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Eugène Nicole (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253059103
608 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
  Existe en édition audio
4.35/5   1166 notes
Résumé :
Le narrateur est enfin reçu chez les parents de Gilberte pour lesquels il éprouve une grande attirance. C’est chez eux qu’il rencontre Bergotte, l’écrivain à la mode qu’il admire depuis si longtemps. Ses visites chez les Swann se multiplient et Gilberte finit par trouver que, trop envahissant, le narrateur empiète sur sa liberté. Peu à peu, les relations entre les jeunes gens se tendent et ils cessent de se voir. Attristé par cette séparation, le jeune homme continu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  19 décembre 2020
Dans ce deuxième opus de la recherche, Marcel est un ado avide de relations avec des jeunes filles. Il est plus amoureux de l'amour que des jeunes personnes en question, à un tel point que quelque soit la demoiselle entrevue, elle devient l'objet exclusif d'un désir envahissant et incontrôlable. Gilberte Swan, la fille de Swann et d'Odette de Crécy est la première à ouvrir le bal. Malgré sa conduite peu amène envers le jeune homme qui est un peu collant dans son insistance à croiser son chemin et à manigancer pour se retrouver en tête à tête avec l'élue de son coeur, Marcel persiste et signe. Et cette passion l'entraîne dans des stratagèmes complexes, y compris fréquenter plus que la convenance ne l'exige les parents de Gilberte. D'autant que ceux-ci connaissent l'écrivain à succès Bergotte, bénéfice secondaire non négligeable pour un aspirant écrivain. Au cours de cette première partie, Marcel assise pour la première fois à une pièce théâtre dans laquelle joue la Berma. Et Proust décrit à merveille le désarroi de Marcel, qui voudrait à l'unisson de ceux qui sont sensé connaître les codes, admirer ce qui ne lui inspire que peu d'émoi. Comment sait-on que ce que l'on voit est admirable ? Quel sont les critères pour décider de la valeur d'une artiste ?
Peu à peu Marcel se désintéresse de Gilberte et le départ vers Balbec signera la fin de cet amour.
Mais Balbec sera le lieu d'autres passions : l'amitié de Saint-loup, les échanges avec le peintre célèbre Elstir, puis la rencontre d'Albertine.
Marcel observe, avec avec finesse, le comportement de ses contemporains afin d'en comprendre les règles qu'il ne manque pas de s'approprier, tout en étant conscient de son inexpérience.
Proust analyse avec une grande acuité le comportement de son narrateur, qui trouve dans la es situations les plus banales l'occasion de décortiquer les processus psychiques en cause.
Même si cela reste une lecture complexe, du fait du style, de ces longues phrases à tiroir, il n'en reste pas moins que la lecture est passionnante.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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BillDOE
  30 septembre 2021
Marcel, le narrateur, arrive à l'adolescence, période ou les sens s'éveillent aux charmes de la gente féminine et l'occasion pour lui de poursuivre de ses assiduités son ami d'enfance, Gilberte, fille de Swann et d'Odette de Crécy. Celle-ci finit par l'éconduire et lui signifier qu'il n'aura jamais ses faveurs.
Le narrateur part pour les vacances d'été à Balbec, ville balnéaire du bord de la Manche où il résidera les quelques mois estivaux au grand hôtel en compagnie de sa grand-mère. C'est l'occasion pour lui d'apercevoir un groupe de jeunes filles et de s'en faire connaître. Il réussit à se joindre au groupe par l'intermédiaire du peintre Elstir qui a bien connu Mme Swann et dont les jeunes filles servent parfois de modèle. Il fait la connaissance d'Albertine qu'il tentera de séduire. Celle-ci l'invitera dans la chambre qu'elle a louée dans le même hôtel que lui lors de sa dernière nuit à Balbec. Il tentera de l'embrasser mais sera aussitôt repoussé par la jeune fille outrée.
Résumer le deuxième tome de « à la recherche du temps perdu » n'a pas grand intérêt car l'histoire n'est qu'un prétexte pour l'auteur pour décrire non pas les faits mais toute la multitude de détails qui les représente, qui les idéalise. L'auteur s'amuse des péripéties dont il parle, elles ne sont qu'un élément secondaire dans son discours. C'est dans ses phrases sans fin qu'il maîtrise à la perfection, dans la précision des termes employés, la richesse de son vocabulaire et ce nuancier d'impressions qu'il suggère que le talent de Proust exulte, explose, irradie page après page. Ainsi : « Hélas, le vent de mer, une heure plus tard, dans la grande salle à manger – tandis que nous déjeunions et que, de la gourde de cuir d'un citron, nous répandions quelques gouttes d'or sur deux soles qui bientôt laissèrent dans nos assiettes le panache de leurs arêtes, frisé comme une plume et sonore comme une cithare – il parut cruel à ma grand-mère de n'en pas sentir le souffle vivifiant à cause du châssis transparent mais clos qui, comme une vitrine, nous séparait de la plage tout en nous la laissant entièrement voir et dans lequel le ciel entrait si complètement que son azur avait l'air d'être la couleur des fenêtres et ses nuages blancs, un défaut du verre. »
Les couleurs explosent en un gigantesque feu d'artifice, les odeurs exhalent leurs essences variées, les bruits deviennent une symphonie parfaitement orchestrée, on le vit comme on le lit, on est happé par le monde de Proust, ensorcelé par la magie des mots, de ses mots.
Si la lecture du roman de Proust peut paraître ardue, incompréhensible, voir hermétique, c'est parce qu'on pourrait l'aborder comme une méditation, laisser l'esprit voyager librement au fil des phrases, se laisser flotter de page en page, et s'imprégner de cette atmosphère à nulle autre pareille, mais pour cela, prendre son temps, le temps que l'on aurait perdu si l'on ne s'arrêtait pas sur les détails, les impressions, tout comme l'auteur s'y emploie.
Editions le livre de poche, 542 pages.
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Gwen21
  08 décembre 2016
Je n'ai pas l'habitude de masquer mon ressenti dans mes avis, par conséquent - et bien que je n'éprouve aucune gloire à cela, bien au contraire -, force m'est d'admettre que je me suis mortellement ennuyée à la lecture de ce second tome de la saga proustienne.
Pour commencer, il s'ouvre sur les personnages que j'ai le moins appréciés dans le tome précédent, à savoir le couple Swann. Est-ce essentiellement pour cette raison que j'ai eu tant de mal à m'accrocher à ses interminables phrases, signature bien connue de l'auteur ? Toujours est-il que les réflexions du narrateur qui m'avaient précédemment charmée ont viré dans mon esprit à des tergiversations sans fin qui m'ont sans cesse agacée.
Oui, je sais bien que lire Proust, c'est avant tout s'armer de patience et "laisser le temps au temps" et c'est dans cet état d'esprit que j'ai tenté de poursuivre ma lecture. Pourtant... rien ne saurait décrire le soulagement que j'ai éprouvé en tournant la dernière page, bien qu'ayant davantage goûté le récit de villégiature à Balbec, dans cette incroyable ambiance infatuée d'elle-même des stations balnéaires de l'époque, à la fois élégantes et pédantes.
L'oeuvre est définitivement trop longue pour se permettre de relire deux ou trois fois la même phrase afin d'en saisir le sens ou la portée, quand entre la majuscule qui l'introduit et le point qui la conclut, vous avez été éjecté loin de son fil, ce qui fut hélas bien souvent mon cas.
Ma vie de lectrice est déjà une incessante recherche de temps, je renonce donc à regret à cette quête du temps perdu.

