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ISBN : 2266045660
Éditeur : Pocket (30/11/-1)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Quelle fatalité poursuit de génération en génération, jusqu'à nos jours, cette famille d'exilés russes réfugiés en Lorraine ?
Dans un manoir en bois de la forêt vosgienne, réplique d'une demeure ancestrale incendiée par les moujiks à la Révolution, vit la petite Ilinka surnommée Tita. Rescapée à six mois d'un accident d'auto où sa mère a péri brûlée, marquée par une cicatrice au visage, Tita refuse son rôle de personnage tragique et fatal annoncé depuis toujo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
TCHITAT92
  09 novembre 2014
Que j'ai aimé cette lecture !!!
Dès le premier commentaire que j'ai croisé sur Babelio à propos de ce livre ce livre, je l'avais mis dans ma PAL (et sur ma liste d'anniversaire par la même occasion !).
Un roman qui réunisse tous mes thèmes de prédilection - la Russie, les relations familiales, la psychologie, le style - le rêve !
Je craignais d'être déçue, comme on l'est souvent à trop attendre de quelque chose ou de quelqu'un, mais non, Yann Queffélec a rempli sa mission jusqu'au bout !
Commençons par la forme : un style magnifique, à la fois classique et unique, des descriptions précises et émouvantes (moi qui ne suis pas une grande fanatique des descriptions en général), une écriture de la psychologie, du ressenti des personnages, tout en finesse et profondeur...
Continuons avec le fond ; un fond sans fin, qui nous pousse à réfléchir, à nous remettre en question, les conséquences de notre vécu, de non-dits, sur nos enfants, petits-enfants... Nous sommes le fruits, nos vies sont aussi le fruit de ceux qui nous ont précédé, et même si, heureusement, nous pouvons agir sur nos trajectoires, nous ne le pouvons qu'en ayant pris conscience de ce qui pèse sur nous de part notre hérédité, notre passé.
Il est question de matriochkas dans ce roman, et je trouve que le récit lui-même est une matriochka, où chaque personnage imbrique celui qui le suit, l'enferme dans son propre passé.
Bien sûr, ce n'est pas un roman "solaire", lumineux, duquel on sort tout rasséréné ; le dégoût, la colère, peuvent nous traverser au cours de cette lecture, mais tout est tellement beau dans la noirceur, tellement vrai dans cette histoire de conte sombre, les personnages sont tellement humains dans leurs névroses...
Concluons maintenant ! En un mot (deux, plus précisément), ce roman a été une véritable "claque littéraire" pour moi.
Je ne pense pas que ce soit le genre de roman qui plaise à tous, mais quand il plaît, il plaît au centuple !
J'ai hâte de découvrir les autres romans de cet auteur qu'à ma grande honte je ne connaissais pas encore...
Un petit conseil de lecture pour le suivant ? Merci d'avance !
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Commenter  J’apprécie          172
Slava
  19 septembre 2015
Dans la Lorraine, à l'intérieur d'un étrange manoir presque retiré du monde et un peu délabré, vit une famille russe : les Tarassévitch. Et c'est une famille très chaleureuse : une grand-mère paranoïaque et misanthrope, un homme alcoolique et violent, son frère insignifiant et étrange... et les petites-filles, vivant dans ce climat pas franchement sympathique. Surtout pour Tita, une petite enfant qui se pose sans cesse des question sur sa mère, morte mais dont personne ne veut en entendre parler tant elle déchaîne les disputes, coups et tensions chez les Tarassévitch. Un beau jour, elle trouve une lettre de sa mère lui signalant qu'elle est victime d'une malédiction et qu'elle doit s'éloigner au plus vite de sa famille. Devenue grande, après une suite d'horribles drames, elle fuit effectivement le domicile pour se rendre à Strasbourg où elle trouve l'amour... Mais peut-on échapper à une malédiction ?
J'avais été frappé par le roman de Queffélec, les Noces barbares, récit d'un enfant voulant chercher l'amour d'une mère... qui le hait. Je voulais découvrir encore une oeuvre de cet auteur et j'ai craqué pour la Femme sous l'horizon : une teinte slave, une malédiction, une petite fille au centre de tout...
Et j'ai bien aimé.
