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Critiques sur Tout un été sans Facebook (57)
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Ptitgateau
  20 juillet 2017
Connaissez-vous Agatha Crispies (Oui j'ai bien écrit Crispies), la célèbre détective sévissant à New-York York Colorado ? Et là, fort surpris(e), vous me demandez :
- « Il y a un New York dans le Colorado » ? Et je vous demande en retour :
- "Il y a un New York sur côte Est ? » moi, qui sors tout émoustillée par la lecture de ce roman hilarant (si toutefois, on accroche à cet humour qui passe ou qui casse).

Ce New York, celui dont j'ai fait connaissance il y a maintenant 370 pages, est à ne pas manquer avec ses cent-cinquante âmes, ses cent-quatre-vingt-dix-huit ronds-points, ses écureuils radioactifs et sa célèbre entreprise, « Trou Divin », fournisseur officiel de donuts (à ne pas confondre avec un autre établissement du même nom mentionné dans le livre et que la morale m'interdit de citer et aussi parce que vous le découvrirez), fournisseur donc, du poste de police le plus original de ce coin perdu au milieu de nulle part, où règne un dangereux multirécidiviste qui grille allègrement l'unique feu rouge de la ville, où les policiers, laissant courir les dealers d'Aspégic et de Guronsan, s'adonnent au plaisir du tricot, du sudoku, des fléchettes ( attention, il faut aimer la bière et savoir roter pour participer à cette activité) ou font partie du plus grand et du meilleur club de lecture de New York, Colorado.

C'est dans ce décor de rêve qu'évolue notre héroïne, qui tient sa place dans tous les sens du terme, avec ses seins touchent la Californie, tandis que son postérieur fricote avec le New Jersey. Il faut dire qu'Agatha Crispies, incontestablement d'origine africaine, se nourrit exclusivement ou presque, de donuts au chocolat dont elle éparpille les miettes sur les lieux des crimes qu'elle doit élucider afin de quitter New York Colorado où il n'y a pas de réseau, pas d'internet, donc pas de Facebook, ni personne à tuer à part le temps, pour retourner vivre à New York, New York, le vrai, celui de la côte Est.

J'ai dévoré ce roman, certainement pas en raison de son insoutenable suspense, l'intrigue me paraissant dépourvue de tout intérêt, mais bien accrochée à cet humour souvent absurde mais ô combien délicieux, à se demander où Romain Puértolas a pu aller dégoter ces idées !

Mais il n n'y a pas que cet humour dans l'histoire, on y retrouve bien des clins d’œil à de célèbres romans, des passages entiers dédiés à des œuvres maîtresses de la littérature française et américaine, voire espagnole, anglaise et j'en passe, ( il faut reconnaître qu'Agatha est maître dans l'art de décortiquer les œuvres à défaut d'élucider les mystères concernant les meurtres), des réflexions sur le racisme, des passages qui interpellent les lecteurs de polars sur la différence entre les polars des séries et la vraie vie, des aspects de la pratique policière auxquels on n'avait pas pensé ( je crois que je serai désormais plus attentive à la façon dont les héros menottent les délinquants, au vocabulaire employé en parlant d'une arme et aux petits détails amusants mentionnés tout au long du récit.

En résumé je me suis bien éclatée et, moi qui ai tendance à me débarrasser des livres lorsque je les ai lus, et particulièrement des policiers parce que j'en connais désormais la fin, je vais garder précieusement celui-là pour le relire, histoire de passer encore de bons moments.
C'est dire : j'ai eu envie de me rationner : pas plus de cinq pages par jour pour faire durer le plaisir. Et puis finalement, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller m'y réfugier dès que l'occasion s'en est présentée !

Je ne connaissais pas Puértolas, mais je compte bien combler cette lacune en lisant ses autres romans.
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Kittiwake
  28 juin 2017
L'un des critiques masqués et plumés d'une grande radio nationale a qualifié ce roman de « poilar » , un polar qui fait rire! Et c'était un compliment, et il a été rejoint par tous ses collègues présents (pourtant je me souviens de la critique assassine du fakir et de son armoire en kit).