Challenge ABC 2016 - 2017
Challenge ATOUT PRIX 2016 - 2017
Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge GONCOURT général
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GeorgesSmiley
  18 octobre 2019
Grand cru ! Oublions un instant les accortes piquettes garnissant les devantures de nos libraires, ces « formidables romans, ces fabuleux écrivains » du moment qui ne laissent dans nos mémoires, tous comptes faits, que l'empreinte fugitive d'un agréable moment de lecture, d'une intrigue bien construite, d'un personnage attachant ou d'un contexte larmoyant destiné par l'air du temps à nous faire crier au génie. Qu'en restera-t-il dans notre mémoire d'ici deux ou trois automnes ou d'ici deux ou trois décennies dans les choix des nouveaux lecteurs ? Hum…Alors, pour une fois soyons assez audacieux pour délaisser les vins de pays et déboucher comme un flacon rarissime et hors de prix, ce Goncourt 1919. Goûtons-le et tachons de savoir s'il valait sa distinction et vérifions si l'usure de cent ans ne l'aurait pas madérisé.
Ah ! La note florale est indéniable, elle est dans le titre et court dans tout le texte. Sa dominante est, comme vous préférez, lilas, mauve (la toilette de Mme Swann), violette (comme la princesse de Parme ou les fleurs du même nom au corsage de Mme S) et son parfum épouse les senteurs marines, salines et ensoleillées de l'été, en bord de plage au temps de la prime jeunesse. Sa fraîcheur est celle de ces jeunes filles à l'ombre desquelles il était, il est et il sera toujours bien agréable de se réfugier. Non dépourvues de l'acidité de leur jeunesse qui en fait un de leurs nombreux charmes (et qui permet à un grand vin de bien vieillir), elles ne parviennent cependant pas à surpasser le plaisir puissant et capiteux que distille la magnifique Madame Swann. A tel point qu'on finit par se demander si le scénariste du Lauréat (1968 Anne Bancroft & D. Hoffman) n'aurait pas puisé son inspiration dans les fantasmes non exprimés mais, me semble-t-il bien présents, du jeune Marcel qui, charmé par les Jeunes Filles et abrité sous leur ombre, n'en regardait pas moins vers la superbe cocotte dont l'aura ne manquait pas de faire de l'ombre aux jeunes filles, sa fille Gilberte, comprise.
Le style est souvent déroutant avec des phrases qui sont des paragraphes et des verbes placés à l'allemande en fin de phrase de telle sorte que l'étourdi ou le dilettante dont l'attention n'est pas constante puisse être assez rapidement découragé. La qualité supérieure se mérite mais quel régal. Tour à tour léger, voire futile pour devenir sans crier gare d'une profondeur remarquable, le récit ne cesse de proposer des moments d'anthologie, des phrases sublimes, des descriptions picturales dont l'impressionnisme vous donne envie de foncer à Marmottan, des passages dont l'humour et l'ironie, jamais malveillante, enchantent (le directeur de l'hôtel, Françoise la cuisinière, la propre procrastination de l'auteur), des formules parfois lapidaires (oui, on en trouve aussi), des scènes touchantes, d'autres à la limite du vaudeville (finissez ou je sonne) et certaines qui sont de pures et brillantes scènes de cinéma.
La plupart du temps, le récit touche le lecteur, rappelle des sensations, ressuscite des souvenirs ou des rêves, ravive des regrets et quand ce n'est pas le cas, le texte d'une originalité et d'une élégance sans pareilles suffit à son plaisir, comme lorsqu'il décrit la table vide d'une fin de repas au restaurant avec le talent d'un peintre de nature morte ou lorsqu'il fait un sort à cet Oscar dont il assure :«Car il ne pouvait jamais « rester sans rien faire », quoi qu'il ne fît d'ailleurs jamais rien. »
Mais jamais bien loin, présent en filigrane, le thème principal reprend ses droits et nous rappelle que le Temps Perdu ne se rattrapant jamais, il faut profiter de l'instant :
« Comme sur un plant où les fleurs mûrissent à des époques différentes, je les avais vues, en de vieilles dames, sur cette plage de Balbec, ces dures graines, ces mous tubercules, que mes amies seraient un jour. Mais qu'importait ? En ce moment, c'était la saison des fleurs. »
Oui, le grand cru de 1919 a bien vieilli, il est toujours sublime et il faudrait être fou pour ne pas s'essayer à le goûter.
Et pour vous en convaincre, à présent que le nectar m'enivre et juste avant qu'il ne m'égare, osons en extraire un bref passage que vous n'apprécierez que si, alors que la bienséance des moeurs actuelles ne vous autorise en société qu'à lui effleurer les joues, deux fois en une soirée, vous brûlez de tenir la main d'une femme un peu plus, beaucoup plus, que pour une poignée de mains :
