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EAN : 9782355089916
130 pages
Éditeur : Editions Baudelaire (24/07/2012)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 17 notes)
Résumé :
C'est une soirée mondaine parisienne.
Un petit monde où mensonges, manipulations et ragots provoquent parfois des dérapages incontrôlés.
Où les faiblesses des uns font la gloire des autres.
C'est une soirée qui réveille les souvenirs endormis d'Eugénie, jeune femme odieuse et misanthrope.
C'est l'histoire de ce que l'on découvre derrière le plus efficace des cache-misère, l'arrogance.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Myiuki
  01 novembre 2012
Voilà, on en arrive à la partie la plus difficile de la vie d'une lectrice ... Comment arriver à vous faire comprendre en quelques lignes le fait que le livre dont je vais vous parler est une petite pépite littéraire ? Parce que j'ai adoré me plonger dans ces pages, j'aimerais vous convaincre d'en faire autant. Parce que ce roman n'a rien à voir avec les autres, parce qu'il est original et capricieux, parce qu'il vaut la peine d'être lu, j'aimerais arriver à trouver des mots assez forts pour vous le décrire et vous donner envie, comme moi, de succomber à son charme.
Pour commencer, je vais vous parler de la couverture du roman. Sobre et qui dit tout à mon avis. J'ai totalement craqué sur cette image, sur ce regard en coin du modèle, sur sa moue, ça résume assez bien la personnalité de l'héroïne du livre, Eugénie, qui se veut à la fois odieuse et misanthrope, comme indiqué dans le résumé du bouquin. Mais elle est plus que ça, elle vous regarde en coin, l'air de dire "pourquoi tu viens m'embêter toi ? T'as pas quelque chose de mieux à faire ?". Elle est l'incarnation d'une sorte d'asociabilité étudiée. Elle fait tout pour que les autres la laissent dans son coin, se moquant d'eux, les rabrouant, pourtant, ils continuent à venir vers elle. Un cercle vicieux dont elle est la victime lors de l'évènement qui se déroule et sous-tend tout le roman, une soirée chez son ami Charles. J'avoue que les soirées mondaines pour gosses de riches (mais pas que ...), c'est pas vraiment ma tasse de thé. Forcément, nous n'avons pas les mêmes valeurs et j'ai beaucoup de mal à apprécier ce genre de toile de fond. Là, au contraire, j'ai trouvé que l'auteur amenait cette peinture comme une critique acerbe justement de ces mondains qui ne pensent qu'à boire, faire la fête, médire des autres, s'échanger des potins et avoir des conversations pour la plupart sans substances. L'auteur jette sur ces hommes et ces femmes un regard acerbe, sans concession aucune, elle nous les décortique comme s'ils étaient des insectes sous sa loupe, prêts à être grillés par la force de ses mots. Ces passages sont ceux qui m'ont fait le plus rire, quand elle fait croire aux autres qu'elle s'appelle Philippine ou encore, et là j'ai adoré !, qu'elle était accroc aux shoots à l'aspirine, vraiment, elle casse le mythe de la petite fille bourgeoise à son papa représentée par sa narratrice et, au passage, effrite encore un peu plus l'image de ces jeunes parisiens mondains, sans cervelle pour la plupart, tellement obnubilés par eux-mêmes qu'ils en oublient les autres. Une critique sociétale non négligeable, cynique et sans fards, qui nous plonge dans une réalité dorée loin d'être aussi parfaite et attrayante qu'elle en a l'air de l'extérieur. L'auteur nous offre une vue plongeante sur ce vide représentatif d'une génération qui a perdu le sens des valeurs. Ceci n'a bien sûr pas été sans me rappeler la superbe plume de Lolita Pille dans "Hell", même si c'est ici moins extrême et que l'auteur ne généralise pas les comportements, il y a une petite ressemblance qui m'a frappée, ce qui n'a fait qu'ajouter un petit plus à cet ensemble déjà si convaincant pour ma part.
