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ISBN : 2702166806
Éditeur : Calmann-Lévy (24/04/2019)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l’embauche de José Manuel Durão Barroso, l’ancien président de la Commission, par la banque d’affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l’élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d’échecs, de l’économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
pdemweb1
  08 juillet 2017
Lors des dernières élections en France, un critère de choix a pu être : rester ou sortir de l'Europe ; il me semble n'avoir entendu que des raisons de quitter cette communauté.
Lorsque la Masse critique a proposé le livre de Jean Quatremer, « Les salauds de l'Europe, guide à l'usage des eurosceptiques », j'ai proposé ma candidature afin de comprendre les arguments d'un pro-européen.
C'est un livre de journalisme et contrairement à un roman, Jean Quatremer ne contrôle pas ses personnages, et même souvent le heurtent et le scandalisent.
Le titre présage bien du contenu du livre : les acteurs de la construction européenne qui ne se sont pas montrés à la hauteur de leur mission sont nommés.
Les arguments des eurosceptiques sont balayés simplement et fermement.
Les démonstrations de Jean Quatremer se basent sur l'histoire de la construction européenne ; bien que passionnante, cette histoire a eu un effet inattendu, elle m'a angoissé
Merci aux éditions Calmann Levy pour ce livre qui me permet mieux d'appréhender ces institutions trop mystérieuses.
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Ileauxtresors
  17 juillet 2019
Au fil des décennies et des traités, l'Union européenne est devenue un espace de décision politique à part entière, dont les interventions sont de plus en plus palpables dans les États-membres. Si les Européens se sont longtemps assez peu intéressés à ces transformations, tous les indicateurs suggèrent désormais que cette ère du « consensus permissif » est bel et bien derrière nous : défiance révélée par les sondages et les résultats des référendums, percée des partis eurosceptiques, difficultés croissantes pour trouver des compromis entre gouvernements contraints par leurs opinions publiques réticentes…
Trop longtemps, les critiques de l'Union européenne n'ont pas été suffisamment prises au sérieux : disqualifiées en les présentant comme « eurosceptiques » (un gros mot inventé dans l'Angleterre des années 1980 pour stigmatiser les frondeurs du parti conservateur), populistes ou stratégiques. Ce n'est pas si simple : les arguments eurocritiques et eurosceptiques s'inscrivent en réalité dans plusieurs types de registres et sont souvent fondés à certains égards. Mais souvent, les polémiques ne rendent pas justice à la complexité de la situation. Par exemple, les débats sur le « déficit démocratique » de l'Union européenne ont lieu aussi parmi des chercheurs comme Simon Hix ou Peter Mair, que l'on ne saurait soupçonner d'être eurosceptiques par opportunisme. Force est de constater qu'au prisme de nombreuses conceptions de la démocratie, l'Union européenne fait pâle figure, avec son Parlement sans droit d'initiative, ses procédures technicistes qui contribuent à dépolitiser les dossiers, ses élections qui ne sont pas menées sur des thèmes européens, ses compromis négociés de façon opaque, etc. Et en même temps, il est nécessaire de mettre ces observations en perspective en tenant compte des conditions historiques dans lesquelles les institutions communautaires ont été conçues, du poids énorme des États qui ne veulent pas lâcher grand-chose, de la crise démocratique qui est plus large et ne concerne pas que le niveau européen, des spécificités de l'Union européenne qui compte 28 pays membres et plus de 500 millions d'habitants aux cultures politiques et aux intérêts souvent très diversifiés. Dans un tel contexte, on peut légitimement argumenter que le système de l'UE, si alambiqué et inintelligible semble-t-il, est plus adapté qu'un système plus clair dans lequel une majorité pourrait s'imposer sur une minorité. Comme l'illustre ce débat, les choses sont souvent plus compliquées que ce que suggèrent les discours politiques et les campagnes référendaires.
L'immense mérite de Jean Quatremer est de prendre au sérieux les accusations visant l'Union européenne. Au fil des chapitres, elles sont examinées une à une : l'Europe s'est-elle faite « dans le dos des peuples » ? Est-il justifié de faire des parallèles entre l'UE et l'URSS ? Les institutions communautaires sont-elles démocratiques, ou technocratiques et hors-sol ? Les États conservent-ils des marges de manoeuvre face à une Europe qui semble se mêler de tout ? L'Europe est-elle ultra-libérale ? Ne faudrait-il pas refonder radicalement le projet européen ou au contraire s'en distancer pour retrouver des marges de manoeuvre nationale ?
En tant que chercheuse travaillant sur ces questions, j'ai été très admirative de la capacité de Jean Quatremer de restituer simplement, sur chacun de ces aspects, des débats souvent complexes. L'argumentation est très bien étayée et informée par la connaissance fine qu'a l'auteur, correspondant de Libération à Bruxelles depuis 1990, de l'Union européenne. Jean Quatremer n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat et à pointer les dysfonctionnements, notamment au niveau de la commission européenne, mais aussi le caractère absurde, voire délirant de certaines critiques. Il me semble particulièrement bienvenu de souligner, comme il le fait, le poids énorme que conservent les États dans l'architecture institutionnelle de l'UE : les décisions de « Bruxelles » ne tombent pas du ciel, mais sont prises, souvent à l'unanimité, par nos représentants que cela n'empêche pas d'attribuer le blâme de politiques impopulaires à l'Europe...