« Elle était de ces femmes à qui c'est un si grand plaisir de serrer la main qu'on est reconnaissant à la civilisation d'avoir fait du shake-hand un acte permis entre jeunes gens et jeunes filles qui s'abordent. Si les habitudes arbitraires de la politesse avaient remplacé la poignée de mains par un autre geste, j'eusse tous les jours regardé les mains intangibles d'Albertine avec une curiosité de connaître leur contact aussi ardente qu'était celle de savoir la saveur de ses joues. Mais dans le plaisir de tenir longtemps ses mains entre les miennes, si j'avais été son voisin au furet, je n'envisageais pas que ce plaisir même : que d'aveux, que de déclarations tus jusqu'ici par timidité j'aurais pu confier à certaines pressions de mains… »
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Charybde2
  04 septembre 2013
Le deuxième tome de la Recherche, qui amena le succès à Proust, et révèle l'ampleur du projet.
Publié en 1919, et accepté cette fois par Gallimard (à la différence de "Du côté de chez Swann", renvoyé six ans plus tôt au compte d'auteur), couronné la même année du prix Goncourt, le deuxième tome de "À la recherche du temps perdu" est à la fois celui de la consécration pour l'auteur, et celui qui donne à voir au lecteur, le premier, l'ampleur que va prendre l'ensemble de l'édifice, ampleur qui n'était jusque là que suggérée.
Le deuxième tome me semble aussi confirmer, ne serait-ce que par son complexe jeu d'indices et de références, qu'il est largement préférable (si ce n'est essentiel) de lire "La recherche" comme un unique gros roman, plutôt que comme un feuilleton égrené au fil des années et des lectures (trop) échelonnées.
Dans une mécanique complexe de spirales et de faux-semblants narratifs extrêmement maîtrisée, une partie des "bombes à retardement" posées par l'auteur dans le premier tome sont maintenant dévoilées, tandis que de nouvelles, nombreuses, sont enfouies à leur tour, pour servir plus tard.
Tandis que le narrateur, dans les dernières pages du premier tome, connaissait les premiers émois amoureux d'une amitié enfantine qu'il souhaite transformer en tout autre chose, avec Gilberte Swann, c'est maintenant de la conquête de sa mère, Odette, qu'il s'agit, pour des raisons peu claires initialement, dans lesquelles entrent à la fois du dépit, du refus anticipé de la souffrance, une rare forme de sado-masochisme qui ne dirait pas encore son nom, tout en résonnant, déjà, fortement, avec certains symptômes d'obsession et de jalousie semés dans "Un amour de Swann", confirmant le caractère matriciel de cette échappée au sein du premier tome, qui ira s'affirmant au fil des volumes.
Saisissant ce qui pourrait n'être qu'un prétexte (mais on apprendra au fil des volumes, à nouveau, que ce n'est pratiquement jamais le cas dans la "Recherche"), l'analyse de l'évolution de Swann après son mariage, à la fois telle qu'il semble la vivre et telle qu'elle est perçue de l'extérieur, (en particulier par le père du narrateur et par les Verdurin) permet à l'auteur une incursion en profondeur, cette fois, dans la mécanique des barrières sociales évoquée tout au long du premier tome, mais cette fois abordée presque frontalement.
Grâce à la longue description de la genèse et de la vie du salon de Mme Swann, la deuxième tranche, patiente, du mûrissement littéraire du jeune Marcel, autour de l'analyse de ce qui « fit » l'écrivain Bergotte, en son temps, nous est dévoilée : de l'art du détournement de l'objet apparent d'une narration pour servir un but ultérieur bien différent…
Au bout de ces 160 premières pages, l'une des ellipses en forme de coup de théâtre, par lesquelles l'auteur aime clore ou débuter une nouvelle partie, et nous masquer ainsi la structure de son patient échafaudage, et auxquelles nous allons nous habituer au fil des volumes, survient, semblant tourner la "page" Gilberte / Odette, et nous renvoyer maintenant l'écho comparatif de la dernière partie du premier tome : si "Du côté de chez Swann" s'achevait par les images associées a priori au nom de Balbec, il s'agit maintenant d'y aller voir : « J'étais arrivé à une presque complète indifférence à l'égard de Gilberte, quand deux ans plus tard je partis avec ma grand-mère pour Balbec. ».
