ? Toujours est-il que le ton employé est très plaisant.
*
Pour conclure, lire Marcel Proust, c'est un plaisir de lecture extraordinaire. C'est vivre également une expérience de lecture, à la fois intimidante, intime et méditative.
J'ai aimé le style de Marcel Proust, un style unique, harmonieux et recherché, d'une extrême précision et d'une richesse poétique incroyable. J'ai été agréablement surprise par les nombreuses situations comiques et l'humour très fin résultant des convenances et des hiérarchies sociales.
Une magnifique réflexion sur la mémoire, les souvenirs, le temps qui passe, la littérature et l ‘amour.
Bien sûr, « du côté de chez Swann » est à lire. Pendant longtemps, je n'ai pas compris les avis dithyrambiques sur cette oeuvre que je trouvais ampoulée et précieuse. Je pense maintenant qu'il y a un moment pour tout, un moment dans notre vie où le texte de Marcel Proust va raisonner en nous.
*
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GeorgesSmiley
  10 octobre 2019
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure »… curieux, moi-aussi, de partir A la Recherche du Temps Perdu, avec la prudente détermination de l'explorateur franchissant la lisière d'une jungle impénétrable, avide de s'en aller retrouver le temps perdu. Mais n'est pas Livingstone qui veut, si bien qu'aucun Stanley ne put jamais porter connaissance à qui que ce soit que je sois arrivé quelque part. On me trouva, à trois reprises, profondément endormi avant d'avoir franchi la première dizaine ou vingtaine de pages de ce si fameux « du côté de chez Swann ». L'explorateur n'avait rien exploré, le lecteur avait bien lu et relu deux ou trois fois, sans vraiment réussir à les comprendre, quelques phrases comme : « Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes. Il les consulte d'instinct en s'éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu'il occupe, le temps qui s'est écoulé jusqu'à son réveil. » Il avait reposé l'ouvrage sur une étagère, le confiant à la poussière et se jurant qu'on ne le reprendrait plus à ainsi perdre son temps. Il proclamait sans vergogne lorsque le sujet venait à son oreille : « J'ai essayé, les bras m'en sont tombés, c'est cérébral, ampoulé et assommant. »
Et c'est ce même cuistre qui vient aujourd'hui vous vanter les charmes de la promenade « du côté de chez Swann » et vous inciter à pénétrer sans crainte dans la jungle proustienne. Pourquoi donc, sous quel prétexte, avec quels arguments ? C'est toujours très cérébral. Les phrases longues et assommantes ont-elles disparues ? Elles sont toujours là, j'en ai retrouvé une de deux-cent-soixante-sept mots consacrée à la promenade en calèche de Mme Swann au Bois. Il faut la lire pour découvrir, ce qui est incroyable, qu'elle est parfaitement légère, pour peu qu'on soit attentif à la ponctuation, et qu'elle constitue en elle-même une véritable et magnifique scène de cinéma. Rien d'assommant, que du plaisir d'assister à un spectacle de choix si minutieusement et élégamment dépeint. On découvre aussi, en particulier dès le premier chapitre (Combray), quelques lignes admirables sur la grand'mère de l'auteur, son amour pour sa mère, sa tante, sur des gens simples comme la cuisinière de sa tante ou des gens du grand monde comme ce monsieur Swann dont le nom m'avait autrefois tant intrigué. Ces personnages nombreux (il y en a beaucoup d'autres) vus par le regard d'un enfant sont souvent attachants, parfois ridicules mais toujours consistants. Ils permettent à l'auteur d'évoquer finement un des thèmes principaux de son oeuvre : le souvenir, dernier refuge de ceux qui furent et ne sont plus, de ce qui fut et qui n'est plus. Il y a aussi ce que peut produire de plus fort l'Impressionnisme en littérature (le peuplier qui adresse à l'orage des supplications et des salutations désespérées, le tonnerre qui roucoule dans les lilas, la promenade au-milieu des aubépines ou une description magnifique de poésie à propos d'asperges se terminant de façon très humoristique). Et puis arrive vite (vers la cinquantième page), prodigieux, plus célèbre que l'oeuvre, plus fameux que l'auteur, le passage consacré à la madeleine, génial exposé liant le goût, l'odeur et le souvenir. Quatre pages délicieuses, fabuleuses, que bien peu ont lues mais que tout le monde croit connaître, quatre pages qui justifieraient à elles seules toutes les tentatives impulsives de partir A La recherche du Temps Perdu.
