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Michel Doury (Traducteur)Pierre-Yves Pétillon (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020481595
405 pages
Seuil (30/12/2000)
3.46/5   56 notes
Résumé :
Zoyd Wheeler : drôle de nom, mais pas si loufoque pour un type dont l'activité principale consiste à se jeter à travers une fenêtre chaque année, devant une caméra, et ce uniquement pour toucher la prime d'État aux handicapés mentaux. Quoique le reaganisme couve : adieu donc aides, primes, pensions. Comment entretenir sa paresse et sa fille Prairie dans ces conditions ? Sans compter que son passé de ga... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
bgbg
  10 juin 2013
Vineland, par Thomas Pynchon. Un livre culte, écrit par un auteur culte, encore que parfois accusé d'être peu lisible, peu accessible. Mon premier livre de Pynchon, et peut-être le dernier. Non pas parce que ce qu'il écrit est sans intérêt : nous sommes promenés dans la période new age américaine, de ses débuts, politiques, anticapitalistes, radicaux, dans les années 60, à la confrontation des utopies libertaires et de ses doux rêveurs avec les mesures antisociales et policières de l'ère Reagan, dans les années 80.
Ces deux périodes structurent (si l'on peut dire) le récit où s'écoulent trois générations de Gates, la grand-mère Sasha, syndicaliste de la première heure, la mère Frénési, cinéaste, icône de la contre-culture, qui bascule de façon mystérieuse ou par amour dans le camp de la répression sans y adhérer, et la fille, Prairie, abandonnée par sa mère à son père, un fumeur de joints allumé, et qui cherche sa mère éperdument, mais a travers elle, semble aussi en quête d'un passé mythique. Brock Zond est le méchant, agent fédéral qui a enlevé Frénési dont il est amoureux, et qui traque les communistes, les drogués, les pédés, qu'il voit partout. Frénési voudrait bien changer Brock, y parviendra-t-elle ?
Nous sommes dans un monde flottant, brouillé, désabusé, parodique, on passe du manga à un comics digne de Crumb, de l'enquête policière à la quête sentimentale, de la complicité à la duplicité, et d'un puzzle des personnages à un puzzle des situations.
Bien sûr, il ne faut pas prendre cette fable au sérieux, bien sûr, il ne faut pas douter des intentions progressistes de Thomas Pynchon, de sa sympathie à l'égard des activistes post-modernes et des doux rêveurs paresseux, de son aversion pour le conservatisme réactionnaire, de sa posture ironique et subversive au service d'une esthétique et d'une éthique. Mais il ne faut pas davantage douter de sa désinvolture à l'égard du texte, de sa construction, de sa limpidité, du lecteur même, trimbalé dans son usage de la digression… sans modération !
Thomas Pynchon, Vineland, un auteur, un livre pour un public averti…
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nathalie_MarketMarcel
  29 janvier 2014
Présenter un compte-rendu d'un roman de Thomas Pynchon est toujours un défi… Sa littérature est sous le signe du « trop » : trop de personnages, de références, de mots, de sous-entendus, de branches narratives, c'est une jungle au sein de laquelle on fait ce qu'on peut.
Nous plongeons ici dans le monde de la contre-culture américaine (le péché mignon de Pynchon) : drogués divers, musiciens, cinglés, fantômes, ninja, gauchistes de toutes obédiences, mecs aux cheveux longs venus de tous les horizons… c'est foutrac. C'est un peu n'importe quoi, mené avec maestria. Je reconnais avoir eu une faiblesse dans le milieu, trouvant cela un peu long, mais il faut accepter ce voyage barré.
Il est particulièrement agréable de retrouver régulièrement les éléments de l'univers de Pynchon : la difficile lutte des syndicalistes américains contre les autorités, les chemises avec des perroquets, les trucs vaguement magiques, Bigfoot, le délire paranoïaque, le culte de la télévision, du toc et du faux. Si vous débutez, je vous conseille Vice caché, qui est plus construit, mais qui se situe dans le même univers déjanté. Vous croiserez un homme atteint d'addiction à la télévision, une compagnie aérienne où les avions sont transformés en bars hawaïens avec ukulélé.
