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Citations sur Il ne rentre pas ce soir... (5)

- L'espoir et un dernier truc à perdre. Si ces deux éléments sont réunis, alors l'illusion est parfaite. Tout le monde te mange dans la main. Tu gouvernes donc par la peur, sans même que les gens s'en aperçoivent. Le plus important n'est pas la crainte d'être puni. Surtout pas. La punition attise la révolte. Non, le moteur, c'est la peur de perdre ce dernier petit truc qui te relie à une notion d'humanité. Un point même infime. N'oublie jamais, laisse-leur toujours l'espoir et une bricole à perdre et ils te boufferont dans la main.
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Mathis ne rentre pas dans son jeu. L'autre veut attiser sa colere, lui faire perdre ses moyens. Il prend tous les risques pour renverser la situation. Comme dans toute négociation tendue, c'est souvent la plus calme des parties, la plus réfléchie qui l'emporte.
Reste à espérer que ça se passe comme dans une négo commerciale, pense Mathis.
Il arme à nouveau le flingue et lève le percuteur en visant la seconde jambe. Il est en mode automatique.
Quand tu joues avec des chiens enragés, tu ne leur apportes pas des croquettes.
- On va faire comme dans les films. Je questionne, tu réponds. Tu te tais, tu prends une balle. Hoche la tête si tu comprends.
L'autre se marre. Pour un peu, il desserrerait sa jambe pour applaudir. Pas de bol, il a besoin de ses mains.
-Tu penses vraiment avoir les épaules pour la jouer à la Scarface ? dit-il avec un air de défi ? Faut en avoir dans le calbute.
- Je vais répondre à ta question. Ou t'es pas cinéphile et ce n'est pas grave, ou t'es con et ça, c'est dommage pour toi. Permets-moi de te rafraichir la mémoire. À la fin, Pacino, il meurt ! Pour le reste, t'emballe pas, j'apprends vite. Depuis ce soir, j'ai de très bons profs.
Le motard fait la tronche. Celle-ci, il ne l'avait pas vu venir. Le mec est devenu barjot ou alors il cachait bien son jeu. - Il n'y a plus que cinq dans le barillet. Crois-moi, on ne va pas perdre de temps. A chaque mauvaise réponse, je balance un pruneau et ť'enlève un morceau. T as quatre chances. La dernière, tu la sentiras passer. Qui est ce Boss ? demande-t-il, surpris par sa propre fermeté.
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Débarrassé de son badge d'accès et de son titre ronflant, salué par la foule et remercié par tous, Mathis avait eu la méchante sensation de se retrouver à poil. Nu comme un ver sur cette esplanade mille fois parcourue.
Un carton dans les bras, au fond duquel il avait empilé quelques conneries totalement inutiles. Une photo antédiluvienne d'une époque révolue, vestige de son ascension. Il posait avec fierté, le sourire carnassier. Costume cintré et sombre, chemise virginale mettant en valeur une cravate chamarrée, du plus bel effet. A côté du cadre, un trophée du pro de l'année offrait sa désuétude et un mug, sale, vantant les mérites fondateurs de la société.
Il allait devoir prévenir Marie. Tout cela était allé si vite. Il n avait pas encore trouvé le moment de lui avouer.
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Là où l'intelligence n'était pas de mise, il comptait sur le pouvoir de I'argent et celui de la religion. Après tout, depuis des lustres, l'alliance des deux faisait bon ménage. Le Boss était devenu croyant. Le besoin d'Islam flottait dans les banlieues. C'était bien pour recruter, mais parfois il fallait recadrer certains soldats.
- Boss, y a un truc qui me chiffonne. On ne peut pas faire son propre djihad. Cest baram ! dit le type contre le mur.
- Ben si, on peut, lui répondit le Boss.
- La drogue, qu'elle tue des mécréants, je veux bien. Mais elle ne peut pas financer une guerre. C'est mal. C'est interdit par les textes.
- Ben si, on peut! Et puis, c'est ma propre guerre. Alors je fais comme j'ai envie, concut le Boss d'un ton sec.
Les coussins du canapé du prenaient la moitié de la pièce pavillon de banlieue. Le tout aurait pu être cosy, tendance berbère feutrée tirant sur le velours. Le Boss fit émerger d'entre les coussinets colorés un Smith et Wesson rutilant. Sept coups, canon court, calibre 357 Magnum.
Tout en fixant les deux frères, il colla une balle dans la tête de l'outrecuidant.
- Je n'ai pas besoin d'ondes négatives en ce moment. L'arrivée de ce nouvel échantillon me met suffisamment les nerfs en pelote. No stress. Vous passez à l'usine pour traiter ce truc et vous me changez le tapis.
- Pas de souci.
- Et faîtes vite, votre sœur n'aime pas voir ça.
Être propriétaire d'une usine d'équarissage halal dans le fin fond du Val-d'Oise avait du bon. Au-delà de l'aspect légal, du chiffre d'affaires croissant et de la possibilité de blanchir du pognon, les fours ne servaient pas qu'à faire disparaître les carcasses invendues des bestiaux.
- Faudrait tout de même que tu aies la main un peu moins leste. Tu gâches beaucoup de tapis ces derniers temps, osa le frère aîné en faisant signe au cadet de prendre les pieds du cadavre.
- Fais en sorte que l'échantillon arrive à bon port et obéis. Ça changera. Et demande à Djibril ou à un autre de tes gars de s'occuper de ça, dit-il en pointant le canon de son flingue vers le corps.
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Tirée à quatre épingles, tailleur austère mais de marque, sourire travaillé donc dangereux et ongles manucurés et prêts à griffer, cheveux longs et domptés, la DRH est la dernière évolution de l'homme avant le serial killer.
Le Directeur des Ressources Humaines, mâle ou femelle. est un animal à sang froid. Respectant scrupuleusement les règles légales, gérant des kilos d'intelligence comme d'autres comptent des kilos de chair fraîche, il se vautre dans le malheur des uns en faisant mine de s'apitoyer sur le sort des autres. Mais au bout du compte, chasseur psychopathe, il tient son rôle à la perfection. Il embauche en offrant le minimum et débauche à moindre risque et en minimisant les coûts.
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