Dans la seconde partie (Un Amour de Swann), consacrée aux tourments de l'amour et aux affres de la passion faits de soupçons, d'inquiétudes, de mensonges, d'espoirs déçus, voici donc un dandy fréquentant les meilleurs cercles et les plus jolies femmes, « Swann, lui, ne cherchait pas à trouver jolies les femmes avec qui il passait son temps, mais à passer son temps avec les femmes qu'il avait d'abord trouvées jolies. » …qui se laisse séduire par une cocotte qu'il ne trouvait pas à son goût mais qui, après lui avoir « fait son thé », sut l'ensorceler et le tourmenter jusqu'à ce qu'un beau matin, enfin guéri, « il s'écrie en lui-même : Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre ! » On n'est pas très éloigné de Zola (Nana) mais, ici, point de naturalisme, tout est en suggestion et légèreté, en non dit et en supposition, ce qui paradoxalement ajoute à l'affection comme à l'affliction pour Swann, qui, au fil des ses déboires, gagnent le lecteur. Quant Zola se place du côté (décidemment « le côté ») de la cocotte, Proust se range du côté de l'amoureux transi, du séducteur séduit, du cocu magnifique. Ce n'est plus tout à fait le même point de vue.
La troisième et dernière partie, la plus courte, est consacrée aux rêveries de l'enfant qu'était Proust à partir de noms de ville déclenchant en lui l'imagination de voyages enchanteurs, alors même que sa santé fragile l'empêche de quitter Paris. Alors, même si une dizaine de villes bretonnes ou normandes deviennent sous sa plume et par la grâce de son talent ce que leurs syndicats d'initiatives n'auraient jamais osé rêver, c'est Paris qui profite le plus de ses magnifiques descriptions, d'autant plus belles qu'elles sont magnifiées par un premier amour, celui qu'il ressent un jour, quelque part sur la promenade des Champs-Elysées, pour « une fillette à cheveux roux qui jouait au volant devant la vasque ». Elle s'appelle Gilberte Swann et à cet instant, c'est bien « du côté de chez Swann » que son coeur bascule.
Retournant bien plus tard au Bois ou aux Champs-Elysées, cherchant la trace de son enfance et de ses émois, il ne peut que constater (l'un des thèmes centraux de son oeuvre) que revenir dans les endroits de sa jeunesse ne parvient pas à la ressusciter : « Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n'étaient qu'une mince tranche au milieu d'impressions contiguës qui formaient notre vie d'alors : le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années. »
Et je me dis qu'il y a sans doute dans cette phrase finale l'explication de mes précédents échecs à trouver quelque intérêt à ce chef d'oeuvre. Je n'avais sûrement pas assez vécu. Je me contentais de vivre sans me soucier des années qui passaient, accumulant sans m'en rendre compte des souvenirs que je prenais alors pour quantité négligeable puisqu'il me semblait vivre des moments éternels. Proust est sans doute pour cela à lire à la maturité, il réclame de l'attention et de l'expérience afin de vraiment apprécier ses thèmes et son style. Accompagné d'un fond musical composé par ses contemporains (Debussy, Rachmaninov, Satie), j'ai fait un somptueux voyage dans les souvenirs et les émotions impressionnistes du « petit Marcel » et aussi un peu, c'est là qu'est la magie, dans les miens. Maintenant que je n'ai plus vraiment de temps à perdre, aussi étonné que ravi, maîtrisant enfin la longueur des phrases et sachant goûter les imparfaits du subjonctif qui fleurissent comme les nymphéas au bord de la Vivonne, je m'apprête à poursuivre La Recherche, en m'interrogeant sur ce qui peut bien pousser, A l'ombre des jeunes Filles en Fleurs …
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pascontent
  10 janvier 2021
Longtemps je me suis levé de bonne heure pour lire " A la recherche du temps perdu " mais à peine avais-je commencé à lire que mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : je m'endors et alors je revoyais grâce à la métempsychose, Madeleine une jeune fille en fleurs qui aimait profaner le portrait de son géniteur puis j'entendais monter doucement une mélodie, celle de la Sonate de Vinteuil et me revenait à la mémoire, ce bal où Morel dansait avec un militaire, poitrine contre poitrine, sous le regard courroucé du baron, un cattleya à la boutonnière et par l'effet de l'anamnèse une odeur d'aubépine revenait du passé et je retrouvai, grâce à Marcel, non pas le temps perdu mais le sommeil.
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Citations et extraits (273) Voir plus Ajouter une citation
RChrisRChris   14 juin 2021
L’amour physique, si injustement décrié, force tellement tout être à manifester jusqu’aux moindres parcelles qu’il possède de bonté, d’abandon de soi, qu’elles resplendissent jusqu’aux yeux de l’entourage immédiat.
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BehemothBehemoth   14 avril 2020
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.