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StCyr
  09 mai 2019
Vineland couvre une période des années soixante à la décennie quatre-vingt, sur fond de lutte entre les mouvements libertaires, gauchisants et les tenants de la morale rance et de l'establishment, maître en chasse aux sorcières des mandats de Nixon et de Reagan. Les personnages sont border-line ou carrément grotesques. On passe d'un fumeur de joint, père célibataire abonné aux aides de l'état, à une activiste anarchiste passé du côté obscur de la force, d'un procureur obsédé sexuel à une société parallèle de morts vivants. Thomas Pynchon tire le bilan des sixties, loin du regard nostalgique et romantique de la littérature qui s'y rapporte; l'auteur trace le tableau angoissant d'une société désincarnée, consumériste, puritaine, en perte de repaire.
Vineland s'avère être le livre le plus lisible de Thomas Pynchon que j'ai lu, tout en gardant le côté délirant, déjanté et foisonnant de l'auteur. Néanmoins je reste déconcerté devant l'univers de l'auteur, sa manière de conduire un récit, son exubérance, le partis pris d'excès, son goût prononcé pour l'absurde, les références nombreuses à la culture américaine qui nécessiteraient des notes en bas de page pour le lecteur français. Dommage, le sujet de prime abord aurait du me passionner. Je crois qu'après trois lectures de cet écrivain qui passe pour l'un des plus doués de sa génération, je vais mettre les pouces, m'arrêter là.
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Maphil
  17 mai 2017
Fiction débridée, allègre, bourrée de sens, où l'on suit, dans un pays mythique de Vineland (ancré par l'imagination dans la bien réelle Caroline du Nord), la jeune Prairie à la recherche de sa mère Frenesi, une aimable et volontaire gauchiste que poursuit de ses assiduités sado-masochistes le terrible procureur fédéral Brock Vond. Les protagonistes de premier plan évoluent au milieu d'une faune bigarrée de hippies, de communistes en rupture de parti, de gentils camés, de nostalgiques d'un mythique far-west. Un baroque frénétique, irrésistible où se mêlent comique, tristesse et satire.
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antoinebours
  06 mars 2018
The Dude vs. Nixon.
Toujours aussi passionné par la parano, le complotisme, l'enthropie, Pynchon confronte hippies, activistes et agents secrets américains dans un joyeux mélange toujours aussi foutraque qui évoque sans cesse "The Big Lebowski" avec presque dix ans d'avance.
J'ai eu un peu de mal à l'époque : Vineland m'était apparu un peu moins maîtrisé que ses autres romans. Il faudrait que je le relise.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   24 septembre 2012
Sur l'écran, Zoyd bondit à travers sa vitre, accompagné du son doublé d'une vraie devanture en train de s'écrouler. Les voitures de police et celles des pompiers apportaient la note joyeuse des chromes. Zoyd se regarda atterrir sur le sol, rebondir, rebondir, se relever, se précipiter sur la caméra, montrant les dents et hurlant. On avait coupé les formalités policières, mais il fut ravi de voir comme la robe rendait bien à l'image, Day-glo orange, rouge violacé à la limite de l'ultraviolet, avec une touche de vert acide, un point de magenta, dans un imprimé rétro de perroquets et de danseuse hawaïennes de hula-hoop, elle ressortait terrible. Sur une des chaînes de San Francisco, ils repassèrent la bande au ralenti, avec la trajectoire qui formait comme les millions de gouttes cristallines d'un jet d'eau, et Zoyd en plein vol tournoyant sur lui-même dans toutes sortes d'attitudes qu'il ne se rappelait pas avoir prises et dont beaucoup, en plan fixes, auraient décroché la timbale dans des concours de photos. On passa ensuite un montage de ses tentatives précédentes, et, à chaque fois que l'on remontait d'un an en arrière, la qualité de la couleur et de la technique empirait, ensuite il y eut un débat, avec un professeur de physique, un psychiatre, un entraîneur d'athlétisme en direct et sans rapport avec les jeux olympiques de Los Angeles, et il fut question de l'évolution de la technique de Zoyd au cours des années, avec des considérations passionnantes sur la différence entre la personnalité de défenestré, qui saute par la fenêtre ouverte, et celle du transfenestré, qui préfère passer au travers, ce qui montre deux contextes psychiques parfaitement différents, et c'est là que Zoyd et Prairie commencèrent à perdre le fil.
