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ISBN : 2330015267
Éditeur : Actes Sud (09/01/2013)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Dans la vie de saint Augustin se tient une ombre, une femme, nommée Elissa dans le roman, qui partagea sa foi manichéenne, fut sa concubine, lui donna un fils, vécut avec lui à Carthage, Thagaste, puis en Italie où le jeune rhéteur la congédia de son existence…

Quand Elissa prend la parole, aux premières pages de ce livre, presque douze ans ont passé depuis sa “répudiation”.

Revenue vivre à Carthage, elle s’est liée d’amitié avec un co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  20 mars 2013
Elissa vit à Carthage «la métissée, la bigarrée» dans un quartier à la limite de Megara chez sa soeur Faonia et son beau-frère Marcellus potier. Ils l'ont accueillie quand elle est revenue seule de son séjour en Italie, désemparée après avoir été répudiée par Augustinus et séparée de leur enfant Adeodatus («donné à Dieu»). Elle-même participe à l'élaboration de menus objets fabriqués à l'atelier et fait des livraisons. Elle se sent accordée à la terre, à la vie «Je pose une petite boule sur le plateau, je prends le temps de la caresser, nous nous apprivoisons, et hop en route ! le bonheur de sentir pieds et mains se coordonner sans effort, la terre me guide, je l'écoute, nous nous aimons, juste la bonne teneur en humidité, l'argile se creuse et s'érige, le plaisir vient, la forme également...» p165.
Elissa a su restée vivante, ardente et fidèle à la passion qui l'a unie au désormais évêque d'Hippone, fidèle aussi à la foi de Mani qu'ils ont partagé tous les deux et qu'il a trahi comme il a trahi leur amour, pour renouer avec le christianisme. Elle sait reconnaître son talent, la séduction, l'attraction de son verbe mais constate aussi que cette grâce qui l'a saisi, l'a conduit à se raidir dans un dogme et a aussi satisfait son ambition. Elle reste par-dessus tout, à travers souffrances, regrets et révolte qui jaillit parfois contre le traitement qu'elle a subi, fidèle à la vie.


Claude Pujade-Renaud excelle dans l'évocation sensuelle de cette liaison et dans celle de la beauté solaire de la méditerranée. Un très beau roman qui fait vivre toute une époque de profond bouleversement sur les coups de boutoir des barbares qui auront raison de l'empire de Rome. Belle subtilité aussi que celle qui établit le lien entre Augustin et Port-royal p 26 «L'évêque d'Hippo Regius... Encore un nom métissé de punique et de latin. Hippo, le port. Port Royal. Mon homme, évêque de Port Royal.»
J'ajouterais qu'Augustin a rejoint l'église catholique et estime avoir rompu avec son passé soutenu par la grâce divine et que cette même grâce a soutenu les religieuses de Port-Royal dans leur résistance au pouvoir masculin représenté par le Roi et la hiérarchie catholique. Dans l'ombre de la lumière et le désert de la Grâce, deux belles évocations qui se répondent.
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caro64
  15 mars 2013
Nous ne quittons plus Saint Augustin depuis quelques temps… Après le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari, c'est à nouveau lui qui inspire l'auteur de ce très beau roman, toujours chez Actes Sud. Il apparaît ici sous les traits d' Augustinus et c'est Elissa son ex-compagne qui redonne vie à cet homme. Et nous voilà plongés dans l'Afrique romaine au Ve siècle.
Saint Augustin évoque une concubine répudiée dans Les Confessions, puis il se tait. À leur tour, les biographes du saint homme en feront peu mention. Mais la romancière brise le silence au sujet de cette femme et imagine celle qu'elle fut. Elle la prénomme Elissa (prénom phénicien de Didon, la reine de Carthage, grande figure de femme abandonnée) et lui donne la parole. Augustinus fut son grand amour, son compagnon du quotidien, son amant, le père de son fils durant 15 ans. Et puis il l'a abandonnée. Pour quelles raisons ? Comment a-t-elle vécu après sa répudiation, seule sans son fils ? Tout cela , elle va nous le raconter. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Après douze ans de séparation, Augustinus revient à Carthage, la ville où Elissa s'est réfugiée et ce sera une difficile épreuve de revoir le visage de l'homme qu'elle a tant aimé. le pire reste à venir car plus rien n'existe de celui qu'il a été. Lui qui était un amoureux transit et un manichéen convaincu est devenu un homme droit, rigide et irréversiblement catholique.
