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ISBN : 2702162711
Éditeur : Calmann-Lévy (12/09/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
En 1976, Yann Queffélec, marin passionné, accoste à Belle-Ile après une croisière mouvementée. L'éditrice Françoise Verny l'attend sur le quai. Elle le convainc qu'il est fait pour être écrivain. Le récit du chemin que parcoururent ensemble ce jeune homme encore inconnu et cette femme emblématique de l'édition française.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
sylvaine
  20 octobre 2018
Naissance d'un Goncourt de Yann Queffelec chez Calmann-Levy publié le 12 septembre 2018
#NaissanceDunGoncourt #NetGalleyFrance
Yann Queffelec fait, je crois, partie de ces auteurs qu'on aime ou que l'on déteste. Pas de juste milieu ne me semble possible. N'était-ce pas le cas de Françoise Verny cette femme mythique régnant sans conteste sur le monde de l'édition des années 80? Un personnage hors norme, difficile à imaginer tellement elle était ... ELLE .Comme dit ma voisine valait mieux être dans ses petits papiers car sinon...
Bref Yann Queffelec signe ici un récit beau par la forme et émouvant sur le fond. Un hommage plein de respect à celle à qui il doit d'être devenu écrivain , ce qui n'était pas chose facile pour le fils d'Henri Queffelec...
Le "toi ,chéri, t'as une guerre d'écrivain " est gravé en lettres de feu dans sa mémoire. Ce sont les premiers mots que lui a adressé Françoise Verny lors de leur rencontre improbable sur le quai de Belle-Ïle un soir de tempête...
Un récit que j'ai savouré et dégusté sans champagne ni Whisky mais avec juste une pointe de nostalgie de ces années que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Merci aux éditions Calmann-Lévy pour ce partage .
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dechosal
  19 septembre 2018
On savait que les personnages de Yann Queffelec étaient hauts en couleurs, truculents, sauvages, parfois violents, souvent excessifs. le personnage principal (en dehors du narrateur) de son récit "Naissance d'un Goncourt", n'échappe pas à la règle. A ceci près qu'il a réellement existé.
"Naissance d'un Goncourt" se présente en effet comme les débuts d'un écrivain, mais aussi comme une défense et illustration de celle qui fut son accoucheuse, Françoise Verny, grande papesse de l'édition sous les couleurs successives des écuries Grasset, Gallimard et Flammarion. Ne serait-ce que pour le portrait de cet "hénaurme" personnalité (comme aurait dit Flaubert), le livre de Queffelec vaut le voyage. Forte femme (dans tous les sens du terme), fumeuse et buveuse invétérée (Gitanes et whisky de préférence), grande gueule, n'ayant peur de rien (sauf de Dieu, peut-être), elle fut à l'origine de l'éclosion de plusieurs jeunes auteurs (Marie Nimier, Alexandre Jardin, entre autres) et leur tint lieu de seconde mère, et c'est d'ailleurs ainsi que Queffelec nous la présente. On aura du reste une idée assez précise de "la" Verny en visionnant sur Youtube une ahurissante interview que Thierry Ardisson lui consacra dans les années 90.
On aurait tort d'aborder "Naissance d'un Goncourt" en voyeur, escomptant une immersion dans les arcanes du jury de Drouant, ses accommodements, ses compromis, ses jeux de coulisse. Rien de tout cela. C'est bien des tout débuts d'un écrivain qu'il est question ici, avec ses doutes, ses emballements soudains, ses désillusions. le récit, tout de déconstruction, est coloré, parfois grave, souvent drôle. On relèvera entre autres choses un très amusant et très déjanté passage sur un voyage en Concorde. Et il n'est d'ailleurs pas interdit de penser que le romancier Queffelec s'est autorisé quelques libéralités avec le réel...
Les deux premiers livres de Yann Queffelec, "Le charme noir" et "les Noces barbares" (Prix Goncourt 1985), sont probablement le meilleur de sa bibliographie. On peut légitimement faire la fine bouche avec les suivants, tant il est vrai qu'il est souvent difficile de rebondir après un grand prix littéraire. Il me semble toutefois qu'avec le récent "Homme de ma vie" (sur son père Henri Queffelec) et ce "Naissance d'un Goncourt", YQ nous aura montré que ses talents d'écrivain sont encore bien vivaces.
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ProfesseurDan
  11 octobre 2018
Dans ce récit, Yann Queffelec, après s'être épanché sur les liens qu'il entretenait avec sa mère dans le Piano de ma Mère et ceux qu'il entretenait avec son père dans L'Homme de ma vie, s'attelle à redonner vie à sa première éditrice, la très fantasque Françoise Verny (qui nous a quittés en 2004).
