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ISBN : 2811647767
Éditeur : Pika Edition (16/01/2019)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 20 notes)
Résumé :
L’enquête qui attend l’inspecteur principal Chen sera certainement la plus délicate de sa carrière. Elle a pour objet… le Président Mao. Ou plutôt la petite fille de sa «partenaire de danse» à Shanghai, une ancienne actrice. La jeune fille est soupçonnée d’être en possession d’un mystérieux « souvenir » du grand Timonier. L’image du leader étant déjà assez écornée par les mémoires de son médecin et autres biographies non autorisées, le secrétaire du Parti Li veut ab... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  14 mai 2018
Me revoici en « terra cognita » ou plutôt en知名的土地(Zhīmíng de tǔdì), puisque c'est en Chine que j'ai choisi d'aller pour retrouver l'inspecteur-poète, grand amateur aussi de gastronomie, Chen Cao dans « La danseuse de Mao » de Qiu Xiaolong.

Le livre commence par les phrases suivantes : « L'inspecteur Chen Cao ne se sentait pas d'humeur à prendre la parole à la réunion d'études politiques du comité du Parti. L'ordre du jour, l'urgence de bâtir la civilisation spirituelle en Chine, le laissait perplexe. (…)
Avec des ongles cassés on ne peut rien attacher à rien... » (…) En dépit de la propagande du Parti, le matérialisme envahissait la Chine. On plaisantait désormais sur le fait que l'ancien slogan politique « regarder vers l'avenir » était devenu la maxime populaire « regarder vers l'argent », parce qu'en chinois « avenir » et « argent » se disent pareil : qian ». (page 7).
Mais le secrétaire du Parti Li fait appel à lui pour enquêter sur la petite-fille de cette « danseuse de Mao » et sur un secret concernant le Grand Timonier, poète à ses heures.
Hésitant un peu, Chen Cao s'entend dire : « Allons, inspecteur principal Chen, vous n'êtes pas que policier, mais aussi poète reconnu, insista le commissaire Zhang. » (page 9).
C'est une enquête bien délicate puisque le Leader a déjà sa réputation bien écornée et Chen va se retrouver plongé dans la Révolution Culturelle mais aussi dans la vie privée de Mao.
Il faut dire qu'un livre était paru en donnant des détails croustillants sur lui. de plus, la petite-fille d'une ancienne « danseuse et maîtresse » de Mao s'est enrichie brusquement : bizarre, bizarre dans ce pays.
Aidé par des amis et diverses relations, Chen va contacter différents milieux et, comme d'habitude, il sait utiliser des moyens efficaces pour cela : des cadeaux, des invitations, des enveloppes contenant quelques billets : « De l'enveloppe non cachetée dépassait un billet de cent yuans décoré d'un portrait de Mao déclarant à la Chine : « Plus nous sommes pauvres, plus nous sommes révolutionnaires ». (page 213). Mais il va également appeler à la rescousse un ancien amour de jeunesse, fille d'un grand dignitaire, en lui demandant de se faire passer pour une femme de ménage pour s'introduire sans la place et pouvoir fouiner…
Bien qu'il soit policier, on a déjà vu dans d'autres ouvrages qu'il est grand amateur de poésie (le texte est parsemé de nombreux vers), ce qui lui permet de comprendre la poésie de Mao.
Le récit nous entraîne non seulement dans le mausolée de Mao mais aussi dans ses appartements privés qui, normalement, sont fermés au public.
On en apprend beaucoup sur la vie privée de Mao : ses quatre femmes, ses maîtresses, ses petites secrétaires particulières. Mais : « Mao n'accordait aucune importance aux femmes, qui n'étaient pour lui qu'un moyen de satisfaire ses besoins sexuels "divins". C'était banal pour un empereur d'avoir des douzaines de concubines”. Eh bien voyons, et dire que ces femmes étaient consentantes et même fières (mais peut-être n'avaient-elles pas le choix  devant un tel personnage ?)
Chen effectue donc sa délicate enquête. On découvre comment agissaient les Gardes Rouges ainsi que les brigades spéciales envoyées à Pékin.
Comme d'habitude, Qiu Xiaolong nous livre une intrigue policière très bien menée et documentée.
Lors d'une interview, il a dit que pour que la Chine progresse, le « problème » Mao doit être réglé. Lui aussi a souffert de la Révolution Culturelle (ainsi que sa famille). Toutes ses sources sont réelles avec des documents officiels. Mao a même été accusé de bigamie ce qui, apparemment, est vrai.