Alternant entre ses souvenirs et la description de son quotidien, Elissa nous raconte la vie qu'elle a menée depuis sa rencontre avec Augustinus jusqu'à sa mort. Claude Pujade-Renaud excelle dans la manière de donner vie à cette femme et la faire vibrante de vie. Sous sa plume élégante et précise , Elissa est un personnage fort, terriblement attachant. Sa parole sonne juste, parole pleine d'humilité. Troublante et touchante, sa voix est envoûtante. Cette sensuelle oratrice , est l'incontournable témoin d'une vie d'homme, d'une quête spirituelle. Son portrait d'Augustin est humain, vibrant, passionnel et passionné. C'est aussi toute une époque où coexistent manichéisme, paganisme et christianisme qu'elle fait revivre, évoquant la chute de Rome puis l'invasion barbare dans l'est africain. La nature, en toile de fond, est très présente. Présentent aussi les choses de la vie quotidienne : les sorties aux bains, les promenades, le goût des poires, des raisins et des figues, le travail du pain et de la terre, l'odeur du papyrus... On est complètement immergé dans cette période. Tout cela est servi par un style magnifique, lumineux, poétique.
Dans l'ombre de la lumière est un livre qui se savoure. A travers ces deux portraits, Claude Pujade-Renaud entremêle L Histoire et l'intime tout en finesse et subtilité. Un roman passionnant et poignant. Remarquable !
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indira95
  17 juin 2014
Attention, petit bijou droit devant ! Je n'ai pas d'autres mots pour qualifier Dans l'ombre de la lumière. Claude Pujade-Renaud m'avait déjà séduite avec Les femmes du braconnier mais on dépasse amplement ce stade pour tomber dans la phase amoureuse. Petit bijou de sensibilité porté par une écriture lumineuse, tellement limpide, ce roman appartient à la catégorie des récits qui transcendent puis apaisent.
L'histoire quelle est-elle ? C'est celle d'Elissa, concubine répudiée de Saint Augustin, évêque d'Hippone, un des pères fondateurs de l'Eglise Chrétienne, un de ses plus grands penseurs. de cette femme on ne sait rien, mise à part une brève ligne dans les Confessions de Saint Augustin. Claude Pujade-Renaud décide de donner la parole à cette femme de l'ombre, amante insatiable, femme patiente, mère dévouée, à travers un long monologue où elle se remémore sa rencontre avec l'homme, Augustinus, l'étudiant fougueux, l'amant intrépide, l'orateur charismatique, manichéen convaincu, fils dévoué à une mère ayant une ambition dévorante pour lui. Elle seule connait les failles et les blessures de l'homme qu'elle a tant aimé, restée dans l'ombre, femme sacrifiée sur l'autel des ambitions d'Augustinus.
Dans l'ombre de la lumière évoque la nostalgie d'Elissa face au bonheur simple d'autrefois, bonheur lumineux, partagé dans la foi manichéenne avec Augustinus. Ce récit décrit tout autant sa colère face à ce paradis sacrifié, piétiné ! J'ai vibré de concert avec cette femme douloureusement amoureuse, si révoltée face à des ambitions qu'elle ne souhaite ni partager ni comprendre, elle qui ne cautionne pas le reniement de sa foi qu'a opéré Augustinus pour embrasser la religion chrétienne. A travers ce monologue est également esquissée la figure de Saint Augustin, homme intransigeant, devenu si rigoureux dans son christianisme, partagé entre sa foi manichéenne et son ambition dévorante. Quel homme ingrat, lui qui fut si fougueux, si sensuel, jamais rassasié du corps de sa concubine ! Dans l'ombre de la lumière est aussi une belle peinture d'un empire romain en décrépitude, reniant ses dieux païens pour le monothéisme chrétien, assiégé de toutes parts. Nous assistons aux derniers soubresauts d'un royaume autrefois victorieux qui n'est plus que l'ombre de lui-même, une bête traquée qui s'éteint tout comme Elissa, la femme répudiée, l'amante éternelle, figure émouvante dont on partage la souffrance qui transparait à chaque page
Lien : http://livreetcompagnie.over..
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litolff
  12 avril 2013
Carthage, 4e siècle après J.C., le christianisme est en train de supplanter le paganisme et le manichéisme ; alors qu'au faîte de sa notoriété, Augustinus, évèque d'Hippone (Algérie), vient prêcher à Carthage (Tunisie), Elissa, elle, se souvient... Car Elissa, concubine jadis répudiée, a partagé la vie et la couche de celui qui sera plus tard Saint-Augustin et lui a donné un fils.
Biographie imaginée d'une femme dont on ne sait rien sinon qu'elle partagea la vie de Saint-Augustin et fut la mère de son fils Adeodatus, « Dans l'ombre de la lumière » nous fait découvrir une période passionnante de l'histoire, celle où l'Empire Romain bascula. Là où Jérôme Ferrari faisait une allusion assez tirée par les cheveux à la chute de Rome, Claude Pujade Renaud fait revivre ces événements dramatiques vus de Carthage, par les yeux d'Elissa, abandonnée par Augustinus, un homme qu'elle n'a jamais cessé d'aimer. On y découvre la trame de ce que fut le manichéisme et la vie quotidienne dans l'Empire africain, alors partagé entre paganisme, manichéisme et christianisme.