On y retrouve l'humour de Romain Puertolas, au service d'une intrigue, policière certes, mais qui s'efface devant la truculence des personnages, et sert de support à une apologie de la lecture!

On est à New York, mais pas sur la Cinquième ni à Brooklyn , parce que dans ce New-York là, il y a à peine quatre rues dignes de ce nom : Agatha Crispies a été mutée dans le Colorado! le délit le plus grave enregistré est un franchissement de feu rouge, autant dire qu'on s'ennuie ferme dans le commissariat. Pour meubler le temps Agatha y a créé un club de lecture, qui concurrence le club de fléchettes et le club de tricot….Un vrai bon petit crime ferait l'affaire de la pétulante redresseuse de torts, pour s'occuper, mais aussi pour sortir de la disgrâce à l'origine de sa mutation et retourner à New-York (l'autre).

Ce n'est pas l'intrigue elle-même qui éveille l'intérêt, elle est un peu légère et capillotractée. Par contre, Agatha a une notion très personnelle du concept d'enquête, et des méthodes plutôt originales. Sans parler de sa vie personnelle dont le baromètre oscille entre sa haine de Joyce et son amour des donuts au chocolat. Sans compter la littérature, qui est une raison d'être, un guide de développement personnel, une philosophie et une source d'inspiration pour résoudre sa fameuse enquête. Les citations et références abondent au cours des pages, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Un roman rigolo, déjanté, et très divertissant.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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missmolko1
  23 juillet 2017
Tout un été sans facebook est ma première rencontre avec Romain Puértolas. Ce n'est pas faute d'avoir entendu parler de lui et surtout de son roman L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de le lire. Mais étant souvent hermétique au coté loufoque j'avais une petite appréhension concernant ses romans. Appréhension qui c'est vite dissipé ici avec Tout un été sans facebook.

On fait la connaissance d'Agatha Crispies, à ne pas confondre avec Agatha Christie. Cette dernière est policière dans le fin fond du Colorado et doit survivre sans les réseaux sociaux. Son quotidien se veut très calme car il ne se passe jamais rien dans ce coin reculé des États-Unis. Jusqu'au jour où un meurtre est commis. Elle est bien décidée à enquêter pour espérer quitter la région et réintégrer la police de la ville de New-York.

Je ne peux pas vous en dire plus coté intrigue au risque de trop en dévoiler mais ce roman vaut vraiment le détour. Tout d'abord, l'humour est omniprésent et l'on passe un excellent moment. de plus, le personnage d'Agatha est vraiment attachant et bien plus maligne qu'elle n'y paraît. Enfin l'intrigue est vraiment réussie, on ne s'attend vraiment pas à un dénouement comme celui-ci !

Je suis donc conquise et je dois dire que j'ai eu un coup de coeur pour ce roman. Et pour les amoureux de la littérature, vous serez servis car le roman foisonne de référence littéraire car Agatha est une serial lectrice ! Bref, je vous recommande vivement ce roman si vous ne l'avez pas encore découvert, vous ne serez pas déçus.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Antyryia
  05 mai 2017

Tout un été sans Facebook ? Personnellement je pense pouvoir remporter le défi haut la main.
Mais dans la petite ville de New York ( état du Colorado ), l'absence totale de réseau empêche ses cent cinquante habitants d'accéder à internet, et le téléphone portable est également à proscrire.
C'est déjà moins évident.
Pas de mails, pas de moyen de connaître la couleur du string de Paris Hilton ( si elle en porte un ), pas de Babelio ...
Mais à ce sujet le lieutenant Agatha Crispies a trouvé un autre moyen de partager sa passion pour les livres : Elle a créé un club de lecture dont elle est par ailleurs l'unique membre.
Quant à Facebook, il a pris la forme d'un tableau de liège dans les locaux de la police. Vous pouvez très bien y afficher une de vos critiques ou y faire des demandes d'amis. Des pouces sont également disponibles si vous souhaitez punaiser un like.

