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Bernard de Fallois (Autre)
EAN : 9782070324286
307 pages
Gallimard (22/09/1987)
3.84/5   88 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:
À la fin de l'automne 1908, Proust rentre de Cabourg épuisé. Depuis longtemps, il a renoncé à son œuvre. Profitant d'un répit que lui laisse sa maladie, il commence un article pour Le Figaro : «Contre Sainte-Beuve». Six mois plus tard, l'article est devenu un essai de trois cents pages. Conversant librement avec sa mère, l'auteur entrelace, autour d'une réflexion sur Sainte-Beuve les souvenirs personnels, les portraits d'amis, les imp... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

Ce sont les commentaires de Babeliotes à propos d'une de mes critiques relative à un tome de « A la recherche du Temps perdu » qui m'ont amené à lire le Contre Sainte-Beuve de Proust.

Je suis heureux d'avoir fait la lecture de cet ensemble de feuillets qui furent écrits en 1908, rassemblés bien après la mort de l'auteur et publiés en 1954.

Un ouvrage extraordinaire dans lequel on y découvre un Proust critique d'une acuité exceptionnelle, tout autant que l'on découvre ce que l'on peut considérer comme des esquisses de « La Recherche » mêlées à des notes plus personnelles et intimes.

Proust y développe aussi dans la préface, dans la conclusion et dans le chapitre qui donne son nom au livre, sa conception de l'oeuvre littéraire et du métier d'écrivain. Ce sont des notions que l'on retrouvera en partie dans le Temps retrouvé.

Dans la préface, Proust insiste sur la nécessité pour la création littéraire de laisser entrer en soi la sensation plutôt que de tout faire reposer sur l'intelligence: «Chaque jour, j'accorde moins de prix à l'intelligence ». C'est à dire, dans une oeuvre qui accorde tant de place au Temps, que ce ne sont pas le raisonnement, la réflexion, qui nous permettent de ressusciter le temps passé, qui est le chemin vers la vérité de l ‘art, mais le fait de laisser la place en soi disponible à la sensation, à l'instinct. Et de prendre quelques exemples, dont il est amusant de trouver là ce qui sera développé et magnifié dans La Recherche. Ainsi de cette biscotte trempée dans une tasse de thé qui deviendra la sensuelle et célèbre madeleine.

Le chapitre qui constitue la conclusion développe une idée sur laquelle Proust reviendra moins dans La Recherche; c'est que l'écrivain doit extraire au plus profond de lui-même la matière à écrire, sans se préoccuper de ce qu'en penseront les autres, et surtout sans copier la manière des autres, et éviter les poncifs, ce qu'il reproche à Romain Rolland (mais qui se souvient encore de cet auteur, pourtant Prix Nobel de littérature?)

Le chapitre Contre Sainte-Beuve démonte la méthode de celui-ci, qui, à l'exemple des scientifiques de l'époque qui étudiaient le comportement animal, prétendait qu'il fallait tout connaître de la vie d'un auteur, ses origines, le contexte familial, la vie sociale, les relations mondaines, pour comprendre son oeuvre. Proust s'insurge contre cette méthode, car selon lui, « un livre est le produit d'un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices… ».

Et, au delà de cette critique de la méthode, Proust se livre à une attaque acerbe de l'homme, de sa vanité, de ses compromissions, de son comportement d' « auteur de salon ».

Et ce ressentiment contre l'homme reprend de plus belle dans son article sur Baudelaire dont Sainte-Beuve a méconnu le génie, le traitant, avec condescendance, de « gentil garçon ». Et Proust s'attriste de ce que ce géant de la poésie ait pu s'abaisser pour obtenir les faveurs et le soutien de l'influent Sainte-Beuve, sans succès d'ailleurs, puisque ce dernier ne soutiendra pas sa candidature à L Académie Française. Mais l'article sur Baudelaire est surtout passionnant par l'analyse qui est faite des poèmes: entre autres, le rôle des couleurs, la structure des vers, le thème du Mal et l'idée impossible de rédemption, etc…

Et cette profondeur de l'analyse se retrouve aussi dans les impressionnants chapitres consacrés à Balzac et à Nerval. Il faut lire ces textes et la perspicacité de l'auteur à saisir l'essentiel De Balzac (sa vulgarité, sa tendance à utiliser des poncifs, mais son génie de l'utilisation des personnages récurrents et sa profondeur psychologique).