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hupomnematahupomnemata   24 septembre 2012
Et, là-dessus, il tendit le cou comme un serpent et mordit dans la vitre à belles dents. "Bordel à queue, se dit Zoyd, terrifié, il a disjoncté!"- mais rien du tout! Hector mâchait tranquillement sa vitre en bavant, avec toujours ce même mauvais sourire, "Mmm-mm!" et "!Qué rico, qué sabroso!", tandis que Van Meter cavalait derrière une ambulance en criant au secours, mais Zoyd avait pigé, il connaissait les medias, car il était grand lecteur de TV Guide, et il venait de se souvenir de cet article sur ces fenêtres en sucre qu'utilisent les cascadeurs, et qui éclatent sans blesser. Voilà pourquoi cela lui avait paru bizarre - le jeune Wayvone avait remplacé la fenêtre normale par une autre en sucre. "Terrible, Hector, merci!".
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LeclownblancLeclownblanc   26 septembre 2021
Les années 60 achevées, quand l'ourlet des jupes descendit et que les couleurs des vêtements devinrent terreuses et que tout le monde se mit à porter un maquillage qui était censé donner l'impression que l'on n'avait pas de maquillage, lorsque les haillons et les rapiéçages furent passés de mode et que l'ère de la répression nixonienne s'annonça clairement, même aux yeux des optimistes hippies les plus gagas, ce fut alors, face à ce puissant vent d'automne qui s'annonçait, qu'elle se dit : « Voilà enfin mon Woodstock, mon Age d'or du rock and roll, mon Voyage, ma Révolution. » Enfin autonome, libre d'aller et venir, elle comprit que sa servitude à elle serait la liberté, accordée à de rares individus, d'agir en dehors des mandats et des chartes, d'ignorer l'histoire et les morts, de n'imaginer aucun avenir, de ne rien prévoir, de simplement se contenter de définir les moments par les actes qui les constituaient. C'était un monde de candeur et de certitude qu'aucun amateur de LSD, aucun anarchiste révolutionnaire ne découvrirait jamais, un monde qui reposait sur le un et le zéro de la vie et de la mort. Minimal, magnifique. Les principes des vies et des morts...
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hupomnematahupomnemata   19 septembre 2012
A la télévision, Zoyd avait regarder des programmes sur le Japon, où l'on montrait des coins comme Tokyo, avec des entassements de population incroyable,mais où, parce que, au cours de leur histoire, les gens avaient appris à se montrer polis, tout le monde s'entendait bien malgré le surnombre. Aussi, lorsque Van Meter, qui toute sa vie avait cherché le sens profond des choses, était venu s'installer dans ce bungalow de Cucumber Lounge, Zoyd s'était attendu à ce que cela donnât quelque chose d'une sérénité quasi japonaise. Pense-tu! Au lieu de chercher une solution tranquille à ce problème de surpopulation, la communauté avait choisi la manière forte - bref, ils se chamaillaient. Éternellement et avec un maximum de décibels, ces querelles étaient élevées à la hauteur d'une véritable cérémonie, et les disputes avaient bientôt donné naissance à un journal local, The Blind-Side Gazette, et on les entendait se quereller même de l'autoroute où les chauffeurs des camions à dix-huit roues lancés à tombeau ouvert se demandaient si c'était la radio qui avait des parasites, ou si c'étaient des fantômes qui ne trouvaient pas le repos.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   29 janvier 2014
C’était une tronçonneuse pour dame faite sur mesure, capable toutefois de « s’attaquer aux madriers », à en croire les publicités, mais « aisément dissimulable dans un sac à main ». Les poignées, la protection, le carter étaient plaqués nacre, et en lettres de strass, au centre de la chaîne prête à mordre, figurait le nom de la jeune femme à qui il l’avait empruntée, et que les consommateurs prirent pour son nom de travelo, CHERYL.
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Vidéo de Thomas Pynchon
Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal. Ce personnage d'un autre temps sorti tout droit d'un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. "The White Darkness" raconte son extraordinaire histoire. Celle d'un militaire britannique fasciné par l'exemple d'Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d'une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l'autre. Une fois à la retraite, il tentera d'aller encore plus loin en traversant l'Antarctique seul, sans assistance. Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu'il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d'un homme perdu par une quête d'impossible, qui n'est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l'histoire dans "La Cité perdue de Z". “Tout le monde a son Antarctique”, a écrit Thomas Pynchon, rien n'est moins vrai dans ce récit magnifique qu'on ne peut lâcher avant de l'avoir accompagné jusqu'à son terme.
Pour en savoir plus : https://bit.ly/39JJJdM
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