Ce livre m'avait attiré, car il relatait la rencontre entre l'écrivain et l'éditrice que Yann Queffelec avait racontée il y a quelques années lorsqu'il était invité dans l'émission de Frédéric Lopez La parenthèse inattendue.
Concernant le livre en lui-même, Yann Queffelec redonne vie à Françoise Verny d'une telle manière que si je ne savais pas qu'elle avait existé, j'aurais pu croire que l'auteur l'eût inventée de toutes pièces, tellement le caractère qu'il décrit paraît hors du commun et fantasque à un point inimaginable. Françoise Verny était, si l'on en croit Yann Queffelec, un personnage héneaurme (dans le sens flaubertien ou rabelaisien du terme) et son écriture ne trompe pas : il nous décrit avec délice, malice et tendresse une femme qui au-delà de manger une quantité énorme de nourriture, n'hésite pas à la lancer sur ses invités, une femme qui boit du champagne comme du petit lait, qui se permet d'être familière, voire parfois grossière avec ses amis. En somme, une écriture malicieuse pour une femme qui fait vraiment sourire, voire rire.
Le parcours de Yann Queffelec en lui-même et ses multiples rendez-vous (souvent ratés) avec Françoise Verny et ses difficultés d'écriture sont en général très intéressants à lire. de plus, quelques mini-chapitres explicatifs sur des éléments historiques (dont la création du prix Goncourt) sont un petit plus qui se déguste.
Mais, deux petits points négatifs : pour un non-initié à l'écriture de Yann Queffelec, l'agencement de certaines phrases, de certains paragraphes pourraient paraître lourd et de là découlerait une lecture peu fluide, mais c'est une question d'habitude. de plus, dans la deuxième partie, j'ai trouvé la digression sur les trajets en avion relativement inintéressantes, ce qui est dommage, car cela prend tout de même une bonne vingtaine de pages. Mais c'est le seul passage qui m'ait réellement ennuyé.
En bref, un bon récit destiné à ceux qui ont aimé les derniers récits de Yann Queffelec (même si le style est loin de celui de ses romans comme Les Noces Barbares) et au personnage de Françoise Verny (qui, toutefois, mérite d'être connu de tout le monde et pas que des initiés), malgré une légère tendance à la lourdeur dans l'écriture de certains passages et une vingtaine de pages peu intéressantes vers la fin.
Lien : http://leslecturesduprofesse..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2018
J’« écrivais » déjà, à l’époque, ma jungle secrète. J’écrivais solitaire, j’écrivais maudit, j’écrivais gentil, j’écrivais méchant, j’écrivais mélo, j’écrivais catho, j’écrivais sexe, j’écrivais chaud : j’écrivais depuis l’âge morveux des porte-plumes. À qui j’en parlais ? À personne. Aux filles, quand j’avais des vues sur elles, à peu près toutes. Je commençais par là d’une petite voix chavirée, l’érection à fleur de peau : « j’écris, tu sais », J’ÉCRIS, le mot roule-ta-caisse entre tous, celui qui jette à vos pieds les Anna Karénine, narines frissonnantes, « embrasse-moi ». J’ÉCRIS, fillette, je suis Tolstoï, je suis Dieu, et si tu me laisses t’embrasser sur la bouche, maintenant, tu pourras dire un jour que tu as embrassé un futur écrivain célèbre, et qu’il t’a caressé les seins avec la rage d’être le premier, et le dernier, à s’en emparer. J’écris des nouvelles inachevées, des poèmes inachevés, des romans inachevés, des lettres inachevées, des chansons inachevées, des phrases inachevées, je suis le roi des mots inachevés, raturés, le roi des ratures, et il ne tient qu’à toi de laisser la main d’un pareil génie remonter entre tes cuisses le temps de devenir fou. J’ÉCRIS, vois-tu, on ne refuse pas sa chair vierge à la chair frustrée d’un enfant qui vient de perdre sa mère, son grand amour de maman, la seule à lui avoir dit qu’un jour il serait Tolstoï ou rien, mais voilà qu’elle est morte, et Tolstoï ne pense plus qu’à dévorer tes fruits et tes fleurs, à t’aimer.