Dans ce livre, on change complètement de décor : je me suis cru dans un roman gothique avec ce manoir sombre, son lac redouté, le peu de soleil... Et si on ajoute l'ambiance qui règne autour des Tarassévitch...
En effet, chacun se déteste, hanté par son passé : Zennaide, la grand-mère, par l'incendie de sa maison quand elle était jeune puis sa fuite en France, Vladimir, le père de Tita, buvant à tire-lagot pour oublier le décès de sa femme, Lev, son frère, souffrant d'avoir été le souffre-douleur de Zennaide... Chacun chercher pourtant son bonheur mais sans cesse le poids du malheur les rattrape et comme ils ont du mal à s'aimer entre eux... Seul Lev, avec Tita, m'a parut légèrement humain et bon... Tous sont hantés également par la mère de Tita, Carmilla, une femme dont le spectre rode auprès de Tita et du clan, une femme sulfureuse et mystérieuse, dont Tita va peu à peu y ressembler...
Tita est un personnage émouvant. Une fillette qui grandit dans un contexte difficile, qui subit malgré elle la violence familiale, se tourmente ensuite autour de l'avertissement de sa mère, puis va à Strasbourg pour tomber amoureuse mais refaisant inconsciemment le parcours amoureux de sa mère... Et malgré tout, on perçoit un appel à l'aide.
Les non-dits, les secrets, les coups, les insultes sont légion dans le manoir, et en plus, avec la fameuse détresse slave dans sa grande sensibilité, me rappelant les romans russes. En effet, on a plein d'éléments russes comme les matriochkas (les poupées russes !), les prénoms...
L'amour aussi est présent, autant son absence que la flamme qu'il allume entre Vladimir et Carmila (même si leur relation va rapidement se dégrader) et entre Tita et son amant, Misha.
Quand à l'écriture de l'auteur, elle est splendide. Contrairement aux noces barbares, ici, elle est empreinte d'une grande poésie, avec des descriptions frôlant le fantastique (bien que l'histoire n'est pas fantastique...). Même si on trouve toujours des termes crues.
La fin est terriblement tragique, elle clôt l'intrigue brutalement et nous rappelle que nul n'échappe aux signes du destin. Ni au poids de l'hérédité...
En revanche, si il y a une chose que je n'ai pas apprécie, c'est que le livre était un peu court, on aurait pu avoir encore une quarantaine de pages.
Et qu'on devine quand même facilement le fameux mystère autour de Carmilla, on le pressent à quelques kilomètres... Dommage.
Mais c'est un roman singulier que nous donne Queffélec, toujours aussi dur certes mais très poignant et jolie.
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petiteplumeblanche
  12 juillet 2014
Allons,changeons un peu de lecture,d'horizon,laissons pour un soir sous le lit,les Chattam,Ellroy,,Moore,Lemaître,Straub...
Relisons pour la énième fois ce magnifique roman de Queffélec fils,(qui n'existe plus en poche),et à nouveau laissons -nous embarquer dans la baroque histoire de cette famille aux origines slaves,de cette Tita qui cherche ses racines dans la haine que lui vouent son père,sa grand-mère..de l'amour extrême dont l'entoure son oncle Lev,prêtre défroqué,installé dans une masure non loin du manoir plus que délabré où habite la famille Tassarevitch...Tita ,portrait craché de sa mère,et le visage balafré,qui croit que" la gitane juive"est morte en la mettant au monde,et qui ne trouve l'apaisement que dans le schnaps que son père lui faisait déjà téter toute petite...ce père habité par sa femme disparue,cet homme hanté,violent,devenu fou...et Tita d'une beauté qui transperce le coeur de tous les hommes qui la voient,qui aime le seul homme qu'elle ne Doit pas aimer...
le feu,les cartes de tarot,la glace,l'humidité,les bijoux,les malédictions ,sa cicatrice qui balafre son parfait visage,sa soeur qui se noie,le tombeau de sa mère à toujours souillé de fleurs mortes,et puis dans un second temps sa fugue,ses errances alcooliques teintées de musique et d'amours échouées ,son retour au manoir....j'en ai dit beaucoup trop,je crois...
