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EAN : 9782370472014
264 pages
Editions Lajouanie (22/04/2022)
3.96/5   14 notes
Résumé :
La vie de Mathis, cadre dans une grande entreprise, déraille le soir de son licenciement aussi soudain que brutal. Il traîne son désespoir et sa honte en roulant dans Paris, retardant le moment de rentrer chez lui, quand un livreur en scooter qui ne transportait pas que des pizzas percute son 4x4. Et voilà l'ex-dirigeant projeté dans une véritable série noire. Caïds de banlieue, barbus, flics, délinquants, dealers et tueurs intraitables vont faire de sa vie un enfer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Mathis vient d'être licencié alors il est déboussolé…
Mathis vient d'être licencié alors il n'a plus confiance en lui…
Mathis vient d'être licencié alors il a peur de rentrer chez lui pour annoncer cette nouvelle à sa femme… comme dans la chanson d'Eddy Mitchell, « il ne rentre pas ce soir… »
Mathis vient d'être licencié alors il erre dans la ville… allant où le vent le pousse… mais le vent malin va surtout pousser sous ses roues un malheureux livreur de pizzas dont le scooter ne transporte pas que des aliments comestibles et licites…
S'en suit une descente aux enfers où les « employeurs » de Zaïm vont lui réclamer des comptes…, où la police va le suivre à la trace espérant bien qu'il soit pris pour cible par les caïds du milieu…, où les flics ne sont pas toujours ce que l'on croit…, où une étincelle va embraser tout un quartier et bien au-delà… Peu crédible me direz-vous ? … quoi que… L'actualité début juillet nous l'a bien démontré…
Une seule certitude dans ce roman… ça risque de mal finir !
Un humour corrosif, des dialogues assez crus mais sans vulgarité outrancière… avec un crescendo dans l'action qui rappelle les films de Tarantino !
Curieusement, un passage m'a marquée : au milieu des scènes sanglantes, Yannick Provost nous offre une courte parenthèse sur le quotidien d'un émigré et son calvaire pour arriver jusqu'en France… Un moment suspendu dans ce polar pour un témoignage écrit sans concession mais avec beaucoup de tendresse pour son personnage Zaïm, celui à l'origine de l'enchainement de désastres qui s'abat sur Mathis…
J'ai aussi beaucoup aimé toutes les références musicales et cinématographiques... dont on voit que l'auteur est connaisseur !
C'est le second roman de Yannick Provost il vaut la peine de se pencher sur cet auteur… dont je vais donc suivre désormais les sorties… et hop ! encore un de plus 😉
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Comme tous les matins, Mathis Quatrenfeux part au travail en laissant dormir sa femme. Sauf que cette journée n'est pas comme toutes les autres : c'est celle de son licenciement.
Il se retrouve sur le trottoir sans savoir que faire. Comment annoncer ce malheur à Marie ? Il monte en voiture et roule sans but. Et là, alors qu'il quitte une place de parking il est percuté de plein fouet par un jeune livreur de pizzas qui déboule à toute allure. le tableau n'est pas beau à voir : d'un côté, un scooter démantibulé, de l'autre, un gamin qui ne vaut guère mieux.
Au commissariat, l'homme entend des agents des Stups s'énerver : ils suivaient ce garçon qui transportait une nouvelle drogue particulièrement agressive. Comment remonter jusqu'aux « frangins », les patrons, maintenant ?
A moins que... Mathis ferait certainement un appât de choix !
Les opérations Masse critique sur Babelio, je les attends toujours impatiemment. Celle-ci est consacrée aux « mauvais genres ».
Je tombe sur un titre qui me met en tête la chanson bien connue d'Eddy Mitchell. Sans doute un bon choix, d'autant que le sous-titre précise : « roman policier, mais pas que... »
Malheureusement pour moi, j'en attendais tout autre chose que ce que j'ai trouvé. En effet, en lisant les quelques lignes de présentation, je m'imaginais un cadre bon chic bon genre, pris entre les feux croisés de la police, l'accusant d'avoir provoqué la mort d'un jeunot et des dealers lui imputant la perte de leur précieuse marchandise.
Je me figurais une introspection dans le chef d'un homme perdu, qui, comme dans la chanson, n'ose pas réintégrer ses pénates et avouer ses problèmes.
