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EAN : 9782868692283
62 pages
Éditeur : Actes Sud (07/01/1993)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.89/5 (sur 138 notes)
Résumé :
LE POINT DE VUE DE L'ÉDITEUR

Sur la lecture n'est ni un texte méconnu ni un
introuvable. C'est la préface que Proust écrivit
en 1905 pour sa traduction de Sésame et les Lys
de John Ruskin. Mais ces pages dépassent de
si loin l'ouvrage qu'elles introduisent, elles
proposent un si bel éloge de la lecture et préparent avec tant de bonheur à la Recherche que
nous avons voulu, les délivrant de leur condition de pré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  25 février 2015
J'approche de plus en plus du moment fatidique où cette fois, ce sera la bonne, je m'attaquerai au 1er tome d'A La Recherche du Temps Perdu. Ce n'est pas tellement le titre qui fait peur : du côté de chez Swann, ça ressemblerait plus à une petite invitation sympa pour passer un dimanche après-midi, non ? En fait c'est plutôt son auteur qui donne la chair de poule : Marcel Proust et ses phrases à rallonge ! Tellement longues et avec tellement de digressions qui faut s'y reprendre à plusieurs fois pour se rappeler quel était le sujet de la phrase.
Bref.
Commencer par un essai, que j'avais lu en plus il y a à peu près 10ans, sans bien tout saisir d'ailleurs, s'annonçait comme une étape "raisonnable".
Alors, oui, il y a des phrases dont seul Proust a le secret. Je me demande d'ailleurs comment il faisait pour ne pas se perdre dans sa propre prose dans la digression est une règle plus qu'une exception à celle-ci.
Pourtant, il nous parle d'un sujet que les Babeliotes connaissent bien : la lecture ! Et oui, mais là encore, Proust n'échappe pas à ce qu'il est et à l'éducation qu'il a eu.
Derrière son point de vue très petit bourgeois intellectuel, on sent bien les frustrations du petit garçon malade qui devait rester enfermé et était limité dans ses déplacements. Ce qui l'a sans doute beaucoup frustré.
Pour Marcel Proust, la lecture est une démarche purement intellectuelle qui s'inscrit profondément dans le Temps, à la manière des monuments anciens. Les récits qui nous restent du passé abolissent donc les limites du temps du fait qu'il nous donne accès à ce qui n'est plus et ne se dit plus. Un instant d'éternité… Ainsi, pour l'auteur, la lecture en elle-même est presque secondaire et ne vaut que par le souvenir des lieux qu'elle nous laisse : que ce soit le lieu où nous, lecteurs, nous trouvions ou le lieu où se déroule le récit.
Un tel jugement l'amène à être très dur vis-à-vis des contemporains, ou d'auteurs classiques comme Alfred de Musset, par exemple.
La seule part d'émotionnel que Proust concède à la lecture, c'est le moment où il compare celle-ci à une "amitié sans contrainte" où l'autre (étant un objet) ne peut se vexer de notre opinion ou d'être délaissé.
Une esthétisation très intellectuelle quand même !
Certes, cet essai n'est pas complètement inintéressant, mais je ne partage pas vraiment le point de Marcel Proust, ce qui a rendu cette lecture un peu laborieuse.
Pas moyen de faire aimer la lecture aux jeunes générations avec de tels arguments ! Mieux vaut se tourner vers les Britanniques pour cela, avec Ruskin que Proust critique très vivement dans son essai d'ailleurs, ou plus récemment, Neil Gaiman.
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ivredelivres
  15 novembre 2011
Bonheur de l'édition voilà un livre que vous pouvez trouver sous plusieurs costumes, en mélange dans Pastiches et Mélanges, en petite édition simple chez Sillage ou alors en livre audio.
j'ai choisi la version sonore car elle est lue pas quelqu'un pour lequel j'ai une passion coupable : André Dussolier.
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet du livre, je crois que vous le connaissez tous, la lecture, les livres, le bonheur de lire lorsque l'on est enfant et au delà.
Proust nous parle de ces livres qui nous donnent envie de passer la soirée avec eux, ce petits grincement que constitue le « chapitre interrompu » car « On aurait tant voulu que le livre continuât ».