Exposés sur ce silence qui n’en absorbait rien, les bruits les plus éloignés, ceux qui devaient venir de jardins situés à l’autre bout de la ville, se percevaient détaillés avec un tel « fini » qu’ils semblaient ne devoir cet effet de lointain qu’à leur pianissimo […]

[…] cette vieillesse anormale, excessive, honteuse et méritée des célibataires, de tous ceux pour qui il semble que le grand jour qui n’a pas de lendemain soit plus long que pour les autres, parce que pour eux il est vide, et que les moments s’y additionnent depuis le matin sans se diviser ensuite entre des enfants.

Arrivée à l’échéance de la vulgarité, ma grand’mère tâchait de la reculer encore.

Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

[…] certes il y a dans ma maison toutes les choses inutiles. Il n’y manque que le nécessaire, un grand morceau de ciel […]

À cette époque j’avais l’amour du théâtre, amour platonique, car mes parents ne m’avaient encore jamais permis d’y aller, […]

Aussi, si j’imaginais toujours autour de la femme que j’aimais les lieux que je désirais le plus alors, si j’eusse voulu que ce fût elle qui me les fît visiter, qui m’ouvrît l’accès d’un monde inconnu, ce n’était pas par le hasard d’une simple association de pensée ; non, c’est que mes rêves de voyage et d’amour n’étaient que des moments – que je sépare artificiellement aujourd’hui comme si je pratiquais des sections à des hauteurs différentes d’un jet d’eau irisé et en apparence immobile – dans un même et infléchissable jaillissement de toutes les forces de ma vie.

Quelquefois même cette heure prématurée sonnait deux coups de plus que la dernière ; il y en avait donc une que je n’avais pas entendue, quelque chose qui avait eu lieu n’avait pas eu lieu pour moi ; l’intérêt de la lecture, magique comme un profond sommeil, avait donné le change à mes oreilles hallucinées et effacé la cloche d’or sur la surface azurée du silence.

C’est sur un ton sarcastique qu’il m’avait demandé de l’appeler « cher maître » et qu’il m’appelait lui-même ainsi. Mais en réalité nous prenions un certain plaisir à ce jeu, étant encore rapprochés de l’âge où on croit qu’on crée ce qu’on nomme.

Et à partir de cet instant, je n’avais plus un seul pas à faire, le sol marchait pour moi dans ce jardin où depuis si longtemps mes actes avaient cessé d’être accompagnés d’attention volontaire : l’Habitude venait de me prendre dans ses bras et me portait jusqu’à mon lit comme un petit enfant.

Et voyez-vous, mon enfant, il vient dans la vie une heure dont vous êtes bien loin encore où les yeux las ne tolèrent plus qu’une lumière, celle qu’une belle nuit comme celle-ci prépare et distille avec l’obscurité, où les oreilles ne peuvent plus écouter de musique que celle que joue le clair de lune sur la flûte du silence.