Je me suis trouvée embarquée dans un polar de deuxième zone, bien glauque et ultra-violent, mal écrit (« Un môme pas tout à fait majeur, pas tout à fait en règle. Et pleinement dealer », c'est une phrase ? Ou encore « Kes tu vas faire avec mon gun ? »), rempli de fautes (« un truc à finir allonger », « Noire, bien entendue », etc.) sans parler d'une bonne dizaine de « dénoter » à la place de « détonner »...
A la fin, si on devait empiler tous les cadavres on atteindrait sans peine le sommet de la Tour Eiffel. Quant aux invraisemblances, que dire... Toute l'histoire se déroule en une journée, mais celle-ci compte au moins deux cent quarante heures.
Le cadre, un quinquagénaire bien propre sur lui, se transforme soudain en clone de Rambo, capable de marcher, courir et conduire une moto hyper-puissante après avoir été poignardé, ou de sauter à travers une vitre, j'allais dire sans une égratignure, mais, au contraire, bien qu'il soit en lambeaux, il peut encore assumer des tâches herculéennes. J'en passe et des meilleures.
Bref, c'est ma faute, j'ai mal choisi et je suis désolée de paraître ingrate vis-à-vis de Babelio et des éditions La Jouanie qui me l'ont envoyé.
Ce genre de bouquin doit certainement plaire à un large public, mais je n'en fais pas partie.
J'ai dû me forcer à le lire jusqu'au bout, ce que je n'aurais sans doute pas fait si je n'avais pas dû rédiger une critique.
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Les arabesques ambrées d'un bourbon lèchent les bords du verre épais de Mathis Quatrenfeux, ex-cadre fraîchement remercié. Dans le fond d'une boîte de jazz, alors que les notes de la chanson d'Eddy Mitchell n'ont jamais sonné aussi juste, "il ne rentre pas ce soir". Mais vous connaissez la Loi de Murphy ? Quand vous pensez que tout va mal, alors vous venez d'appuyer sur le bouton qui entraîne la spirale. Mathis va en faire les frais, et ce roman nous propulse dans une machine à remonter dans le temps, pour tenter de comprendre quels facteurs favorables ont pu aboutir à une telle journée catastrophique : en tirant le fil du parcours du cadre, mais également du jeune homme à scooter qu'il vient de percuter, mettant un gros coup d'arrêt à un cheminement juteux. A ses périls, les risques étant totalement consommés.
Ce roman démarre au rythme de Mike Hammer, et dérape façon Tarantino. Et au milieu ? Un pauvre type qui devient peu à peu super-héros malgré lui, grâce à un flegme implacable.
"Mathis ne rentre pas dans son jeu. L'autre veut attiser sa colere, lui faire perdre ses moyens. Il prend tous les risques pour renverser la situation. Comme dans toute négociation tendue, c'est souvent la plus calme des parties, la plus réfléchie qui l'emporte.
Reste à espérer que ça se passe comme dans une négo commerciale, pense Mathis.
Il arme à nouveau le flingue et lève le percuteur en visant la seconde jambe. Il est en mode automatique.
Quand tu joues avec des chiens enragés, tu ne leur apportes pas des croquettes.
- On va faire comme dans les films. Je questionne, tu réponds. Tu te tais, tu prends une balle. Hoche la tête si tu comprends.
L'autre se marre. Pour un peu, il desserrerait sa jambe pour applaudir. Pas de bol, il a besoin de ses mains.
-Tu penses vraiment avoir les épaules pour la jouer à la Scarface ? dit-il avec un air de défi ? Faut en avoir dans le calbute.
- Je vais répondre à ta question. Ou t'es pas cinéphile et ce n'est pas grave, ou t'es con et ça, c'est dommage pour toi. Permets-moi de te rafraichir la mémoire. À la fin, Pacino, il meurt ! Pour le reste, t'emballe pas, j'apprends vite. Depuis ce soir, j'ai de très bons profs.
Le motard fait la tronche. Celle-ci, il ne l'avait pas vu venir. le mec est devenu barjot ou alors il cachait bien son jeu. - Il n'y a plus que cinq dans le barillet. Crois-moi, on ne va pas perdre de temps. A chaque mauvaise réponse, je balance un pruneau et j'enlève un morceau. T'as quatre chances. La dernière, tu la sentiras passer. Qui est ce Boss ? demande-t-il, surpris par sa propre fermeté."

