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ISBN : 2266056328
Éditeur : Pocket (27/08/1993)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Toni n'était pas né pour grandir. Il était né pour l'enfance et les rêves. Il était né pour l'amour de Maï. Lorsque le petit Prince des marais emportait sa jolie cousine sur son chaland, le temps s'arrêtait...
Puis Maï avait grandi. Et Maï l'avait trahi... À dix-sept ans, sa vie est fichue. Il se demande comment il va s'occuper jusqu'à la fin du monde.
Solitaire, jaloux, écorché vif, Toni inspire la méfiance. À sa famille, à son seul ami, à Maï. La vie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
mollymon
  25 janvier 2015
Sous des allures de mélo Yann Queffelec brosse le tableau d'une obsession amoureuse, celle de Toni pour sa cousine Maï.
Toni vit avec Maï depuis son enfance puisque leurs parents partagent la grande demeure familiale. Elle a deux ans de moins que lui, il l'a bercé, langée, il se sont baignés tout nu ensemble et il a vu sa fente.
A douze ans Toni est profondément bouleversé et angoissé par le décès de sa grand mère, il doit lutter contre ses démons familiers. Souffrant de troubles affectifs entretenus par des parents toxiques il trouve refuge dans la pensée magique et se livre à de cruels rituels. Lors de ses terreurs nocturnes la présence de Maï avec qui il partage sa chambre, le rassure. Oui mais voilà, la gamine grandit et le temps béni du vert paradis des amours enfantines prend fin. Maï s'éloigne sensiblement de son cousin qui l'aime comme un fou et n'a qu'un désir, celui de l'épouser et d'avoir cette fente qui l'obnubile.
Les années ont passées, Toni a dix sept et ne parait pas avoir évolué, il est toujours enfermé dans son obsession. Maï " son jouet, son enfant " a non seulement pris de la distance mais elle lui ment, l'humilie et le torture. Toujours aussi passif, incapable de lui avouer simplement son amour Toni est au comble de la frustration. Il la harcèle, adopte une attitude servile essayant de ce faire apprécier par tous le moyens. Mais surtout il développe une jalousie féroce à l'encontre de son seul ami, Julius, qu'il soupçonne de vouloir séduire sa cousine. Il a l'impression d'avoir deux coeurs, un pour l'amour de MaÏ, l'autre pour la haine de Julius.
La lecture de ce roman n'a pas été des plus agréable, j'ai été tentée de l'abandonner à plusieurs reprises mais me suis forcée à le terminer. L'atmosphère y est glauque et malsaine comme celle du marais que Toni aime sillonner à bord de son chaland. Des vapeurs délétères y flottent , empoisonnant l'air et le lecteur par la même occasion... Quelques lignes très poétiques sur la nature embellissent quand même ce récit.
C'est un roman très sombre qui n'a manifestement pas été écrit pour "faire du bien".
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Herve-Lionel
  21 juin 2014

N°127
Septembre 1992

PRENDS GARDE AU LOUP – Yan Queffelec (Juillard).

Cela pourrait commencer comme d'habitude : L'histoire se passe aux Angéliques, une maison située quelque part dans le Marais des Sphaignes, c'est à dire exactement « entre Soubise et Niort, deux mille hectares de lagunes par 46°55' de latitude Nord et 2°51' de longitude Ouest » . C'est un pays indistinct et perdu, allez vous dire ! Oui, tout comme celui de l'enfance où s'ébattaient Tony et Maï, sa cousine.
Bien sûr, il est amoureux d'elle et son seul but en ce bas monde est de l'épouser… et tout de suite, malgré leur lien de parenté, malgré leur jeune âge… D'ailleurs, il pense même à demander une dispense au Pape ! Pour le reste, son esprit est hanté par les Smaloks, le refus du lycée et les marais qu'il fait visiter aux touristes sur son bateau baptisé « la souris des mers ». Il refait pour eux le monde à coup de mystères en compagnie de Maï, « sa fée ».
Leurs deux familles, bizarres chacune à leur manière, vivent dans cette maison au bord de l'eau jusqu'au jour où Mamina, la grand'mère, meure, faisant les parents de Toni ses seuls héritiers. Pour épater Maï, que ne ferait-il pas, lui, Toni, surtout qu'il a en face de lui Julius, un antillais aux yeux bleus un tantinet macho (et oui, déjà, malgré son âge), un copain, mais surtout un concurrent. Toni pense toujours la même chose à son sujet : « Il les a toutes eues… toutes il les a eues ou il les aura toutes . » Alors pourquoi pas Maï ?
