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EAN : 9782266062855
124 pages
Éditeur : Pocket (16/04/1997)

Note moyenne : 2.97/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Charlie a dix ans, dont neuf d'orphelinat. Une bonne moyenne, diront certains, pour un enfant noir. Et puis, un beau jour, les Bougran apparaissent dans sa vie, Mado et Monsieur Bob. Des parents adoptifs pas tout à fait comme dans les contes de fées, mais bon, c'est mieux que rien.

Et Charlie rêve : une chambre à soi, même en sous-sol, même dans une cité dortoir, c'est le début d'une vie normale, non ? Seul hic à l'horizon, Éric, dix-huit ans, skinhea... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Neneve
  26 mai 2017
Court texte de Queffelec qui frappe plutôt fort. Charlie, un jeune Zaïrois qui a grandi en Institut les dix premières années de sa vie, se fait adopter par une famille de banlieue parisienne. le couple qui l'adopte a déjà un enfant, Erik, jeune adulte néo-naziste. Il écoute à tue tête de la musique du IIIe Reich, possède plein d'armes de confection allemande et traîne avec sa bande terrorisant tout le quartier. Il fera de Charlie son nouveau bouc-émissaire. Par chance que ce roman est très court, parce qu'il est très pénible à lire. Ce sont quelques soixante pages qui décrivent les horreurs que font vivre Érik à Charlie. Et l'épilogue est plus que révoltante.
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PrettyYoungCat
  15 août 2018
La sombre plongée dans l'enfance martyre n'est pas une première pour Yann Queffélec... Avec Noir animal ou la menace, il est (aussi) question d'un enfant mal-aimé, de violence et même de persécutions.
Charlie est un enfant de dix ans, noir, orphelin, dont personne n'a jamais voulu. Il est adopté par une famille de Blancs qui déjà ont un fils naturel de 18 ans, Eric, qui est... skinhead.
L'idée en soi est assez tordue il faut le reconnaitre. Mais la question du racisme étant pour moi une corde sensible et Yann Queffélec étant à mes yeux un auteur qui avait su traiter avec talent le malheur d'un pauvre gosse dans Les noces barbares, je me suis donc malgré tout laissée tentée par cette lecture.
D'abord, j'ai été surprise par l'écriture hachée, décousue et crue qui m'a beaucoup déplu.
Quant à l'histoire, j'ai ressenti un certain malaise. Entre ces parents adoptifs qui détournent le regard du calvaire vécu par le pauvre Charlie, traité qu'il est par ces ersatz de père et mère de cochon menteur et menacé d'être renvoyé à l'orphelinat - après tout il est à l'essai - . Et son "frère" néo-nazi débordant de haine et de méchanceté pure qui l'accable quotidiennement d'injures racistes et de menaces - tantôt verbales, tantôt physiques comme la fois où il le ligote sur des rails alors que le train se pointe 5 minutes plus tard -, tout nous est glauque et détestable.
Quant à Charlie lui-même, on ne peut bien sûr que le plaindre de par l'acharnement qu'il subit, mais il n'est pas rendu attachant pour autant; ne rêvant (à dix ans je le rappelle) que de soupeser des "mamelles" (oui il est bien question de seins d'une femme)...
La fin tourne en eau de boudin assez invraisemblable (ou elle m'a totalement échappée).
Une lecture finalement assez malsaine à la perversité qui m'a semblé gratuite (j'ai un détecteur assez sensible à tout ça) et qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, sinon celui d'un livre que je n'ai pas aimé.
Deux étoiles bien payées donc.
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zabeth55
  26 mai 2017
Charlie est un enfant de dix ans adopté par un couple de retraités. Il est d'origine zaïroise.
Il subit avec stoïcisme les brimades, voire plus du fils de la famille, Erik, un skinhead pur et dur.
C'est à se demander s'il n'a pas été adopté pour servir d'exutoire à Erik.
63 pages ! Et c'est bien assez tant c'est sombre, déprimant, angoissant.
Il est quand même souvent noir et pessimiste, Yann Queffélec.
La vie est suffisamment dramatique pour certains sans qu'il soit nécessaire de faire des livres aussi glauques. Sans vouloir se voiler la face sur certaines réalités, la lecture doit avant tout demeurer un plaisir, et ce n'est pas le cas ici.
De plus tout est plaqué, serré, condensé, et si le texte avait été plus long, je pense que je l'aurais abandonné avant la fin.
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Rolleton
  08 mai 2019
Une famille de retraités, Mado et Bob, des Thénardier contemporains, adoptent un jeune africain de dix ans qui vivait à l'orphelinat. le petit Charlie va subir le pire d'Eric, alias Erik le nazillon notoire, le fils de la famille.
On se demande comment, à notre époque, on peut confier un orphelin à une telle famille.
Mado, la mère, fait semblant de ne pas entendre les outrages et les menaces d'Erik envers Charlie. Elle dit même à ce dernier :" Tu n'es pas chez toi, ici. Tu n'es qu'à l'essai"; ou "cochon de menteur" lorsque Charlie lui dit quelque chose.