Dans l'article sur Gérard de Nerval, l'analyse des Filles du feu et plus particulièrement de Sylvie, est magnifique, car Proust y saisit l'importance du flou de la description, de la part de rêve, des correspondances avec les poèmes des Chimères….Pour qui aime Nerval, c'est à lire, absolument.

Les autres chapitres du recueil sont des textes qui, pour majeure partie, peuvent être considérés comme des esquisses de ce que l'on trouvera dans A la recherche du Temps perdu: Sommeils, Journées, La comtesse, La race maudite, Noms de personnes. Mais il y a aussi des joyaux comme le rayon de Soleil sur le balcon, une merveilleuse description, ou Retour à Guermantes, dans lequel Proust évoque de façon très émouvante un souvenir d'enfance impliquant son frère Robert et sa chère Maman ( ah, comme il l'a toujours aimé sa Maman, à qui il s'adresse d'ailleurs dans nombre de ses articles de critique).

En conclusion, un livre au contenu hétérogène, mais ce n'est pas du fait de l'auteur, et qui m'a permis de mieux cerner le projet littéraire de Proust, de le découvrir en critique d'une extraordinaire profondeur, et d'y lire des textes d'une merveilleuse poésie.

Bref, un livre qui complète bien « La Recherche », sans être comparable bien entendu à ce «monument littéraire ».

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Sous ce titre a été rassemblé un ensemble hétéroclite de papiers dont l'un d'eux concerne bel et bien directement et explicitement Sainte-Beuve, mais, même dans ce chapitre, il s'agit moins d'une critique de Sainte-Beuve que d'une volonté de se positionner et d'exister en affirmant l'impulsion purement subjective qui hantera toujours l'auteur d'À la recherche du temps perdu.

Aussi, la critique attendue (car laissée à entendre par le titre) n'impose rien objectivement au lecteur, mais révèle plutôt quelques traits encore mal définis d'une conviction intérieure immédiate.

D'autre part, on retrouve plusieurs passages qui vont être repris dans À la recherche du temps perdu et qu'il me semble qu'il vaut mieux aller lire là-bas, à moins d'être un expert de Proust ou d'aimer l'érudition pour elle-même.

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Ce titre m'a toujours étonné. Pourquoi Proust serait-il contre Sainte-Beuve ? D'ailleurs, connaît-on Sainte-Beuve aujourd'hui encore ?

Contre Sainte-Beuve est un recueil de critiques littéraires publié à titre posthume en 1954, et rassemblant les pages que l'écrivain a consacrées, sans leur donner d'ordre, aux auteurs qu'il admirait. On y lit le point de vue de Proust sur Nerval, Baudelaire, Balzac et Flaubert. On n'y lit pas de critique contre Sainte-Beuve donc...

Indirectement si, puisque Sainte-Beuvre, grand critique littéraire de l'époque, considérait qu'il suffisait de connaître l'homme pour connaître l'auteur.

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Ce n'est pas la partie sur - ou plutôt contre - Sainte-Beuve qui m'a le plus intéressée. D'ailleurs, le titre est trompeur, dans la mesure où ce n'est pas Proust lui-même qui l'avait choisi. Si j'ai bien compris, voici une série de différents textes rassemblés et édités après sa mort. On y trouve à la fois des réflexions théoriques sur la littérature, sur la critique, sur les écrivains du XIX ème siècle, mais ce ne sont pas des exposés savants. Non, on sent la voix, l'individualité, la sensibilité de Proust. Certaines idées rejoignent d'ailleurs Sur la lecture que j'avais découvert récemment, comme par exemple l'amour du jeune Proust pour Théophile Gautier et le Capitaine Fracasse. En tant qu'adulte, qu'expert pourrait-on dire, Proust devrait pourvoir capable d'analyser les défauts ou les limites de l'écriture de Gautier. Cependant, une des thèses centrales de Proust dans ce recueil est la primauté des sensations sur l'intelligence. On doit ressentir avant de comprendre et d'analyser. Ainsi, les impressions d'enfance de la lecture du Capitaine Fracasse ont été si fortes que l'adulte n'est pas capable d'analyser, d'intellectualiser sa lecture - et, il ne le veut même pas.