Le rôle de la lecture « une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés » disait Ruskin, ce à quoi Proust répond
« la lecture ne saurait être ainsi assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes; que ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n'est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d'une autre pensée, mais tout en restant seul »
Pour lui c'est d'abord et avant tout un accès à soi.
Le livre qui console de tout disait Montesquieu, qui tient enchaîné la ronde des heures dirait Proust, ce petit texte devenu très célèbre est ici porté par André Dussolier, un plaisir ajouté.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Cer45Rt
  01 janvier 2019
Entre deux épisodes de la recherche, je fais une petite pause relaxation avec "Sur la Lecture". Et ce texte me laisse mitigé. Il y a bien des réflexions intéressantes, il y a même le style, le style enchanteur de Marcel Proust, mais ce livre ( et c'est ce qui me déplaît ) est aussi un essai renflé, pompeux, qui n'a rien à voir avec mon expérience de la lecture, expérience qui ne saurait se réduire à la sèche théorie proustienne, expérience bien plus sensible que celle exprimée par les thèses contenues dans cet ouvrage.
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Nadael
  05 juin 2012
Ses mots sont doux et délicats, ses phrases n'en finissent pas, les yeux clos on se plaît à imaginer les lieux qu'il décrit, on se laisse emporter par ce flot de paroles, on avance à ses côtés, on parvient à frôler le message, et c'est lui qu'on touche, Proust.
Lire Proust est un voyage. le décor se met en place avec lenteur, révélant chaque détail, chaque nuance ; couleurs, formes, contrastes, matières, il nous offre son regard, pleinement. le cadre posé – l'extérieur – on entre alors dans l'intime, le spirituel. Les deux sont liés, indéfectiblement.
C'est ainsi qu'il nous parle de la lecture au temps de son enfance ; le contenu de l'ouvrage n'est pas l'intérêt principal. Ses souvenirs se portent davantage sur des lieux, des odeurs, des paysages, des sensations. Une chambre, un parc, un instant précis, une lumière particulière, un bruit familier, des effluves étourdissantes. Enfant, le livre est un ami, qui l'accompagne partout. D'ailleurs, il est bien déçu quand à l'âge adulte il relit ce livre qu'il quittait rarement, le capitaine Fracasse de Théophile Gautier.
Lire est un bonheur et un arrachement quand arrive l'ultime page. Mais, le livre ne remplace pas l'échange avec l'autre. Lire est un plaisir solitaire qui favorise l'introspection.
Si Proust fait l'éloge de la lecture, il la met à distance de la vie : «  La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas. » Elle permet de mieux comprendre le monde, l'ancien et celui qui est en marche et soi-même mais elle n'est pas la vie.
Un merveilleux petit livre. À savourer.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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FritzLangueur
  20 janvier 2015
Voilà un texte prodigieux pour qui souhaite donner du sens au mot lecture. Il s'agit en fait d'une préface que Marcel Proust a rédigée en 1905, pour la traduction de « Sésame et les Lys » de John Ruskin. En une cinquantaine de pages, sans compter les notes ajoutées à la fin, l'auteur s'interroge sur cette nécessité et l'envie de lire. Que ce soit, comme dans son enfance (sublimes pages du début) où l'on s'isole de tout et de tous, pour mieux se plonger dans un autre univers, où dans un esprit frondeur et curieux partir à la recherche d'un savoir… s'agit-il de manière individualiste d'une conversation privée entre un illustre écrivain et son modeste lecteur, où source d'enrichissement spirituel que l'on se doit de partager, se donnant alors une mission d'altruisme, ou tout simplement un vecteur indispensable du développement de l'esprit. La musique des mots des Proust et son style si particulier, balaient ces différents aspects, avec force de citations, d'interprétations et surtout nous livrant sa passion effrénée. Car si Marcel Proust est un génie littéraire il l'était tout autant comme lecteur. 110 ans après, ses mots ont encore un écho et flattent notre envie de nous plonger à nouveau, comme un adolescent rêveur et malicieux dans de nouvelles aventures qui vont de Théophile Gautier à William Shakespeare et bien au-delà, de nous instruire ou de nous enthousiasmer… Un beau préambule à « La recherche du temps perdu » !