Avec au passage, l'une des plus jolies auto-justifications de la procrastination que j'aie pu lire : « Si j'avais été moins décidé à me mettre définitivement au travail j'aurais peut-être fait un effort pour commencer tout de suite. Mais puisque ma résolution était formelle, et qu'avant vingt-quatre heures, dans les cadres vides de la journée du lendemain où tout se plaçait si bien parce que je n'y étais pas encore, mes bonnes dispositions se réaliseraient aisément, il valait mieux ne pas choisir un soir où j ‘étais mal disposé pour un début auquel les jours suivants, hélas ! ne devaient pas se montrer plus propices. Mais j'étais raisonnable. de la part de qui avait attendu des années il eût été puéril de ne pas supporter un retard de trois jours. »
Séjour déterminant s'il en est, en soi et pour la suite des événements, ce premier contact avec Balbec (et ses 234 pages) permet d'introduire ou de réintroduire plusieurs personnages essentiels de la Recherche, parfois déjà évoqués, mais dont on commence à deviner l'importance (tout en gardant une certaine méfiance vis-à-vis du narrateur, qui à ce stade nous a déjà plusieurs fois démontré son manque de fiabilité, et de l'auteur, dont le machiavélisme devient toujours plus enchanteur au fil des pages) : la marquise de Villeparisis, Saint-Loup, mais aussi Charlus, avec une deuxième apparition marquante, moins fugitive et (peut-être) moins mal interprétée (par le petit Marcel "du texte") que celle de Combray dans le jardin des Swann.
Mais les deux entrées les plus fortes sont ici, me semble-t-il, celle d'Elstir, avec laquelle l'auteur exécute l'un de ses plus beaux tours de passe-passe ("changement de lieu, changement de personne" entre le salon des Verdurin du premier tome et la résidence à Balbec du deuxième tome) - avant de l'utiliser pour fomenter l'une des parties les plus analytiques de toute la Recherche, déjà, en étudiant avec lui dans quelle mesure l'art peut, sans cesse, transmuter le quotidien - et celle d'Albertine, bien entendu, au milieu du "groupe des fillettes", qui ne sont pas encore tout à fait ces fameuses "jeunes filles en fleur", offrant à l'auteur l'occasion de l'un des plus extrêmes "flash-forwards" au sein des 7 tomes : « Mon hésitation entre les diverses jeunes filles de la petite bande, lesquelles gardaient toutes un peu du charme collectif qui m'avait d'abord troublé, s'ajouta-t-elle aussi à ces causes pour me laisser plus tard, même au temps de mon plus grand – de mon second – amour pour Albertine, une sorte de liberté intermittente, et bien brève, de ne l'aimer pas ? Pour avoir erré entre toutes ses amies avant de se porter définitivement sur elle, mon amour garda parfois entre lui et l'image d'Albertine un certain « jeu » qui lui permettait comme un éclairage mal adapté de se poser sur d'autres avant de revenir s'appliquer à elle ; le rapport entre le mal que je ressentais au coeur et le souvenir d'Albertine ne me semblait pas nécessaire, j'aurais peut-être pu le coordonner avec l'image d'une autre personne. »
La puissance du réseau tissé par Proust entre ces dizaines de personnages sur lesquels varie la lumière, l'intensité scrutative ou même le "moment" auquel le narrateur, changeant lui-même d'âge et d'expérience, les décrit, commence à pleinement apparaître à partir de ce deuxième tome, qui encourage plus que jamais à, frénétiquement, poursuivre l'aventure, d'autant plus que les thèmes apparemment encore relativement disjoints du premier tome commencent, doucement, à se rassembler pour fusionner plus tard : mémoire, expérience sensorielle, sentiment amoureux, jouissance esthétique apparaissent de plus en plus comme les composantes réelles d'un art encore en gestation, mais qui se dévoile peu à peu...
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critiques presse (1)
LeFigaro   22 avril 2022
Si La Recherche demeure cent ans après universelle, c'est que son auteur a eu le génie de parler de soi sans parler de lui.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (252) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   30 novembre 2016
Swann était du reste aveugle, en ce qui concernait Odette, non seulement devant ces lacunes de son éducation, mais aussi devant la médiocrité de son intelligence. Bien plus, chaque fois qu’Odette racontait une histoire bête, Swann écoutait sa femme avec une complaisance, une gaieté, presque une admiration où il devait entrer des restes de volupté ; tandis que, dans la même conversation, ce que lui-même pouvait dire de fin, même de profond, était écouté par Odette, habituellement sans intérêt, assez vite, avec impatience et quelquefois contredit avec sévérité. Et on conclura que cet asservissement de l’élite à la vulgarité est de règle dans bien des ménages, si l’on pense, inversement, à tant de femmes supérieures qui se laissent charmer par un butor, censeur impitoyable de leurs plus délicates paroles, tandis qu’elles s’extasient, avec l’indulgence infinie de la tendresse, devant ses facéties les plus plates.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   17 octobre 2019