Proust parle donc des auteurs qu'il aime, Balzac, Gautier, Stendhal, Baudelaire... Il accuse ainsi Sainte-Beuve d'avoir méconnu Stendhal - moi qui l'aime tant. Et sur Balzac, il évoque notamment un des romans qui est pour moi un des chef-d'oeuvres de la Comédie Humaine qui n'est sans doute pas assez connu : la Recherche de l'Absolu.

Et on retrouve différents textes qui sont des brouillons de la Recherche ? des passages écartés ? repris ? retravaillés ? Je ne sais pas exactement, ma lecture de la Recherche commence à dater et j'avoue de pas avoir cherché ce qu'en disent les chercheurs. Ce sont les prémices de la Recherche, ces textes conduisent Proust à se tourner vers le roman.

Il est en tout cas sûr qu'on y retrouve des thématiques chères à Proust, de l'amour pour la mère à la fascination pour Venise, du goût pour les mondanités à la fascination pour le nom de Guermantes - le nom plus que ses porteurs, à l'étude de la présence des homosexuels dans la société. C'est le texte "Un rayon de soleil sur le balcon" qui m'a ainsi particulièrement frappée, car une sensation fait ressurgir un souvenir et provoque l'écriture, ce qui est à l'origine même de l'oeuvre romanesque proustienne.

A titre personnel, j'ai bien aimé l'hommage à la Normandie, ma région natale, avec ses plages, ses clochers, ses campagnes... Oui, Proust a raison, il ne faut pas analyser et critiquer une oeuvre, il faut la ressentir...

Je complète pour signaler une récente émission des Chemins de la philosophie de France Culture qui traite justement du Contre Sainte-Beuve, que j'ai écoutée ensuite et qui m'a apporté des éléments de compréhension supplémentaires.

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En commençant ce recueil, je pensais découvrir Proust critique plutôt que Proust romancier. Or Contre Sainte-Beuve contient en germe tous les thèmes de la Recherche, du baiser de maman à la tranche de pain grillé trempée dans une tasse de thé, des jeunes filles en fleurs aux clochers normands, jusqu'aux noms, qui y sont noms de personnes et pas encore de pays.

Autre surprise, c'est beaucoup plus agréable à lire que La Recherche (j'avoue, j'y ai trouvé des longueurs) sous cette forme de courts articles plutôt qu'en volumes successifs, même si, bien sûr, l'unité d'ensemble n'y figure pas.

Trois chapitres néanmoins sont, sous la forme d'une conversation de Marcel Proust avec sa mère, une critique des critiques de Sainte-Beuve sur Nerval, Baudelaire et Balzac ; le principal reproche qui lui est fait étant de ne pas avoir su distinguer de leur vivant ces auteurs, défendus par Proust, qui passeraient à la postérité et d'en avoir encensé d'autres bientôt tombés dans l'oubli.

Même la conclusion, qui est presque un art poétique, annonce l'oeuvre à venir du romancier.