Par contre, ce que je n'ai pas trop apprécié, c'est la description de quelques plats servis en tant que « haut de gamme » mais, désolée, l’écœurement m'a gagnée quand j'ai vu qu'il y avait au menu de la tête de carpe fumée (dont on mange les yeux : beurk !) - des pattes de chameau braisées à l'échalote (au secours ! et dire que ce plat était très apprécié par l'impératrice Lu) … et je préfère m'arrêter là car ce n'est pas le genre de choses qui m'attire ; au contraire je préfère partir en courant…). E dire que Chen Cao apprécie tout cela ! Bon, mais ce n'est pas le principal heureusement.
Si le rythme du récit est assez lent, certains aspects politiques et mafieux redorent un peu le blason.
Au final, ayant déjà lu plusieurs livres de Qiu Xiaolong et connaissant bien à présent Chen Cao dont je suis devenue une familière avec ses méthodes, c'est un récit que j'ai tout de même apprécié.
Il est vrai que les aspects poétiques sont là pour agrémenter la sauce. Par exemple « la fleur de prunier », nom donné à un personnage féminin, Jiao : « Dans son qipao rose et blanc, elle ressemblait à une fleur de prunier ». (page 159) tandis que la scène se passe dans le manoir de XIe qui semble être le protecteur de la belle. Et c'est ici, également, que se réunissent « Les Vieilles Lunes », des notables ruinés qui retrouvent à cette occasion, l'évocation de leur passé plus glorieux.
Quant au dénouement de l'intrigue, pas de surprises : quelques assassinats, quelques bagarres et l'affaire est terminée (完成) – Wánchéng).
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sandrine57
  08 septembre 2015
Deux coups de fil de Pékin viennent bouleverser la routine de l'inspecteur-chef Chen Cao. Le premier, personnel, lui annonce que Ling, pour qui il a longtemps nourri de tendres penchants, vient d'en épouser un autre. Le second, professionnel, émane du ministre Huang qui le charge d'une mission des plus délicates. Il doit, avant que la Sécurité intérieure n'intervienne, approcher Jiao, la petite-fille de Shang Yunguan, une des maîtresses de Mao et découvrir si elle détient quelque chose qui pourrait ternir la réputation du Grand Timonier. Documents, lettres ou photos, nul ne sait ce qu'il faut chercher, ni même s'il y a quelque chose à chercher. Mais la jeune fille est suspecte, elle semble s'être enrichie récemment, a-t-elle déjà négocié ses possessions ? Sous prétexte d'écrire un livre sur le Shanghai des années 30, Chen s'introduit dans le manoir de Xie que fréquente Jiao. Là se réunissent des ''Vieilles Lunes'', ces vieux aristocrates ruinés, nostalgiques de leur glorieux passé. Mais l'inspecteur sait qu'il doit être très prudent. Mao reste un sujet sensible et son image ne doit en rien être écornée.
On ne présente plus Chen Cao, policier poète et fin gourmet. Il sait comme personne jongler avec les directives du Parti, les nouvelles réalités économiques et la recherche de meurtriers. Dans cette enquête, Qiu XIAOLONG le confronte encore une fois au lourd passé de son pays et à la révolution culturelle qui a détruit tant d'existences. Mao Zedong, à l'origine de ce désastre humain, n'est pas épargné par l'auteur. On le découvre poète et coureur de jupons. Épouses légitimes, concubines et autres ''danseuses'' ont souvent payé de leurs vies d'avoir partager la couche du leader communiste. Mais le Parti n'est pas prêt à accepter les critiques. Le Grand Timonier reste une icône intouchable. Chen sait que s'il trouve des documents compromettants, il devra rester discret. Cette enquête est pour lui, et pour le lecteur, une occasion de fréquenter l'ancienne aristocratie de Shanghai, des ''droitiers'' qui ont tout perdu jadis mais qui profitent de l'intérêt teinté de nostalgie qu'on leur témoigne dorénavant.
L'enquête n'est pas forcément palpitante. XIAOLONG use toujours un peu des mêmes ficelles pour coudre ses intrigues. Mais la promenade entre Shanghai et Pékin est plaisante et c'est toujours un plaisir de suivre Chen, le fin gourmet, dans ses escapades gastronomiques.