Cette soirée mondaine à laquelle assiste le lecteur aux côtés d'Eugénie est aussi un prétexte évident, il nous permet de découvrir le monde dans lequel elle évolue, dans lequel elle est censée se sentir à l'aise. Mais surtout, c'est une épreuve qui va lui rappeler de nombreux souvenirs qui vont raviver certaines douleurs en elle tout au long du texte. J'ai trouvé très intelligent de la part de l'auteur d'entrecouper le présent de l'action par des résurgences du passé, des réflexions que l'on peut qualifier de philosophiques, Eugénie revient en arrière et analyse ce qui lui est arrivé. Je pense que l'auteur nous offre là un moyen de comprendre ce qu'elle est, pourquoi elle est comme ça, en nous la dévoilant à la fois maintenant et avant. Ces deux facettes de sa personnalité se rejoignent pour nous peindre l'image d'une jeune femme qui s'affiche arrogante, pédante, froide, alors que derrière, se cachent de nombreuses fissures, une jeune femme fragile, en souffrance, qui a besoin de réconfort. Il y a le masque en société et la petite fille dans le placard. L'alternance du présent et du passé confère encore un peu plus de profondeur au texte car il nous amène à décrypter ce personnage qui nous paraît assez antipathique au départ. Même si j'ai adoré et adhéré au concept du pyjama/bouclier dès les premières lignes, il était évident que les choses ne pouvaient pas en rester là. Il fallait que ce personnage soit bousculer pour évoluer. Et c'est justement ce que nous propose l'auteur avec cette fête qui va chambouler la vie d'Eugénie. On se dit au début que l'histoire est somme toute banale, c'est une jeune femme qui nous parle d'elle, de ses souffrances, de ses jeux avec les autres, mais aussi de deuil, de rupture. Finalement, Eugénie est un être complexe qui offre à qui sait la regarde de multiples facettes toutes aussi fascinantes les unes que les autres et qui nous parle de ses combats, de ses des guerres qu'elle a perdues. C'est un récit honnête, réaliste, touchant, et qui m'a beaucoup émue, sans doute parce que je m'y suis retrouvée, souvent. On ne reste pas indifférent face à ce personnages hors normes, arrogant et attachant, triste et drôle à la fois, perdue et solitaire, on ne résiste pas à l'envie de la voir aller mieux, de la réconforter, tout au long du texte, elle nous donne surtout envie de la secouer pour la sortir de cette torpeur languissante dans laquelle elle se complaît. Car il est évident qu'elle se contente de jouer son rôle sans tenter d'en sortir, elle le dit elle-même d'ailleurs à un moment donné. Elle est comme ça, un point c'est tout, on la prend ainsi ou on l'oublie. Mais tout n'est qu'illusion.
Avec Eugénie, mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Elle a un masque répulsif, elle donne l'impression de prendre les autres de haut, de jouer avec eux, mais en fait, elle est moins forte qu'il n'y paraît. Ce sont ses petites faiblesses aussi que l'auteur s'évertue à nous montrer et qui font qu'on finit par apprécier ce personnage égoïste, capricieux, limite hautain qui n'a pas été sans me rappeler les petites pestes de mes jeunes années par moments. Mais Eugénie n'est pas née comme ça, ce sont les autres et les évènements qu'elle a vécue qui l'ont façonnée ainsi, c'est intéressant justement de voir tout ce processus à l'oeuvre dans le roman. A chaque nouveau souvenir évoqué, une pièce du puzzle se met en place et nous permet de mieux comprendre Eugénie, de mieux la cerner et de comprendre qui elle est vraiment. de fait, à chaque nouvelle page que l'on tourne, on s'y attache un peu plus, fatalement. Malgré ça, Eugénie arrive à nous surprendre. Elle use du mensonge et de la manipulation comme d'armes pour se protéger des autres et de leurs commentaires, à tel point qu'elle finit par se perdre dans ces fausses vérités qu'elle invente pour ces gens qui ont oublié jusqu'à son prénom. Pourquoi se donner cette peine me direz-vous ? Pour éviter les questions sans doute. Seulement, à force de jouer, on finit par se faire prendre. J'avoue que, pendant une grande partie du texte, elle a réussi à me berner, je n'ai pas vu venir la chute concernant Julien, impressionnant ! Je me suis totalement laissée bercer par cette idée sans même essayer de la remettre en question et du coup la révélation à la fin m'a vraiment surprise ! J'ai adoré ! Surtout parce que je ne m'y attendais pas. L'auteur a bien réussi son coup ! Ensuite, ce que j'ai aimé dans ce texte c'est aussi son côté moins "superficiel" si on peut dire, celui qui est triste, qui vous donne envie de pleurer, de vous taper la tête contre les murs. Cette partie-là du texte qui aborde des sujets plus durs, telle que la mort notamment, m'ont réellement touchée. Je les ai trouvé d'une profondeur et d'une justesse incroyables. C'est tellement beau, tellement bien écrit, que ça vous reste en mémoire un certain temps. Ces sentiments que nous dévoilent Eugénie restent gravés en nous, ces bribes de souvenirs nous font monter les larmes aux yeux, on souffre avec elle, on a envie de hurler avec elle, tout ça est vraiment fort, puissant. le lecteur est pris dans un tourbillon d'émotions dont il ne ressort pas indemne. J'ai vraiment été touchée par ce personnage, par ce qu'elle a enduré. On pourrait penser que c'est une histoire banale, sans doute qu'elle l'est, mais son originalité tient au rendu qu'en fait l'auteur. Je ne sais pas comment elle a fait pour donner tant de texture, de vie à ce personnage qui nous raconte ses malheurs en gros, comme elle arrive à rendre ce roman pétillant, drôle, émouvant, j'ai été subjuguée par la façon dont l'auteur manoeuvre pour nous plonger dans les contradictions, dans les faux-semblants tout en nous révélant une vérité unique, celle d'Eugénie. Une chose est sûre, Charline Quarré est très douée pour amener son lecteur là où elle le souhaite.