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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
À ce moment, je vis palpiter sur l’appui de la fenêtre une pulsation sans couleur ni lumière, mais à tout moment enflée et grandissante, et qu’on sentait qui allait devenir un rayon de soleil. Et en effet au bout d’un instant l’appui de la fenêtre fut à demi envahi, puis avec une courte hésitation, un timide recul, entièrement inondé d’une lumière pâle sur laquelle flottaient les ombres un peu frustes du treillis de fer ouvragé du balcon. Un souffle les dispersa, mais déjà apprivoisées elles revinrent, puis sous mes yeux je vis cette lumière sur l’appui de la fenêtre croître d’intensité, par une progression rapide mais incessante et soutenue, comme cette note de musique sur laquelle finit souvent une ouverture. Elle a commencé si faible qu’on a perçu son crescendo avant de l’avoir elle-même entendue, puis elle grandit, grandit, et traverse avec une telle rapidité et sans faiblir tous les degrés d’intensité que c’est, au bout d’un moment, sur son cri assourdissant et triomphal que se termine l’ouverture. Ainsi au bout d’un moment l’appui du balcon était peint tout entier et comme à jamais de cet or soutenu que composent les splendeurs invariables d’un jour d’été, et les ombres de ce treillis de fer ouvragé du balcon, qui m’avait toujours semblé la chose la plus laide qu’il y eût au monde, y étaient presque belles. Elles développaient sur un seul plan avec une telle finesse les volutes et les enroulements, qui dans le treillis même étaient peu perceptibles, conduisant jusqu’à son antenne la plus ténue et toujours avec la même précision leurs enroulements les plus subtils, qu’elles semblaient trahir le plaisir qu’aurait pris à les parfaire un artiste amoureux de l’extrême fini et qui peut ajouter à la reproduction fidèle d’un objet une beauté qui n’est pas dans l’objet même. Et par elles-mêmes elles reposaient avec un tel relief, si haut de formes et si palpable, sur cette étendue lumineuse, qu’elles semblaient se laisser porter par elle dans une sorte de consistance heureuse et de repos silencieux.
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(Nerval) a tout pressenti. Le Valois de Sylvie c'est la campagne de Combray, le pays de l'enfance retrouvée, âme et décor du roman. L'attaque du récit, lorsque Gérard sur la route de Loisy, revoit les scènes de sa jeunesse, c'est le début de La Recherche, et les chambres qui défilent successivement devant les yeux du narrateur. Et c'est encore dans Sylvie que Proust retrouve cette alternance de douleur et de joie, les deux états, l'un de plaisir dans la journée, l'autre de tristesse au coucher, que vont symboliser les deux "côtés". La description minutieuse des rêves, leur importance, l'analyse ou le récit de ces amours où la folie, c'est-à-dire l'imagination, a tant de place, nous le devons en partie aussi à Nerval, car Sylvie, car Aurélia, c'est déjà "La Vie rêvée", selon le titre que Proust devait retenir un moment pour son oeuvre, et ce sont bien, en tout cas les intermittences du coeur.
847 - [idées /gallimard n° 81, p. 42] Préface de Bernard de Fallois
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« La littérature, disait Sainte-Beuve, n'est pas pour moi distincte ou, du moins, séparable du reste de l'homme et de l'organisation… On ne saurait s'y prendre de trop de façons et de trop de bouts pour connaître un homme, c'est-à-dire autre chose qu'un pur esprit. Tant qu'on ne s'est pas adressé sur un auteur un certain nombre de questions et qu'on n'y a pas répondu, ne fût-ce que pour soi seul et tout bas, on n'est pas sûr de le tenir tout entier, quand même ces questions sembleraient les plus étrangères à la nature de ses écrits : Que pensait-il de la religion ? Comment était-il affecté du spectacle de la nature ? Comment se comportait-il sur l'article des femmes, sur l'article de l'argent ? Était-il riche, pauvre ; quel était son régime, sa manière de vivre journalière ? Quel était son vice ou son faible ? Aucune réponse à ces questions n'est indifférente pour juger l'auteur d'un livre et le livre lui-même, si ce livre n'est pas un traité de géométrie pure, si c'est surtout un ouvrage littéraire, c'est-à-dire où il entre de tout. »