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   05 juin 2012
 (…) je ne me sens heureux qu'en mettant le pied – avenue de la Gare, sur le Port, ou place de l'Eglise – dans un de ces hôtels de province aux longs corridors froids où le vent du dehors lutte avec succès contre les efforts du calorifère, où la carte de géographie détaillée de l'arrondissement est encore le seul ornement des murs, où chaque bruit ne sert qu'à faire apparaître le silence en le déplaçant, où les chambres gardent un parfum de renfermé que le grand air vient laver, mais n'efface pas, et que les narines aspirent cent fois pour l'apporter à l'imagination, qui s'en enchante, qui le fait poser comme un modèle pour essayer de le recréer en elle avec tout ce qu'il contient de pensées et de souvenirs ; où le soir, quand on ouvre la porte de sa chambre, on a le sentiment de violer toute la vie qui y est restée éparse, de la prendre hardiment par la main quand, la porte refermée, on entre plus avant, jusqu'à la table ou jusqu'à la fenêtre ; de s'asseoir dans une sorte de libre promiscuité avec elle sur le canapé exécuté par le tapissier en cher-lieu dans ce qu'il croyait le goût de Paris ; de toucher partout la nudité de cette vie dans le dessein de se troubler soi-même par sa propre familiarité, en posant ici et là ses affaires, en jouant le maître dans cette chambre pleine jusqu'aux bords de l'âme des autres et qui garde jusque dans la forme des chenêts et le dessin des rideaux l'empreinte de leur rêve, en marchant pieds nus sur son tapis inconnu ; alors cette vie secrète, on a le sentiment de l'enfermer avec soi quand on va, tout tremblant, tirer le vérou ; de la pousser devant soi dans le lit et de coucher enfin avec elle dans les grands draps blancs qui vous montent par-dessus la figure, tandis que, tout près l'église sonne pour toute la ville les heures d'insomnie des mourants et des amoureux.
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gavarneurgavarneur   12 juin 2017
Quel bonheur, quel repos pour un esprit fatigué de chercher la vérité en lui-même de se dire qu'elle est située hors de lui, aux feuillets d'un in-folio jalousement conservé dans un couvent de Hollande, et que si, pour arriver jusqu'à elle, il faut se donner de la peine, cette peine sera toute matérielle, ne sera pour la pensée qu'un délassement plein de charme. Sans doute, il faudra faire un long voyage, traverser en coche d'eau les plaines gémissantes de vent, tandis que sur la rive les roseaux s’inclinent et se relèvent tour à tour dans une ondulation sans fin ; il faudra s'arrêter à Dordrecht, qui mire son église couverte de lierre dans l'entrelacs des canaux dormants et dans la Meuse frémissante et dorée où les vaisseaux en glissant dérangent, le soir, les reflets alignés des toits rouges et du ciel bleu ; et enfin, arrivé au terme du voyage, on ne sera pas encore certain de recevoir communication de la vérité.
Page 38
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GrapheusGrapheus   04 décembre 2010
Sans doute, l'amitié, l'amitié qui a égard aux individus, est une chose frivole, et la lecture est une amitié. Mais du moins c'est une amitié sincère, et le fait qu'elle s'adresse à un mort, à un absent, lui donne quelque chose de désintéressé, de presque touchant. C'est de plus une amitié débarrassée de tout ce qui fait la laideur des autres. Comme nous ne sommes tous, nous les vivants, que des morts qui ne sont pas encore entrés en fonctions, toutes ces politesses, toutes ces salutations dans le vestibule que nous appelons déférence, gratitude, dévouement et où nous mêlons tant de mensonges, sont stériles et fatigantes. De plus, - dès les premières relations de sympathie, d'admiration, de reconnaissance, - les premières paroles que nous prononçons, les premières lettres que nous écrivons, tissent autour de nous les premiers fils d'une toile d'habitudes, d'une véritable manière d'être, dont nous ne pouvons plus nous débarrasser dans les amitiés suivantes ; sans compter que pendant ce temps-là les paroles excessives que nous avons prononcées restent comme des lettres de change que nous devons payer, ou que nous paierons plus cher encore toute notre vie des remords de les avoir laissé protester. Dans la lecture, l'amitié est soudain ramenée à sa pureté première. Avec les livres, pas d'amabilité. Ces amis-là, si nous passons la soirée avec eux, c'est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu'à regret. Et quand nous les avons quittés, aucune de ces pensées qui gâtent l'amitié : Qu'ont-ils pensé de nous ? - N'avons nous pas manqué de tact ? - Avons-nous plu ? - et la peur d'être oublié pour tel autre. Toutes ces agitations de l'amitié expirent au seuil de cette amitié pure et calme qu'est la lecture.