J'ai tout simplement dévoré ce roman ! D'ailleurs, mon plus gros reproche, c'est qu'il est trop court ! J'étais tellement happée par l'histoire, par les mots, que je ne voulais pas m'arrêter si vite. C'est l'un des seuls points négatifs que je peux relever pour ce texte. le second est justement la fin du récit. Et ce n'est pas parce que j'ai trouvé le roman trop court que je dis ça mais c'est parce que j'ai trouvé la fin trop rapide, trop facile. Et puis celle-là, je l'avais vu venir, dommage ! Même si c'est une évidence dès le début, j'aurais voulu que les choses ne se fassent pas si simplement. Après tout, on nous serine tout au long du texte qu'Eugénie est loin justement d'avoir un caractère facile, alors, pourquoi avoir fait si simple ? Je reconnais cela dit que c'est une très bonne conclusion au texte, j'ai adoré d'ailleurs cette partie-là du texte que j'ai trouvé plus intense encore que le reste du roman, sans doute parce qu'on arrive au terme du roman et que l'on sait, qu'on est au paroxysme de ce que peut supporter Eugénie en une soirée. Je ne sais pas. Je l'ai senti venir, ça ne m'a pas dérangée, au contraire, j'attends justement de voir comment ce dénouement allait se dérouler, mais il m'a manqué une petite touche en plus pour que ce soit réellement "crédible" et explosif. C'est dommage parce que, vraiment, j'ai été subjuguée par le récit tout du long, par son originalité, par sa complexité. Je m'attendais à quelque chose de plus .... Maintenant, je ne saurais expliqué à quel point j'ai adoré ce roman. Mis à part ce petit bémol, l'ensemble est captivant et détonnant. C'est un véritable régal que de tourner ces pages les une après les autres sans les voir passer et en se laissant emporter dans la vie de cette héroïne unique. J'ai aimé découvrir Eugénie, j'ai aimé sa façon de voir le monde, son côté - faussement ? - rebelle de petite fille à papa, ses boutades, ses répliques acérées et qui font mouche. J'ai aimé son côté tendre aussi, enfantin, celui qui attend qu'on s'occupe de lui et qu'on lui dise quoi faire. Au fond, Eugénie est une petite fille boudeuse qui attend patiemment qu'un prince débarque et lui permette de grandir un peu, de se prendre en main. Cette idée qu'il faut la bousculer un peu pour qu'elle change, qu'elle évolue, est une constante dans le roman, et on attend tout du long cette petite étincelle qui la fera se réveiller. Une belle au bois dormant des temps modernes si on veut. Finalement, ce roman a aussi un côté moralisateur. A force de jouer, de se laisser aller, de ne pas essayer de changer, on s'englue dans un rôle qui nous colle à la peau et finit par nous bouffer. Ce roman est un sursaut, une prise de conscience. Il vous parlera, peu importe votre situation, il vous touchera, c'est ainsi. Mais surtout, il vous fera réfléchir. La question que je me suis posée en refermant ce livre c'est : est-ce que je suis vraiment celle que l'on croit que je suis ? Moi aussi, je porte un pyjama qui me protège du monde extérieur.