New York, Colorado, est une commune où il ne se passe jamais rien. Ses cent quatre-vingt-dix-huit ronds points, son unique feu de signalisation et ses écureuils radioactifs ont même tendance à faire fuir les touristes. Seul un chat persan disparaissant occasionnellement occupe les autorités. Et c'est là qu'a atterri Agatha Crispies, mutée de New York ( état de New York ) après la mystérieuse affaire du stylo, cinq ans auparavant. Si vous avez reconnu la référence à la première enquête d'Hercule Poirot, alors vous devriez ne plus avoir aucun doute : vous êtes bien dans un roman de Romain Puértolas, complètement loufoque et barré.
Et ça n'est pas fini. Un premier meurtre a lieu. Dans la commune voisine de Woodville. Peter Foster est retrouvé à l'état de steak haché dans sa baignoire, dans une salle de bain fermée à clef de l'intérieur.
"Un crime à la Agatha Christie, mais avec autant de sang que dans un Stephen King."
L'hypothèse du suicide est rapidement écartée : il n'a pas pu s'infliger seul cent cinquante perforations d'aiguilles à tricoter. Malgré un problème de juridiction, le juge confie l'enquête à Agatha.
"Un meurtre dans la région, c'est comme la comète de Halley, vous n'en voyez qu'un dans votre vie."
Notre héroïne voit donc enfin l'occasion de briller en résolvant cette affaire criminelle inespérée. Et de retrouver la côte est, peut-être même avec une promotion.
Est on dans une version déjantée du crime de l'Orient-Express ? Dans le mystère de la chambre jaune revisité ? le meurtre a-t-il un lien avec le club de tricot qui concurrence le club de lecture présidé par Agatha ? En tout cas il est temps de faire fonctionner ses petites cellules grasses.

Grasses parce qu'Agatha, grande amatrice de donuts au chocolat, est en léger surpoids. La largeur de son popotin n'est qu'un de ses nombreux signes distinctifs. Elle est noire, a une coiffure afro démesurée, des chaussures roses, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une grande confiance tant en son physique qu'en ses capacités de déduction. Elle est incontestablement le personnage le plus farfelu et extravagant de cette parodie de polar, mais les autres protagonistes ne sont pas en reste. Vous ferez la connaissance d'un irrésistible bûcheron qui se lancera dans la rédaction d'un western-développement personnel en surfant sur le succès des feel-good books, d'une brillante standardiste, d'une Polonaise au nom imprononçable, d'un légiste aux impressionnantes capacités d'analyse, d'une femme de ménage mexicaine ne parvenant pas à lire Autant en emporte le vent en une seule soirée, d'un shérif myope, ou encore du Français ( ou Belge ? ou Suisse ? ) John Dicker s'apprêtant à écrire la vraie vérité sur l'affaire du cas Québert ... et de bien d'autres habitants farfelus. Qui pour la plupart feront des suspects idéaux  à un moment ou à un autre de l'enquête.

Lors de longues explications, Agatha a à coeur d'expliquer au lecteur à quel point les séries télévisées policières sont totalement irréalistes. Qu'il s'agisse de Bones ou des Experts, elle pointe le doigt sur les incohérences scénaristiques ( procédures, armes, uniformes ) tout en rappelant la réalité du terrain et de la paperasse pour les vrais policiers, comme elle.
"Ce sera dur d'effacer soixante-dix ans de séries policières truffées d'erreurs."
"Les meurtriers de la vraie vie ne sont pas les criminels intelligents qui peuplent les séries. On a rarement sous la main une équipe de dix scénaristes pour mettre au point le meurtre de sa femme."
Alors certes, elle a raison ... Mais c'est tout de même assez ironique de souligner ces erreurs dans un roman bourré de clichés et d'invraisemblances ( volontaires ). Mais bon, le but est de nous faire rire avec des gags à répétition, des situations rocambolesques, des cheminements de pensées extravagants, des stéréotypes culturels. Et si j'ai souri et même parfois éclaté de rire, j'en attendais plus au niveau de cette enquête. Elle reprend les codes du roman policier ( suspects, mobile, fausses pistes, cadavres qui se multiplient ) pour mieux les détourner mais laisse quand même le lecteur réfléchir et élaborer des hypothèses au fur et à mesure des indices éventuels, comme s'il lisait un Miss Marple qu'Agatha Christie aurait écrit sous ecstasy. Mais évidemment ça n'est pas plus crédible que les séries auxquelles fait allusion la policière et l'humour est parfois lourd, voire maladroit, trop pour se régaler à chaque fois de la succession cocasse de dialogues et de situations. le but n'était évidemment pas de nous livrer un récit ultra-réaliste mais malgré le décalage volontaire, l'intrigue policière délirante ne m'a pas convaincu outre mesure.