Comme c’était déjà l’heure où beaucoup de promeneurs rentraient déjeuner, ceux qui restaient étaient peu nombreux et, pour la plus grande part, des gens élégants. Tout d’un coup, sur le sable de l’allée, tardive, alentie et luxuriante comme la plus belle fleur et qui ne s’ouvrait qu’à midi, Mme Swann apparaissait, épanouissant autour d’elle une toilette toujours différente mais que je me rappelle surtout mauve ; puis elle hissait et déployait sur un long pédoncule, au moment de sa plus complète irradiation, le pavillon de soie d’une large ombrelle de la même nuance que l’effeuillaison des pétales de sa robe. Toute une suite l’environnait ; Swann, quatre ou cinq hommes de club qui étaient venus la voir le matin chez elle ou qu’elle avait rencontrés ; et leur noire ou grise agglomération obéissante, exécutant les mouvements presque mécaniques d’un cadre inerte autour d’Odette, donnait l’air à cette femme qui seule avait de l’intensité dans les yeux, de regarder devant elle, d’entre tous ces hommes, comme d’une fenêtre dont elle se fût approchée, et la faisant surgir, frêle, sans crainte, dans la nudité de ses tendres couleurs, comme l’apparition d’un être d’une espèce différente, d’une race inconnue, et d’une puissance presque guerrière, grâce à quoi elle compensait à elle seule sa multiple escorte. Souriante, heureuse du beau temps, du soleil qui n’incommodait pas encore, ayant l’air d’assurance et de calme du créateur qui a accompli son œuvre et ne se soucie plus du reste, certaine que sa toilette – dussent les passants vulgaires ne pas l’apprécier – était la plus élégante de toutes, elle la portait pour soi-même et pour ses amis, naturellement, sans attention exagérée, mais aussi sans détachement complet, n’empêchant pas les petits nœuds de son corsage et de sa jupe de flotter légèrement devant elle comme des créatures dont elle n’ignorait pas la présence et à qui elle permettait avec indulgence de se livrer à leurs jeux, selon leur rythme propre, pourvu qu’ils suivissent sa marche, et même sur son ombrelle mauve que souvent elle tenait encore fermée quand elle arrivait, elle laissait tomber par moment comme sur un bouquet de violettes de Parme, son regard heureux et si doux que quand il ne s’attachait plus à ses amis mais à un objet inanimé, il avait l’air de sourire encore.
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Gwen21Gwen21   27 novembre 2016
Gilberte cependant ne revenait toujours pas aux Champs-Élysées. Et pourtant j’aurais eu besoin de la voir, je ne me rappelais même pas sa figure. La manière chercheuse, anxieuse, exigeante que nous avons de regarder la personne que nous aimons, notre attente de la parole qui nous donnera ou nous ôtera l’espoir d’un rendez-vous pour le lendemain, et, jusqu’à ce que cette parole soit dite, notre imagination alternative, sinon simultanée, de la joie et du désespoir, tout cela rend notre attention en face de l’être aimé trop tremblante pour qu’elle puisse obtenir de lui une image bien nette. Peut-être aussi cette activité de tous les sens à la fois, et qui essaye de connaître avec les regards seuls ce qui est au delà d’eux, est-elle trop indulgente aux mille formes, à toutes les saveurs, aux mouvements de la personne vivante que d’habitude, quand nous n’aimons pas, nous immobilisons. Le modèle chéri, au contraire, bouge ; on n’en a jamais que des photographies manquées. Je ne savais vraiment plus comment étaient faits les traits de Gilberte, sauf dans les moments divins où elle les dépliait pour moi : je ne me rappelais que son sourire. Et ne pouvant revoir ce visage bien-aimé, quelque effort que je fisse pour m’en souvenir, je m’irritais de trouver, dessinés dans ma mémoire avec une exactitude définitive, les visages inutiles et frappants de l’homme des chevaux de bois et de la marchande de sucre d’orge : ainsi ceux qui ont perdu un être aimé qu’ils ne revoient jamais en dormant s’exaspèrent de rencontrer sans cesse dans leurs rêves tant de gens insupportables et que c’est déjà trop d’avoir connus dans l’état de veille. Dans leur impuissance à se représenter l’objet de leur douleur, ils s’accusent presque de n’avoir pas de douleur. Et moi je n’étais pas loin de croire que, ne pouvant me rappeler les traits de Gilberte, je l’avais oubliée elle-même, je ne l’aimais plus.
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BehemothBehemoth   27 avril 2020
les « quoique » sont toujours des « parce que » méconnus