Pour finir, je vous parlerais de ce qui m'a embarquée dans le début dans ce récit : le style d'écriture de l'auteur. Qu'en dire si ce n'est que j'ai totalement succombé aux charmes de cette plume ? L'auteur écrit d'une façon incisive, entraînante, son récit fait de phrases courtes se lit sur un rythme soutenu, elle ne laisse pas le temps au lecteur de respirer, à part peut-être, durant les blancs qui séparent les paragraphes. C'est un style percutant, qui vous touche en plein coeur, à tel point que j'en ai pris des notes. Ces mots m'ont parlé, j'ai eu cette irrépressible envie de m'en souvenir, de les noter pour ne pas les oublier. C'est un style qui ne vous laisse pas indifférent parce qu'il vous fait réagir, tantôt drôle, tantôt tragique, il vous emprisonne dans les méandres d'une réflexion humaniste qui vous remet en cause, qui vous reflète. Ce texte peut paraître dur, abrupt et pourtant, moi j'y ai vu beaucoup de tendresse, de détresse, de maladresse aussi. Il m'a fait rire comme il m'a fait pleurer. C'est avant tout un récit honnête qui ne cherche pas à faire semblant. Son réalisme est confondant. J'ai aimé aussi la désinvolture, l'insolence de l'auteur, ce côté "jem'enfoutiste" affiché mais qui cache derrière cette façade une profondeur et une beauté extrêmes. On est entraîné dès les premières pages dans un tourbillon de sensations, d'émotions, qui vous marque, qui vous façonne, c'est une lecture intense, pas facile, non, mais tellement plus réconfortante de ce fait-là justement. Si ça avait été facile, je me serais ennuyée. Ici, le fait que ce récit, d'apparence banal, soit raconté de cette manière, vivante, mordante, ça m'a accrochée. J'avais le besoin impérieux de tourner les pages plus vite, de les relire pour m'en imprégner, car je voulais connaître la fin. Finalement, ce texte est très addictif, impossible d'en décrocher une fois qu'on l'a commencé. Et je trouve que pour une jeune auteur, la plume est on ne peut plus accomplie, rien à redire. Ce que j'ai aimé aussi, c'est le côté cynique du style, le fait qu'on ne cache pas la laideur des choses, des gens. C'est un texte qui dévoile tout, qui nous donne envie de hurler, de vomir, de donner des coups, mais surtout, de se libérer. Un texte puissant, fort, extrêmement bien écrit, poignant, tout simplement. J'ai rarement lu une plume aussi expressive, qui fait mouche avec un minimum de mots et qui reste gravée en mémoire bien des jours après. Ce sont des mots qu'on a envie de relire, de revivre, de ressentir. Oui, ce roman c'est avant tout un concentré d'émotions, d'amour aussi. J'ai adoré la fait, que malgré les thèmes difficiles qui sont abordés, la drogue, la dépression, le deuil, il ne soit pas larmoyant. On ne tombe pas dans le mélodrame, tout est rendu avec justesse et mesure. C'est au final assez épuré comme style, on va à l'essentiel, on ne s'encombre pas de fioritures inutiles qui viendrait interférer avec l'essentiel. L'auteur nous délivre ici des pensées intimistes avec parcimonie mais je peux vous affirmer qu'elle n'a pas été avare au niveau des sensations que vous allez éprouver en lisant ce texte. Tout simplement magique !
Pour conclure, vous l'aurez compris, j'ai été totalement séduite par ce court roman qui m'a embarquée dans une histoire triste, certes, mais remplie d'espoir. J'ai adoré chaque ligne de ce texte, je me suis amusée, j'ai pleuré aussi, mais une chose est sûre, à aucun moment je n'ai ressenti un manque, un vide, à chaque instant au contraire, je ressentais quelque chose. C'est un roman qui vous emporte avec lui, qui ne vous laisse pas d'autre choix que de le lire car il en vaut assurément le détour. Un moment de lecture que je ne suis pas prête d'oublier ! Je vous le conseille, vraiment !
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angelita.manchado
  20 décembre 2012
Il y a quelques mois, Eugénie se retrouve seule et depuis elle traine sa tristesse, sa colère. Elle ne veut voir personne.
Elle est invitée à une soirée chez son meilleur ami mais elle ne veut pas y aller. Sa mère l'y force. Eugénie se décide donc.
Et au cours de cette soirée et des gens rencontrés, elle va nous faire part de ce qu'elle ressent depuis qu'elle est toute petite.
On va avoir affaire à la méchanceté des autres mais celle d'Eugénie, une méchanceté comme une carapace.