Il n'existe pas que Noces barbares,chez Quefféllec...
Exil,fatalité,envoûtement de la nostalgie...et une fois de plus je suis bouleversée...
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Aaliz
  28 décembre 2011
Ce roman m'a beaucoup rappelée Les Hauts de Hurlevent par son atmosphère si sombre, ses personnages si entiers et ses sentiments si forts.
Rien que le décor : un vieux manoir délabré près d'un lac au coeur de la forêt, où vit une famille d'aristocrates russes exilés. Il y fait très froid, la grand-mère, chef de famille, ne supportant pas le feu ni la moindre petite flamme.
Les habitants : la grand-mère acariâtre, méchante, ne vit qu'à travers ses souvenirs bons et mauvais. Elle maltraite tout son monde y compris ses deux fils. L'aîné, Vladimir, complètement sous l'emprise néfaste de sa mère, est alcoolique, violent et ne se remet pas de la mort de sa femme qui le rendait pourtant fou de jalousie jusqu'à en ressentir des pulsions de meurtre. le cadet est un peu plus à l'écart mais reste d'une passivité déconcertante . Les petites-filles ne sont pas mieux loties, battues ou simplement ignorées, leur destin reste tragique à toutes les deux. On a beau essayer de prendre Tita (alias Ilinka), le personnage principal, en sympathie, c'est difficile tellement elle est … bizarre. Sa troublante ressemblance avec sa mère fait qu'elle suscite la haine de sa grand-mère et de Vladimir. Il semblerait qu'à travers Ilinka, ce soit sa mère qui revive, ce qui n'a pour d'autre effet que d'exacerber les rancoeurs que sa mère inspirait déjà.
Ce roman est d'une noirceur incroyable, l'atmosphère est glauque et glaciale. Yann Queffélec parvient à dresser le portrait de ses personnages avec beaucoup de force. On ne peut pas rester de marbre. Et encore une fois, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec les personnages d'Emily Brontë.
Le style est en plus vraiment agréable et assez poétique sans tomber dans l'excès. Les descriptions sont justes, intégrant les éléments de décor souvent caractéristiques du genre fantastique et traduisent ainsi vraiment bien l'atmosphère qui règne. Bref on s'y croirait.
Le seul reproche que j'ai à formuler est que l'on devine bien trop tôt le pourquoi du comment de l'intrigue et ça gâche un peu l'effet.
Sinon, j'ai vraiment beaucoup aimé et surtout pour les passages sur la jalousie (un des thèmes dominants de ce roman) magnifiquement bien traitée et qui m'ont particulièrement touchée. La haine et la violence sont également des thèmes qui, avec la jalousie, accompagnent le lecteur jusqu'au bout sans lui accorder aucun répit.
Si vous avez aimé Les Hauts de Hurlevent, il est fort probable que vous aimerez La femme sous l'horizon.

Lien : http://booksandfruits.over-b..
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Herve-Lionel
  23 février 2014
N°46
Juillet 1990

LA FEMME SOUS L'HORIZON – Yan QUEFFELEC – Editions Juillard.

J'avais encore en mémoire le climat qui baignait « Noces barbares » dont la lecture remontait pourtant à quelques mois quand ce roman s'offrit à ma curiosité. le destin de ce petit garçon, né d'un viol collectif, rejeté par sa mère, aimé gauchement par un père qui n'était pas le sien et qui trouve refuge dans une épave m'a rappelé celui de Tina, née elle aussi par hasard avec une cicatrice énigmatique sur le visage et qui cherche le secret de sa naissance dans le silence gêné de ses proches et les figures du tarot. Son sang, son visage, son âme, elle les doit à sa mère, exilée elle aussi dans la vie, avec pour quotidien la haine et la violence de cette famille bizarre, aux vagues racines russes, jetée là dans un coin de France. Il y a nombre de points communs entre ces deux enfants, héros de deux romans, je devrais dire de deux tragédies où la mort est le seul gagnant.