En revanche, comme il l'a fait dans ses précédents romans, l'auteur arrive avec son humour particulier à délivrer ses messages. Certains concernent à nouveau la tolérance et l'absurdité du racisme.
"Lorsqu'on pose la question autour de soi, la grande majorité des gens ne sont pas racistes."
Et entre les aventures tirées par les cheveux vécues par l'héroïne ( "Dans le coin, être femme et noire était un double affront, mais elle n'allait tout de même pas passer ses journées à s'excuser." ), on a des passages un peu plus sérieux. Je pense en particulier à l'expérience de la vente d'un smartphone, tenu par une main blanche sur une première annonce et par une main noire sur la seconde : Les résultats sont assez édifiants.
Quant à Facebook - qui brille ici par son absence - l'auteur rappelle malicieusement que ça n'est pas un outil indispensable au bonheur et qu'il peut même être un handicap. Que l'absence d'internet permet de profiter des plaisirs simples et parfois oubliés que propose la nature, quand elle a été préservée. Et que ne pas être toujours greffé à son portable - téléphone ou ordinateur - permet de trouver le temps pour cet autre petit bonheur qu'est ... la lecture.
"Car s'il y a quelque chose de bien à New York, Colorado, soyons de bonne foi, c'est que les forêts et les montagnes qui s'étendent autour sur des dizaines de kilomètres sont propices à la réflexion et à la lecture."

Parce que ce roman est peut-être avant tout une apologie des livres, et en ce sens j'ai trouvé Tout un été sans facebook absolument brillant. Et par sa multitude de références, d'anecdotes, de clins d'oeil et de réflexions, ce livre vaut vraiment le détour pour tous les amoureux de la lecture.
Nous y sommes nombreux sur Babelio, qui fait la jonction entre le réseau social et le plaisir de lire, deux mondes que l'auteur fait entrer en collision ici.
L'amatrice de livres, c'est aussi et surtout Agatha Crispies. Elle a juste un problème avec James Joyce ( "Montrez-moi quelqu'un qui prétend avoir lu Ulysse et je vous montrerai un menteur." ), nom qui revient d'ailleurs en filigrane tout au long de l'enquête. Mais pour le reste, elle nous fait profiter de sa culture littéraire très vaste et nous rappelle qu'il n'y a pas de sous-livre, que chacun est libre de s'éclater en lisant ce qu'il veut, qu'il s'agisse de Barbara Cartland, de Stephen King ou de Léon Tolstoï. Et pour qui aime les livres, toutes les références qui couvrent un très large éventail de genres, de nationalités et d'époques font briller les yeux et c'est pour moi le gros point fort du roman.
Ernest Hemingway, Mary Shelley, Edgar Allan Poe, Antonin Varenne, Alexandre Dumas, JK Rowling, Sir Arthur Conan Doyle, Gaston Leroux, Arthur Rimbaud, Katherine Pancol, Patrick Süskind, Gustave Flaubert, Stefan Zweig : la liste est longue. Et ça n'est pas qu'un catalogue : le roman fourmille d'anecdotes, certaines connues et d'autres moins. J'ai même trouvé un petit côté Bernard Werber à ce roman, parce qu'il permet de s'enrichir tout en s'amusant de l'intrigue principale, servie par une culture littéraire vaste, sans prétention et à bon escient.
"La littérature est une constellation dont les étoiles se renvoient les unes vers les autres."
Savez-vous quelle est la pièce de théâtre la plus jouée au monde ? Pouvez-vous citer trois auteurs qui écrivaient debouts ? Quel auteur n'a publié que deux livres et ce à cinquante ans d'intervalle ? Quel est l'origine du prénom Wendy ?
De courts chapitres sont exclusivement réservés aux livres et aux écrivains : Les auteurs qui se sont suicidé, l'histoire d'Autant en emporte le vent et de Margaret Mitchell, le titre des dix petits nègres lors de sa publication au Royaume-Uni et bien d'autres histoires dans l'histoire. Mais aussi des clins d'oeil aux lecteurs qui annotent leurs romans, les titres de livres auxquels il ne faut pas de fier, les raisons de lire qui sont propres à chacun.
Par la diversité, l'auteur prône à nouveau à la fois une forme de tolérance et un amour des livres. Son enthousiasme m'a touché et enrichi.
Un véritable hommage tant aux auteurs qu'aux lecteurs. Nous n'avons pas tous les mêmes goûts, nous ne recherchons pas tous la même chose en lisant, respectons cependant les affinités littéraires de chacun.
Et si vous faîtes partie de ces lecteurs de polar qui ne résistez pas à l'envie d'aller lire les dernières pages avant la fin, l'auteur a également pensé à vous en réservant une petite surprise que j'ai pour ma part adoré !