chaque jour je me considérais comme sur le seuil de ma vie encore intacte et qui ne débuterait que le lendemain matin

Les innombrables admirations qu’excitait l’artiste donnaient quelque chose d’un peu pauvre à ce visage unique qu’elle avait pour y répondre, immuable et précaire comme ce vêtement des personnes qui n’en ont pas de rechange […]

[…] essayer d’imprimer au jour de l’an l’idée particulière que je m’étais faite de lui, c’était en vain ; je sentais qu’il ne savait pas qu’on l’appelât le jour de l’an, qu’il finissait dans le crépuscule d’une façon qui ne m’était pas nouvelle : dans le vent doux qui soufflait autour de la colonne d’affiches, j’avais reconnu, j’avais senti reparaître la matière éternelle et commune, l’humidité familière, l’ignorante fluidité des anciens jours.

je me contraignais à redire tout le temps le nom de Gilberte, comme ce langage natal que les vaincus s’efforcent de maintenir pour ne pas oublier la patrie qu’ils ne reverront pas.

J’admirais l’impuissance de l’esprit, du raisonnement et du cœur à opérer la moindre conversion, à résoudre une seule de ces difficultés, qu’ensuite la vie, sans qu’on sache seulement comment elle s’y est prise, dénoue si aisément.

Il y avait certes chez les Guermantes, à l’encontre des trois quarts des milieux mondains, du goût, un goût raffiné même, mais aussi du snobisme, d’où possibilité d’une interruption momentanée dans l’exercice du goût.

elle savait qu’une grande partie des plaisirs qu’une femme trouve à pénétrer dans un milieu différent de celui où elle vivait autrefois lui manquerait si elle ne pouvait informer ses anciennes relations de celles, relativement plus brillantes, par lesquelles elle les a remplacées. Pour cela il faut un témoin qu’on laisse pénétrer dans ce monde nouveau et délicieux, comme dans une fleur un insecte bourdonnant et volage, qui ensuite, au hasard de ses visites, répandra, on l’espère du moins, la nouvelle, le germe dérobé d’envie et d’admiration.