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2018
C’est en écrivant La Bête noire que j’appris à ne plus pouvoir me passer du stylo. Pour le meilleur et pour le pire, tombe ou trésor, ma voix se fondait à une graphie dont je savais qu’elle était mienne, si tourmentée fût-elle. J’avais passé mon enfance et ma jeunesse à l’apprivoiser, lui donner confiance, elle s’était pliée à mes attentes. Et depuis elle m’étonne chaque jour. Elle surgit dans mon inconscient (quand elle surgit), se rue dans mes veines, dévale un bras droit musculeux plus apte à godiller, hisser les voiles, qu’à ployer ce fil d’encre sur le papier, et court aussi longtemps qu’elle peut sans avoir l’air folle, engendrée par un cerveau qui mériterait l’observation poussée des chercheurs. Elle est fine, maigre, montante, penchée, spasmodique,
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ProfesseurDanProfesseurDan   11 octobre 2018
La vie ? Je ne sais pas ce que c'est, l'histoire humaine, sa destinée. Si la vie est un rêve, je veux bien rêver des milliers d'années, l'écrire indéfiniment. Si c'est un cauchemar, il me reste la violence et le sourire des mots pour l'amadouer. Si le temps doit se poursuivre ailleurs, je ne demande qu'à me réveiller sain et sauf, là-bas, chez les miens. (p. 226)
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2018
Racontez-moi la peur. Imagine-la. Racontez-moi l’horreur, racontez-moi vos histoires à n’en plus fermer l’œil. C’est mélangé avec du beau, c’est ça le plus dur. Tout ce beau dont l’horreur se nourrit sans cesse, se fortifie, dans un pays qui sent l’oranger. On part, on n’est jamais sûrs de revenir. On piège, on se fait piéger. On tue, on meurt. Ce qu’ils me racontaient brûlait l’imagination. J’ai passé des nuits entières à les écouter, leur poser des questions. Quelle amitié entre nous qu’ils m’aient ouvert cette mémoire bannie, secrète, aussi douloureuse qu’une plaie vive.
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2018
Quand je l’écris, il est dans son élément, il est libre, il me dit des choses que je n’ai apprises nulle part. Il te dit quoi ? Je ne sais pas. C’est toujours sur la vie, sur pourquoi les hommes s’aiment et se tuent. Pourquoi ils rient. Pourquoi on est là. Pourquoi l’homme est ce qu’il est, à la fois bon et con. C’est toute cette peur mélangée qui fait rire. Qui fait rire ? Tu ris en l’écrivant ? Si je ne riais pas je deviendrais fou. C’est un roman qui rit pour tuer la folie. Le problème, c’est la fin. Je ne sais pas comment finir ce roman.
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Videos de Yann Queffélec (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yann Queffélec
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/naissance-d-un-goncourt-de-yann-queffelec-1317.html
Il est né à Paris mais ses racines sont belles et bien bretonnes. Yann Queffelec a toujours revendiqué cet attachement, il l?a prouvé dans plusieurs de ses ouvrages comme son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne ». Plus jeune, il se rêvait aventurier sur les mers, prenant la plume au gré de ses escales. Car si la voile était sa passion, l?envie d?écriture était déjà présente, encouragée par une mère aimante et affectueuse. En revanche, côté paternel, ces velléités n?étaient pas bien vues. Pas facile pour le grand romancier de la mer que fut Henri Queffelec, grand prix de l?académie française en 1958 avec son « Royaume sous la mer » d?imaginer son fils marcher dans son sillon. Ce conflit père-fils qui perdura jusqu?à la mort d?Henri Queffelec a profondément marqué son fils Yann qui en a fait un livre « L?homme de ma vie ». Au-delà de ces souvenirs personnels, Yann Queffelec a aussi bien sûr écrit de nombreuses fictions mais toujours les relations familiales et le mal-amour se répondent en écho. Avec près d?une quarantaine d?ouvrages alternant romans, récits, essais ou poésie, le parcours d?auteur de Yann Queffelec est bien sûr marqué par le prix Goncourt, en 1985, avec « Les noces barbares ». Ce titre reste associé à la rencontre entre Yann Queffelec et l?éditrice parisienne Françoise Verny, une rencontre improbable, un soir d?hiver sur le quai d?un port de Bretagne, quand Françoise Verny eut cette phrase à destination du futur romancier « Toi, chéri, t?as une gueule d?écrivain ». On imagine la scène? Avec humour, tendresse et émotion, Yann Queffelec nous raconte les mois qui vont de cette rencontre portuaire inattendue à l?obtention du Goncourt, cette relation quasi filiale entre ce jeune auteur en devenir et cette éditrice, faiseuse de talents, à la personnalité bien trempée. Dans ce livre où le lecteur est pris à témoin par l?auteur, Yann Queffelec se dévoile, avec ses bons et ses mauvais côtés, il nous parle d?une époque peut-être révolue ou auteur et éditeur ne faisaient qu?un et il lève le voile sur le monde secret de l?édition parisienne. Tout cela avec une écriture pleine d?originalité, de sonorité et de poésie. « Naissance d?un Goncourt » de Yann Queffelec est publié chez Calmann-Lévy.
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