On est donc toujours dans du Puértolas, son humour on y adhère ou pas ( que de progrès quand même depuis les aventures de son fakir ), mais si vous aimez l'absurde, les romans policiers et les livres ... alors n'hésitez pas  à essayer cette recette inattendue et plutôt réussie.
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gruz
  05 mai 2017
Après Ikea, les contrôleurs aériens et Napoléon, voilà que Romain Puértolas se frotte au polar. Il ne respecte donc rien ! ;-). Qu'on se le dise, Tout un été sans Facebook n'est bien évidemment pas un roman noir ordinaire, c'est du Puértolas tout craché. D'ailleurs, il appelle ça un « poilar ».

Let me introduce you Agatha Crispies. Lieutenant de police à New York (pas la grande ville, mais le trou du c… de l'Amérique dans le Colorado). Agatha est noire (ce qui détonne fortement dans ce patelin), énorme (puisque nourrie presque exclusivement aux donuts au chocolat) et a des méthodes plutôt particulières.

Elle tente de suivre les préceptes du manuel officiel du bon flic, mais a tendance à les interpréter de façon assez personnelle. Ça permet à son inventeur (du personnage, pas du manuel) de nous en apprendre de belles sur les méthodes théoriques policières.

Romain Puértolas, c'est une cartouche par phrase (on ne dit pas « balle », vous n'avez qu'à lire le livre pour savoir pourquoi). Lire Tout un été sans Facebook, c'est très vite se retrouver menotté par l'humour décalé de l'auteur, au point de ne plus pouvoir s'en détacher.

Puértolas se permet tout, y compris les idées les plus folles. Sa fantaisie est sa signature propre. Chacun de ses romans est un feu d'artifice de bons mots et de passages drolatiques. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est toujours au sommet de sa forme avec ce nouveau roman. Je ne suis pas loin de penser que c'est son meilleur délire à ce jour.

Et vous ne savez pas la meilleure ? Il y a même une histoire derrière cette folie de passages cocasses. Et puis du fond aussi, comme avec son précédent roman. Cette parodie de notre monde lui permet de placer des passages aussi drôles que bien sentis sur le racisme ambiant ou encore le principe de tolérance.

Et sur la littérature aussi… Parce que son personnage principal est une passionnée des livres (même si elle a une manière assez personnelle de les conserver. La littérature ça (se) déchire). Romain Puértolas en profite pour clamer son amour de toute la littérature, classique ou moderne (((même si parfois c'est de l'amour vache (un rapport avec le fakir Ajatasharu Lavash ?) (c'est compliqué toutes ces parenthèses))).