Il faut également rétablir la vérité quant au poids réel de l'UE : les domaines pour lesquelles les compétences ont été entièrement déléguées à des institutions européennes se comptent sur les doigts de la main, les États ayant souvent préféré exercer ces compétences de façon partagée ou conserver leur entière souveraineté (en particulier sur presque toutes les politiques budgétaires). En revanche, il me semble que l'ouvrage minore (ou ne reconnaît pas suffisamment) les conséquences de l'absence d'intégration des politiques sociales et fiscales : les travaux du chercheur allemand Fritz Scharpf, par exemple, montrent très bien que c'est précisément parce que les États n'ont pas souhaité coopérer, tout en permettant la mobilité des marchandises et des capitaux, que s'est déployée une compétition sociale et fiscale, in fine au détriment de tous.
Si je ne rejoins donc pas l'analyse de Jean Quatremer dans son intégralité, j'ai donc énormément apprécié le sérieux et la solidité de son argumentation. À cet égard, ce livre me semble idéal pour quiconque souhaite se mettre au clair sur le fonctionnement de l'Union européenne et sur les débats à propos de sa légitimité. Un grand merci aux éditions Calmann Lévy et à Babelio de m'avoir permis de le découvrir dans le cadre de l'opération Masse Critique Non Fiction de juin 2019.
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mosaique92
  05 août 2019
Grâce à l'opération Masse critique de juin, j'ai lu la deuxième édition de cet essai parue cette année (merci à Babelio et aux Editions Calmann-Lévy) ; «Mes ‘'Salauds de l'Europe'' sont parus le 25 mars 2017, pour les soixante ans du traité de Rome, à quelques jours du lancement des négociations du Brexit. En deux ans, il s'est passé beaucoup de choses et les Britanniques sont toujours là. J'ai donc décidé de faire une seconde édition revue et augmentée. » (interview de l'auteur).
Jean Quatremer est europhile : « L'Europe est dans mon ADN ». Mais voilà… cet europhile est revenu de ses illusions face à ce qu'est devenue l'UE : « Longtemps, j'ai cru en l'Europe. Longtemps, j'ai souhaité l'émergence des États-Unis d'Europe. Longtemps, j'ai pensé qu'elle était notre Terre promise, celle qui nous permettrait de dépasser les États-nations, ces fauteurs de guerre. Aujourd'hui, c'est fini. Je n'y crois plus. Elle n'a pas été inutile, mais son rôle historique est derrière elle... » (chapitre 0)
Il retrace l'historique depuis la CECA jusqu'à l'UE en passant par la CEE. Après une série d'avancées sous la présidence de Jacques Delors (Schengen, Acte Unique et monnaie unique), à partir de 1995 et au fur et à mesure de l'élargissement de l'UE (passée de 15 à 28 membres), la Commission Européenne s'est peu à peu réduite à n'être plus que le secrétariat du Conseil européen des chefs d'États et de gouvernements ; ce qui a bloqué toute tentative d'intégration, en particulier dans les domaines politique et social, tout changement dans les domaines d'intervention de l'UE devant se décider à l'unanimité.
Pour Jean Quatremer « Les salauds de l'Europe, ce sont des gens qui ont salopé une idée absolument merveilleuse, qui est l'union européenne.
Conséquence : « le régalien est resté du domaine quasi exclusif des Etats membres (…) Ce géant économique et commercial est un nain politique et diplomatique (…) Voilà l'Europe dont on ne veut plus : capable de réglementer la taille des chasses d'eau, mais incapable d'affronter les grands défis du monde moderne ». L'UE ne s'occupe pas des vrais problèmes : absence de défense européenne (rendue urgente après le Brexit et les menaces de Trump sur l'OTAN), absence de politique étrangère commune (problématique devant les crises majeures mondiales actuelles), absence de corps de contrôle européen des frontières extérieures de l'UE (problématique face aux vagues d'immigrations), absence de cour d'appel européenne pour harmoniser le droit d'asile dans l'UE, absence d'Europe sociale et fiscale entrainant dumping social et fiscal entre pays de l'UE.

Conclusion : « Il faut soit réformer, soit détruire cette Union dont les peuples s'éloignent jour après jour ».

La dernière phrase du livre est réaliste : « Les salauds de l'Europe, en d'autres mots nos élites nationales (1), vont-elles détruire le rêve européen par leur incapacité à voir au-delà de leurs intérêts politiciens immédiats ? On peut vraiment le craindre désormais ».

(1) Jean Quatremer avait fondé beaucoup d'espoirs sur l'élection d'Emmanuel Macron, dont la campagne pour la présidentielle, l'investiture et le discours de la Sorbonne faisait une large place à l'Europe ; mais celui-ci n'a pu réaliser son programme, contré par l'Allemagne et non soutenu par la Commission et le Parlement.