Bob, le père, pompier réformé, est devenu cinglé depuis qu'il est intervenu sur les décombres de la catastrophe aérienne d'Ermenonville de 1973. (Cette catastrophe sert de support à l'excellent "roman policier" de Gérard Bertuzzi intitulé "Les inconnus du vol 981").
Eric, le skinhead, fait régner la terreur au sein de la famille ainsi que dans le quartier. Il est bête et méchant, haineux et violent.
Queffélec écrit avec violence et décrit parfaitement le racisme et le milieu skinhead. Les commentateurs du livre réagissent vivement à cette lecture qui dérange. Mais qu'est-ce qui dérange? L'écriture de Queffélec ? le sujet en lui-même ?
Personnellement, je ne sais pas ce qui m'a mis mal à l'aise lors de cette lecture. Certains passages sont terribles à lire, comme dans "Profession du père" de Sorj Chalandon. Ce dernier, qui ne sort pas indemne d'une enfance "particulière", s'en sort vivant à l'inverse de Charlie.
Pour mon premier Queffélec, je m'attendais à autre chose.
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ladesiderienne
  17 octobre 2012
Ce que je n'aime pas dans les livres trop courts, c'est qu'une fois lue la quatrième de couverture, vous savez tout de l'histoire. C'est au moins le cas pour "La menace". Donc pas d'espoir à envisager pour Charlie, on sait que ça va mal finir. Ce jeune garçon noir de 10 ans n'aura pas eu de chance dans la vie. Adopté par un couple de bons français (un peu "beauf" quand même) pour l'allocation versée par l'état, il est persécuté par le fils de la famille, véritable incarnation du racisme de bas étage. Charlie résiste quand même vaillamment à la pression car pour lui, mieux vaut cette vie que de retourner à l'orphelinat.
Ce que je n'aime pas non plus dans un livre, c'est lorsque c'est la "connerie" humaine qui triomphe.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
FabienneCarpentierFabienneCarpentier   21 février 2016
On aurait dit qu'il n'y avait que ça, sur la terre : des dossiers bloqués dans les tiroirs de l'Administration. Des gens riches se pliant à des formalités d'adoption vachement tordues, si tordues qu'elles n'aboutissaient presque jamais à bon port. Les gens riches restaient riches et malheureux dans leur caisse à pognon, et les orphelins tristes et foireux dans leur caisse à pauvreté.
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FabienneCarpentierFabienneCarpentier   21 février 2016
Il se rappelle bien comment c'est arrivé, son histoire. Sa mémoire est trouée comme à la fourchette, mais elle a beau pisser le sang on arrive à lire entre les trous. Et puis ça ne regarde personne. Les trous, c'est sûrement des cachettes où sa vraie famille est planquée.
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ladesiderienneladesiderienne   17 octobre 2012
Monsieur Bob, quand il était jeune, enfin quand il avait un métier, il pilotait les voitures de pompier. C' était là-bas qu'il avait connu Mado, dans les casernes à pompiers. Et le jour où le DC 10 américain s'est détérioré sur la forêt de Senlis, Monsieur Bob est arrivé le premier là où ça cramait, l'avion, les gens, les valises, les hôtesses de l'air, les marronniers, les oiseaux. Le lendemain ça divaguait sec. Il ne tournait pas plus rond qu'un DC 10 avarié. Il y allait au ralenti, sur les incendies, il se trompait de chemin. Alors, on l'a réformé, il n'a plus fait pimpon, plus jamais. C'était surement ça, le gigot derrière les oreilles de Monsieur Bob, et la raison qui faisait qu'il ne répondait pas aux questions privées. Ça devait résonner comme s'il fallait mettre son casque dare-dare et partir encore éteindre un avion. Et donc il ne supportait personne, à part sa casquette et la télé.
+ Lire la suite
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pit31pit31   07 avril 2020
"Monsieur Bob, quand il était jeune, enfin quand il avait un métier, il pilotait les voitures de pompier. C' était là-bas qu'il avait connu Mado, dans les casernes à pompiers. Et le jour où le DC 10 américain s'est détérioré sur la forêt de Senlis, Monsieur Bob est arrivé le premier là où ça cramait, l'avion, les gens, les valises, les hôtesses de l'air, les marronniers, les oiseaux. Le lendemain ça divaguait sec. Il ne tournait pas plus rond qu'un DC 10 avarié. Il y allait au ralenti, sur les incendies, il se trompait de chemin. Alors, on l'a réformé, il n'a plus fait pimpon, plus jamais. C'était surement ça, le gigot derrière les oreilles de Monsieur Bob, et la raison qui faisait qu'il ne répondait pas aux questions privées. Ça devait résonner comme s'il fallait mettre son casque dare-dare et partir encore éteindre un avion. Et donc il ne supportait personne, à part sa casquette et la télé".
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RolletonRolleton   08 mai 2019
"Et après!" a dit Monsieur Bob.
Après, le skin pleurait sur les manches de son blouson, il pleurait sous les yeux du nègre, la honte suprême, et c'est d'une voix de fille qu'il a bafouillé cette nouvelle accablante : "Je suis réformé."
C'était la fin du monde et Charlie s'en aperçu le soir même.
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