Cette nouvelle extravagance est une réussite totale, un polar comme celui-ci vous n'en avez jamais lu. Un livre certifié à 99,99 % sans internet, mais avec plein de calories qui font du bien au moral. Juste irrésistible !
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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thisou08
  02 septembre 2017
Humour, humour, quand tu nous tiens, humour, humour tu nous tiens bien etc.
La lieutenant de police Agatha Crispies ( ça commence bien, je vous avais prévenu ! ) a été mutée, par mesure disciplinaire, à New York, Colorado ( je vous avais prévenu ! ).
Or dans cette petite ville, il ne se passe rien.
Alors, il faut bien qu'elle s'occupe :
D'abord, elle se gave de donuts au chocolat ( et quand je dis, se gave, c'est un euphémisme ).
Ensuite, elle crée un club de lecture au sein du commissariat ( bizarre, non ?). surtout que la troupe n'est pas nombreuse, ni particulièrement intéressée.
Elle a raté sa vocation, cette fille, elle aurait du être bibliothécaire, car elle a une culture extraordinaire qu'elle partage avec qui veut bien l'écouter, c'est-à-dire pas grand monde. Quel dommage !
Quand soudain, enfin quelque chose se passe dans ce coin perdu qui n'est pas New York New York. Un meurtre, enfin, de quoi occuper tout le monde. Quelle aubaine ! Puis un autre ! C'est Byzance !
Lire ce livre est jubilatoire. Il fourmille de détails rigolos comme tout, mais aussi ( eh oui ) de culture.
J'ai passé un très bon moment et la chute m'a vraiment étonnée.
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stokely
  21 janvier 2018
J'ai plutôt aimé les précédents livres de Romain Puertolas, mais la j'ai vraiment eu du mal à aller au bout de cette lecture.

Pourtant le début était prometteur, le style toujours aussi loufoque une enquête dans un petit village comptant un seul feu rouge mais 198 rond-points, une enquêtrice délurée, des gens tuées de façon étranges et qui ressemble au final des steak hachés.

Oui mais le problème c'est que à vouloir faire une surenchère sur le loufoque cela ne passe pas, de même que les nombreuses répétitions au bout de la 200ème fois et bien même avant on a compris que l'action se situe à New York Colorado, il n'est pas nécessaire de le remettre à chaque fois...

Tout comme ces marques et cette nourriture évoquée continuellement, qui m'ont rapidement lassée.

Même le club de lecture qui pourrais être intéressant ne l'ai pas, la femme de ménage et clichée au possible, le bucheron n'en parlons pas.

Une grosse déception et une perte de temps alors que j'ai tellement d'autres livres en attente de lecture....
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LaBiblidOnee
  09 août 2017
Je ne suis pas fan des récits rocambolesques, mais quand cet auteur déroule son humour au kilomètre, il parvient généralement à me faire rire. Je le trouve assez bon pour étaler une histoire drôle sur 350 pages (ce qui n'est pas facile), car il a l'art de raconter avec humour, comme s'il nous racontait oralement en improvisant devant nous, tout simplement. du coup même si son histoire est loufoque, je le suis !

On part pour New York, Colorado. C'est le village où Agatha Crispies a été mutée après avoir foiré une grosse enquête dans son commissariat de New York, New York. 150 habitants, 198 rond-points (vous verrez pourquoi en le lisant), des écureuils radioactifs (vous apprendrez aussi pourquoi par vous-mêmes…) et… des meurtres (150 coups d'aiguilles dans le premier cadavre, 150 coups de fléchettes dans le second…) ! Enfin de l'action dans ce village où il ne se passe jamais rien ! Tellement rien que le commissariat se divise habituellement entre club de lecture, de tricot et de fléchettes pour occuper les longues journées. Et ça tombe bien, de toutes façons, il n'y a même pas moyen d'accéder à Facebook pour raconter quoi que ce soit à qui que soit.

