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ISBN : 2757869078
Éditeur : Points (12/10/2017)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 50 notes)
Résumé :
De son enfance en pleine Révolution culturelle, Chen Cao garde en mémoire les dénonciations et les quolibets dont son père a été l'une des victimes humiliées. Quelques années plus tard, jeune policier, Chen se charge d'une affaire aux relents de corruption : l'assassinat d'un commerçant spolié puis réhabilité.
Cette première enquête le ramène aux heures sombres de la Chine de Mao et réveille un douloureux passé. Poète de cœur et policier de métier, il dénoue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  23 octobre 2017
Fraîchement diplômé de l'université de langues étrangères de Pékin, Chen Cao est affecté par l'Etat dans un commissariat de Shanghai. Amoureux de la langue anglaise et poète à ses heures, le jeune homme ne s'imaginait pas policier et d'ailleurs le commissariat n'a pas vraiment besoin d'un universitaire dans ses rangs. Sans expérience, sans réelles compétences, il est relégué dans la salle de lecture où on lui confie la traduction d'un manuel de procédures policières américain. Mais entre ses traductions et la lecture assidue de romans policiers, Chen s'intéresse à une affaire, celle d'un vieil homme assassiné à la sortie d'un restaurant. Pour faire la lumière sur ce crime, le policier novice s'introduit dans la cité de la poussière rouge. Là, les voisins lui racontent l'histoire du mort, une histoire qu'il connaît bien, celle d'un homme brisé par la révolution culturelle.
On avait quitté Chen en mauvaise posture, visé par un complot mené par les plus hautes sphères du Parti. Son avenir au sein de la police reste encore incertain pour le lecteur car Xiaolong Qiu nous propose ici une préquelle à sa série de polars. On retrouve Chen Cao à différentes époques de sa vie, de l'enfant ostracisé car fils d'un ''monstre noir'' au jeune diplômé devenu policier malgré lui. Sous forme de nouvelles, l'auteur dessine les grands traits de son personnage fétiche, son enfance marquée par la révolution culturelle, sa rencontre avec Ling, fille d'un haut dignitaire, ses escapades gourmandes dans Shanghai, son intérêt croissant pour une profession qu'il n'a pas choisi. On en apprend plus sur l'inspecteur et, à travers lui, sur Qiu lui-même qui en préambule et en conclusion, se raconte et dévoile tout ce qu'il a mis de lui dans Chen. Des parcours identiques, une famille jugée ennemie du régime, le même amour de la poésie, un goût prononcé pour la cuisine chinoise. Mais quand Chen reste en Chine et parvient à se faire une place dans la société, Qiu s'installe aux Etats-Unis (suite aux évènements de Tiananmen) et laisse derrière lui son ami Fu, le ''chinois d'outre-mer'' de ses romans.
Mélange de fiction et d'autobiographie, ces nouvelles au ton doux-amer, dénoncent, comme à chaque fois, les dérives de Mao, la brutalité de la révolution culturelle, les décisions arbitraires d'un Parti omnipotent.
Une intéressante incursion dans le passé, à réserver peut-être aux fans de l'inspecteur Chen.
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nadiouchka
  24 octobre 2017
Pas vraiment grande amatrice de nouvelles, mais ayant vu la critique des « Échos » : « Le roman le plus émouvant de Qiu Xiaolong », alors que j'avais déjà chez moi, en attente, « Mort d'une héroïne rouge » (qui s'est retrouvé en dessous de ma PAL) j'ai donc très vite lu « Il était une fois l'inspecteur Chen », un petit livre.
Le livre commence ainsi : « Au début de la Révolution culturelle, il était courant d'assister à la « critique révolutionnaire de masse des ennemis de classe. Cela n'avait pas grand-chose à voir avec une « critique » au sens propre du terme, il s'agissait plutôt d'une séance humiliante de dénonciation publique » (page 9).
On y trouve donc Chen Cao qui n'a pas oublié les humiliations subies par son père, victime de cette « critique », pratique courante en Chine.
Alors qu'il est devenu policier à Shangai où on lui a octroyé un poste subalterne dans un commissariat, survient un assassinat, celui d'un commerçant de « La Cité de la Poussière Rouge », Fu Donghua.
Notre jeune policier, qui a également une âme de poète, qui aime bien citer des proverbes, qui aime lire des romans étrangers, et qui est grand amateur de bonne chère, va se retrouver à enquêter.