Les personnes qui vivaient dans un tel milieu s’imaginaient que l’impossibilité de jamais inviter un « opportuniste », à plus forte raison un affreux « radical », était une chose qui durerait toujours, comme les lampes à huile et les omnibus à chevaux. Mais pareille aux kaléidoscopes qui tournent de temps en temps, la société place successivement de façon différente des éléments qu’on avait cru immuables et compose une autre figure. […] Ces dispositions nouvelles du kaléidoscope sont produites par ce qu’un philosophe appellerait un changement de critère. L’affaire Dreyfus en amena un nouveau, à une époque un peu postérieure à celle où je commençais à aller chez Mme Swann, et le kaléidoscope renversa une fois de plus ses petits losanges colorés. Tout ce qui était juif passa en bas, fût-ce la dame élégante, et des nationalistes obscurs montèrent prendre sa place. […] Qu’au lieu de l’affaire Dreyfus il fût survenu une guerre avec l’Allemagne, le tour du kaléidoscope se fût produit dans un autre sens. Les Juifs ayant, à l’étonnement général, montré qu’ils étaient patriotes, auraient gardé leur situation, et personne n’aurait plus voulu aller ni même avouer être jamais allé chez le prince autrichien.

Tout le Bergotte que j’avais lentement et délicatement élaboré moi-même, goutte à goutte, comme une stalactite, avec la transparente beauté de ses livres, ce Bergotte-là se trouvait d’un seul coup ne plus pouvoir être d’aucun usage, du moment qu’il fallait conserver le nez en colimaçon et utiliser la barbiche noire.

ses idées semblaient le plus souvent confuses, chacun appelant idées claires celles qui sont au même degré de confusion que les siennes propres.

Du jour où il avait commencé d’écrire et, à plus forte raison, plus tard, quand je le connus, sa voix s’en était désorchestrée pour toujours.

Même l’incarnation d’une qualité morale dans un défaut physique incompatible est souvent une des lois de la ressemblance filiale

Car mon intelligence devait être une, et peut-être même n’en existe-t-il qu’une seule dont tout le monde est co-locataire, une intelligence sur laquelle chacun, du fond de son corps particulier, porte ses regards, comme au théâtre, où si chacun a sa place, en revanche, il n’y a qu’une seule scène.

Les trois quarts du mal des gens intelligents viennent de leur intelligence

Ce n’est jamais qu’à cause d’un état d’esprit qui n’est pas destiné à durer qu’on prend des résolutions définitives.

Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent et l’habitude le remplit.

arrivée au milieu de la vie, Odette s’était enfin découvert, ou inventé, une physionomie personnelle, un « caractère » immuable, un « genre de beauté », et sur ses traits décousus – qui pendant si longtemps, livrés aux caprices hasardeux et impuissants de la chair, prenant à la moindre fatigue pour un instant des années, une sorte de vieillesse passagère, lui avaient composé tant bien que mal, selon son humeur et selon sa mine, un visage épars, journalier, informe et charmant – avait appliqué ce type fixe, comme une jeunesse immortelle.

La résignation, modalité de l’habitude, permet à certaines forces de s’accroître indéfiniment.

Or, les souvenirs d’amour ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l’habitude. Comme celle-ci affaiblit tout, ce qui nous rappelle le mieux un être, c’est justement ce que nous avions oublié (parce que c’était insignifiant et que nous lui avions ainsi laissé toute sa force). C’est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l’odeur de renfermé d’une chambre ou dans l’odeur d’une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-même ce que notre intelligence, n’en ayant pas l’emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore.

la même clarté tiède et dormante qui faisait la sieste dans les clairières.

Et dès ce premier matin le soleil me désignait au loin, d’un doigt souriant, ces cimes bleues de la mer qui n’ont de nom sur aucune carte géographique, jusqu’à ce qu’étourdi de sa sublime promenade à la surface retentissante et chaotique de leurs crêtes et de leurs avalanches, il vînt se mettre à l’abri du vent dans ma chambre, se prélassant sur le lit défait et égrenant ses richesses sur le lavabo mouillé, dans la malle ouverte, où par sa splendeur même et son luxe déplacé, il ajoutait encore à l’impression du désordre.

la beauté est une suite d’hypothèses que rétrécit la laideur en barrant la route que nous voyions déjà s’ouvrir sur l’inconnu.

la caractéristique de l’âge ridicule que je traversais – âge nullement ingrat, très fécond – est qu’on n’y consulte pas l’intelligence […] Plus tard on voit les choses d’une façon plus pratique, en pleine conformité avec le reste de la société, mais l’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose.

Dans l’humanité, la fréquence des vertus identiques pour tous n’est pas plus merveilleuse que la multiplicité des défauts particuliers à chacun.