Du coup quand Agatha débarque sur la première scène de crime avec du donut plein la bouche, nous n'avons pas d'autres distraction que d'enquêter avec elle, comme nous le ferions dans un roman d'Agatha Christie… 150 suspects, un presque huis clos : On devrait pouvoir trouver avant Crispies ! En l'honneur de son modèle, Romain PUERTOLAS monte son roman comme les romans policiers qui l'ont inspiré. Et il le termine aussi dans les règles de l'art, nous gratifiant en sus d'un chapitre qui m'a beaucoup fait rire car j'y ai tout à fait reconnu mon mari !! Spéciale dédicace à ceux qui lisent les dernières pages du livres avant les premières…

*****

Aucun problème pour rentrer dans cette histoire car Romain PUERTOLAS a le don de nous plonger rapidement dans l'ambiance : du décor de la couverture, en passant par la mise en scène des premières pages, ou encore le ton direct et enlevé du récit, jusqu'à l'imagination de l'auteur pour les histoires, tout y est !

Le petit plus ? de très nombreuses références littéraires disséminées tout au long du texte, et qui sont prétexte à l'humour omniprésent, à des scénarios envisageables pour l'issue de ce livre, mais aussi à des réflexions plus larges sur la vie en général. Ou peut-être est-ce au contraire le scenario de ce roman qui n'est que prétexte pour parler de l'amour des livres et de la littérature au sens large ? Tout cela sans se prendre la tête de manière empruntée ou intellectuelle : Tout est naturel et coule de source avec Romain PUERTOLAS, qui nous donne envie d'en découvrir plus en nous amusant (et, à n'en pas douter, en s'amusant lui-même).

L'auteur nous offre en outre de très beaux passages sur ce que peut nous apporter la littérature, la manière dont elle peut nous enrichir, nous consoler, nous apprendre, nous tenir compagnie. Sur le plaisir de conseiller un livre à quelqu'un, de faire rencontrer un livre et son lecteur. Sur la manière dont un livre peut combler un vide, nous faire vivre mille vie ou bien celle que l'on voudrait, ou encore être celui dont on a besoin à un moment donné de nos vies. Dans ces passages, tous les amoureux de la littérature ne peuvent que se retrouver.

Au total c'est donc le roman à lire pour sourire un peu, se détendre avant la rentrée littéraire.
Lien : http://onee-chan-a-lu.public..
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Axelinou
  06 janvier 2018
Mais que voici un titre racoleur !

En fait, c'est un peu mon rêve : Tout un été sans Facebook ! Même si, perso, c'est encore la saison qui m'amuse le plus sur Facebook. Mais après lecture, mon rêve encore plus grand est peut-être : Tout le restant de ma vie sans Romain Puértolas.

Car enfin, cher VRP (Very Romain Puértolas), ça fait quand même petit « marketer » du dimanche que d'inclure le nom de son sponsor dans son titre, déjà à rallonge, tout en précisant qu'il a été écrit debout dans le RER, enfin c'était peut-être le précédent.

Donc me voilà avec un 4ème de couverture racoleur et une bonne amorce. Et ensuite ? Quelques petites phrases sympa – j'ai parfois eu l'impression que vous avez construit le livre autour de ces quelques pépites – et des sujets intéressants – mais juste évoqués et pas du tout travaillés. Vous évoquez pêle-mêle le racisme, les femmes au travail, le Ku Klux Klan, l'absence d'internet, le tournis que donne les ronds-points, le tricot comme moyen de combattre le stress, l'imper comme habit qui fait le moine dans la police, etc.

Et la littérature, toutes ces citations ? Ben la culture, vous savez ma p'tite dame, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. (« Et en ce moment que lisez-vous ? 6 livres en même temps, comme d'habitude »).