Chen Cao, donc fin gourmet, et avec l'autorisation de son supérieur l'inspecteur Ding, va rechercher tous les indices, même les plus petits sur Fu qui était considéré comme un « capitaliste » alors qu'il n'était qu'un commerçant.
Il y a des suspects évidents, les rumeurs vont bon train, les témoignages souvent contradictoires, mais Chen arrive à trouver quelques réponses qu'il n'oublie pas de transmettre à Ding.
Ces petites nouvelles ont toutes un lien commun avec Chen et sont entremêlées de récits autobiographiques de Qiu Xiaolong.
Je ne peux pas dire que ce polar est d'un suspense haletant mais il est tout de même assez agréable d'y lire quelques lignes de poésie, de comprendre cette histoire de la révolution culturelle.
On y voit que l'auteur partage avec nous quelques instants de sa propre vie et critique la politique en place en Chine.
De plus, le portrait de Shangai est très intéressant (quand on ne connaît pas la ville).
Je dirai donc que la lecture est plutôt plaisante, instructive, et décrit une période bien sombre de la vie de l'écrivain qui, est parti vivre aux États-Unis, à Saint Louis. C'est en anglais qu'il a écrit cette série sur l'inspecteur Chen, qui s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires de par le monde.
Il ne faut pas manquer de lire, à partir de la page 185, le « Fragment autobiographique » qui nous apporte de nombreux éclaircissements et qui commence ainsi : Voilà que, comme l'inspecteur Chen, mes pas m'entraînent vers la cité de la Poussière Rouge, rare vestige de Shangai d'autrefois. En narratologie, on parle de « narrateur incertain » ou « narrateur peu fiable » quand ses intérêts participent à l'action. En général, il s'agit d'un personnage de l'histoire, mais cela peut aussi s'appliquer à l'auteur du livre….. ».
Pour conclure, même si les crimes crapuleux ne se trouvent pas dans cet ouvrage, il a sa part d'intérêt. Intérêt qui fait que ceux qui attendaient une série d'assassinats sordides en cascades, n'y trouveront pas leur compte et peuvent donc le lire sans appréhension.
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Didier_Tr
  27 décembre 2016
Cet ouvrage "Il était une fois l'inspecteur Chen" est à mi-chemin entre un roman classique de cet auteur, et le récit de son histoire personnelle. La première enquête de Chen Cao se mêle avec les horreurs de la Révolution Culturelle.
La première histoire est de la veine des ouvrages policiers classiques, comment Chen Cao a trouvé sa vocation de policier, malgré ses prédispositions littéraires et poétiques. C'est donc plutôt très bien et intéressant.
Les autres petits récits, ou nouvelles, avec ce ton très particulier, peuvent paraître comme des récits expiatoires.
Donc, un livre assez différent de la série Chen Cao. Je resterai attentif à la sortie du prochain.
Et pour moi, le plaisir tout particulier d'avoir mon exemplaire dédicacé par l'auteur !
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Bazart
  28 septembre 2016
On a connu Hercule Poirot, détective Belge et anglophile, Jean-Baptiste Adamsberg, inspecteur parisien pelleteux de nuages, Harry Bosh, flic désabusé dans la cité des Anges, Luther l'inspecteur insomniaque des bords de la Tamise et tant d'autres, il faut compter depuis quelques années avec l'inspecteur poète Chen Cao de Shangaï.
Depuis « Mort d'une héroïne rouge » en 2001, il est le héros récurrent de plusieurs enquêtes dans une société chinoise moderne gangrénée par l'argent.
Dans son dernier ouvrage, Qui Xiaolong à la très bonne idée de nous raconter la première enquête de Chen, un préquel comme l'a fait Arnaldur Indridason pour son inspecteur Erlandur.
Chen Cao n'est qu'un jeune intellectuel qui fait ses premiers pas dans un commissariat de quartier. La Cité de la Poussière Rouge devient un décor formidable pour raconter la Chine qui s'éveille. L'intrigue policière n'est plus qu'un prétexte, Chen, plus poète que flic va replonger dans l'histoire de son pays, une histoire qui va raisonner douloureusement avec la propre histoire de ses parents.
Qiu Xiaolong et sa famille ont vécu de plein fouet la révolution culturelle, son père, petit industriel, dut faire son autocritique et recommencer sa vie au bas de l'échelle sociale. Il nous raconte la peur, les privations, la crainte de l'autre et la corruption qui gangrénait le système. Il nous questionne aussi : comment en Europe à cette époque avons-nous pu être Maoïste ? Un livre nécessaire.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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lokipg
  02 avril 2018
Ce dixième tome des enquêtes de l'inspecteur Chen Cao est original a plus d'un titre.