Coincé entre un père pleutre et une mère abusive, Toni préfère la vie dans la nature, les marais. C'est son contre-poids à lui, avec Maï toujours dans sa tête. Les fantasmes du père et du fils à propos des femmes sont d'ailleurs assez semblables, mais cela ne les rapproche pas, au contraire. Ce père qui délaisse son épouse et préfère la solitude conjugale et domestique dans « l'octroi » pour des raison obscures qu'il lui expliquera « à sa majorité », tout en répétant inlassablement : « Ne t'ai-je pas dit que la mère est sacrée pour l'enfant, pour son fils ! »
A travers Maï, Toni fait l'apprentissage des femmes, un peu comme si, en même temps qu'elle grandissait, lui s'obstinait à s'accrocher à son enfance avec ses rêveries, ses fantasmes, ses phobies… Mais Maï grandit plus vite que lui et se débarrasse de sa mue d'enfant, jetant par-dessus les moulins les atermoiements puérils de son cousin. Bientôt elle mordra dans la vie, deviendra femme… sans lui !
Soudain Toni trouve la solution. « Partir… Partir maintenant… plus d'avenir, plus de métier, partir au hasard… le tour du monde à pied. », mais surtout partir dix ans pour que son absence à lui brise son orgueil à elle. Pourtant il reste, répondant à l'appel du marais qui le retient comme un aimant parce que c'est là son véritable miroir d'âme. Ce lieu lui ressemble tellement, avec ses zones d'ombre et de lumière, ses facettes de mystère et d'évidence. Face à cet univers d'exception, le bac n'a pas beaucoup d'importance et d'ailleurs Toni n'a qu'une idée en tête : « Il tuerait Julius, il épouserai Maï, il hurlerait sa vie comme un triomphe. »
Les interrogations de Toni à propos de Maï sont trop fortes et trop pesantes, comme sa solitude, son amour et son envie d'elle…inassouvis. Ses projets, sans cesse remis à plus tard, ses histoires de filles imaginaires qu'il raconte à un Julius aussi menteur que lui. Avec Maï il joue la comédie tout en gâchant maladroitement ses chances tant il lui est impossible de démêler le vrai du faux. A poursuivre ainsi des chimères, on devient vite un laissé-pour-compte, un raté. Toni le velléitaire, l'obsédé du corps de Maï, le mythomane voit ses rêves s'effondrer à cause de cette femme-enfant (ou de cette enfant-femme) mais c'est pour mieux voir renaître l'espoir d'une autre vie différente de celle de ses parents… Et le fainéant, le rêveur, part à l'aventure pour exorciser ses fantasmes et participe au percement d'un tunnel en montagne et dès lors ne demande au travail que « la pitance et l'épuisement quotidien. ».
On ne peut porter trop longtemps un tel fardeau et la mort et la folie sont là pour l'alléger, le supprimer !
Dans un style d'exception, à mi chemin entre l'argot et la prose poétique, l'auteur tient en haleine son lecteur, avec un texte fait d'espoirs fous, de fantasmes oniriques, de mots incantatoires, de réminiscences incessantes !
© Hervé GAUTIER.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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luis1952
  12 novembre 2018
Yann Queffelec nous raconte le grand amour, celui de Toni pour Maï sa cousine.
Elle a deux ans de moins que lui, il l'a bercé, langée, il se sont baignés nus ensemble et il a vu sa fente.
A douze ans Toni est profondément bouleversé et angoissé par le décès de sa grand mère, il doit lutter contre ses démons familiers. Souffrant de troubles affectifs entretenus par des parents toxiques il trouve refuge dans la pensée magique et se livre à de cruels rituels. Mais voilà, la gamine grandit et le temps béni du vert paradis des amours enfantins prend fin. Maï s'éloigne sensiblement de son cousin qui l'aime comme un fou et n'a qu'un désir, celui de l'épouser.
Les années défilent, Toni a dix sept et ne parait pas avoir évolué, il est toujours obsédé par Maï , par ses pieds nus, sa petite fente, son enfant qui non seulement pris de la distance mais elle lui ment, l'humilie . Bientôt il développe une jalousie féroce à l'encontre de son ami, Julius, qu'il soupçonne de vouloir séduire sa cousine.
La lecture de ce roman a été des plus agréable et je l'ai terminé. L'atmosphère y est souvent glauque et malsaine comme celle du marais que Toni aime sillonner à bord de son chaland. Des vapeurs délétères y flottent , empoisonnant l'air et le lecteur par la même occasion...
C'est un roman que je conseille à celui qui veut rêver.