Un opus convenable pour cette série très attachante.
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Crazynath
  04 janvier 2020
C'est grâce au challenge ABC que une fois par an, je me retrouve en Chine en compagnie de l'inspecteur Chen Cao, héros récurrent de l'écrivain d'origine chinoise Qiu Xiaolong.
Il va être mandaté à mener une enquête en lien direct avec un ancien dirigeant de la Chine et pas le moindre : Mao.
En effet, une jeune femme nommée Jiao serait en possession de documents ayant appartenus à l'ancien leader. On ignore la teneur de ces documents, mais l'hypothèse est plus que plausible car la jeune femme vient d'améliorer ses moyens d'existence mais surtout elle est la petite fille d'une ancienne « danseuse de Mao ».
Qui dit « danseuse de Mao », dit en réalité « maitresse de Mao » dans un langage moins fleuri.
A travers cette enquête un peu particulière, le lecteur va découvrir certains aspects de la vie de Mao, juste qu'à des détails très personnels comme par exemple qu'il dormait dans un grand lit avec des livres…
Chen Cao va devoir user de tout son savoir-faire et sa diplomatie car il est surveillé en arrière-plan par le parti car bien entendu si ces documents existent, il va falloir ruser et surtout veiller à ce qu'ils ne soient pas divulgués sur la place publique.
L'enquête de notre inspecteur poète va se corser quand des meurtres vont survenir dans le milieu dans lequel il enquête… Hasard ? Coïncidence, ou au contraire ces meurtres ont-ils un lieu avec ce qu'il recherche ?
J'ai aimé une fois de plus suivre l'inspecteur Chen dans ses pérégrinations surtout quand il s'agit d'escales alimentaires au coeur de Shanghai….
Cette fois ci il sera principalement secondé par l'épouse et le père (le Vieux Chasseur ) de son adjoint Yu, étant donné qu'il doit mener ses investigations dans le plus grand secret.
J'ai bien aimé cette enquête qui a révélé des aspects de l'ancien leader chinois que j'ignorais totalement ( mais qui ne me l'a pas forcement rendu plus sympathique….)

Challenge ABC 2019/2020
Challenge Mauvais Genres 2020
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Eric75
  22 août 2011
Une « danseuse », c'est bien une maîtresse (plus ou moins officielle) entretenue par un nanti, un bourgeois ou un personnage de haut rang, et pas seulement une personne de sexe féminin qui pratique la danse ! La danseuse a donc d'autres talents… et c'est donc bien de cela qu'il s'agit ici, la particularité étant que le personnage de haut rang est Mao Zedong en personne !
Nous retrouvons l'inspecteur principal Chen Cao, élément appliqué et carriériste de la police de Shanghai, toujours aussi lucide sur de degré de confiance qu'il convient d'accorder aux autorités politiques de son pays. Chen comprend qu'il doit une fois de plus faire preuve d'une extrême prudence dans le déroulement de sa nouvelle mission, quand bien même elle lui a été directement assignée par le ministre de la Sécurité publique en exercice. Il est question de retrouver des documents ou objets (personne de sait trop en réalité de quoi il s'agit), qui seraient susceptibles de ternir l'image ou de compromettre la réputation du Grand Timonier.
Le roman dévoile en fait deux destins qui s'avèreront tragiquement parallèles, celui de Shang, maîtresse de Mao et danseuse, et celui de Jiao, petite-fille de Shang et dessinatrice, aux revenus occultes, qui détiendrait les secrets de sa grand-mère. Chen va chercher à rencontrer Jiao sous une fausse identité pour mener à bien son enquête.
Qiu Xiaolong nous offre cette fois-ci un livre à charge contre le régime chinois de la période Mao, qui dénonce en particulier les dérives de la Révolution culturelle et les turpitudes du dictateur vis-à-vis de ses épouses et maîtresses successives.
On appréciera (ou pas) comme toujours, les maximes, citations et extraits de poèmes, dont certains de Mao Zedong lui-même, poète à ses heures perdues, qui émaillent les romans de Qiu Xiaolong. Et on appréciera (ou pas) les incontournables et inconcevables recettes de cuisine chinoises, à consommer le plus souvent dans d'infâmes boui-bouis de quartier (J'ai un petit faible pour « la tête de carpe fumée » qui vous « regarde de ses yeux effrayants », du fond de votre bol), et parfois dans des restaurants de luxe. Quelques anecdotes historiques assez gores seront servies à table pour accompagner les plats d'anciennes dynasties chinoises proposés dans l'un des plus chics restaurants de Pékin. Et si les pattes de chameau braisées à l'échalote ne vous coupent pas l'appétit, le sort que réservait l'impératrice Lu à ses rivales y parviendra à coup sûr.