A travers ce beau portrait de femme assujettie à son homme et à sa belle-mère (la très sainte Monique !) Claude Pujade-Renaud fustige une condition féminine difficile et précaire tout en affirmant son admiration pour la pensée augustine et l'homme qu'il a été.
Je reste assez réservée quant à la forme de ce roman qui se complait souvent dans un style passablement prosaïque et quelquefois répétitif, mais j'ai beaucoup apprécié le fond.
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isabelleisapure
  07 septembre 2013
Dans l'ombre d'Augustinus, qui deviendra Saint Augustin, Elissa sa concubine pendant quinze ans, partagera sa foi manichéenne initiale et lui donnera un fils.
Répudiée depuis douze ans lorsqu'elle entreprend ici de conter le difficile parcours que sera sa vie, elle a trouvé refuge chez sa soeur.
Le hasard fera qu'à travers un voisin avec lequel elle liera amitié, elle continuera de vivre sans qu'il le sache jusqu'à la fin dans le sillage d'Augustinus qui, converti au christianisme, devient un homme qu'elle ne reconnait plus mais auquel elle continue de vouer une admiration sans borne pourtant souvent dans la douleur.
Une vie de souffrance dont l'écriture magnifique de Claude Pujade-Renaud nous imprègne irrésistiblement tout au long de ce roman très attachant.

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critiques presse (2)
Telerama   23 janvier 2013
Douée pour décrire et raconter les femmes, leur présence singulière au monde, leur rapport au temps, au corps, à la sensualité des choses, la romancière tisse aussi, via son héroïne, le tableau chahuté d'une époque de métamorphoses. [...] Reste que cette plongée au cœur du Ve siècle romain, africain est passionnante.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lhumanite   21 janvier 2013
En même temps qu’on voit pensée [de l'auteur] se constituer puis s’affermir, on observe ses accommodements et ses stratégies pour exercer un magistère autant spirituel que temporel. La romancière ne dissocie jamais les questions théologiques et idéologiques des enjeux de pouvoir.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   19 mars 2013
Tu aimais la courbe de ma nuque, le parfum de mes cheveux. Ma passion des fleurs, des couleurs, la robe violette achetée à Rome, mes courgettes grillées sur la braise. Et ma patience, disais-tu. Tu aimais le terrier odorant de mes aisselles, mon rire, ma purée d'olives et d'anchois, le calme lisse de mon sommeil, ma discrétion tout au long du jour et mon impudeur dans la jouissance. Tu aimais m'entendre chantonner en me coiffant, rire et babiller avec notre fils. Tu aimais lorsque j'offrais mon visage à la pluie de septembre. Tu m'aimais.
p 225
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caro64caro64   15 mars 2013
Parfois, un songe te secouait au point de me réveiller. J'écoutais cette brève tempête. Tu t'agitais, criais, ou riais, mais tu demeurais pris dans la nasse du sommeil. Je n'avais pas envie de me rendormir, j'écoutais le ressac de ton rêve se prolonger en moi.
Oui, la nuit je t'ai entendu râler, aboyer, éructer, geindre, hurler, bramer. Toi, l'homme passionnément épris du langage, tu rêvais animal.
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litolfflitolff   12 avril 2013
Partis dans la nuit par une route sinueuse, nous avons vu, en fin de matinée, le soleil patiner le calcaire doré de la cité, sans l'écraser. Une ville couleur de dattes et de miel, entourée par l'eau dansante des oliviers.
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nadejdanadejda   19 mars 2013
Sitôt entrée dans la pièce principale, j'ai flairé la présence des parchemins. Cette très lointaine, très discrète odeur de sauvagine : chèvres, veaux, agneaux, gazelles parfois, ces gazelles qu'on chasse dans le Sud et qui confèrent au parchemin un parfum si doux. (...) et dire que toutes ces bêtes si vives, si bondissantes ont été sacrifiées afin que sur leurs peaux, travaillées, traitées, transformées, s'inscrivent des mots ! Et lui de rétorquer : mais ces mots frémissent et bondissent allègrement vers les lecteurs, présents ou à venir, l'essentiel c'est de rendre vivant le langage. p11
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litolfflitolff   10 avril 2013
Sur le seuil de la maison, une femme en noir t'a souri. Monnica s'est aussitôt retournée vers moi, m'a embrassée, chaleureusement, m'a souhaité la bienvenue : ma fille, vous êtes ici chez vous. Seulement après, elle t'a pris dans ses bras. Puis s'est extasiée sur Adeodatus, baveux, grognon, puant la merde. C'est bien ce que je craignais, cette mère était parfaite.
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Videos de Claude Pujade-Renaud (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Pujade-Renaud
Le 7 mars 2013, François Busnel reçoit :
Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges Alix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, à propos de Françoise Giroud, Histoire d'une femme libre : un manuscrit retrouvé par Alix de Saint-André à l'IMEC et publié par cet écrivaine à titre posthume. Andreï Makine, Une femme aimée Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière
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