Je tiens avant tout à remercier Charline Quarré qui m'a envoyé un petit mail pour me proposer son second roman à la lecture.
Je ne sais pas si ma critique lui plaira, mais comme pour tout je serai impartiale.
J'ai été un peu déstabilisée au départ car je mettais mis dans la tête que Julien avait quitté Eugénie. Mais Eugénie annonce à tous qu'il est mort. J'ai quand eu très vite ma réponse.
Ensuite, j'ai trouvé quelques similitudes avec le premier roman de Charline Quarré. Déjà, le prénom Julien et son emploi. L'héroïne qui travaille pour son père et également son caractère. Elle est seule, n'a pas d'amis.
Par rapport au premier roman, nous avons quelques éléments concernant sa jeunesse mais très peu. C'est réellement pour nous indiquer pourquoi elle est comme ça ou devenue comme ça.
Charline Quarré, voici sa page FB, nous relate à merveille les relations qu'Eugénie a avec sa mère. Des relations souvent conflictuelles mais une maman qui est toujours là, peut-être trop présente dans la vie de sa fille. Et même si Eugénie peut être en colère contre sa mère, elle arrive à reconnaître que sans elle, elle ne serait rien. Ces passages ont eu un écho pour moi car c'est un petit peu la période que je vis actuellement avec Mademoiselle. On crie, on gueule contre ceux que l'on aime le plus et après on s'excuse. Que ce soit Eugénie ou Mademoiselle, elles doivent chacune faire face à des éléments de leur vie très difficiles à vivre. Mais chez nous, le papa est bien présent. Même s'il y a une difficulté à se confier pour Mademoiselle. Par contre, je pense qu'Eugénie aurait aimé pouvoir se confier à son propre père.
Eugénie porte un regard extrêmement clair sur les autres mais également sur elle. Elle sait ce qu'elle a vécu, ce qu'elle vaut. Elle nous fait part, en définitive, qu'elle a été brimée dans ses sentiments, dans ses actions. Elle a toujours voulu se conformer au regard des autres, surtout les hommes qui étaient censés l'aimer. Mais cela au mépris de sa propre vie et de ce qu'elle ressentait.
D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle s'est toujours sentie incomprise, à part. Ce qui l'empêchait d'aller vers les autres. Et lorsqu'elle se faisait un ou une ami(e), quelques mois après, celui-ci cassait la confiance qu'elle avait mis en lui. Donc, pas top pour se confier et se faire des amis dans ce cas-là. Il vaut mieux être seul que mal accompagné.
Eugénie traîne un profond mal être. Elle a honte de ce qu'elle est, de ce qu'elle est devenue : son enfance seule, sa vie, le fait d'avoir été plaquée, le fait de se barricader pour ne pas montrer ses sentiments, le fait de mentir. On n'a jamais dit la vérité à Eugénie. On pense qu'elle a été protégée mais peut-être pas assez ou pas de la façon qu'il le fallait. Elle n'a surtout pas été prise en charge comme il le fallait à la mort de son demi-frère. Personne ne s'est intéressée à ses sentiments, à ce qu'elle ressentait.
Charline Quarré mêle avec maestria les sentiments profonds, la tristesse, mais aussi des moments de joie et la description de certaines personnes qui se croient supérieures aux autres, qui sont méchantes depuis l'enfance, des gens que l'on n'aimerait pas rencontrer et avoir dans une soirée. Beaucoup de dérision, de sarcasme sur ces gens qui tentent de s'immiscer dans la vie des autres par une parole, un geste.Elle utilise également un ton agressif pour montrer qu'Eugénie veut qu'on la laisse en paix.
Charline Quarré sait détailler les sentiments sur plusieurs mois, les pleurs, ensuite la colère, l'impatience et le remords d'Eugénie.
Par contre, Charline a bien fait d'avoir écouté sa mère qui la forçait à sortir, même si la soirée s'est mal passée à 90 %.
Un élément dans ce roman ne serait-il pas autobiographique ? En effet, Charline Quarré parle de l'édition du premier roman d'Eugénie et elle n'a pas ressenti de la joie en apprenant la nouvelle.

Lien : http://angelitamblog.com/201..