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venividiosculavi
  15 décembre 2016
"les histoires d'amour finissent mal, en général" dit la chanson. Queffelec le dit aussi. Sans musique, c'est pourtant moins original. Mais si ce n'est avec passion, l'écriture soignée nous emmène sans ennui jusqu'à la fin.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
luis1952luis1952   09 novembre 2018
Elle était là, debout sur le plancher, la pile éclairait ses pieds, les ongles vernis en rouge, on voyait le bas de sa chemise aux fruits de la passion. Je n'avais jamais vu ses orteils d'aussi près. J'aurais pu les embrasser, un baiser sur chaque ongle et ding, deng, dong, comme un xylophone, et tagada comme la clarinette et tsouin comme un bisous. Gaétan serait fou s'il savait pour les ongles vernis.
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luis1952luis1952   12 novembre 2018
Toni l'éclairait de haut en bas, le rayon lumineux enlaçait Maï, la caressait, le cou, la taille. Elle était pieds nus, la robe épousait la ligne du corps, descendant jusqu'aux chevilles et jetait de fines lueurs de mica. Il vit les pieds nus sur la terre battue, la chair de Maï... Envie de l'aimer, de lui manger les orteils.
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marina53marina53   10 avril 2012
Elle ne sait pas que je vais l'épouser. Elle ne sait pas non plus que je l'accompagne à Paris l'an prochain. Je lui ferai la surprise le moment venu. Excellent programme: baccalauréat, mariage et milliers d'enfants.
Et après on verra.
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luis1952luis1952   10 novembre 2018
Un dimanche, il voulu la surprendre à la plage, elle et ses copines. Elle errait pieds nus, elle chantait. je suis plus belle et plus cruelle que la pluie, elle avait un pantalon blanc.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   24 janvier 2014
Encore une île et Toni saurait. Encore une île et Clochy rendait son âme aux diables. Encore une île et Mamina guérissait, les salamoks retourneraient en enfer: fini les esprits méchants qui tourmentent les vieillards et mordent au cou les enfants endormis.
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Videos de Yann Queffélec (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yann Queffélec
Émission complète : http://www.web-tv-culture.com/naissance-d-un-goncourt-de-yann-queffelec-1317.html
Il est né à Paris mais ses racines sont belles et bien bretonnes. Yann Queffelec a toujours revendiqué cet attachement, il l?a prouvé dans plusieurs de ses ouvrages comme son « Dictionnaire amoureux de la Bretagne ». Plus jeune, il se rêvait aventurier sur les mers, prenant la plume au gré de ses escales. Car si la voile était sa passion, l?envie d?écriture était déjà présente, encouragée par une mère aimante et affectueuse. En revanche, côté paternel, ces velléités n?étaient pas bien vues. Pas facile pour le grand romancier de la mer que fut Henri Queffelec, grand prix de l?académie française en 1958 avec son « Royaume sous la mer » d?imaginer son fils marcher dans son sillon. Ce conflit père-fils qui perdura jusqu?à la mort d?Henri Queffelec a profondément marqué son fils Yann qui en a fait un livre « L?homme de ma vie ». Au-delà de ces souvenirs personnels, Yann Queffelec a aussi bien sûr écrit de nombreuses fictions mais toujours les relations familiales et le mal-amour se répondent en écho. Avec près d?une quarantaine d?ouvrages alternant romans, récits, essais ou poésie, le parcours d?auteur de Yann Queffelec est bien sûr marqué par le prix Goncourt, en 1985, avec « Les noces barbares ». Ce titre reste associé à la rencontre entre Yann Queffelec et l?éditrice parisienne Françoise Verny, une rencontre improbable, un soir d?hiver sur le quai d?un port de Bretagne, quand Françoise Verny eut cette phrase à destination du futur romancier « Toi, chéri, t?as une gueule d?écrivain ». On imagine la scène? Avec humour, tendresse et émotion, Yann Queffelec nous raconte les mois qui vont de cette rencontre portuaire inattendue à l?obtention du Goncourt, cette relation quasi filiale entre ce jeune auteur en devenir et cette éditrice, faiseuse de talents, à la personnalité bien trempée. Dans ce livre où le lecteur est pris à témoin par l?auteur, Yann Queffelec se dévoile, avec ses bons et ses mauvais côtés, il nous parle d?une époque peut-être révolue ou auteur et éditeur ne faisaient qu?un et il lève le voile sur le monde secret de l?édition parisienne. Tout cela avec une écriture pleine d?originalité, de sonorité et de poésie. « Naissance d?un Goncourt » de Yann Queffelec est publié chez Calmann-Lévy.
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