Ce roman est difficilement classable, tirant autant sur le polar que sur le roman noir. L'humour y est également grinçant, pour notre plus grand plaisir. le regard sur notre société est assez tranché, et les échos des derniers événements dans nos cités enflammées trouvent des reflets entre ces lignes.

L'air de la chanson d'Eddy Mitchell ne m'a pas lâchée une seconde pendant ma lecture, et le style de Yannick Provost me colle au Jazz. Je note déjà ses autres romans !
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Paris - Mathis, cadre dans une entreprise, est licencié.
Le soir en rentrant chez lui, il percute un livreur de pizzas qui, malheureusement pour lui, ne livrait pas que des plats italiens.......

Quand vous n'avez pas de bol, le sort s'acharne sur vous, demandez à Mathis!
Au chômage, vivant une relation compliquée avec sa femme, le pauvre cumule, quand il a ,en plus, une bande de caïds aux trousses.
Yannick Provost nous entraîne dans un roman noir qui tourne au cauchemar. Pendant la lecture, on se dit que ça ne pourrait pas être pire! C''est sans compter l'imagination de l'auteur qui va encore plus loin sans que ça vire au granguignolesque.
Arrive un moment où tu lui parles (je sais, je devrais consulter) en lui disant "Tu pousses le bouchon un peu loin, Maurice" (Seuls les plus de 40 ans comprendront).
Eh bien, trop tard, il l'a fait, le bougre!
J'avais aimé "Tu joues, tu meurs", mais avec celui-ci, Yannick Provost grimpe encore d'un échelon.
Vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire.......
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A mi chemin entre réservoir dogs et une journée en enfer, Yannick Provost nous joue un peu les Tarantino, et ce n'est pas pour déplaire
Pourtant la journée de Mathis démarrait normalement, mais parfois le hasard ne fait pas bien les choses
Un concours de circonstances
Au mauvais endroit au mauvais moment et tout bascule
Voilà comment résumer le reste de sa journée
De gibier devra t il devenir chasseur pour survivre
Un très bon thriller rapide à lire, pas de grande énigme à résoudre, pas de psychologie à outrance, pas de prise de tête
Non juste de l'hémoglobine sur fond de trafic de stupéfiant
Simple et efficace
De temps en temps ça détend
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Mathis ne rentre pas dans son jeu. L'autre veut attiser sa colere, lui faire perdre ses moyens. Il prend tous les risques pour renverser la situation. Comme dans toute négociation tendue, c'est souvent la plus calme des parties, la plus réfléchie qui l'emporte.
Reste à espérer que ça se passe comme dans une négo commerciale, pense Mathis.
Il arme à nouveau le flingue et lève le percuteur en visant la seconde jambe. Il est en mode automatique.
Quand tu joues avec des chiens enragés, tu ne leur apportes pas des croquettes.
- On va faire comme dans les films. Je questionne, tu réponds. Tu te tais, tu prends une balle. Hoche la tête si tu comprends.
L'autre se marre. Pour un peu, il desserrerait sa jambe pour applaudir. Pas de bol, il a besoin de ses mains.
-Tu penses vraiment avoir les épaules pour la jouer à la Scarface ? dit-il avec un air de défi ? Faut en avoir dans le calbute.
- Je vais répondre à ta question. Ou t'es pas cinéphile et ce n'est pas grave, ou t'es con et ça, c'est dommage pour toi. Permets-moi de te rafraichir la mémoire. À la fin, Pacino, il meurt ! Pour le reste, t'emballe pas, j'apprends vite. Depuis ce soir, j'ai de très bons profs.
Le motard fait la tronche. Celle-ci, il ne l'avait pas vu venir. Le mec est devenu barjot ou alors il cachait bien son jeu. - Il n'y a plus que cinq dans le barillet. Crois-moi, on ne va pas perdre de temps. A chaque mauvaise réponse, je balance un pruneau et ť'enlève un morceau. T as quatre chances. La dernière, tu la sentiras passer. Qui est ce Boss ? demande-t-il, surpris par sa propre fermeté.
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Là où l'intelligence n'était pas de mise, il comptait sur le pouvoir de I'argent et celui de la religion. Après tout, depuis des lustres, l'alliance des deux faisait bon ménage. Le Boss était devenu croyant. Le besoin d'Islam flottait dans les banlieues. C'était bien pour recruter, mais parfois il fallait recadrer certains soldats.