Vous auriez inventé les poilars ? Et bien (re-)lisez Donald Westlake et inspirez-vous de John Dortmunder, vous en prendrez de la graine ! Vous aimez Kotzwinkle ? Et bien cela ne se voit pas dans votre écriture ! Vous n'aimez pas Joël Dicker ? En êtes-vous jaloux ?

Je lis qu'on vous affuble des étiquettes burlesque ou loufoque. Je dirais plutôt ‘farce', celle qui sert à remplir un morceau de viande.

Point positif : j'ai emprunté le livre à la bibliothèque : cela ne m'a presque rien coûté (0,05 €par livre) et la bibliothèque communale a joué son rôle : faire découvrir d'autres choses.

Cher VRP, je n'ai rien contre vous, je trouve juste cela dommage que votre éditeur pousse votre livre et votre image alors que ce n'est pas un service à rendre à ceux qui sont intéressés par la lecture et qui veulent en retirer quelque chose. Vous l'écrivez vous-même : « Que les gens lisent ce qu'ils veulent ! Ce qui les fait le plus vibrer, croire, rêver, mais qu'ils lisent ! »
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daniel_dz
  02 septembre 2018
Un roman policier facétieux, qui parle aussi de littérature, mais pas de Facebook. Un petit plaisir (de fin) d'été pour les lecteurs de Babelio !

Voici un livre qui devrait ravir les lecteurs en quête d'un bon moment de détente, même ceux qui ne sont pas particulièrement amateurs de romans policiers. Je l'ai trouvé plus amusant et mieux abouti que « L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ».

En première approche, la forme parodie celle des vieux polars classiques, avec titres de chapitres à rallonge, comme dans « Le mystère de la chambre jaune », par exemple. L'hommage ne s'arrête pas là car Agatha Crispies, l'héroïne enquêtrice ne cesse de faire des références à des enquêtes célèbres de la littérature policière, ainsi d'ailleurs qu'à d'autres types de romans. « On peut élucider de grands crimes grâce à la littérature, explique-t-elle, car la littérature, c'est la vie, et les meurtres font partie de la vie ». L'auteur se joue du lecteur jusqu'à expliquer, lors du dénouement, que l'enquête suivait les traces de celles d'Agatha Christie et il va même jusqu'à indiquer le passage où le lecteur aurait pu identifier le coupable. Ultime facétie, il se moque de ceux qui ne résistent pas à l'envie de commencer par lire les dernières pages en terminant son livre par un chapitre d'une ligne intitulé « Pour ceux qui aiment savoir qui est l'assassin avant tout le monde ».

Agatha Crispies a été mutée pour raisons disciplinaires de la police de New York, état de New York, à celle de la petite bourgade de New York, état du Colorado. Et à New York, Colorado, il ne se passe jamais rien de rien. C'est un coin tellement perdu qu'il n'est pas couvert par les réseaux de téléphonie mobile ni par les réseaux informatiques ; pas de Facebook pour Agatha, donc, pendant l'été qu'elle y passera.

Pour s'occuper, les employés du commissariat de New York, Colorado, ont créé des clubs: un club de fléchettes, un club de tricot et surtout, un club de lecture fondé par Agatha. Très certainement, vous vous amuserez à lire les arguments enthousiastes d'Agatha pour convaincre ses collègues à s'adonner aux plaisirs de la lectures. Il y a du burlesque dans ces arguments, en particulier pour le choix des livres qu'elle leur conseille pour commencer, mais on trouve aussi quelques très jolies phrases; vous en trouverez parmi les citations enregistrées sur Babelio.

Bref, un pastiche burlesque parsemé d'un éloge de la lecture enthousiaste et bon enfant. Que demander de plus pour terminer l'été par un plaisant moment de détente ?

PS: parmi les personnages, une polonaise: Frzdziwska Grzegorczyk. Des Grzegorczyk, j'en connais en chair et en os. Mais Frzdziwska, c'est absolument imprononçable, croyez-moi, et ça m'étonnerait que ce soit un vrai prénom polonais. D'ailleurs, si vous lancez sur Google une recherche sur « Frzdziwska », vous ne trouverez que… des références à ce roman !
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