Je la regardai, d’abord de ce regard qui n’est pas que le porte-parole des yeux, mais à la fenêtre duquel se penchent tous les sens, anxieux et pétrifiés, le regard qui voudrait toucher, capturer, emmener le corps qu’il regarde et l’âme avec lui…

Mais nous ressortions de notre abri, car les gouttes se plaisent aux feuillages, et la terre était déjà presque séchée que plus d’une s’attardait à jouer sur les nervures d’une feuille, et suspendue à la pointe, reposée, brillant au soleil, tout d’un coup se laissait glisser de toute la hauteur de la branche et nous tombait sur le nez.

Et je la regardais, revenant de quelque promenade sur un chemin où elle savait qu’il ne passerait pas, ôter de ses mains résignées de longs gants d’une grâce inutile.

Sans doute les notes que nous entendons alors, tendent déjà, selon leur hauteur et leur quantité, à couvrir devant nos yeux des surfaces de dimensions variées, à tracer des arabesques, à nous donner des sensations de largeur, de ténuité, de stabilité, de caprice. Mais les notes sont évanouies avant que ces sensations soient assez formées en nous pour ne pas être submergées par celles qu’éveillent déjà les notes suivantes ou même simultanées.

Une heure après, il reçut un mot d’Odette, et reconnut tout de suite cette grande écriture dans laquelle une affectation de raideur britannique imposait une apparence de discipline à des caractères informes qui eussent signifié peut-être pour des yeux moins prévenus le désordre de la pensée, l’insuffisance de l’éducation, le manque de franchise et de volonté.

[…] dans les longues heures qu’il prenait maintenant un plaisir délicat à passer chez lui, seul avec son âme en convalescence, il redevenait peu à peu lui-même […]

Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l’impatience d’un plaisir immédiat !

Il y avait là d’admirables idées que Swann n’avait pas distinguées à la première audition et qu’il percevait maintenant, comme si elles se fussent, dans le vestiaire de sa mémoire, débarrassées du déguisement uniforme de la nouveauté.

C’est gentil, tu as mis des yeux bleus de la couleur de ta ceinture.

D’ailleurs la nature, par tous les sentiments qu’elle éveillait en moi, me semblait ce qu’il y avait de plus opposé aux productions mécaniques des hommes. Moins elle portait leur empreinte et plus elle offrait d’espace à l’expansion de mon cœur.

Il y a des jours montueux et malaisés qu’on met un temps infini à gravir et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train en chantant.

[...] on n’aime plus personne dès qu’on aime.

[...] l’hiver recevait jusqu’au soir la visite inopinée et radieuse d’une journée de printemps.

C’est que, pour percevoir dans tout ce qui entourait Gilberte, une qualité inconnue analogue dans le monde des émotions à ce que peut être dans celui des couleurs l’infra-rouge, mes parents étaient dépourvus de ce sens supplémentaire et momentané dont m’avait doté l’amour.