- Boss, y a un truc qui me chiffonne. On ne peut pas faire son propre djihad. Cest baram ! dit le type contre le mur.
- Ben si, on peut, lui répondit le Boss.
- La drogue, qu'elle tue des mécréants, je veux bien. Mais elle ne peut pas financer une guerre. C'est mal. C'est interdit par les textes.
- Ben si, on peut! Et puis, c'est ma propre guerre. Alors je fais comme j'ai envie, concut le Boss d'un ton sec.
Les coussins du canapé du prenaient la moitié de la pièce pavillon de banlieue. Le tout aurait pu être cosy, tendance berbère feutrée tirant sur le velours. Le Boss fit émerger d'entre les coussinets colorés un Smith et Wesson rutilant. Sept coups, canon court, calibre 357 Magnum.
Tout en fixant les deux frères, il colla une balle dans la tête de l'outrecuidant.
- Je n'ai pas besoin d'ondes négatives en ce moment. L'arrivée de ce nouvel échantillon me met suffisamment les nerfs en pelote. No stress. Vous passez à l'usine pour traiter ce truc et vous me changez le tapis.
- Pas de souci.
- Et faîtes vite, votre sœur n'aime pas voir ça.
Être propriétaire d'une usine d'équarissage halal dans le fin fond du Val-d'Oise avait du bon. Au-delà de l'aspect légal, du chiffre d'affaires croissant et de la possibilité de blanchir du pognon, les fours ne servaient pas qu'à faire disparaître les carcasses invendues des bestiaux.
- Faudrait tout de même que tu aies la main un peu moins leste. Tu gâches beaucoup de tapis ces derniers temps, osa le frère aîné en faisant signe au cadet de prendre les pieds du cadavre.
- Fais en sorte que l'échantillon arrive à bon port et obéis. Ça changera. Et demande à Djibril ou à un autre de tes gars de s'occuper de ça, dit-il en pointant le canon de son flingue vers le corps.
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Débarrassé de son badge d'accès et de son titre ronflant, salué par la foule et remercié par tous, Mathis avait eu la méchante sensation de se retrouver à poil. Nu comme un ver sur cette esplanade mille fois parcourue.
Un carton dans les bras, au fond duquel il avait empilé quelques conneries totalement inutiles. Une photo antédiluvienne d'une époque révolue, vestige de son ascension. Il posait avec fierté, le sourire carnassier. Costume cintré et sombre, chemise virginale mettant en valeur une cravate chamarrée, du plus bel effet. A côté du cadre, un trophée du pro de l'année offrait sa désuétude et un mug, sale, vantant les mérites fondateurs de la société.
Il allait devoir prévenir Marie. Tout cela était allé si vite. Il n avait pas encore trouvé le moment de lui avouer.
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- L'espoir et un dernier truc à perdre. Si ces deux éléments sont réunis, alors l'illusion est parfaite. Tout le monde te mange dans la main. Tu gouvernes donc par la peur, sans même que les gens s'en aperçoivent. Le plus important n'est pas la crainte d'être puni. Surtout pas. La punition attise la révolte. Non, le moteur, c'est la peur de perdre ce dernier petit truc qui te relie à une notion d'humanité. Un point même infime. N'oublie jamais, laisse-leur toujours l'espoir et une bricole à perdre et ils te boufferont dans la main.
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Tirée à quatre épingles, tailleur austère mais de marque, sourire travaillé donc dangereux et ongles manucurés et prêts à griffer, cheveux longs et domptés, la DRH est la dernière évolution de l'homme avant le serial killer.
Le Directeur des Ressources Humaines, mâle ou femelle. est un animal à sang froid. Respectant scrupuleusement les règles légales, gérant des kilos d'intelligence comme d'autres comptent des kilos de chair fraîche, il se vautre dans le malheur des uns en faisant mine de s'apitoyer sur le sort des autres. Mais au bout du compte, chasseur psychopathe, il tient son rôle à la perfection. Il embauche en offrant le minimum et débauche à moindre risque et en minimisant les coûts.
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Eulalie (TST Radio) reçoit l’auteur Yannick Provost, lauréat du titre du prix du Polar Normand 2023-2024 (vidéo postée le 10/01/2024)
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