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liratouva2liratouva2   27 septembre 2011
Puis la dernière page était lue, le livre était fini. Il fallait arrêter la course éperdue des yeux et de la voix qui suivait sans bruit, s’arrêtant seulement pour reprendre haleine, dans un soupir profond. Alors, quoi ? ce livre, ce n’était que cela ? Ces êtres à qui on avait donné plus de son attention et de sa tendresse qu’aux gens de la vie, n’osant pas toujours avouer à quel point on les aimait, et même quand nos parents nous trouvaient en train de lire et avaient l’air de sourire de notre émotion, fermant le livre, avec une indifférence affectée ou un ennui feint ; ces gens pour qui on avait haleté et sangloté, on ne les verrait plus jamais, on ne saurait plus rien d’eux. Déjà, depuis quelques pages, l’auteur, dans le cruel « Épilogue », avait eu soin de les « espacer » avec une indifférence incroyable pour qui savait l’intérêt avec lequel il les avait suivis jusque-là pas à pas. L’emploi de chaque heure de leur vie nous avait été narré. Puis subitement : « Vingt ans après ces événements on pouvait rencontrer dans les rues de Fougèresun vieillard." On aurait tant voulu que le livre continuât, et, si c’était impossible, avoir d’autres renseignements sur tous ces personnages, apprendre maintenant quelque chose de leur vie, employer la nôtre à des choses qui ne fussent pas tout à fait étrangères à l’amour qu’ils nous avaient inspiré.
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   26 juin 2010
Nous sentons très bien que notre sagesse commence où celle de l’auteur finit, et nous voudrions qu’il nous donnât des réponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des désirs. Et ces désirs, il ne peut les éveiller en nous qu’en nous faisant contempler la beauté suprême à laquelle le dernier effort de son art lui a permis d’atteindre. Mais par une loi singulière et d’ailleurs providentielle de l’optique des esprits (loi qui signifie peut-être que nous ne pouvons recevoir la vérité de personne, et que nous devons la créer nous-mêmes), ce qui est le terme de leur sagesse ne nous apparaît que comme le commencement de la nôtre, de sorte que c’est au moment où ils nous ont dit tout ce qu’ils pouvaient nous dire qu’ils font naître en nous le sentiment qu’ils ne nous ont encore rien dit.
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Videos de Marcel Proust (112) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcel Proust
2/2 Pour son émission “Talmudiques”, diffusée tous les dimanches matin sur France Culture, Marc-Alain Ouaknin, accueillait le 13 octobre 2013 la psychanalyste Julia Kristeva pour réfléchir autour de la judéité de Marcel Proust, savamment nichée au coeur même de son oeuvre. Invitée : Julia Kristeva, théoricienne de la littérature, linguiste, psychanalyste et romancière. Julia Kristeva nous fait découvrir les liens complexes de Proust avec la question de l'identité en général et de l'identité juive en particulier.
Programmation musicale L’air d’Eléazar, Rachel quand du Seigneur, par José Carreras, La juive, un Opéra en 4 actes, livret d’Eugène Scribe et de Jacques Fromental Halévy. On pourra aussi écouter la version de Caruso (1920) contemporain de Proust, que Marcel Proust a certainement entendu en concert. Bibliographie - Julia Kristeva, “Le temps sensible, Proust et l’expérience sensible”, Folio Gallimard, 2000 - Julia Kristeva, “Pulsion du temps”, Fayard, 2013
Thèmes : Idées| Littérature Française| Judéité| Psychanalyse| Julia Kristeva| Marcel Proust
Source : France Culture
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