Le dénouement de l'intrigue policière est sans réelle surprise. Après quelques bagarres et quelques assassinats, l'enquête sera finalement bouclée, mais elle laissera un arrière-goût de tragédie et d'échec personnel pour Chen, malgré la réussite officielle de sa mission.
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carre
  03 février 2012
Ma première enquête avec l'inspecteur Chen, amateur de poésie et de gastronomie. le secrétaire du Parti Li lui demande de mettre la main sur un secret concernant le grand Timonier Mao. Chen devra enquéter sur la petite fille de la danseuse de Mao. J'avoue mettre par moments ennuyé à suivre ce roman au rythme peu haletant, les disgressions de Chen alourdissement un peu aussi notre plaisir. Mais la visite de la cité interdite, les arrêts dinatoires de l'inspecteur, les manigances politiques et mafieuses sont plutôt réussis. L'écriture est fluide et au final, Xialong nous séduit par sa petite musique. Ou danse bien sur la danseuse de Mao.
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critiques presse (1)
LeMonde   12 mars 2019
Cette adaptation du roman de Qiu Xiaolong nous plonge dans les arcanes de la vie intime de Mao, dont jusqu’à peu on ne soupçonnait pas la perversité. Un polar échevelé, sur une période fascinante de la Chine populaire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
robert7robert7   29 mars 2020
Mao a été détruit par ses femmes ! Une femme, c'est comme une tête de poisson : pas beaucoup de chair mais beaucoup d'arêtes et, si on n'y fait pas attention, une arête se plante dans votre gorge sans crier gare ! (page 14)
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robert7robert7   29 mars 2020
De nos jours, les gens ne regardent que leurs pieds ! Nous devons de nouveau mettre m'accent sur la glorieuse tradition de notre parti... (page 9)
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robert7robert7   29 mars 2020
Ca ira serveuse ! Nous sommes ringards. "On ne peut rien tirer d'élégant d'un morceau de bois pourri", merci. (page 40)
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santorinsantorin   23 septembre 2019
Il était très intrigué par le titre du best-seller. "Nuages et pluie" était une métaphore courante pour l'amour sexuel dans la littérature classique, évoquant les amants emportés sur des nuages moelleux et l'arrivée de la pluie tiède. Elle trouvait son origine dans une ode qui décrivait la rencontre du roi de Chu avec la déesse du mont aux Chamanes qui avait déclaré qu'elle reviendrait sous forme de nuages et de pluie. Mais "nuages et pluie" s'utilisait également dans une expression : D'un tournemain, les nuages, d'un autre, la pluie, qui désignait les changements continuels et imprévisibles en politique.
Le titre du livre pouvait-il avoir ce double sens ?
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nadiouchkanadiouchka   14 mai 2018
De nos jours, les gens ne regardent rien d’autre que leurs pieds. Le secrétaire du Parti Li Guohua, numéro un du Parti dans le service, parlait gravement et ses lourdes poches tremblaient sous ses yeux à la lumière de l’après-midi. Nous devons de nouveau mettre l’accent sur la glorieuse tradition de notre Parti. Nous devons reconstruire le système de valeurs communistes. Nous devons rééduquer le peuple… P.8
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Videos de Xiaolong Qiu (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Xiaolong Qiu
L'auteur chinois Qiu Xiaolong, connu pour sa série en langue anglaise ayant pour héros l'inspecteur Chen Cao, est venu nous présenter sa première adaptation en bande dessinée : La Danseuse de Mao. Une affaire entre la Chine de la fin des années 90 et celle de la Révolution Culturelle, où la vérité sur l'histoire d'une supposée maîtresse de Mao n'est pas forcément celle qu'attendent ses supérieurs.
Vidéo réalisée par Yves Czerczuk. Cadrage et montage : Yves Czerczuk.
Découvrir "La Danseuse de Mao" : https://www.hachette.fr/livre/la-danseuse-de-mao-9782811620400
Voir la vidéo sur Hachette.fr : https://www.hachette.fr/videos/qiu-xiaolong-presente-la-danseuse-de-mao
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