Bloch était mal élevé, névropathe, snob, et, appartenant à une famille peu estimée, supportait comme au fond des mers les incalculables pressions que faisaient peser sur lui, non seulement les chrétiens de la surface, mais les couches superposées des castes juives supérieures à la sienne, chacune accablant de son mépris celle qui lui était immédiatement inférieure. Percer jusqu’à l’air libre en s’élevant de famille juive en famille juive eût demandé à Bloch plusieurs milliers d’années. Il valait mieux chercher à se frayer une issue d’un autre côté.

La photographie acquiert un peu de la dignité qui lui manque quand elle cesse d’être une reproduction du réel et nous montre des choses qui n’existent plus.

Il vivait dans le monde des à peu près, où l’on salue dans le vide, où l’on juge dans le faux. L’inexactitude, l’incompétence, n’y diminuent pas l’assurance, au contraire.

Après tout, me disais-je, peut-être le plaisir qu’on a eu à l’écrire n’est-il pas le critérium infaillible de la valeur d’une belle page ; […] Peut-être certains chefs-d’œuvre ont-ils été composés en bâillant.

j’étais enfermé dans le présent comme les héros, comme les ivrognes ; momentanément éclipsé, mon passé ne projetait plus devant moi cette ombre de lui-même que nous appelons notre avenir ; plaçant le but de ma vie, non plus dans la réalisation des rêves de ce passé, mais dans la félicité de la minute présente, je ne voyais pas plus loin qu’elle.

successivement mes cuisses, mes hanches, mes épaules tâchaient d’adhérer en tous leurs points aux draps qui enveloppaient le matelas, comme si ma fatigue, pareille à un sculpteur, avait voulu prendre un moulage total d’un corps humain

Les noms qui désignent les choses répondent toujours à une notion de l’intelligence, étrangère à nos impressions véritables, et qui nous force à éliminer d’elles tout ce qui ne se rapporte pas à cette notion.

Le long des lignes du visage, le sexe avait l’air d’être sur le point d’avouer qu’il était celui d’une fille un peu garçonnière, s’évanouissait, et plus loin se retrouvait, suggérant plutôt l’idée d’un jeune efféminé vicieux et songeur, puis fuyait encore, restait insaisissable.

La figure de celle qui était le plus près de lui, grosse et éclairée par ses regards, avait l’air d’un gâteau où on eût réservé de la place pour un peu de ciel.

On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses.

l’existence n’a guère d’intérêt que dans les journées où la poussière des réalités est mêlée de sable magique, où quelque vulgaire incident de la vie devien
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RenodRenod   12 novembre 2017
La Bruyère nous dit (...) : « Être près des gens qu’on aime, leur parler, ne leur parler point, tout est égal ». Il a raison ; c’est le seul bonheur, ajouta M. de Charlus d’une voix mélancolique ; et ce bonheur-là, hélas, la vie est si mal arrangée qu’on le goûte bien rarement ; Mme de Sévigné a été en somme moins à plaindre que d’autres. Elle a passé une grande partie de sa vie auprès de celle qu’elle aimait.

- Tu oublies que ce n’était pas de l’amour, c’était de sa fille qu’il s’agissait.

- Mais l’important dans la vie n’est pas ce qu’on aime, reprit-il d’un ton compétent, péremptoire et presque tranchant, c’est d’aimer. Ce que ressentait Mme de Sévigné pour sa fille peut prétendre beaucoup plus justement ressembler à la passion que Racine a dépeinte dans Andromaque ou dans Phèdre, que les banales relations que le jeune Sévigné avait avec ses maîtresses. De même l’amour de tel mystique pour Dieu. Les démarcations trop étroites que nous traçons autour de l’amour viennent seulement de notre grande ignorance de la vie.
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Vidéo de Marcel Proust
Avec Aurélie Julia, Mathilde Brezet, Stéphane Barsacq et Stéphane Zagdanski 0:00:00 Présentation de Jacques Letertre, fondateur de l'Hôtel le Swann 0:01:20 Présentation de Valérie Toranian, directrice de la Revue des Deux Mondes 0:03:39 Lecture par Aurélie Julia, coordinatrice éditoriale de la Revue des Deux Mondes 0:09:11 Intervention de Stéphane Barsacq 0:16:10 Intervention de Mathilde Brezet 0:28:08 Intervention de Stéphane Barsacq 0:29:43 Intervention de Stéphane Zagdanski 0:38:40 Intervention de Mathilde Brezet 0:41:08 Intervention de Nicolas Ragonneau 0:47:02 Intervention de Stéphane Zagdanski 0:52:35 Intervention de Mathilde Brezet 0:58:34 Intervention de Jérôme Bastianelli, Président de la Société des Amis de Proust 01:01:57 Lecture par Aurélie Julia 01:07:44 Annonce des nominés du prix Céleste Albaret
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