L'œuvre de Saint-Beuve n'est pas une œuvre profonde. La fameuse méthode, qui en fait, selon Taine, selon Paul Bourget et tant d'autres, le maître de la critique du XIXe, cette méthode, qui consiste à ne pas séparer l'homme de l'œuvre, à considérer qu'il n'est pas indifférent pour juger l'auteur d'un livre, si ce n'est pas un « traité de géométrie pure », d'avoir d'abord répondu aux questions qui paraissent les plus étrangères à son œuvre (comment se comportait-il, etc.), à s'entourer de tous les renseignements possibles sur un écrivain, à collationner ses correspondances, à interroger les hommes qui l'ont connu, en causant avec lui s'ils vivent encore, en lisant ce qu'ils ont pu écrire sur lui s'ils sont morts, cette méthode méconnaît ce qu'une fréquentation un peu profonde avec nous-mêmes nous apprend : qu'un livre est le produit d'un autre MOI que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Ce moi-là, si nous voulons essayer de le comprendre, c'est au fond de nous-mêmes, en essayant de le recréer en nous, que nous pouvons y parvenir. Rien ne peut nous dispenser de cet effort de notre cœur. Cette vérité, il nous faut la faire de toutes pièces et il est trop facile de croire qu'elle nous arrivera, un beau matin, dans notre courrier, sous forme d'une lettre inédite, qu'un bibliothécaire de nos amis nous communiquera, ou que nous la recueillerons de la bouche de quelqu'un, qui a beaucoup connu l'auteur.
Chapitre VIII : La méthode de Sainte-Beuve.
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L’œuvre de Sainte-Beuve n’est pas une œuvre profonde. La fameuse méthode, qui en fait, selon Taine, selon Paul Bourget et tant d’autres, le maître inégalable de la critique du XIXe, cette méthode, qui consiste à ne pas séparer l’homme et l’œuvre, à considérer qu’il n’est pas indifférent pour juger l’auteur d’un livre, si ce livre n’est pas un « traité de géométrie pure », d’avoir d’abord répondu aux questions qui paraissaient les plus étrangères à son œuvre (comment se comportait-il, etc.), à s’entourer de tous les renseignements possibles sur un écrivain, à collationner ses correspondances, à interroger les hommes qui l’ont connu, en causant avec eux s’ils vivent encore, en lisant ce qu’ils ont pu écrire sur lui s’ils sont morts, cette méthode méconnaît ce qu’une fréquentation un peu profonde avec nous-mêmes nous apprend : qu’un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. Ce moi-là, si nous voulons essayer de le comprendre, c’est au fond de nous-mêmes, en essayant de le recréer en nous, que nous pouvons y parvenir..
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On peut, de la déception inévitable de notre rencontre avec des choses dont nous connaissions les noms, par exemple avec le porteur d’un grand nom territorial et historique, ou mieux de tout voyage, conclure que ce charme imaginatif ne correspondant pas à la réalité est une poésie de convention. Mais outre que je ne le crois pas et compte établir un jour tout le contraire, du simple point de vue du réalisme, ce réalisme psychologique, cette exacte description de nos rêves vaudrait bien l’autre réalisme, puisqu’il a pour objet une réalité qui est bien plus vivace que l’autre, qui tend perpétuellement à se reformer chez nous…
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Il y a 150 ans naissait Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette, l'une des plus célèbres romancières du XXe siècle. Pour marquer cet anniversaire, les Éditions Gallimard sont heureuses de vous annoncer la parution du "Blé en herbe et autres écrits", préfacé par Antoine Compagnon, dans la Collection Bibliothèque de la Pléiade.
"Claudine à l'école" est le grand succès de mars 1900.
Le livre est signé Willy. On sait qu'il s'agit du pseudonyme d'Henry Gauthier-Villars, qui l'utilise pour signer les productions de l'atelier qui lui écrit ses ouvrages. Cette fois, le texte sort du lot : la langue est nouvelle, insolente, scandaleuse. C'est qu'il n'est pas de la plume d'un des scribes habituels de Willy. le livre est écrit par sa jeune femme, sidonie-Gabrielle, née Colette.
Colette : il faudra attendre 1923 et "Le Blé en herbe" pour que ce nom apparaisse seul sur la couverture d'un livre.
Colette, nous dit Antoine Compagnon, rend présents "le monde de l'enfance, l'étoffe de la sensation, l'émotion de la mémoire". On la crédite aussi d'avoir été "la première femme qui ait vraiment écrit en femme" (A. Maurois), la première à explorer ainsi les amours adolescentes ("Le Blé en herbe"), à entretenir une réelle connivence avec la nature et "les bêtes", à poser ce qu'on appellera la question du « genre » ("Le Pur et l'Impur", 1941)...
Ce sont ces trois domaines – l'enfance, la sensation, la mémoire – qu'il faut retenir si l'on veut lui rendre justice. Elle les partage avec Proust, dont elle admira "Combray " et qui pleura, dit-il, à la lecture de "Mitsou" (1919). Sans doute aurait-il été également sensible, s'il avait vécu, à "La Fin de Chéri" (1926), et à la conception du Temps qui s'y fait jour.
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