Comme toujours, les personnages sont fascinants. Carmilla, la Roumaine, belle, fuyante, indéfinissable, Vladimir, ce Russe qui ne connaît de son pays que les icônes et les souvenirs macabres de Zinnaïde, cette mère abusive qui règne sur une maison-épave, Lev qui vit dans son ombre, Zénia, attirée par le plaisir et par le néant parce que la vie est pour elle un fardeau, Misha, victime de sa passion pour Tina, ballotté au gré des sautes d'humeur de cette femme qui ne sera jamais vraiment à lui. Tous sont englués dans la trame d'un destin où le bonheur n'a aucun droit de cité. Tous s'accrochent à la vie, mais la mort veille qui aura le dernier mot et viendra les prendre en traître.
La vie n'est pour eux qu'une perpétuelle recherche du bonheur autant qu'une fuite éperdue devant lui, à l'image de ce feu omniprésent qui réchauffe et détruit, donne indifféremment la vie ou la mort. C'est une lutte incessante, comme un jeu à travers la séduction, la violence, les passions, les obsessions et la nostalgie, avec, à contre-jour, la fascination de la mort, cette délivrance potentielle qui s'étale comme l'image virtuelle d'un visage reflété par un miroir.
Jusqu'à la dernière ligne, le lecteur passionné espère que tout cela n'est qu'un rêve et que la vie gagnera parce que dans les épreuves on puise aussi des raisons d'exister.
Mais, le livre refermé, il reste les personnages, leur destin, et cette impression assez indéfinissable qui se dégage d'un texte tressé avec un incontestable talent.

© Hervé GAUTIER.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SlavaSlava   19 septembre 2015
A vivre en plein bois dans ce manoir troué comme un vieux gant les Tarassévitch passaient pour des incarnations membraneuses à l'instar des vampires et, les premiers temps, c'était l'effroi lorsque Vladimir descendait au village en camionnette, toujours lui, toujours seul. Avec sa houppelande et son air démoniaque, il en imposait tel un mage, et la peur du mauvais sort figeait les ricanements sur les bouches et ployait les nuques. Ah c'était fou d'imaginer la douce Carmilla couchée dans les bras d'un pareil satan.
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rolandm1rolandm1   11 février 2016
Lumière éteinte ils descendirent l'escalier. tita ouvrit les yeux quand l'air glacé du dehors transperça sa petite chemise de nuit. La neige ne tombait plus. L'ombre du manoir couvert de blancheur se découpait sur la nuit livrée de toutes parts aux étoiles
Tu as froid, demanda-t-il ? Pourquoi trembles-tu ? Il posa Tita pieds nus dans la neige et la prit par la main
Revenus au manoir il installa Tita sur le canapé du salon puis alluma les lampions
Il installa douillettement contre lui l'enfant qui venait de plonger dans le sommeil, réchauffant les orteils glaçés entre ses mains
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petiteplumeblanchepetiteplumeblanche   12 juillet 2014
Un soir que Tita nouveau-né s'égosillait dans son berceau d'épouvante et de faim,Vladimir ivre mort et supplié par Zénia qui sanglotait se crut drôle en substituant au sein maternel son mouchoir imbibé de schnaps,puis se recoucha satisfait de ne plus entendre les cris.Et de ce jour le bébé ne dessaoula plus.
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TCHITAT92TCHITAT92   29 octobre 2014
Le téléphone était muet. Il faisait exprès. Ses milliers de petits nerfs électroniques refusaient catégoriquement d'acheminer la voix qui l'eût sauvé du désert. Il avait envie de se mettre à genoux, d'implorer Dieu, d'appeler Dieu par téléphone et de marchander en vitesse un miracle : il appela l'horloge parlante et l'écoute ressasser les minutes, les secondes, les tops, dépiauter indéfiniment les siècles des siècles en invisibles fragments qui le transperçaient comme autant d'échardes.
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rolandm1rolandm1   12 février 2016
L'après-midi, comme il revenait à l'improviste à l'appartement, Misha perçût un bruit de voix dans la salle de bains. Il s'approcha silencieusement de la porte entrebâillée : Tita se baignait et parlait à son corps.
-Mes bras...vous êtes si beaux, qui a bien pu vous frapper comme ça ? Quel grand méchant loup vous a mordu ?... Ma peau, tu es si dorée, si douce à caresser, je n'aime que toi.
Elle gourmandait ses doigts de pied comme de petits lutins turbulents.
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