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gwenleen
  20 janvier 2015
Là où certains caracolent en têtes de gondoles ou sont un peu trop présents sur tous les fronts pour de la pub intempestive, d'autres sont au contraire très discrets, passent presque inaperçus, alors qu'ils ont au bout de leur plume un petit bijou. Ces romans qui se sont glissés dans nos rayons subtilement, que nous n'aurions jamais regardé si la blogo et autres réseaux de lecteurs ne nous en avaient pas parlé, ceux qui comme ça au détour d'une page nous offrent la surprise d'une plume qui touche et qui heurte, ils sont rares et pourtant si agréables. Mais en voici un, voici une de ces petites perles, une très belle surprise.
Charline Quarré a écrit un roman où chaque personnage nous touche par son naturel et dégage quelque chose de particulier. Un roman qui se lit d'une traite parce que nous sommes là présents dans cette soirée. Un roman où l'humain se dévoile et où les masques tombent. Un roman qui a un tel pouvoir d'attraction que vient le moment magique où vous ne distinguez plus la fiction de la réalité, où vous êtes pris d'un léger étouffement du à la fumée dans la pièce, où vous êtes enivrés par les vapeurs d'alcool, et où vous êtes aussi mal qu'Eugénie empêtrée dans ses mensonges et son mal-être.
Une question, une seule, pourquoi cette auteure n'est-elle pas plus connue? Comment un tel travail peut-il rester dans l'ombre? Pourquoi ne voyons-nous plus rien passer de cette plume bourrée de qualités?
Parce que des qualités elle en dégage cette plume ... le roman est court, mais il n'en fallait pas plus. Aucun remplissage inutile, aucune longueur que de l'essentiel pour refléter le réel, expliquant par là même qu'il soit si court (une soirée on a dit ... il n'en fallait donc pas plus!). Les descriptions sont présentes et surtout au service de ce que doivent refléter l'ambiance et les acteurs en présence, elles plantent le décor et nous plantent dedans. Les dialogues sont incisifs, piquants, et pourtant tellement réels. Charline Quarré a pour moi cette faculté de décrire les relations les plus tordues et de décrire le réel sans s'encombrer de superficialités, cette faculté de plonger son lecteur dans le décor le plus anodin pour le transporter dans une histoire simple de prime abord mais pourtant si riche.
Un maniement de plume si fin ne devrait pas rester caché ... Je ne suis pas passée loin du coup de coeur.
Paru aux éditions Baudelaire, je me demande quels trésors cet éditeur peut-il avoir dans son catalogue ...
Lien : http://desmotssurdespages.ov..
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sofynet
  01 mars 2013
L'histoire : Eugénie est malheureuse. Elle a pourtant l'argent, le travail grâce à papa, elle ne devrait pas se plaindre. Mais elle n'est pas heureuse. Malgré tout, poussée, encouragée par une mère bienveillante, elle se rend à cette soirée qu'elle sait ne pas être pour elle. Elle y restera, entourée de gens qui lui importent tellement peu, prête à tout, mensonge, fuite, excès, pour s'échapper un peu de cette réalité qui ne lui convient pas, pour se libérer de ce règne des apparences. L'histoire est courte, concise, avec une unité de temps et de lieu. Elle est cependant tellement plus que l'on est happé par la lecture.
Le style : Tout de suite plongé au coeur de la narration, le récit nous emmène donc non seulement au sein de cet appartement parisien huppé, mais aussi au coeur de toutes les préoccupations d'Eugénie. Cela est écrit avec une grande finesse et une telle plume qu'on le lit d'un trait, sans aucune difficulté. L'auteur a su passer du présent aux évocations du passé sans cassure, sans hacher le récit. Elle a su décrire sans alourdir, rendre des dialogues vivants sans les faire artificiels. Bref, la lecture de ce roman est très agréable.
Et la couverture alors ? On imagine très bien Eugénie dans ce visage, essentiel élément du roman.
En conclusion ? Charline Quarré a su pour moi écrire une pépite avec un sujet difficile et qui aurait pu être d'une froideur terrible. J'ai trouvé cette jeune fille d'une tristesse absolue, et quand on découvre, comme les différentes peaux d'un oignon, le pourquoi de la chose, on comprend tellement. Et on lui pardonne beaucoup, ces mensonges, son associabilité, son égoïsme même. Comment n'aurait-on pas envie de dire à tous ces gens d'apparence si superficiels d'aller se faire voir avec leurs petits nombrils...Mais eux aussi ont peu-être autant de poids à porter, eux aussi ont-ils peut-être autant de secrets, de non-dit enfouis au plus profond d'eux....