Tout d'abord, le roman commence par un préambule où Qiu Xiaolong nous raconte son enfance pendant la Révolution Culturelle de Mao Zedong. On découvre ce qu'étaient les "critiques révolutionnaires de masse des ennemis de classe". Cela fait assez froid dans le dos et m'a rappelé les "deux minutes de la haine" de 1984. Sauf que, contrairement au roman de Georges Orwell, les manifestations de Mao ont réellement eu lieu.
Ce préambule, en plus d'être intéressant en lui-même, donne des informations importantes pour la compréhension de l'histoire. Comme pour tous les tomes de la série, le contexte politique de l'époque revêt une importance capitale.
Le roman est divisé en trois parties : la première raconte l'enfance de Chen Cao, la seconde, son entrée dans la police et sa première enquête, et la dernière, un peu particulière, est composée pour moitié de petites histoires concernant Chen et dans l'autre moitié l'auteur nous raconte de nouveau sa vie, la reprenant là où il l'avait laissée à la fin du préambule, jusqu'au moment où il devient écrivain.
Qiu Xiaolong nous raconte son amitié d'enfance avec un certain Lu, dit "Lu, le chinois d'outre-mer". Si ce nom vous rappelle quelque chose, c'est normal. Lu est un personnage récurrent des enquêtes de l'inspecteur Chen, et cet ami d'enfance lui a servi de modèle.
En fait, l'enquête proprement dite est assez secondaire. le roman met beaucoup plus l'accent sur Chen Cao lui-même. C'est sans doute le roman le plus personnel de Qiu Xiaolong. Pas seulement parce qu'il nous confie ses souvenirs d'enfance, mais parce qu'on y découvre à quel point l'auteur et son personnage sont proches.
Un beau roman mais également un peu décevant à cause de son intrigue policière, en retrait À découvrir uniquement si vous appréciez l'auteur et l'inspecteur Chen et que vous désirez en savoir plus sur l'un et l'autre.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   13 septembre 2016
« Chen ne se réjouissait guère de sa potentielle promotion au sein de la police. Il avait du mal à traduire mentalement le proverbe chinois : La mante religieuse qui veut attraper la cigale ne voit pas l’oiseau jaune qui guette derrière, qui lui-même ne voit pas le dangereux lance pierre dans la main du garçon…Il commençait à comprendre qu’il n’était pas facile pour un flic de naviguer sur les eaux troubles de la nouvelle société. Peut-être aurait-il mieux fait de se consacrer à sa carrière littéraire… »
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nadiouchkanadiouchka   24 octobre 2017
Le dossier Fu n’était pas son affaire. Il n’avait aucune responsabilité. Aucune pression. Il avait déjà fait bien plus que ce qu’on attendait de lui. Selon un proverbe, la légèreté d’être n’existe que pour l’homme sans situation.
P.118
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nadiouchkanadiouchka   25 octobre 2017
Il n’avait pas du tout envie de dormir. Il attrapa L’Insoutenable Légèreté de l’être. Paradoxalement, lire en anglais l’aidait à trouver le sommeil. Dans une autre langue, il se fatiguait plus vite.
Il avait déjà lu plus de la moitié du roman et ce soir-là, dans la cinquième partie, il tomba par hasard sur une phrase non traduite : Es muss sein.
Grâce au peu d’allemand qu’il avait appris à l’université, il comprit : Cela doit être. La devise, partie d’une plaisanterie entre amis, avait inspiré à Beethoven le motif d’un quatuor.
P.132
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nadiouchkanadiouchka   17 novembre 2017
Les années quatre-vingt furent appelées les dix glorieuses pour la poésie chinoise. En plus de traduire Eliot et Yeats, je me mis à écrire mes propres poèmes et devis membre de l’Association des écrivains chinois.
P.209
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Didier_TrDidier_Tr   26 décembre 2016
Jeune homme, le ciel et la terre sont remplis de bien plus de choses que tout ce que nous pouvons imaginer dans nos conversations du soir. Il est tard. L'heure pour un vieil homme comme moi d'aller se coucher.
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Vidéo de Xiaolong Qiu
Rencontre avec Qiu Xiaolong.
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