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tiben
  21 juin 2017
Gagné dans le cadre d'un Masse Critique, je remercie Babelio ainsi que Calmann Lévy pour cette lecture instructive.
L'Europe.. que n'entend on pas dessus. Vérités et contre-vérités, comment faire le tri? Faut-il faire table rase de tout comme l'affirment certains mouvements politiques? Faut-il à l'inverse être "euro-béat"?
Jean Quatremer est correspondant à Bruxelles. Il était donc bien placé pour nous parler de tout cela.
Pédagogique et didactique, il prend un à un les différents thèmes/critiques/faits/contre-vérités (chacun choisira le terme qu'il souhaite) et disserte dessus.

Ce qui est appréciable, c'est que ce n'est pas pro "tout" ou anti "tout". Il est Ok avec certaines choses et plus circonspects sur d'autres (plus nuancés va t on dire). Ils prouvent aussi, arguments à la clé, que beaucoup de contre-vérités sont dites à propos de l'Europe. Convaincant !
Je le rejoins en effet la dessus, l'Europe est imparfaite, l'Europe est souvent contraignante (beaucoup trop de normes inutiles par exemple) mais elle est indispensable! Et plus que jamais...
Il faut continuer à la construire, et ce "guide à l'usage des eurosceptiques" est à la fois une parfaite illustration et démonstration de ce besoin. Les argumentations sont pertinentes, le style fluide et non rébarbatif, ce qui fait que la lecture est réellement enrichissante.
Même s'il est politique, donc spécialisé et réservé à des gens avertis, je vous conseille vivement cet ouvrage. Vous en ressortirez je l'espère en fervent défenseur de l'Europe.
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lcath
  05 mars 2019
A l'approche des élections européennes , j'ai décidé de cesser de faire l'étoile de mer et de me contenter de deux trois articles pour avoir l'air au courant de ce qu'est l'Europe. J'ai donc attaqué ma préparation électorale(!) , avec ce bouquin et aussi un peu parce que j'en ai assez d'entendre n'importe quoi sur l'UE.
Franchement c'est super intéressant ! Les chapitres se déroulent grosso modo sur le même mode, les critiques sur l'Union Européenne, (et certaines ne sont pas toujours infondées), Quatremer investit ces critiques (quand elles tiennent la route) montre leur part de vrai, puis déconstruit en remettant en situation politique, historique, sociale
ce qui est reproché ou demandé.
Du coup ça cogite, ça cogite et j'en ressors avec une vison, non pas plus claire de l'UE, mais plus foisonnante et avec l'envie d'en apprendre plus et de comprendre encore mieux. ( enfin ça c'est fonction de mon cerveau...du coup c'est pas gagné !) .
On le lit facilement, ce n'est pas prise de tête sans être superficiel, , il y a de beaux retours sur l'histoire de l'union, un seul bémol, il me manque un organigramme ou quelques tableaux pour visualiser les différentes instances, leur rôle et leurs interactions.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
poirropoirro   29 juin 2017
"Ne dites pas à ma mère que je travaille à la Commission, elle me croit pianiste dans un bordel" aurait pu être le titre de ce chapitre. Autant les fonctionnaires européens étaient fiers, dans le passé, d'afficher qu'ils travaillaient pour l'Europe, autant depuis 20 ans, ils s'en cachent. [...] Les eurocrates, et plus particulièrement ceux de la Commission, ont conscience de cristalliser tous les ressentiments qu'une partie de la population porte à l'égard de cette Europe accusée de tous les maux.
P 140
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poirropoirro   30 juin 2017
Le bricolage est inscrit dans l'ADN européen tout simplement parce que ce sont des Etats, souvent millénaires, qui sont à la manœuvre, et non un "peuple européen" qui n'existe pas - ou pas encore - en tant que corps constitué. Il est facile de rêver d'une Europe parfaite ou d'une France parfaite, seule dans son coin, mais infiniment plus difficile de la réaliser, les réalités nationales, historiques, politiques, diplomatiques ne pouvant être balayées d'un revers de la main. L'histoire de la construction communautaire montre que chacun a dû faire des compromis et a parfois joué, pour des raisons d'intérêt national, contre ses convictions profondes.
P 297
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poirropoirro   29 juin 2017
Passer son temps à blâmer Bruxelles, alors que les Etats en sont partie intégrante, cela fait le lit des eurosceptiques. La communautarisation des échecs nationaux et la nationalisation des succès européens, voilà qui tue plus sûrement l'idée européenne que tous les eurocrates ultralibéraux réunis.
P46
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poirropoirro   30 juin 2017
Pour reprendre une image chère à Jacques Delors, l'Union est une Ferrari dotée d'un moteur de 2CV. Et la voiture est conduite par vingt-huit Etats qui ne sont pas d'accord sur la destination et la vitesse...
P 226
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poirropoirro   29 juin 2017
La vie politique des Etats membres est pleine de ces conflits d'intérêts et de ces mélanges des genres, mais personne ne demande pour autant leur destruction comme le font les europhobes à chaque faux pas de Bruxelles.
P 194
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