[...] la lumière du soleil, presque horizontale le matin, comme elle le redeviendrait quelques heures plus tard au moment où dans le crépuscule commençant, elle s’allume comme une lampe, projette à distance sur le feuillage un reflet artificiel et chaud, et fait flamber les suprêmes feuilles d’un arbre qui reste le candélabre incombustible et terne de son faîte incendié.
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araucariaaraucaria   20 novembre 2017
Quand il sortit le lendemain du banquet, il pleuvait à verse, il n'avait à sa disposition que sa victoria; un ami lui proposa de le reconduire chez lui en coupé, et comme Odette, par le fait qu'elle lui avait demandé de venir, lui avait donné la certitude qu'elle n'attendait personne, c'est l'esprit tranquille et le coeur content que, plutôt que de partir ainsi dans la pluie, il serait rentré chez lui se coucher. Mais peut-être, si elle voyait qu'il n'avait pas l'air de tenir à passer toujours avec elle, sans aucune exception, la fin de la soirée, négligerait-elle de la lui réserver, justement une fois où il l'aurait particulièrement désiré.
Il arriva chez elle après onze heures, et, comme il s'excusait de n'avoir pu venir plus tôt, elle se plaignit que ce fût en effet bien tard, l'orage l'avait rendue souffrante, elle se sentait mal à la tête et le prévint qu'elle ne le garderait pas plus d'une demi-heure, qu'à minuit elle le renverrait; et, peu après, elle se sentit fatiguée et désira s'endormir.
- Alors, pas de catleyas ce soir? lui dit-il, moi qui espérais un bon petit catleya.
Et d'un air un peu boudeur et nerveux, elle lui répondit :
- Mais non, mon petit, pas de catleyas ce soir, tu vois bien que je suis souffrante!
- Cela t'aurait peut-être fait du bien, mais enfin je n'insiste pas.
Elle le pria d'éteindre la lumière avant de s'en aller, il referma lui-même les rideaux du lit et partit. Mais, quand il fut rentré chez lui, l'idée lui vint brusquement que peut-être Odette attendait quelqu'un ce soir, qu'elle avait seulement simulé la fatigue et qu'elle ne lui avait demandé d'éteindre que pour qu'il crût qu'elle allait s'endormir, qu'aussitôt qu'il avait été parti, elle avait rallumé, et fait entrer celui qui devait passer la nuit auprès d'elle.
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araucariaaraucaria   06 mars 2017
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : "Je m'endors." Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François 1er et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé.
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araucariaaraucaria   13 novembre 2017
Et il la tenait par l'épaule, l'appuyant contre lui pour la maintenir; puis il lui dit :
- Surtout, ne me parlez pas, ne me répondez que par signes pour ne pas vous essouffler encore davantage. Cela ne vous gêne pas que je remette droites les fleurs de votre corsage qui ont été déplacées par le choc? J'ai peur que vous ne les perdiez, je voudrais les enfoncer un peu.
Elle, qui n'avait pas été habituée à voir les hommes faire tant de façons avec elle, dit en souriant :
- Non, pas du tout, ça ne me gêne pas.
Mais lui, intimidé par sa réponse, peut-être aussi pour avoir l'air d'avoir été sincère quand il avait pris ce prétexte, ou même commençant déjà à croire qu'il l'avait été, s'écria :
- Oh! non, surtout, ne parlez pas, vous allez encore vous essouffler, vous pouvez bien me répondre par gestes, je vous comprendrai bien. Sincèrement je ne vous gêne pas? Voyez, il y a un peu... je pense que c'est du pollen qui s'est répandu sur vous; vous permettez que je l'essuie avec ma main? Je ne vais pas trop fort, je ne suis pas trop brutal? Je vous chatouille peut-être un peu? mais c'est que je ne voudrais pas toucher le velours de la robe pour ne pas la friper. Mais, voyez-vous, il était vraiment nécessaire de les fixer, ils seraient tombés; et comme cela, en les enfonçant un peu moi-même... Sérieusement, je ne suis pas désagréable? Et en les respirant pour voir s'ils n'ont vraiment pas d'odeur, non plus? Je n'en ai jamais senti, je peux? dites la vérité.
Souriant, elle haussa légèrement les épaules, comme pour dire "vous êtes fou, vous voyez bien que ça me plaît".
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Vidéo de Marcel Proust
Monsieur Proust de Céleste Albaret, d'après ses entretiens avec Georges Belmont - Lecture par Marianne Denicourt
Pour la cinquième année consécutive, la BnF invite à écouter les mille et une voix de la Bibliothèque. Lectures, performances et spectacles habitent les espaces du site François-Mitterrand, inspirés cette année par l'exposition phare de la saison, Henri Cartier-Bresson. le Grand Jeu.Au début des années 1970, Céleste Albaret raconte au micro de Georges Belmont les huit années extraordinaires qu'elle a passées comme gouvernante et confidente de Marcel Proust. À partir de 1914 et jusqu'à la mort de l'écrivain en 1922, elle l'assiste dans son travail, le console de sa solitude et rit avec lui des fadaises du monde. Marianne Denicourt et Ivan Morane se sont appuyés sur ces 49 heures d'enregistrement pour créer une adaptation qui permet de vivre une expérience hors du commun : pénétrer dans la chambre-atelier d'un des plus grands écrivains du XXe siècle.
Lecture enregistrée le 5 juin 2021 à la BnF I François-Mitterrand dans le cadre de la Bibliothèque parlante, Festival de la BnF
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