Ce livre m'a secoué car c'est une réelle spirale qui emmène le personnage, et nous de fait, toujours plus profond, à se demander si Eugénie atteindra le fond de la piscine pour pouvoir remonter... On sent bien qu'elle n'est pas toujours à plaindre, mais on lui donne des excuses, et on la comprend finalement.
J'ai passé un moment - court, certes- mais vraiment poignant en lisant ces pages. Je ne parle volontairement pas de la fin, mais l'auteur a réussi à me faire éprouver beaucoup d'ampathie pour une jeune fille qui, si je l'avais croisé, si elle existait vraiment, m'aurait peut-être laissée indifférente ou agacée. C'est tout l'art de maitriser la plume. Et cela donne à réfléchir sur les à priori que l'on peut avoir parfois, sur la façon qu'à chacun de réagir aux choses, sur l'absurdité de la phrase "Tu as tout pour être heureuse".
Lien : http://sofynet2008.canalblog..
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letteratura
  16 mars 2013
Le deuxième roman de Charline Quarré, je l'attendais depuis…longtemps ! L'attente est terminée, puisque je l'ai lu et j'en suis satisfait, parce que j'ai redécouvert l'écriture de l'auteur et aussi son monde assez noir. Je vous précise tout ça dans ma chronique, pour vous dire que c'est un nouveau coup de coeur !
L'écriture de l'auteur est encore excellente, fluide, intéressante, facile à lire. Ca se lit facilement, je la conseille à tout le monde. La tournure de ses phrases sont tout simplement magnifiques. Une écriture fluide et facile pour un thème, comme ici, assez noir et sombre.
En effet, dans ce roman, Charline Quarré nous montre encore une fois une critique acerbe de la société qui est ici davantage d'actualité parce qu'Eugénie nous fait traverser le tout-Paris pour le critiquer puisqu'il y a matière à critiquer. Tout le monde est à la recherche de choses pour faire mal l'autre, c'est un univers impitoyable décrit par l'auteur.
Mais tout n'est pas mauvais dans la vision de l'auteur, ce qui m'a un peu rassuré puisque ça devenait un poil trop pessimiste. Puisqu'il existe, comme partout, une pointe de bonté dans ce monde qui pourra redonner une pointe d'espoir à Eugénie qui est le mal-être incarné.
Eugénie, comme je l'ai dit plus haut, est le mal-être incarné suite à une défaite amoureuse qui la laisse sans voix. Elle est déprimée, rien ne peut la rassurer, mais quand sa mère l'oblige à aller à la soirée de son ami Charles, elle y va de force. Mais cela ne fait que lui montrer que le monde ne mérite pas d'être vu. On y voit ici un pessimisme sans bornes, un amour rendu dépressif, une solitude infinie… Eugénie est un peu la somme de tout les problèmes qu'ont les gens d'aujourd'hui. On l'aime comme moi, ou on la déteste, c'est à vous de faire le choix. Je me suis beaucoup attaché à elle.
Dans ce roman, l'auteur a décidé de faire court, ce qui est déplorable vu la qualité de la plume et du récit, j'en suis déçu, ce qui est le point problématique de cette oeuvre puisque le reste est tout simplement sublime. Je dirais alors que c'est un livre court, concis, qui a tout ce qu'il faut dans peu de pages, ce qui est vrai.
J'ai apprécié la façon dont l'auteur a de construire son récit, puisqu'ici, contrairement à son premier roman, l'auteur a une structure bien définie. Elle use, comme au théâtre classique, de la règle des trois unités, unité d'action, de lieu ce qui semble, bizarre au début, mais par la suite, on s'y habitue et on s'y sent assez bien. Je dirais pour conclure, que c'est une oeuvre moderne à la formation classique. Plus qu'un roman, c'est une “novella” comme diront les anglais.
Je sais pas vous, mais moi, j'ai senti que ma chronique était assez journalistique, qu'en pensez-vous ? Mais bon, j'aime mon avis, comme j'ai adoré ce livre, un coup de coeur en “novella”, je dirais. Vous aurez dans les jours à venir, de nouvelles petites surprises en rapport avec ce bouquin que j'ai vraiment adoré.
Lien : http://letteraturaa.wordpres..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
josteinjostein   03 novembre 2012
- J'ai dit n'importe quoi à tout le monde, n'importe quoi.
- Tu voulais juste te protéger.
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josteinjostein   03 novembre 2012
On se cache victime, on se cache coupable.
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